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 I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian

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Adrian Alpert


DISCUSSIONS : 159
MessageSujet: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Dim 28 Déc - 3:13

I don't believe that you can make all of the pain go away
Connor & Juliet & Adrian

Les mains fourrées dans les poches de ma veste, je me maudissais de ne pas avoir emporté de gants avec moi pour aller travailler. Il était à peine dix heures du soir et le ciel était déjà noir comme en pleine nuit. Malgré les éclairages de rue,  la rue ou vivait Juliet était plongée dans une espèce de semi-pénombre rendue encore plus inquiétante par la lueur froide et vacillante des lampadaires. De temps à autre, une des ampoules grillait avec un petit crachotement et me provoquait un sursaut. Le silence pesant qui régnait dans la rue me faisait flipper et je ne croisais que rarement des gens qui osaient s’aventurer dehors. Je détestais le froid. Je détestais l’hiver. C’était bien joli la neige, mais ça rendait chacun de mes pas un peu plus dangereux et ça me glaçait de la tête aux pieds. Depuis cinq ans que je vivais à Toronto, j’avais pourtant eu le temps de m’habituer à tout ça. Et au fond ça ne me dérangeait plus vraiment, parce que ça nous donnait une raison de plus de rester tranquillement l’appartement, Juliet et moi. Les longues soirées d’hiver étaient la meilleure excuse pour commander à manger et regarder un film lovés dans le canapé sans se faire déranger par personne. J’eu un petit sourire en nous imaginant blottis l’un contre l’autre dans le sofa, la tête de Juliet sur mon épaule. J’adorais ça, passer du temps rien qu’avec elle, à ne rien faire de spécial. Tout ce dont j’avais besoin, c’était Juliet. Aucune sortie à l’extérieur ne rivalisait avec ces moments que l’on passait tous les deux.

Alors que je pouvais entendre le craquement de la légère couche de neige qui recouvrait le sol sous mes pas, je joignis les mains devant mon visage pour les frotter l’une contre l’autre, tentant désespérément de les réchauffer, avant de souffler dessus en laissant s’échapper un petit nuage de vapeur. Tout en replaçant les mains dans mes poches, j’enfouissais mon visage dans mon écharpe en continuant de pester contre le froid. J’avais vécu pendant trente ans dans le Sud des États-Unis et il était rare que les températures descendent au-dessous de dix degrés. A San Francisco, il faisait toujours chaud. Que ce soit à cause des températures ou de l’ambiance électrique qui régnait dans la ville. Quant à Denver il s’agissait de l’une des villes avec le plus de jour d’ensoleillement sur l’année, même si elle se trouvait au pied des Rocheuses. A ce temps-là, j’avais été deux trois fois faire du ski avec Mathilde et les enfants, mais je n’aimais pas spécialement ça. Mathilde en faisait depuis son plus jeune âge et elle dévalait les pistes comme une pro alors que j’avais du mal à faire cinq mètres sans me retrouver les fesses dans la neige. Je secouais soudain la tête pour chasser tous ces souvenirs de mon esprit. Ce n’était pas le moment de penser à eux, tout ce que j’allais réussir à faire c’était à me faire du mal.

Depuis le soir où Flavio était venu me trouver au bar, ce genre de choses n’arrêtait pas de m’arriver. Je ne pensais que rarement à mon passé avant qu’il ne revienne. Mais maintenant, des souvenirs s’immisçaient dans mon esprit sans prévenir. Des souvenirs que j’avais pourtant enfouis bien au fond de moi, me jurant de ne plus les déterrer. J’eu un frisson – qui n’était pas dû au froid cette fois – en pensant à l’italien. Je n’avais plus eu de nouvelle de lui depuis ce soir-là. Je ne savais pas trop ce que je devais en penser. Surtout après ce qu’il s’était passé. En fait, j’essayais de ne pas trop y penser pour ne pas me torturer l’esprit, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Il savait ou me trouver, alors pourquoi ne donnait-il plus signe de vie ? Peut-être était-il rentré à San Francisco. J’aurai dû être soulagé dans un sens, mais dans un autre je n’avais pas vraiment envie de perdre mon ami une seconde fois. Mais je ne voulais pas non plus perdre Juliet. Et je ne lui avais pas encore parlé de Flavio. En fait, je ne savais absolument pas quoi lui dire sur lui. Elle allait me poser des questions, c’était certain, et il y avait certains points que je n’avais pas forcément envie d’aborder. Une nouvelle fois, j’agitais ma tête de gauche à droite comme si ce mouvement de négation allait m’aider à ne plus y penser. De toute façon, je ne pouvais rien faire de mon côté. Je n’avais qu’à ne plus y penser et je verrai bien s’il se manifestait à nouveau.

Un grand nuage de vapeur s’éleva dans l’air alors que je poussais un long soupir. J’arrivai bientôt chez Juliet et je n’avais qu’une envie : me débarrasser de mes vêtements trempés et m’assoir dans le divan à ses côtés. Je tournai à l’angle de la rue en pressant le pas. L’immeuble se trouvait à à peine quelques mètres, mais je ralentis soudain en apercevant une silhouette sur le bord de la route. Plissant les yeux pour distinguer quelque chose à travers les flocons qui ne cessaient de tomber, je pu apercevoir un homme debout à côté d’une voiture qui semblait ne pas vouloir démarrer. Je l’observais tout en continuant mon chemin, m’approchant doucement de lui. Il avait l’air un peu énervé et faisait les cents pas à côté de ce qui semblait être son véhicule. En temps normal, j’aurai probablement continué mon chemin sans lui preter plus attention que cela, en faisant comme si je n’avais rien vu à l’image de la plupart des gens. Je n’avais pas vraiment l’âme d’un sauveur, je n’étais pas du genre à proposer mon aide à la première personne en difficulté que je croisais. Mais en voyant la couche de neige qui ne cessait de s’épaissir et l’homme qui semblait déjà trempé jusqu’à la moelle, j’eu soudain un élan de bonté et je fis quelques pas vers lui.

« Excusez-moi, tout va bien ? Vous avez besoin d’aide ? »

Je ne pouvais sans doute pas faire grand-chose pour sa voiture si elle avait un souci, je n’y connaissais quasiment rien en mécanique et ça faisait bien longtemps que je n’avais pas touché une voiture puisque je n’en avais plus depuis que j’étais à Toronto. Je me déplaçais essentiellement à pied ou en métro, privilégiant la première solution parce que j’aimais bien me balader un peu en rentrant du boulot. Quoi qu’il en soit, l’immeuble de Juliet se trouvait à deux pas d’ici et si il avait besoin de passer un coup de fil, même s’il voulait simplement attendre la dépanneuse au chaud, j’étais certain que Juliet n’y verrai pas d’objection. D’ailleurs elle était bien plus serviable que moi, généralement je n’étais pas le type le plus sympa du monde.
Emi Burton


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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Mer 28 Jan - 19:18



I don't believe that you can make all the pain go away

with Juliet & Adrian



Cela faisait plusieurs jours que je n'étais pas en très grande forme, depuis l'agression en fait. Il y avait d'abord eu cette conversation avec Ella où je n'avais pas su me confier complètement, elle n'aurait pas compris de toute façon. Sur son conseil j'avais rencontré l'addictologue qu'elle m'avait conseillé, si je pouvais éviter de retourner en cure c'était toujours ça de pris, surtout maintenant que je ne suis pas loin d'engager une procédure contre ma femme. Comme elle l'avait dit il avait l'air de connaitre son boulot et c'est un peu grâce à lui que je n'avais pas replongé lamentablement en rentrant de cette balade à Ontario Place où j'avais croisé Ella et cette jeune femme que je n'arrivais plus à me sortir de l'esprit. Je faisais des cauchemars pratiquement toutes les nuits, je me réveillais tellement mal que je n'arrivais plus à me rendormir après, mais quelle personne normalement constituée, à part peut-être un psychopathe, aurait pu avoir la conscience tranquille après avoir commis un acte pareil ? Ma conscience me travaillait le jour et mon inconscient prenait le relai la nuit, mais je n'arrivais quand même pas à prendre la décision d'aller me dénoncer à la police. Je pesais souvent le pour et le contre et la balance penchait toujours du côté de mes enfants, faire ça c'était les perdre définitivement.
Mon seul remède pour l'instant était de me réfugier dans mon sous-sol et de jouer jusqu'à pratiquement l'épuisement, pour que je puisse m'endormir sans trop penser à cette femme mais ce soir je n'y arrive pas. Son image revient encore et encore dès que je ferme les yeux. Je reprends en main mes baguettes et vais me défouler sur ma batterie pour la énième fois, c'était l'instrument le plus propice à évacuer la colère que j'avais envers moi-même. Alors que je tapais comme un sourd sur la caisse claire mon téléphone vibre dans ma poche. Je m'arrête un moment et constate que c'est un appel d'Ella. Presque automatiquement mon pouce refuse l'appel sur l'écran tactile.
Ce n'était pas son premier appel et elle m'avait aussi inondé de messages, je la soupçonnais même d'être passée chez moi, mais je ne voulais pas lui parler. J'avais bien compris son message quand je les avais croisées. J'avais fait comme si rien ne s'était passé mais dès qu'elles avaient été hors de vue je m'étais effondré sur un banc, tellement honteux de ce que j'avais fait et du comportement que je venais d'avoir que j'en avais presque pleuré. Et puis de toute façon je lui aurais dit quoi ? Oui j'ai agressé ta copine ? Oui je l'ai frappé ? J'aurais même pu aller jusqu'à la violer peut-être ! J'allais ranger mon téléphone dans ma poche mais le fond d'écran attire mon attention, mon petit Tommy ...
Je ne sais pas combien de temps je suis resté à fixer cette image, longtemps sans doute parce que quand je reviens à la réalité, je suis dans ma voiture. J'avais enfilé mon blouson et pris mes clés sans même m'en rendre compte, comme un somnambule. J'avais sans doute eu un déclic, est-ce que ce petit bout méritait un père comme moi, un père qui agressait des jeunes femmes dans la rue ? Certainement pas, alors je vais aller me dénoncer. Je mets le contact en soupirant, cette fois ma décision était prise. Je ne sais pas si cela va me permettre d'aller mieux, mais au moins cette jeune femme ne vivra plus dans la peur. Elle avait été tellement terrifié quand je l'avais recroisée qu'elle n'avait même pas pu prononcer un mot, elle n'avait peut-être plus de traces physiques mais la peur, elle, était toujours là.
Je commence à rouler en me remémorant la chronologie des faits pour ne pas m'embrouiller une fois que je ferai ma déposition, et je me rends compte que même si je vivais dans ce quartier depuis un certain temps déjà, je ne connaissais pas le nom des rues hormis le nom de la mienne. A contre coeur je décide donc de retourner sur les lieux mais quand j'arrive dans la rue mon moteur se met à tousser, il ne manquait plus que ça ! Bien évidement ma voiture finit par s'arrêter et j'ai juste le temps de la ranger sur le trottoir. Après plusieurs essais infructueux pour la remettre en route, je finis par abandonner. Je reste un moment au volant en essayant de réfléchir. Premièrement je n'avais pas mon téléphone, j'avais du le laisser sur le canapé du sous-sol et deuxièmement, ce n'était même pas la peine que je soulève le capot, je n'y connaissais rien en mécanique. Je sors de la voiture en claquant la portière de rage, il fallait que j'aille au commissariat ce soir, si je rentrais chez moi, je n'étais pas sur que demain je sois dans le même état d'esprit, il fallait que je le fasse maintenant ! Je faisais les cent pas devant ma voiture, en cherchant une solution, ne remarquant même pas l'homme qui venait vers moi

