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 Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]

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Ella Kayser


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MessageSujet: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Mar 23 Déc - 2:08


Big Illusions
Ella/Juliet/Connor



La journée commence à merveille, ma nuit avait été magnifique, j’avais pu dormir autant d’heure que possible pour récupérer mon sommeil. Après une bonne douche et un bon petit déjeuné, j’enfile mon manteau attrape mon sac et je sors de chez moi.
En souriant, j’hume l’air frais, mais plutôt clément pour la période de l’année, je sentais que ça allait être une très bonne journée. Le temps étant vraiment agréable, je me décide à aller au magasin de chaussure à pied. J’étais toute excitée parce que j’allais acheter des chaussures. Comment expliquer l’effet que ça me fait, quand je mets une chaussure à mon pied et que c’est simplement LA chaussure parfaite. Evidemment, ça m’arrive 9 fois sur 10. Je mets toujours trois heures pour choisir une ou deux paires, et après une centaine d’essayage. En faite, je suis une vraie cliente hyper chiante. Je plains toujours les vendeuses avec moi. Mais aujourd’hui je vais essayer d’être bien plus gentille, parce que j’allais voir Juliet. Je ne voulais pas lui donner trop de travail, alors je me contenterai de faire quelques essayages et acheter quelques paires. Ensuite, j’irai prendre une petite salade dans une brasserie, et je finirai ma journée à rentrer tranquillement chez moi. Après je pourrai peut être appelé Ethan et le forcer à venir me voir, ça fait un moment que je ne l’avais pas vue, et il me manquait mon chouchou et puis je voulais savoir ce qu’il en était avec ses sentiments.
Tout en marchant je réfléchissais à plusieurs chose, mais je me stop devant la boutique, je n’avais même pas fait attention que j’étais déjà arrivé. Avec un grand sourire je pousse la porte du magasin et remarque rapidement Juliet qui rangeait des boites. Je m’avance alors vers elle, en jetant par ci par là des coups d’œil. Il y avait déjà quelque escarpin et botte qui me plaisait déjà. Je salut Juliet, et après quelques banalités, on s’occupe de mes chaussures. La pauvre, ça devait faire trente minutes que j’étais entré dans le magasin que j’avais déjà essayé une bonne dizaine de chaussures. Au final après une bonne heure, je repars avec une paire de botte grise, une paire d’escarpin rouge, et une autre noir plus brillant. J’étais aux anges. En plus Juliet m’avait fait une petite réduction qui m’avait touché et bien fait plaisir. Dans l’après-midi avant de retourner chez moi, j’étais repassé chercher Juliet pour qu’on aille se prendre un café, et discuter. Nous avions vraiment vite accroché toutes les deux, c’était réellement sympathique de pouvoir parler franchement avec quelqu’un.

***

Quelques jours avaient passés et nous nous étions donnez rendez-vous sur une place pas loin de sa boutique. Elle avait eu son après-midi et nous allions pouvoir la passer toutes les deux à parler, faire les magasins, bref, des trucs entre copines.

Quand j’arrive sur la petite place, Juliet était déjà là, à m’attendre. Je lui fais la bise, et je remarque très rapidement que ces blessures s’estompent un peu et qu’elle n’avait pas beaucoup mis de maquillage, et sa lèvre était presque cicatrisée. Ca s’arrangeait alors j’étais ravie. D’ailleurs elle ne m’avait pas dit comment elle l’avait annoncé à son copain, mais j’avais peur d’engager ce type de conversation. Ce n’était pas très délicat, et si elle aurait voulu m’en parler, ça aurait déjà été fait je pense.

- Comment tu vas Juliet ?

Je lui fais un grand sourire, et j’espérais qu’elle ne me trouve pas trop lourde ou insistante, parce qu’en réalité, je voulais vraiment savoir comment elle se sentait. Elle me fait un sourire en retour en murmurant un petit « ça va ». Le vent étant assez présent aujourd’hui, on décide de marcher un peu, pour que nous ne congelions pas trop sur place.