- Excusez-moi, tout va bien ? Vous avez besoin d’aide ?

S'il m'avait vu tomber en panne c'était évident que oui non ? Les gens sont cons parfois ! En plus il avait recommencé à neiger et ce n'était pas mon cuir qui allait me protéger, j'étais un peu trempé. Toutefois je me retiens de lui répondre durement, il semblait vraiment décider à m'aider et pourrait peut-être appeler une dépanneuse, la panne n'était peut-être pas importante

- C'est gentil merci ! Je viens de tomber en panne et je n'ai pas mon téléphone sur moi. Je n'habite pas très loin mais si vous pouviez appeler une dépanneuse ça m'arrangerait, avec cette neige qui recommence à tomber j'ai peur que demain les garagistes soient débordés ou de ne plus retrouver ma voiture

J'avais essayé de mettre une petite touche d'humour et ma réponse semble lui convenir puisqu'il sourit et glisse sa main dans sa poche pour en sortir son téléphone. Après quelques recherches sur le net, on en trouve enfin une mais qui ne sera dispo que dans une heure. Cela ne m'arrange pas, je n'avais vraiment pas envie de passer une heure dans ma voiture à cogiter sur ce que je j'allais raconter aux flics, c'était déjà suffisamment difficile comme ça, et puis je sentais bien que ma volonté n'était pas à toute épreuve. Je remercie quand même chaleureusement cet homme et comme s'il l'avait senti, il me propose de venir chez lui pour attendre, après tout pourquoi pas, cela valait mieux que de rester seul. Il me désigne un immeuble un peu plus loin et alors que nous nous mettons en marche il m'explique qu'en fait c'est chez sa copine, mais que cela ne pose pas de problème ...



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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Jeu 29 Jan - 0:27

i don't believe that you can make all the pain go away

Il était de ces journées où l’on préférait passer son temps dans son canapé, blottie sous la chaleur bienfaisante de la couette, un bol de céréales ou bien le pot de beurre de cacahuètes dans les mains. Il était de ces journées où même le plus pourri des programmes télévisuels était une meilleure alternative que de sortir de chez soi pour aller travailler. Enfin… il était de ces journées où il ne fallait tout simplement pas sortir de chez soi, que ce soit pour travailler, pour faire les courses ou pour promener son chien. Et pourtant, je n’avais pas vraiment eu le choix.
A sept heures, quand mon réveil avait sonné, j’étais blottie dans les bras d’Adrian, et je ne voulais pas m’en défaire. Il n’avait pas entendu la sonnerie, il dormait trop bien, et il me serrait contre lui. Autant dire que je n’avais ni l’envie, ni la possibilité de bouger. Il aurait fallu que je me contorsionne pour pouvoir m’extirper de son étreinte… et je n’en avais pas la force. Il était rentré tard la veille, il avait fait la fermeture et je l’avais attendu, comme à mon habitude depuis que nous nous étions remis ensemble. Je n’arrivais pas à m’endormir sans lui de toutes façons. Alors oui, ça me fatiguait pour la journée, mais au moins, j’étais sûre de bien dormir, comme un bébé. J’avais dormi environ cinq heures, je n’avais pas du tout envie de me lever et pire encore… je me rendormis presque automatiquement, pour me réveiller une demi-heure plus tard, en retard bien sûr. En regardant mon réveil, je fus prise de panique et je balançai la couette hors du lit, en me moquant bien de réveiller Adrian cette fois. De plus, il n’aurait aucun mal à se rendormir. Il ne broncha pas cependant, et j’enfilai à la va-vite mes vêtements de travail, noirs, parce que c’était ce qui m’allait le mieux quand je devais porter des trucs banals. Je quittai la chambre encore plongée dans la pénombre et rejoignis directement la salle de bains, sans prendre le temps de petit-déjeuner. Je n’avais pas le temps de toutes façons. J’allais prendre un truc pour grignoter dans le métro et aussi lors de ma pause, mais je n’avais pas d’autre alternative pour cette fois. Si j’arrivais en retard, j’étais virée, quand bien même mes statistiques étaient excellentes. Je ne ratais jamais une vente, j’en faisais même plus que tout le monde. Mais ça ne changeait rien au fait que la big boss nous tenait d’une main de fer et qu’on devait filer droit pour ne pas perdre notre boulot. Elle avait raison : au moins nous étions ponctuelles, on ne se rebellait pas et on obéissait aux ordres. Habituellement ça ne me posait pas de problèmes. Mais depuis qu’Adrian était revenu dans ma vie, j’avais bien du mal à m’y faire, parce que mon rythme de vie avait changé. Je n’avais plus envie d’aller travailler maintenant qu’il était là… et pourtant, je n’avais pas trop le choix, si je ne voulais pas me retrouver à la rue.
Une fois dans le métro, je soupirai longuement. Forcément, à cette heure-ci, les rames étaient bondées et je n’avais pas de place pour m’asseoir. Une fois de plus, je me sermonnai en me disant que si je m’étais levée plus tôt j’aurais pu y aller à pied et ne pas me taper les transports en commun… mais j’étais définitivement en retard et le métro, même rempli, allait plus vite que mes simples jambes. Finalement, trois stations plus loin, je pus respirer l’air frais de la matinée enneigée et je courus du mieux que je pus jusqu’à la boutique. J’avais de la chance. A cause de la neige, c’était Madeline qui était en retard, plus que tout le monde, et mon arrivée passa crème. La sienne, par contre, ce n’était pas de la tarte. Elle eut droit au pire des sermons possibles et je n’aurais pas aimé être à sa place. J’étais dans un coin avec Jenny, et j’évitais de la ramener, mais j’aurais bien pris sa défense quand même. Madeline était une mère célibataire. Son fils était jeune encore, et il allait à l’école. Elle devait l’emmener tous les matins et venir travailler ensuite. Les routes étaient impraticables et elle avait quand même pris la voiture pour optimiser ses chances d’arriver à l’heure… Parfois, je ne comprenais pas Austen… mais comme toutes les autres, je ne disais rien, de peur de perdre ma place.

La journée fut plus longue que d’habitude. Par ce temps, les gens ne voulaient pas sortir de chez eux, et ils avaient bien raison, mais du coup, nous nous embêtions vraiment dans la boutique. Durant la matinée, on tria toutes les chaussures pour bien les ranger, par taille, par couleur, pas forme, par taille de talons. Il fallait bien qu’on s’occupe. Je partis prendre ma pause vers treize heures et quand je revins, à quatorze heures, Jenny prit la sienne. Je restai donc avec Madeline, à discuter avec elle de son fils en pensant au mien. Il aurait eu un an de moins que le sien… et rien que d’y penser, ça me serrait le cœur, mais elle était tellement heureuse de pouvoir parler de lui. Puis, quand Jenny revint, Austen réapparut et nous dûmes nous taire avant de nous faire tirer les oreilles. L’après-midi fut encore plus traînante que la matinée qui venait de passer, et j’accueillis l’heure de la débauche avec joie. Je saluai les filles avant de m’emmitoufler dans mon écharpe et mon gros manteau pour sortir. La neige était encore tombée durant la journée et les équipes de déneigement faisaient de leur mieux pour déblayer les routes. Prudemment, j’avançais sur le trottoir vers la station de métro. J’aurais pu marcher, mais depuis mon agression, je ne le faisais plus… Je pouvais encore le faire le matin, parce qu’il y avait toujours du monde, mais le soir… c’était plus délicat. Alors je prenais le métro. Et il faisait tellement froid que c’était bien mieux comme ça. J’étais plus rapidement chez moi et je pouvais me réchauffer dans mon canapé ou sous une douche brûlante, en attendant qu’Adrian rentre.
Le trajet fut rapide, la montée par l’ascenseur tout aussi courte et je pus très rapidement me glisser dans la baignoire pour laisser chaude me faire reprendre possession de tous mes membres. J’avais le temps d’y rester, Adrian avait encore des horaires à coucher dehors et j’allais encore une fois l’attendre devant la télévision. Une fois sortie de la douche, je traînai dans la cuisine en me demandant ce que j’allais me faire à manger et ce petit manège dura une bonne heure, jusqu’à ce que je me décide à me faire des pâtes. Je n’avais pas spécialement d’appétit, j’étais fatiguée et je n’avais qu’une envie : me coucher… J’espérais qu’Adrian ne mette pas trop de temps à revenir, pour qu’on puisse dormir rapidement.

Le temps passa lentement encore une fois. En réalité, j’avais l’impression de vivre la journée la plus longue de toute ma vie. Encore plus longue que mes journées avec mon père. La télé ne me proposait rien qui pouvait retenir mon attention, et je finis sur un programme débile que je détestais. Je ne le regardais même pas, je laissais libre court à mon esprit, à mes pensées, qui divaguaient dangereusement sur Madeline et son fils. Evidemment que ça me donnait envie d’avoir Charlie de nouveau avec moi. Evidemment que ça me tuait intérieurement de ne plus l’avoir avec moi… mais pire encore, ça me donnait envie d’avoir un autre enfant, et ça, c’était vraiment dur psychologiquement. Avoir un autre bébé, ce serait oublier Charlie, pour moi. Ce serait horrible, et j’aurais la sensation d’être la pire mère au monde… et pourtant, j’avais envie d’être enceinte de nouveau et d’avoir un enfant. Je ne pouvais même pas en parler avec Adrian, parce qu’il ne le voudrait jamais, du moins, pas maintenant, pas si rapidement. En poussant un long soupir, je reposai mon regard sur l’écran de la télévision, et j’abandonnai l’idée. Ce n’était pas à l’ordre du jour et ça ne le serait pas avant un long moment…

Il était plus de dix heures trente quand j’entendis la porte s’ouvrir, dans l’entrée et je me dépêchai de me relever du canapé où je commençais à doucement m’endormir pour aller accueillir Adrian avec un grand sourire. Il finissait plus tôt que je ne le croyais et j’allais enfin pouvoir avoir une véritable nuit de sommeil, et ce n’était pas de refus. Ce n’est qu’en arrivant dans l’entrée que je vis qu’il n’était pas seul, et que je regrettai de ne pas avoir mis quelque chose de plus couvert, même si j’étais enroulée dans un plaid, encore gelée. Curieuse, je m’avançai vers eux, mais j’interrompis bien vite mon geste en reconnaissant la silhouette trempée qui suivait Adrian.
Qu’est-ce que ce type foutait ici ? Et qu’est-ce qu’il fichait avec Adrian ?! Pourquoi il était chez moi ?! Instinctivement, je me reculai de trois pas, en fixant d’un air terrifié l’homme qui m’avait agressée. Pourquoi je le revoyais encore ? Comment était-ce possible ? C’était quoi les chances que ça arrive ? Mon regard ne le quittait plus, et j’essayais d’analyser l’environnement dans lequel j’étais. S’il m’approchait, cette fois je n’avais pas de couvercle de poubelle pour me défendre. Je n’avais d’ailleurs absolument rien. Il y avait simplement un petit meuble où nous déposions nos portables. Après ce moment de flottement, la chose qui me vint en tête fut le fait qu’Adrian allait enfin découvrir ce qu’il s’était passé, et surtout qui m’avait agressée. Et je n’arrivais pas à imaginer ce qu’il allait faire. J’avais même peur de le découvrir. En attendant, j’étais tétanisée, une fois de plus, comme dans la rue avec Ella, quand nous l’avions croisé. Je ressentais les mêmes choses, j’étais aussi mal en point, j’avais peur, alors que j’étais chez moi, en présence d’Adrian. Il ne pouvait rien me faire et pourtant, je redoutais le moindre de ses faits et gestes. Lorsqu’Adrian posa son regard sur moi, je sus à cette seconde que ma couverture était foutue et qu’il allait comprendre. Je n’avais même pas entendu ce qu’il m’avait dit avant de s’apercevoir de mon état. Mon cerveau s’était carrément mis sur pause. J’aurais pu mourir de terreur dans cette position… et tout ce que je voulais, c’était m’enfuir le plus vite possible.
© GASMASK

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

   (c) crackle bones


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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Sam 31 Jan - 23:04

I don't believe that you can make all of the pain go away
Connor & Juliet & Adrian

En m’entendant prendre la parole, l’homme se tourna soudain vers moi. Il ne semblait pas m’avoir remarqué avant et me je pu voir de l’agacement dans son regard quand il leva les yeux vers moi. Je pouvais comprendre ça, j’avais déjà eu des problèmes de voiture, du temps où j’en avais une, et je savais que c’était le genre de trucs qui arrivaient toujours au pire moment, et qui de toute façon ne faisait jamais plaisir à personne. Je ne savais pas s’il était là depuis longtemps, mais en tout cas sa veste en cuir était trempée et il avait l’air passablement énervé. Pourtant, il me répondit d’un ton plutôt courtois.

« C'est gentil merci ! Je viens de tomber en panne et je n'ai pas mon téléphone sur moi. Je n'habite pas très loin mais si vous pouviez appeler une dépanneuse ça m'arrangerait, avec cette neige qui recommence à tomber j'ai peur que demain les garagistes soient débordés ou de ne plus retrouver ma voiture.»

Je souris instantanément en l’entendant plaisanter à propos de la neige. Il n’avait pas tort en plus, vu comment elle tombait pour le moment, la neige allait bientôt  A sa place, je n’aurai certainement pas été d’humeur à tenter de faire de l’humour, je me connaissais bien et j’étais même certain que j’aurai envoyé balader la première personne qui aurait voulu me proposer son aide, avant de me rendre compte que j’étais un idiot fini. L’homme en face de moi avait visiblement plus de jugeote que moi et je sortis mon portable de ma poche pour l’aider. Après avoir cherché un numéro sur internet, je le laissai téléphoner à la dépanneuse et quand il me rendit mon téléphone il me remercia en m’expliquant qu’ils seraient là dans environ une heure. Il ne me demandait rien de plus et semblait décidé à attendre dans sa voiture mais, comme pour continuer sur ma lancée, je lui proposai tout naturellement de venir attendre chez moi.

Il accepta et me suivit jusque l’immeuble alors que je lui commençais à lui expliquer que ce n’était pas vraiment mon propre appartement mais que ça ne dérangerait certainement pas ma copine qu’il monte et attende la dépanneuse là. J’étais sûr de moi, je connaissais Juliet et je savais qu’elle ne laisserait pas un mec se les geler dans sa voiture comme ça… contrairement à moi, d’habitude. Nous discutâmes un peu en prenant l’ascenseur, des banalités courantes et sans vraiment d’intérêt. Une fois au neuvième, j’ouvris la porte de l’appartement et entrai à l’intérieur en ôtant ma veste pour l’accrocher au porte-manteau. Je me tournai ensuite vers Connor, puisqu’il m’avait dit s’appeler comme ça, et lui fit signe d’entrer à l’intérieur. J’entendis alors Juliet venir vers nous et je commençais à m’expliquer tout en me tournant vers elle.

« Juliet, j’ai fait monter Connor, il était en rade avec sa voiture en bas de la rue et je me suis dit qu’il… »

Je m’interrompis immédiatement en posant mon regard sur Juliet. La blonde me regardait avec une lueur de terreur dans les yeux, totalement tétanisée. Le sourire qui était jusqu’à lors collé à mon visage s’effaça lentement, et je laissais tomber les clés que j’avais encore dans la main sur le sol avant de m’approcher d’elle en quelques pas et de l’attraper doucement par les épaules, fixant mon regard dans le sien. Je pouvais y lire une peur sincère et intense et l’espace de quelques secondes, je me contentais de l’observer, dépassé par son état. Qu’est-ce qui lui arrivait ? L’espace d’un instant, le regard qu’elle m’avait lancé quand j’avais brisé le cadre me revint en tête. Elle semblait fixer un point derrière moi, avec le même type de regard mais encore plus intense que cette fois-là.

« Juliet ?! Qu’est-ce que… ? »

Tout en parlant je me rendis compte que ce n’était pas moi, ou même un point dans le vide qu’elle fixait avec effroi, mais bien l’homme que je venais d’inviter à entrer. Lentement, je me tournai à nouveau vers lui alors que le lien s’établissait peu à peu dans mon esprit. Il ne pouvait y avoir qu’une explication à tout ça. Ce type, elle l’avait déjà vu. Et pas n’importe où, pas dans n’importe quelle situation. Ce type, c’était celui qui l’avait agressée dans la rue, des semaines plus tôt, c’était lui qui l’avait effrayée et blessée.