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Juliet Carlson


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Mer 24 Déc - 1:34

big illusions

   
Après quelques jours de repos que ma patronne m’avait forcée à prendre, et qui ne seraient pas décomptés de mon salaire, selon elle, parce que c’était un cas de force majeure et parce que j’avais besoin de repos. C’était à croire que je n’avais pas réussi à berner quiconque, même pas ma patronne. Elle avait très bien compris, elle aussi, ce qu’il s’était passé, et si elle ne m’avait pas posé de questions, elle avait tout de même tenu à ce que je m’arrête quelques temps. C’était une chance qu’elle ait décidé de ne pas m’enlever de l’argent. C’était pour cette raison que je refusais de rentrer chez moi, au début, parce que si je perdais de l’argent sur le mois, j’aurais bien du mal à le terminer. Alors son geste de bonté était le bienvenu, et j’étais trois jours chez moi, à ne rien faire d’autre que de m’empiffrer sur le canapé. Ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé, depuis mes dernières vacances en réalité.  Adrian passait désormais tous les jours, et ne partait de l’appartement que lorsqu’il ne travaillait pas. Le reste du temps, il restait tout le temps avec moi, et même quand il terminait à une heure ou deux heures du matin, il venait ici et me rejoignait. Je préférais ça au moins, je me sentais en sécurité, quand bien même sa réaction n’avait pas été des plus douces et calmes, nous avions préféré avancer, tous les deux, et j’avais pardonné. Je savais que je le pardonnais toujours trop facilement, c’était un de mes points faibles… mais là, c’était de ma faute. J’avais menti, et je pardonnais encore plus facilement, du coup. C’était peut-être idiot, mais c’était comme si je me forçais à le faire, pour me faire moi aussi pardonner pour mon horrible mensonge.

Trois jours plus tard, j’étais de retour au boulot et mes collègues semblèrent soulagées de me voir revenir. Il était vrai que j’étais celle qui travaillait le plus, de nous toutes. Je faisais toujours tout ce que les autres ne voulaient pas faire, et elles ne se mettaient à travailler que lorsque la patronne arrivait dans la pièce, ou lorsqu’elles la savaient en train de regarder les caméras. C’était ridicule, dégueulasse, et ça me révoltait, mais je ne pouvais pas me permettre de risquer mon job pour des idiotes. J’avais besoin d’argent, et j’en avais trop besoin pour tout foutre en l’air comme ça. Si je perdais mon boulot, je perdais mon appartement, je perdais tout. Je savais qu’Adrian m’aiderait, qu’il prendrait la charge de tout payer avec son salaire, mais je ne voulais pas être un fardeau pour lui. Il avait déjà son loyer à payer, et il n’allait certainement pas payer le mien ! Non, chaque jour, je me taisais, en espérant que ma patronne finisse par voir clair dans le jeu des autres filles. Même Jenny, que pourtant j’adorais, ne pouvait pas s’empêcher d’imiter les autres et de me laisser bosser. Parfois, je regrettais le temps où j’étais enceinte de Charlie, parce qu’elles étaient bien obligées de m’aider, vu que je fatiguais beaucoup plus rapidement qu’à la normale.
Ce jour-là, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis Ella arriver vers moi, dans la boutique. Je lui avais donné l’adresse, quand nous avions bu un thé toutes les deux, après qu’elle m’ait recousu la lèvre, je m’en souvenais, mais je ne pensais pas qu’elle allait venir si tôt. A croire qu’elle adorait vraiment les chaussures, elle n’avait pas menti. Je l’accueillis avec un grand sourire. J’étais contente de la revoir. J’avais bien apprécié notre petite conversation, j’avais aimé son caractère et sa personne. J’avais apprécié son langage et sa façon de penser et j’étais contente qu’elle revienne me voir, même si c’était quand même plutôt pour les chaussures. Nous discutâmes quelques minutes avant qu’elle ne me dise ce qu’elle recherchait. Je repris donc mon rôle de vendeuse et lui proposai quelques paires, tout en m’enquérant d’informations sur sa pointure, les chaussures qu’elle aimait porter, quel genre elle recherchait vraiment… afin de pouvoir lui trouver les paires parfaites. C’était une cliente difficile, elle me rappelait facilement Adrian, qui lui aussi avait besoin de toutes les faire avant de trouver la bonne paire. Mais j’aimais ça, le challenge et au final, je réussis à lui trouver de bonnes paires, qui lui plurent et qu’elle acheta. Forcément, je lui avais promis une ristourne et après avoir confirmé l’autorisation auprès de ma patronne, j’enlevai trente pourcent de sa facture finale. Quand je faisais des promesses, je les tenais jusqu’au bout et Ella semblait ravie de mon initiative. Elle m’avait recousue, et elle m’avait écoutée… c’était le moins que je puisse faire pour elle. Et pour une fois que je pouvais le faire avec une copine, j’en profitais. Avant de quitter la boutique, Ella insista pour me payer un café dans l’après-midi, et je lui donnais donc mon heure de départ pour que l’on puisse se poser en ville. La fin de journée fut plutôt joyeuse et j’étais contente de savoir qu’elle tenait un minimum à moi pour vouloir me revoir en dehors de nos boulots respectifs. Je ne savais pas vraiment pourquoi elle faisait ça, mais je me disais que j’étais peut-être en train de me faire une nouvelle amie. Ça ne serait pas de refus, parce que ce n’était pas ce que j’avais beaucoup…

***

Nous avions convenu de nous revoir durant un après-midi où je ne travaillais pas et où elle n’était pas de garde non plus. Ca n’avait pas été si compliqué que ça, finalement, parce que je n’avais eu qu’à demander la permission à ma patronne, et à échanger mes horaires avec une collègue. Cette dernière n’avait rien pu dire, elle savait que je pourrais la menacer de tout raconter à notre boss si elle disait non. Finalement, c’était un bon moyen de pression, de vraiment travailler et de ne rien dire à propos des autres… ça pourrait m’être très utile, dans le futur, si je voulais passer du temps avec Adrian.
On s’était donné rendez-vous dans le quartier d’Adrian, et d’où j’étais en attendant Ella, je pouvais apercevoir l’immeuble de mon petit-ami. Je n’y avais été qu’une seule fois depuis que nous étions tous les deux de nouveau ensemble. C’était un très joli coin, et il avait bien fait de s’y installer. C’était bien mieux que là où nous avions vécu, et où je vivais encore. Avec un sourire, je repensais à son appartement, en essayant de retrouver avec précision les meubles, les cadres, les souvenirs qui se trouvaient là-bas. Il n’y avait pas grand-chose, comme d’habitude, Adrian n’était pas très matérialiste… mais c’était lui, cet appartement. Je n’eus pas le temps d’y penser plus, Ella arriva devant moi, un grand sourire aux lèvres, et elle vint me claquer deux bises sur les joues. Je sentis son regard balayer mon visage, mais j’en avais l’habitude maintenant. Adrian le faisait à chaque fois qu’il revenait du restaurant, et ça ne me dérangeait plus…

« Comment tu vas Juliet ?
-Ca va… »

Ma réponse avait été peut-être un peu rapide, mais c’était vrai : j’allais bien. C’était beaucoup mieux maintenant que la vie avait repris son cours. Adrian ne m’avait plus posé de questions, même si je savais que ça le démangeait et qu’il n’attendait que de pouvoir revenir à la charge là-dessus. Je n’avais pas été plus agressée dans la rue, et c’était très bien. Je n’avais pas revu mon agresseur et je ne comptais plus penser à cette histoire. J’avais repris le cours de ma vie, et c’était parfait. Nous commençâmes à marcher toutes les deux, en commençant un peu à discuter. Je resserrai mes bras autour de mon torse, me tenant bien au chaud dans mon manteau et avec mon écharpe. Il faisait encore plus froid que le jour de mon agression, le vent était plutôt violent et j’avais bien envie que l’on se pose dans un café, mais nous continuâmes notre route en discutant de choses et d’autres sur un ton bon enfant, jusqu’à ce que je m’arrête net sur le trottoir.