Quand mon regard se posa à nouveau sur lui, il n’avait plus rien à voir avec ceux que j’avais pu lui adresser plus tôt. Ma main se crispa sur l’épaule de Juliet avant que je ne la lâche, de peur de lui faire mal et que d’un pas, je me place devant elle comme pour la protéger. Je serrais le poing alors que je sentais le sang bouillonner dans mes artères et d’une voix tremblante de colère, je finis par m’exclamer :

« C’est toi ? C’est toi qui as fait du mal à Juliet ?! »

A ces mots, je plongeais mon regard noir dans celui de l’homme qui se tenait toujours dans l’entrée. Je ne savais pas ce qui me retenait de lui en coller une maintenant. Je savais que c’était lui, je l’avais vu dans les yeux de Juliet et maintenant je le voyais dans les siens. Et pourtant, je restais planté devant Juliet, le bras tendu comme un arc. Je voulais qu’il le dise, je voulais l’entendre le dire et après je lui foutrais la main dans le visage.
Emi Burton

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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Jeu 5 Fév - 14:14



I don't believe that you can make all the pain go away

with Juliet & Adrian



J'avais connu pas mal de galère dans ma vie et j'avais su y faire face la plupart du temps tout seul et sans l'aide de personne, mais pour une fois que l'on vient m'aider spontanément je n'allais pas refuser. Et puis quelle personne un peu sensée aurait préféré rester à attendre une dépanneuse dans le froid plutôt que de profiter de l'hospitalité de quelqu'un dans un appart chauffé, qui sait, il irait peut-être même jusqu'à me proposer une boisson chaude, ce ne serait pas de refus.
Nous entrâmes dans l'entrée de l'immeuble puis primes l'ascenseur. Les neuf étages qui nous séparaient de son appartement, ou plutôt de celui de sa copine si j'avais bien compris, nous permirent de faire un peu connaissance. Je lui serrai la main en me présentant le plus simplement du monde par mon prénom et mon nom de famille et il fit de même. Il revint sur la panne de ma voiture en m'expliquant qu'il aurait bien jeter un oeil sous le capot mais qu'il n'y connaissait rien en mécanique et je ris légèrement en constatant que je n'étais pas le seul homme dans ce cas, puis après un petit silence je regarde vite fait ma montre, encore au moins cinquante minutes à attendre. Je me rends alors compte que la dépanneuse arrivera bien après 23 heures. Nous étions en pleine semaine et si moi je n'étais pas du tout régulier dans mes horaires, vu que je faisais un peu ce que je voulais de mes journées, je me dis que cela fait relativement tard pour des personnes normales qui ont un boulot la journée et je lui redemande si vraiment cela ne va pas le déranger et surtout déranger sa copine, qui sait elle était peut-être déjà au lit.
Il est encore en train de me rassurer sur cette question quand nous arrivons enfin devant sa porte. Il introduit la clé dans la serrure et entre en commençant à se débarrasser de sa veste. Il l'accroche au porte-manteau puis m'invite à entrer d'un signe de la main

- Juliet, j’ai fait monter Connor, il était en rade avec sa voiture en bas de la rue et je me suis dit qu’il…

J'étais en train de refermer la porte quand il prononce le nom de ça copine et ça me fait un choc. Juliet était le prénom de la femme que j'avais agressée. Je le savais parce que dans les messages qu'Ella me laissait elle n'arrêtait pas de le dire, comme si mettre un prénom sur ma victime et le répéter sans cesse pouvait me mettre encore plus mal. Et elle n'avait pas tord. Je me reprends en me disant qu'il y a bien peu de chances pour que ce soit la même personne, ce serait quand même fort que le destin nous mette encore une fois face à face. Je commence à enlever mon blouson trempé quand j'entends quelque chose tomber. Je me baisse pour ramasser les clés qu'Adrian venait de lâcher et quand je me relève je les lâche à mon tour en même temps que mon cuir en voyant la blonde juste à ses côtés.
C'était bien la même jeune femme et je voyais ce même regard terrorisé qui ne me lâchait pas. Comme avec Ella elle ne dit rien et reste figée comme si elle voyait le diable en personne, mais ce devait être exactement ça pour elle, je devais être le diable. Mon hôte d'un soir semblait lui aussi avoir fait le lien. Il lâche l'épaule de sa copine et se place devant elle comme pour la protéger, comme si j'aurais pu l'agresser une seconde fois. J'ai un moment de flottement, ne sachant comment réagir. Je pourrais m'enfuir. Je n'aurais aucun mal à semer cet Adrian, ce n'était pas un gringalet mais j'étais incontestablement plus fort que lui physiquement, mais pourquoi s'enfuir encore ? Et si c'était pour moi l'occasion de demander pardon à cette femme, essayer de lui expliquer, si tant est que cela soit possible. J'essayais de déceler dans son regard si elle pourrait être réceptive à des excuses, même si je sais que des paroles ne pourraient en rien effacer ce que je lui avais fait, mais au moins elle pouvait peut-être comprendre mon geste

- C’est toi ? C’est toi qui as fait du mal à Juliet ?!

Mon regard dévie sur Adrian qui me scrute d'un oeil noir et ce n'est plus du tout le même homme que celui qui me proposait son aide. Il est tendu à l'extrême et un rapide coup d'oeil sur ses mains me font prendre conscience que je suis à moins une de me prendre un coup de poing dans la tronche. Mais je ne veux pas me battre. Je n'étais pas foncièrement violent, surtout depuis ma cure, si je l'avais été avec sa copine c'était parce que je n'étais pas dans mon état normal justement.
Voyant que je tardais à répondre, il s'avance d'un pas encore plus menaçant. Je devrais lui répondre, mais il savait déjà que oui non ? Alors pourquoi ne pas me frapper maintenant ? Je méritais toute cette colère et cette haine en mon encontre et il pouvait me frapper autant qu'il voulait, je ne répliquerais pas. Si je devais en passer pas là pour pouvoir m'excuser auprès de Juliet alors je subirais la colère de son mec, mais le plus important pour moi c'était elle et seulement elle.
Ignorant le brun qui la protégeait toujours avec son corps, je me décale un peu de façon à l'avoir à nouveau dans mon champs de vision et cherche son regard. Elle a toujours l'air aussi terrorisée et je ne suis pas sur qu'elle m'entendra mais je finis pas me lancer

- Je suis désolé mademoiselle. Vraiment. Je ...

C'était nul comme entame et de toute façon je n'ai pas le temps d'en dire plus, je me sens attrapé par mon pull au niveau des épaules avant d'être projeté violemment contre la porte d'entrée. J'ai le souffle coupé. Je ne pensais pas qu'Adrian pouvait être aussi puissant, mais la peur, ou dans son cas la colère pouvaient décupler les forces de n'importe quel être humain, la preuve en était le coup de couvercle que Juliet m'avait mis, et je crois bien que je vais l'apprendre encore une fois à mes dépends ...




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Juliet Carlson


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Jeu 5 Fév - 18:57

i don't believe that you can make all the pain go away

Les yeux d’Adrian rivés aux miens, nous restâmes sans rien dire durant quelques secondes, et mon regard se déporta presque automatiquement sur l’homme qui venait d’entrer à sa suite. Combien de chances y avait-il pour qu’il tombe sur ce type ? Combien ?! Pourquoi il fallait toujours qu’il nous arrive un truc invraisemblable ? D’abord Charlie… Ensuite, le fait que l’on se retrouve par pur hasard, devant un théâtre… Et enfin ça… après mon agression. Il fallait vraiment être maudit pour se taper une malchance pareille ! Forcément, je ne devrais pas me poser de questions. Adrian et moi n’avions jamais eu de chance. Et on n’arrivait pas à la provoquer non plus, la chance. Néanmoins, j’aurais juste aimé avoir une bonne étoile, pour ce soir-là. J’aurais préféré qu’il ramène tout le monde, carrément n’importe qui dans cet appartement, même un tueur en série, plutôt que cet homme. Et Adrian semblait l’avoir compris. En quelques secondes, il était devant moi, et il me prenait par les épaules pour me demander ce que j’avais. Lui, il n’avait pas encore compris ce qui se tramait, mais par contre, je voyais dans le regard de l’autre qu’il sentait qu’il était dans la merde, qu’il allait passer un sale quart d’heure. Je tremblais entre les mains d’Adrian, et il ne prononça pas un mot de plus. Je savais qu’il savait. Je savais qu’il se souvenait de l’état dans lequel j’étais quand il s’était mis en colère contre moi parce que je ne lui disais pas la vérité. Je savais aussi que dans son cerveau, petit à petit, les connexions se faisaient et il comprenait ce qu’il se passait. Au début, il devait croire que j’avais eu peur à cause d’autre chose, à cause de quelque chose qui serait arrivé avant qu’il n’entre… mais il comprit, doucement, que ce n’était pas ça… et que ça avait à voir avec son « invité ».

Lorsqu’il se retourna, je n’eus plus vraiment mon accès visuel à Connor. Ca me rassura autant que ça me fit peur, parce que si je ne pouvais pas le voir, je craignais d’être surprise. Il s’en était pris à moi, d’accord, j’avais réussi à m’en rendre bien compte et à l’accepter un peu… mais s’il s’en prenait à Adrian ? Il faudrait que je fasse quelque chose ! Adrian ne pourrait jamais faire le poids contre lui et si je ne voyais pas ce qu’il se passait, jamais je ne pourrais l’aider. Mais il me cachait de toute sa silhouette, comme s’il voulait me protéger et je n’osais toujours pas bouger, terrorisée. C’est alors que j’entendis la voix tremblante d’Adrian, et jamais je ne l’avais entendu parler de cette manière. Même quand il s’était énervé, il n’avait pas été aussi dur, aussi grave… et si je ne le savais pas entièrement de mon côté, cette fois, je me serais liquéfiée de terreur.

« C’est toi ? C’est toi qui as fait du mal à Juliet ?! »

Je frissonnais en l’entendant poser des mots sur ce que cet homme m’avait fait. Ce n’était pas grand-chose, mais j’avais l’impression de revivre cette soirée. Et en entendant la voix de mon homme, je compris qu’il souffrait avec moi et qu’il allait lui faire payer, d’une façon ou d’une autre. Je voulais prendre sa main et le calmer un peu, pour ne pas qu’il fasse quelque chose qu’il regretterait ensuite, mais j’étais incapable de faire le moindre mouvement encore. Toutefois, quand le plus grand des deux prit la parole, j’eus un mouvement de recul. Il s’était légèrement décalé pour pouvoir me regarder droit dans les yeux, et j’étais prisonnière de son regard, tétanisée. Il me parla, et je n’entendis qu’à moitié ce qu’il me dit alors, le sang battant fortement à mes tempes sous la terreur. Il s’excusait, mais il n’eut pas le temps d’en dire davantage avant qu’Adrian ne l’attrape par le col pour l’envoyer valser contre la porte d’entrée. Malgré moi, je ne pus rien faire, rien dire. D’abord parce que je n’en étais pas capable, ensuite parce que je ne pouvais pas m’interposer entre lui et Adrian. Je m’entendis pousser un cri suraigu en appelant Adrian et porter mes mains à ma bouche en me sentant faiblir et flancher sur mes jambes flageolantes. Malgré moi, je ne pus m’empêcher de regarder la scène se déroulant devant mes yeux, et j’attendais la suite avec autant de peur que d’impatience. C’était étrange de penser à la vengeance maintenant, alors que je n’y étais pas du tout préparée. Et je savais que c’était mauvais, parce qu’on pouvait encore appeler les flics pour qu’ils viennent l’arrêter… Alors que si Adrian commençait à le frapper, il pourrait carrément être embarqué lui aussi. Surtout que Connor ne faisait rien pour l’attaquer. L’impact du corps de ce dernier sur la porte d’entrée avait fait un boucan incroyable, et j’avais maintenant peur que quelqu’un ne veuille intervenir, dans l’immeuble. Il était hors de question que ça s’ébruite. Déjà que j’étais pratiquement sûre que la moitié de mes voisins soupçonnaient Adrian de me battre, alors si en plus on le voyait frapper un autre homme, là je pouvais lui dire adieu… Je savais qu’il faudrait que je prenne mon téléphone, que je compose le 911 et que j’appelle quelqu’un mais je n’étais même pas capable de ça… et je n’étais pas sûre que ce soit la bonne solution. Sinon, je les aurais déjà appelés. Il y a longtemps !
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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Jeu 19 Mar - 16:46

I don't believe that you can make all of the pain go away
Connor & Juliet & Adrian

Tendu à l’extrême, je gardais les yeux fixés sur Connor. Je ne pouvais plus détacher le regard de cet homme, qui m’avait pourtant semblé commun et même sympathique quelques minutes plus tôt. J’aurai pu me poser mille questions sur lui, maintenant que j’avais compris qui il était et surtout, ce qu’il avait fait. D’où venait-il ? Qu’est ce qui pouvait pousser quelqu’un à faire quelque chose de si horrible ? Est-ce que Juliet était la seule personne qu’il avait agressée ? Qu’est-ce qu’il lui avait fait, exactement ? Pourquoi elle ? Ces questions tournaient dans mon esprit depuis des semaines et pourtant maintenant que j’avais l’occasion d’obtenir des réponses,  je ne parvenais pas à penser à tout cela. Tout ce à quoi je pensais, c’était à Juliet. A l’état dans lequel je l’avais retrouvée en rentrant du travail. A la façon dont elle avait tenté de maquiller ses bleus, à son silence. Je revoyais aussi la peur dans ses yeux quand je m’étais énervé, la façon dont j’avais brisé ce pauvre cadre qui n’avait rien demandé… Tout ça c’était sa faute, à lui. Il avait débarqué de nulle part et non seulement il avait fait du mal à Juliet, mais en plus à cause de lui j’avais failli briser l’équilibre encore fragile que nous commencions à retrouver tous les deux. Je savais que j’aurai du mal à restaurer la confiance qu’avait Juliet en moi, avant la mort de Charlie, et me voir peter un plomb comme je l’avais fait n’allait surement pas m’aider dans cette voie…

Alors que je le foudroyais toujours du regard, je vis le sien dévier vers Juliet. Il ne me regardait même pas ! Il se fichait de moi ou quoi ? Il posa les yeux sur moi quelques secondes quand je m’adressais à lui et j’avançais d’un pas menaçant en attendant la réponse, mais il détourna à nouveau les yeux, se décalant même pour pouvoir voir Juliet. Il m’ignorait totalement et ça avait le don de m’énerver encore plus, alors que je pensais cela carrément impossible. C’est quand il ouvrit la bouche pour s’excuser que je ne pus simplement plus me retenir plus longtemps. D’un geste brutal, je l’attrapai par le col pour l’envoyer valser contre la porte avec une force qui m’était jusque-là inconnue. J’entendis à peine Juliet crier, bien trop hors de moi pour y faire attention et rapidement je me rapprochais de Connor qui était encore contre la porte pour le prendre par les épaules et le secouer.

« Tu te fous de ma gueule ?! hurlais-je. Tu crois que ça sert à quelque chose de t’excuser ?! J’ai vu dans quel état tu l’as mise espèce de connard ! »

Sans lui laisser le temps de réagir ou de répondre quoique ce soit et sans même que je m’en rende vraiment compte, je lui donnai un coup de poing sur le côté de la mâchoire du plus fort que je pouvais.

« Pourquoi t’as fait ça ?! Qu’est-ce qu’il y a dans ta tête de taré putain ?! Comment t’as osé la toucher ?! »

A nouveau, je ne lui laissais pas l’occasion de répondre et lui donnais un autre coup, dans le ventre cette fois. Je n’étais pas vraiment sur de vouloir des réponses à ce que je lui demandais, je voulais juste lui crier dessus et le frapper le plus fort possible pour décharger la colère noire qui faisait battre le sang dans mes tempes. Au passage, ça me permettait aussi de me défouler un peu, avec tout ce qu’il s’était passé ces derniers temps j’en avais bien besoin et même si frapper quelqu’un n’était peut-être pas la solution adéquate, ça fonctionnait plutôt bien…
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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Ven 3 Avr - 19:55



I don't believe that you can make all the pain go away

with Juliet & Adrian



Le souffle encore coupé d'avoir été violemment projeté contre la porte, je n'ai pas le temps de récupérer qu'Adrian est déjà collé à moi. Il avait agrippé par les épaules et me secouait comme un prunier en m'hurlant au visage

« Tu te fous de ma gueule ?! Tu crois que ça sert à quelque chose de t’excuser ?! J’ai vu dans quel état tu l’as mise espèce de connard !  »

J'aurais bien voulu lui expliquer calmement que je ne cherchais nullement à me moquer de lui, même si mon début d'excuse lamentable pouvait lui laisser croire le contraire, mais à quoi cela servirait-il ? Il avait raison sur toute la ligne, même mes excuses les plus sincères ne permettront jamais à cette femme d'oublier ce qui s'était passé.
Mais moi je ne devais pas l'oublier ! Jamais ! Il ne fallait plus que cela se reproduise et pour en avoir discuté avec l'addictologue de l'hôpital, j'étais même prêt à rencontrer un psy. J'ai d'un coup l'idée de, pourquoi pas, prendre également en charge des séances de psy pour Juliet, elle devait en avoir besoin également, bien plus que moi en fait, vu sa réaction quand elle me voyait, mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus. Quand j'entends le cri de la blonde et la vois porter ses mains à sa bouche, je sais ce qui m'attend.
Le poing d'Adrian vient de s'écraser avec force contre ma mâchoire, me provoquant un choc electrique de la tête au pieds, il avait du toucher un nerf. Sa colère verbale est en train de s'exprimer à travers ses poings, et je le comprends. Il m'interroge, demandant comment j'avais pu faire une chose pareille, ce qui avait bien pu me passer par la tête, mais je ne suis pas sur qu'il soit en état d'entendre mes réponses, ni qu'il veuille vraiment savoir d'ailleurs. J'ai le temps de redresser ma tête et d'accrocher le regard de Juliet, plus pâle et plus tremblante que jamais. Je voulais qu'elle voit dans mon regard combien je regrettais et combien je sais que cette correction est amplement méritée mais son mec n'a pas l'air d'accord et me plante maintenant son poing juste dans l'estomac avec toujours autant de force et cette fois je sens mes jambes me lâcher, je ne tiens debout que parce qu'il me tient encore avec son autre main.
Je sentais qu'il avait besoin de ça pour évacuer toute la colère qui était en lui, si on avait fait la même chose à ma fille, il en serait de même pour moi. La justice et ses tribunaux c'était bien beau tant que cela ne vous touche pas de trop près, et les hypocrites qui vous disent que "ce n'est pas bien" de se faire justice soi-même peuvent aller se rhabiller ! Tout le monde a eu au moins une fois dans sa vie l'envie ou le besoin de faire sa propre justice !
Encore un coup dans la zone du foie puis un autre de nouveau au visage me faisant saigner du nez et il me lâche enfin. Je tombe de tout mon poids contre la porte, me recroquevillant par réflexe au cas où il lui viendrait à l'idée de me finir à coups de pieds. Je reste immobile un moment, puis voyant que les coups n'arrivent plus, je me risque à ouvrir les yeux. La première chose floue que je vois ce sont ses chaussures, des petites bottes qui auraient fait bien plus de dégâts que ses poings. Puis j'aperçois une forme qui se précipite vers moi, sans doute Juliet qui veut aussi se défouler. Après tout j'étais déjà au sol à moitié dans les vapes, et Adrian avait bien vu que je n'avais esquissé aucune riposte à ses coups, alors pourquoi pas n'aurait-elle pas le droit de se venger aussi ? Je referme les yeux, me préparant comme je le pouvais à recevoir encore des coups mais à la place j'entends juste les cris de la blonde qui a l'air de s'en prendre à son homme, puis je sens le pied d'Adrian me secouer légèrement. Comme je ne bougeais plus elle avait du croire qu'il avait été trop loin ...




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Juliet Carlson


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Mer 8 Avr - 22:52

i don't believe that you can make all the pain go away

Interdite, mais également profondément choquée par la scène qui se déroulait devant mes yeux depuis quelques minutes, je n’arrivais plus à bouger ne serait-ce que mon petit doigt. Alors qu’Adrian fonçait sur Connor, je gardais les yeux fixés sur eux. Et Adrian hurlait inlassablement sur lui, comme jamais. Il était hors de lui, et je ne l’avais jamais vu ainsi. Il l’insultait, il reparlait du lendemain de l’agression, il revoyait tout comme moi, tout. Mon œil au beurre noir, mes contusions, mes douleurs aux bras, au dos, ma lèvre coupée, ouverte même… Tout était encore clair, comme au premier jour. Je pouvais presque sentir encore toute la douleur, sur tout mon corps. Si je fermais les yeux, je pouvais encore sentir la présence de Connor tout contre moi, je pouvais sentir ses mains sur moi. Prise d’une violente nausée, je dus me tenir au mur pour ne pas m’effondrer, alors que devant moi, Adrian frappait Connor sur la mâchoire. J’entendis un craquement sinistre suivre instantanément le coup et grimaçai par réflexe.

« Pourquoi t’as fait ça ?! Qu’est-ce qu’il y a dans ta tête de taré putain ?! Comment t’as osé la toucher ?! »

Je sentis des larmes déborder des mes yeux en gardant ces derniers sur les deux hommes. Adrian le frappa encore, dans le ventre cette fois et encore une fois, je portai ma main livre à ma bouche. Jusqu’où Adrian pouvait-il aller pour me venger, pour passer ses nerfs ? Que lui ferait-il ? Dans quel état finirait-il ?! Quel était l’intérêt de le passer à tabac ? Ca me vengerait mais au fond, ça ne changerait pas grand-chose… Connor était à présent au sol, contre la porte, et Adrian continuait de lui hurler dessus en le frappant. J’étais tétanisée, tout bonnement terrifiée. Il allait le tuer si je n’intervenais pas…

Au bout d’un moment que je jugeais bien trop long, Adrian cessa finalement de le frapper et il se détourna un peu de lui en reprenant son souffle. Je posai mon regard sur lui en essayant de juger s’il était bon et utile que je m’approche de lui ou non. Dès lors que je vis les épaules d’Adrian s’affaisser, je sentis mes jambes me porter de nouveau et je courus vers Connor, alors persuadée qu’il avait perdu connaissance, ou pire, qu’il était mort ! Sans faire attention à Adrian qui me sommait de ne pas m’approcher de cette ordure, je vins jusqu’à son corps inerte tout de même et vérifiai qu’il respirait toujours. Automatiquement, je me redressai et reculai, craintive, prête à courir loin de là s’il me touchait. Adrian quant à lui, lui donna un très léger coup de pied pour vérifier ses réflexes. Pour ma part, je regardais le tableau avec effroi. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il ne s’était pas défendu, pourquoi il n’avait pas répondu aux coups de mon brun. Et ces excuses, qu’il avait entamées… les pensait-il vraiment ? Ca me paraissait tout bonnement impossible ! Et pourtant, il avait l’air sincère. Quand bien même, ça na changeait rien à ses actes, à ce qu’il m’avait fait, mais s’il s’excusait, c’était qu’il le regrettait non ? Il n’allait donc pas recommencer ?! Bien sûr, il était trop mal en point pour le moment pour répondre, alors il faudrait attendre mais je ne savais pas ce qu’Adrian prévoyait. Je me tournai donc vers ce dernier, hésitante.

« Qu’est-ce qu’on va faire ? bredouillai-je, d’une toute petite voix. On peut pas le laisser dans cet état… il faut qu’on appelle une ambulance, non ? »

Bien sûr, pour Adrian, ce que je disais devait paraître tout à fait insensé. Pourquoi voudrais-je appeler une ambulance pour soigner et aider la personne qui m’avait agressée, ça n’avait pas de sens … ! Moi-même, je ne me comprenais pas, parce que je voulais que cet enculé meure dans d’atroces souffrances… mais ce n’était pas humain de penser cela. Il fallait se montrer plus altruiste que lui… et c’était ce que j’étais en train de faire.
Néanmoins, il y avait tout de même un détail important. Adrian venait de le frapper jusqu’au sang, jusqu’à l’évanouissement presque, et si on appelait une ambulance, les secouristes et médecins sauraient ce qu’il s’était passé. Et si on portait plainte contre Adrian ? Il était hors de question qu’il ait un casier judiciaire… Et je ne voulais pas qu’il devienne l’agresseur, le tortionnaire, le type bizarre… ce n’était pas lui. C’était Connor.
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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Ven 15 Mai - 0:05

I don't believe that you can make all of the pain go away
Connor & Juliet & Adrian

La colère noire que je ressentais m’empêchait de réfléchir. Je ne voyais plus rien d’autre que le visage de cet homme en face de moi, je ne sentais pas la douleur quand mon poing entrait en contact avec sa mâchoire ou son ventre, je n’entendais même pas mes propres mots quand je lui crachais des insultes. C’était comme si, en l’espace de quelques secondes, cette émotion destructrice avait pris le contrôle de mon corps et mon esprit en me poussant à crier et à frapper encore plus fort. Et voir qu’il ne répliquait pas, qu’il se contentait d’encaisser sans se défendre me poussait encore plus à bout. C’était quoi son problème à ce type ? Il tabassait Juliet et puis il se laissait frapper ? Il pensait peut-être que ça allait le racheter ? D’un nouveau geste rageur, j’écrasais encore mon poing dans son ventre ce qui eut pour effet de le faire se plier en deux juste à bonne hauteur pour que mon second coup l’atteigne en plein visage, le faisant saigner du nez. La vue du sang me fit comme un électrochoc et je laissais tomber le long de mon corps mon bras qui était déjà prêt à frapper à nouveau. Je lâchais aussi mon emprise sur lui, le laissant glisser au sol sur lequel il se recroquevilla. La respiration saccadée par la colère, je fis un pas en arrière en le fixant toujours avant de laisser retomber la tension. Mes poings et ma mâchoire se desserrèrent alors que mon rythme cardiaque se ralentissait peu à peu grâce à mes grandes inspirations. Alors que je faisais encore mon possible pour me calmer, je vis Juliet s’approcher rapidement de Connor, me laissant à peine le temps de lui dire de rester à l’écart. Vu l’état dans lequel il était à présent, il ne lui ferait pas grand-chose, mais rien que l’idée qu’elle soit à sa portée me hérissait les poils. Elle vérifia rapidement qu’il respirait avant de se reculer légèrement, visiblement encore effrayée par cet homme. De mon côté, je lui donnais un léger coup de pied pour essayer de voir s’il réagissait. Il restait inerte mais je pouvais voir sa poitrine se soulever et s’abaisser au rythme de sa respiration, donc il allait bien. Ou du moins aussi bien qu’on pouvait aller après ça…

«Qu’est-ce qu’on va faire ? On peut pas le laisser dans cet état… il faut qu’on appelle une ambulance, non ? »

La voix de Juliet me sorti de mes pensées et je relevais la tête vers elle. Appeler une ambulance ? Ce n’était pas possible. Les médecins appelleraient la police à coup sûr. Il manquerait plus que ce connard porte plainte… Il n’avait plutôt pas intérêt vu ce qu’il avait fait à Juliet mais bon… Et si c’était pour cette raison précisément qu’il ne s’était pas défendu ? Pour pouvoir prouver que je l’avais agressé ? Sans m’en rendre compte, je me mis à jurer à voix haute en tirant mes cheveux en arrière. Il était hors de question que j’aie un casier. Je devais rester loin des flics, même si j’avais changé de pays. Les Etats-Unis étaient tout proches et je savais d’expérience que même les années n’empêchaient pas tout. Une simple plainte pour coups et blessures n’allait peut-être pas leur permettre de faire un lien quelconque, mais je n’avais aucune envie de tenter le diable. Surtout que Juliet ne savait rien, et que j’étais loin d’être pressé qu’elle découvre quoique ce soit à propos de tout ça… Avec un soupir résigné, je finis par m’accroupir à côté de Connor pour regarder un peu l’état de son visage.

« On ne va pas appeler une ambulance... , articulais-je difficilement, la voix encore enrouée d’avoir crié. T’as de la glace ? Et quelque chose pour son nez ? »

Je relevai une nouvelle fois la tête vers Juliet, l’interrogeant du regard. Je n’avais aucune envie de l’aider mais je ne pouvais pas non plus le jeter dehors alors qu’il pissait le sang, risquant par la même occasion de le laisser aller voir les flics. Avant de le laisser partir, j’allais m’assurer qu’il n’avait pas l’intention de porter plainte…
Emi Burton

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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Sam 30 Mai - 14:11



I don't believe that you can make all the pain go away

with Juliet & Adrian



Encore à moitié assommé par les coups d'Adrian, je n'avais pas une bonne perception de ce qui se passait autour de moi, mais j'entendais le brun et Juliet discuter. Bien que je ne comprenais leurs paroles, je me doutais bien qu'il parlait de moi et de ce qu'ils comptaient faire.
Pendant un dixième de seconde, je crains un peu pour ma vie. Et si j'étais tombé sur un mec qui n'avait peur de rien, ce gars semblait prêt à beaucoup de choses pour protéger sa copine, mais de là à aller jusqu'à me faire disparaitre peut-être pas quand même ... Quoi que, j'étais moi-même bien placé pour savoir que quand on ressent une telle colère contre quelqu'un on franchit aisément des limites qu'en temps normal on penserait infranchissables. Cependant, je ne sais pas pourquoi, je sentais que Juliet elle, n'irait jamais jusque là, et pourtant c'était elle qui avait subi, elle qui avait souffert de ce que je lui avais fait.
Je n'ai pas le temps de réfléchir plus, je sens qu'on essaie de me retourner pour me mettre sur le dos. Je laisse échapper un gémissement quand mon dos se retrouve à plat que le plancher, je devais avoir une ou plusieurs côtes fêlées. Mon nez saignait aussi encore abondamment, je sentais le sang chaud couler jusque dans mon cou, mais ce n'est rien comparé à la douleur fulgurante que je ressens quand un bout de tissu vient s'écraser sous mes narines ! Cela fait atrocement mal et me réveille instantanément. Par réflexe je saisis le poignet d'Adrian pour qu'il arrête d'appuyer, mais je suis affaibli et remarquant ma douleur, il se fait un malin plaisir d'insister sur cette zone sensible, j'en ai pratiquement les larmes aux yeux. L'idée qu'il pourrait attenter à ma vie revient me hanter, il pourrait m'étouffer s'il appuyait encore plus fort, sans compter la douleur que cela induirait. J'essaie encore de le repousser mais en vain, et alors qu'il me dit assez brutalement de me tenir tranquille, je peux voir dans ses yeux comme une extrême satisfaction. Il savait pertinemment qu'il me faisait mal, et cela semblait satisfaire chez lui une part de sadisme, il comblait son désir de vengeance, mais si tout à l'heure je me lassais faire, acceptant presque de bonne grâce cette "punition" quand il m'accablait de coups, ce n'était plus le cas maintenant. Il n'était plus en colère, il laissait juste cours à la part de sadisme que tout être humain possède au fond de soi.
Heureusement pour moi, Juliet revient et lui demande de reculer pour pouvoir appliquer la poche de glace qu'elle tenait dans ses mains. Sur le coup j'ai peur qu'il ne lui prenne des mains pour me faire encore plus souffrir, mais il obtempère à la demande de sa copine qui s'agenouille à son tour près de moi. Vu sa réaction quand elle m'avait vu, je suis surpris qu'elle accepte de m'approcher, mais c'est vrai que je n'étais pas en état de lui faire quoique ce soit. Et puis la silhouette menaçante d'Adrian debout juste derrière elle me mettait bien en garde que si je tentais quoique ce soit j'allais cette fois y passer. J'ai quand même un mouvement reflexe induit par la douleur quand elle pose la poche de glace de part et d'autre de mon nez. Ma main effleure à peine son poignet qu'elle sursaute et se retire sa main

- Je suis désolé ... vraiment ... j'ai ...

Elle ne m'écoute même pas. Elle s'était redressée et surtout réfugiée dans les bras de son homme qui me regardait maintenant avec dégoût. Je me sentais si sale, si honteux ... Surmontant la douleur qui commençait à s'installer dans tout mon corps, j'arrive à me redresser et à m'assoir contre la porte d'entrée. Cette position est un peu plus confortable et la poche de glaçons que je tiens toujours sur mon nez commence doucement à faire son effet, anesthésiant progressivement la douleur. Je ferme les yeux un moment pour récupérer un peu mais c'est de courte durée. Je les rouvre quand je sens qu'on m'ôte mon anti-douleur des mains brutalement. Adrian s'était accroupi à ma hauteur et me fixait étrangement. Pendant de longues secondes son regard scrute le mien comme s'il cherchait à lire dans mes pensées. J'espérais de tout coeur qu'il soit bon à ce petit jeu et qu'il se rende compte que j'étais vraiment désolé de ce que j'avais fait subir à sa copine, même si j'aurais préféré m'expliquer directement avec elle. J'aurais du le faire quand je l'avais croisé avec Ella, parce qu'avec Ella ça se serait au moins passé sans coup, là avec Adrian je n'étais pas prêt à parier que cela aille sans heurts à nouveau ...




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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Jeu 4 Juin - 0:52

i don't believe that you can make all the pain go away

Mon esprit tournait dans tous les sens, alors que j’osais espérer trouver une solution pour que cette soirée ne soit pas celle qui casserait tout l’équilibre que l’on tentait vainement de remettre en place. Je refusais de le voir se faire arrêter pour coups et blessures. Encore moins pour avoir frappé l’homme qui m’avait agressée. Le truc, c’était que la justice était mal faite. De quoi pourrait écoper Connor, l’homme qui m’avait frappée, touchée, qui m’aurait violée et laissée pour morte dans la rue éventuellement ? Et de quoi pourrait écoper Adrian s’il se faisait arrêter ce soir ? J’étais pratiquement sûre que ça se valait alors qu’en vérité, Adrian avait juste voulu me venger. Il n’aurait pas dû le faire…
Toujours confuse, toujours effrayée comme jamais, je continuais de regarder mon petit-ami, pas sûre pour deux sous de la suite des évènements. Lui aussi il réfléchissait, mais pas aux mêmes choses que moi. Quand je pensais à lui et uniquement à lui, je voyais bien que de son côté, il se posait des questions sur ce que nous allions faire de mon agresseur. J’avais l’étrange impression d’être dans un film, de devoir faire disparaître un corps, de paniquer et de suffoquer en me rendant compte que nous allions avoir des ennuis. Je frissonnai d’angoisse lorsqu’il laissa échapper un juron et je me pris les bras en les serrant fermement quand il se mit à arpenter la pièce en maltraitant ses cheveux, décoiffés par la bataille à sens unique qui avait eu lieu quelques minutes auparavant. Il répéta ce manège un bout de temps avant de finalement se pencher sur le corps à demi inerte de Connor. Il fallut que je me rapproche pour entendre et comprendre ce qu’il me disait.

« On ne va pas appeler une ambulance... T’as de la glace ? Et quelque chose pour son nez ? »

J’étais à quelques mètres d’eux, et quand Adrian releva la tête vers moi, je vis son regard noir me transpercer de part en part. Il était encore furieux, prêt à le tuer pour moi, et j’avais presque peur de ce regard. Ce n’était pas vraiment le genre de regard, ni de comportement, auquel j’avais été habituée avec lui. Je l’avais vu se battre deux… et il était ivre la deuxième fois. C’était plus ridicule et gênant qu’impressionnant d’ailleurs et j’avais été soulagée quand il s’était fait virer du bar. Je voulais que tout s’arrête. Je voulais que Connor reparte d’où il était arrivé. Je voulais qu’Adrian se calme, se détende et me prenne dans ses bras, histoire que nous puissions penser à autre chose et finir la soirée sur une note positive. Mais tout cela était loin d’être fini. J’espérais vainement que notre invité ne soit pas trop blessé, qu’il n’allait pas porter plainte, qu’il ne dise rien à personne. J’aurais prié Dieu si j’avais été croyante. Il ne fallait pas que mon brun se fasse prendre. Parce que si je devais encore vivre séparée d’Adrian, je ne le supporterais pas. Une fois, pas deux.
Je revins brusquement sur Terre quand il laissa échapper un bruit agacée et en sursautant, je détalai vers la cuisine. En fouillant dans le congélateur, juste au-dessus du réfrigérateur, je pus trouver une poche de glace que je ramenai à Adrian pratiquement en courant et en manquant de glisser dans l’entrée. Lorsque je revins dans l’entrée, je remarquai immédiatement qu’il avait bougé Connor, qui était désormais allongé de tout son long sur le sol. Adrian était en train d’éponger le sang sur son visage à l’aide d’un mouchoir en papier. D’après les soubresauts du corps de Connor, j’étais sûre et certaine qu’il lui faisait mal et je détournai les yeux pendant quelques secondes du tableau que j’avais devant moi, qui m’était alors devenu insupportable. Je pris mon courage à deux mains, me rappelant que jamais ô grand jamais Adrian ne me ferait de mal physique et je haussai la voix pour qu’il m’entende.

« Recule… »

A ma grande surprise, il obtempéra et se recula. Il ne me fit même pas de remarque, ni à Connor d’ailleurs. Je me rapprochai encore un peu plus, et pus finalement m’agenouiller à côté de Connor. J’étais terrifiée. Terrifiée qu’il puisse me toucher de nouveau, terrifiée qu’il me regarde. Terrifiée d’être à quelques centimètres de lui. Pourquoi m’infligeais-je cela ? Pourquoi voulais-je l’aider avec ma poche de glace ? Pourquoi ? D’une main tremblante, je posai doucement la poche sur son visage, à proximité de son nez. Il ne perdit pas de temps pour sursauter à cause du froid et je sentis alors sa main agripper mon poignet. En réalité j’exagérais. Il ne me tenait même pas la main. Mais mon cerveau m’envoya des flashs de cette altercation. De la façon dont il m’avait tenue. En un dixième de secondes, j’étais le plus loin possible de lui, la poche de glace tombée sur lui. J’atterris dans les bras d’Adrian qui me serra le plus fort possible contre lui. Je tremblais encore plus qu’avant et il prit le temps de me calmer légèrement avant de faire quoi que ce soit d’autre.
Ce moment de répit où je me sentis en pleine et entière sécurité fut de courte durée, puisqu’il me lâcha pour se rapprocher une nouvelle fois de Connor. Je reculai d’un pas, en me serrant encore une fois les bras, et j’observai la scène qui se déroulait juste devant moi. Adrian s’accroupit face à Connor et l’observa longuement. Les deux hommes se regardèrent en chiens de faïence et je crus, pendant une longue seconde, que mon brun allait lui coller une deuxième raclée, laquelle serait sûrement fatale pour mon agresseur. Néanmoins, ni l’un ni l’autre ne bougea et je me retrouvai à attendre que le temps passe, en espérant que tout aille bien. J’avais envie de me rapprocher, d’être sûre qu’Adrian ne ferait rien, mais mon cœur battait encore à tout rompre… et je voulais que ça se termine le plus rapidement possible.
© GASMASK

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

   (c) crackle bones


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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Mar 7 Juil - 1:19

I don't believe that you can make all of the pain go away
Connor & Juliet & Adrian

Le regard toujours posé sur Juliet, j’attendais qu’elle me réponde ou qu’elle agisse. Elle resta quelques secondes les yeux plongés dans les miens, l’air presque perdu et je ne pus retenir un claquement de langue agacé. Cela ne me ressemblait pas, mais j’étais concentré sur ce que je devais faire pour m’éviter des ennuis et pour le moment il me fallait cette poche de glace. Elle sursauta et repris ses esprits avant de foncer vers la cuisine pour trouver ce que je lui demandais. En secouant la tête, je m’intéressai à nouveau à Connor qui n’avait pas bougé, toujours recroquevillé sur le sol. Décidant de m’activer aussi, j’attrapai un mouchoir sur un meuble non loin avant de l’agripper par l’épaule pour le tourner sur le dos sans ménagement lui arrachant un gémissement de douleur. Les yeux mi-clos, du sang d’un rouge foncé s’échappant de ses narines pour couler le long de sa mâchoire et de son cou, il avait l’air en mauvais état. Je savais très bien que je n’aurais jamais pu le blesser autant en temps normal, vu sa stature. Il s’était laissé faire, j’en avais parfaitement conscience et bizarrement ça me mettait encore plus hors de moi. Toujours sans aucune considération pour le type que j’avais en face de moi, j’écrasai mon mouchoir en dessous de son nez pour stopper le saignement. Connor eut un sursaut de douleur et me saisit faiblement le poignet pour tenter de m’empêcher de continuer. Mais je ne m’arrêtai pas pour autant et accentuai même la pression sur son arête nasale pour qu’il souffre encore plus, retirant un certain plaisir sadique en le voyant grimacer et essayer de se débattre, chose qu’il n’avait pas faite plus tôt. D’un ton acéré, je lui ordonnai de se tenir tranquille s’il ne voulait pas que j’appuie encore plus  ce que je fis quand il continua à remuer dans tous les sens.

Ce fut la voix de Juliet qui me fis relâcher un peu la pression quand elle me demanda de reculer. Sans aucune autre réaction, je m’exécutai et laissai Connor tranquille. Je savais parfaitement que j’exagérai et même si j’aurai probablement pu continuer comme ça un moment, j’étais conscient que l’important, à présent, c’était de l’empêcher de me foutre dans la merde. Et ce n’était pas en le torturant de la sorte que j’allais y arriver. Je croisai donc les bras en regardant Juliet s’agenouiller auprès de lui, restant néanmoins assez proche pour intervenir si besoin. Même si Connor ne lui ferait probablement plus grand mal dans l’état dans lequel il était maintenant. Scrutant ses moindres gestes avec attention, j’étais pratiquement prêt à lui sauter dessus quand je vis Juliet sursauter et se reculer brusquement mais me contentai d’ouvrir les bras pour qu’elle puisse s’y réfugier. En la sentant trembler comme une feuille contre moi je sentis mon cœur se serrer et jetai un nouveau regard plein de haine à son agresseur. J’espérai au moins qu’il voyait ce qu’il lui avait fait et qu’il allait s’en vouloir pour le restant de ses jours. J’en connaissais un rayon niveau culpabilité et je ne savais que trop bien que c’était le pire des fardeaux à porter. Mon regard ne se détacha pas de lui alors qu’il se redressait pour s’assoir contre la porte et je finis par lâcher Juliet une fois qu’elle fut un peu calmée pour m’approcher de lui à nouveau.

Mon regard noir toujours planté dans le sien, je m’accroupis à sa hauteur et le fixai longuement, les avant-bras posés sur les genoux. Je sentais mes muscles se tendre à nouveau et du respirer profondément pour ne pas m’emporter à nouveau. En poussant un long soupir, je passai une main sur mon visage avant de tirer mes cheveux en arrière dans un geste nerveux. J’étais dans la merde, je le savais et même si à cet instant j’étais en position de force, ce type pouvait me poser bien des soucis que je préférais éviter.

« Je veux plus entendre d’excuses. Tu les mérites pas putain. Tu ne mérites pas ses excuses. »
Emi Burton

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life can do terrible things
Made my mistakes, let you down, and I can't hold on for too long. Ran my whole life in the ground and I can't, I can't get up when you're gone. You are my only one.


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Connor Thomas West


DISCUSSIONS : 205
MessageSujet: Re: I don't believe that you can make all the pain go away ~ Connor & Juliet & Adrian   Dim 25 Oct - 0:03



I don't believe that you can make all the pain go away

with Juliet & Adrian



Adrian me fixait toujours. Accroupi à quelques centimètres de moi, je pouvais presque sentir son souffle sur mon visage. Je baisse les yeux vers la poche de glace qu'il m'avait arrachée des mains et jetée à terre, la douleur revenait et cela  commençait à devenir insupportable. J'avais bien envie de la ramasser mais esquiver le moindre geste aurait été vu comme une provocation et même si je n'avais pas encore repris tous mes esprits, je sentais bien qu'il était encore à fleur de peau. Je relève les yeux vers lui au moment où il se passe la main sur le visage. Il est nerveux et du coup je ne cherche pas non plus à regarder sa compagne. J'aurais tellement voulu avoir au moins un début d'explication avec elle, lui dire que je n'étais pas dans mon état normal quand je l'avais agressée, mais je commence à penser que c'est peine perdue

« Je veux plus entendre d’excuses. Tu les mérites pas putain. Tu ne mérites pas ses excuses. »

Je sursaute avant de faire profil bas. Je m'autorise enfin à les regarder quand je sens mon agresseur se relever. Il fait les cent pas entre moi et Juliet, comme s'il réfléchissait. J'en profite pour récupérer les glaçons que je repose de part et d'autre de mon nez toujours douloureux, j'en viens même à me demander s'il n'est pas cassé avec déplacement. Je retire brièvement la poche glacée pour en tâter l'arête et non il m'a l'air bien dans l'axe, mais putain que ça fait mal. Je fais mentalement le tour de mon corps aussi. J'essaye doucement d'inspirer profondément, gonflant le plus que je peux ma cage thoracique et la douleur au niveau des côtes est supportable. Je me demande bien comment tout cela va finir. Je voyais bien qu'Adrian était en proie à une profonde réflexion, même s'il me surveillait quand même du coin de l'oeil. Il devait commencer à regretter de m'avoir tabassé, je pourrais aller porter plainte, et mon nez amoché et les hématomes qui n'allaient pas manquer d'apparaître joueraient en ma faveur si c'était sa parole contre la mienne.
J'abandonne pour l'instant l'idée d'essayer de me relever, et profite qu'il ait le dos tourné à chaque fois qu'il marche vers Juliette pour la regarder elle. Elle essayait de maîtriser ses tremblements en serrant ses bras, fixant son homme qui faisait toujours les cent pas. Pourtant au bout de quelques regards j'arrive a accrocher le sien

- J'ai soif

Au son de ma voix Adrian se retourne vivement vers moi et acquiesce de la tête à la question muette de Juliette de savoir si oui ou non elle pouvait répondre à ma demande. J'avais la gorge sèche et je voulais aussi faire passer le gout du sang qui avait coulé dans ma gorge. Elle s'absente un moment dans la cuisine et revient avec un verre d'eau. Voulant éviter une réaction comme tout à l'heure, je fais bien attention à ne pas la toucher en lui prenant le verre des mains. Toujours accroupie près de moi, elle me regarde boire et quand je lui retends le verre vide, je peux voir dans ses yeux enfin autre chose que de la peur

- Merci

Elle s'étonne de ma politesse et du coup j'en profite pour m'engouffrer dans la brèche qui vient de s'ouvrir

- L'autre soir je n'étais pas moi-même, j'avais bu et vous ...

Je comprends que je ne vais pas avoir le temps de m'expliquer quand je vois Adrian fondre à nouveau sur moi avec un air plus que menaçant. Je serre les dents et mets mon avant bras devant mon visage pour me protéger mais le coup n'arrive pas ...




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