En face de nous, je vis une silhouette que je connaissais. Que j’aurais préféré ne pas connaître et sans le vouloir, je me rapprochai instinctivement d’Ella en lui agrippant le bras de mes mains. Les yeux restaient braqués sur l’homme, parce que je ne voulais pas louper un seul de ses mouvements. J’étais prête à m’enfuir en courant, à crier au secours, à me battre même. J’étais pétrifiée, mais quand il faudrait que je fasse usage de mes membres, j’y arriverais sans problème. En attendant, Ella me regardait d’un air surpris, elle ne devait pas comprendre ce qu’il se passait et à vrai dire, elle avait bien raison de ne pas comprendre. Moi-même j’étais surprise. Etais-je réellement sûre de moi, en pensant que cet homme était mon agresseur ? Peut-être qu’il lui ressemblait seulement. Oui, ça devait être ça. Je n’avais pas à avoir peur de lui. Ce n’était qu’un passant dans la rue, il ne me connaissait pas, et je ne le connaissais pas. Il ne m’avait pas fait de mal. Je me détachai d’Ella et la regardai avec un air d’excuse, avant de m’expliquer :

« Excuse-moi… c’est juste que… j’ai vu quelqu’un… et ça m’a rappelé… enfin… tu vois ce que je veux dire. C’est rien, laisse tomber, ok ? »

Elle qui pensait que j’étais forte… elle avait bien tort. Néanmoins, en regardant dans la direction opposée, pour voir si l’homme était encore là, je vis qu’il s’était carrément rapproché de nous, et j’étais encore terrifiée, malgré tout… Qu’est-ce qu’il nous voulait ?!
   
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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Sam 27 Déc - 15:50




Big Illusions

Depuis quelques jours je n'avais pas le moral, mais alors pas du tout. Ce que j'avais fait à cette jeune femme venait me hanter dès que je fermais l'oeil et parfois même quand je ne dormais pas. Il n'était pas un moment quand j'y pensais où je me disais qu'il faudrait que j'aille me dénoncer à la police, après tout, je mériterais amplement le sort que la justice me réserverait. J'étais retourné plusieurs fois à l'endroit où je l'avais agressée, comme pour me faire mal et me punir, mais je dois bien aussi le reconnaitre dans l'espoir de la revoir. J'y étais encore là, arpentant les rues environnantes, réfléchissant à ce que je pourrais lui dire, mais je revenais toujours au point de l'agression. J'y avais même retrouvé le couvercle de poubelle avec lequel elle m'avait sans doute assommé.

Je porte mes doigts à mon front où j'avais encore un pansement qui recouvrait les fils de suture. J'avais été mal face à Ella qui m'avait demandé ce qui m'était arrivé, et il s'en était fallu d'un cheveux pour que je lui avoue mon geste, c'est qu'il était très persuasif ce petit bout de femme quand il voulait. Malgré mon humeur maussade je me sens sourire, c'était difficile de ne pas sourire en pensant à Ella, elle avait son petit caractère et savait ce qu'elle voulait, mais elle avait aussi le coeur sur la main. C'était l'une de mes meilleures rencontres  ici, pour ne pas dire la meilleure, non seulement elle était une bonne partenaire au lit, mais en plus elle était une oreille attentive et souvent de bon conseil, d'ailleurs cette sortie était l'une de ses idées.

Je m'étais un peu confié à elle sur mes problèmes familiaux et la difficulté que j'avais à voir mes enfants. Elle m'avait rassuré et conseillé quelques endroits à Toronto où je pourrais les emmener quand je les aurais avec moi. Je doute que cela se fasse dans l'immédiat, mais cela me changerait les idées de me balader pour une fois dans un endroit où il y a du monde, il fallait que je cesse de faire l'ours terré au fond de sa caverne.

J'avais toute une liste de spots à visiter, des parcs, des musées, l'adresse de l'aquarium et aussi le quartier de East End où il y avait le zoo, mais c'était à l'autre bout de la ville et je n'avais pas spécialement envie de m'enfermer dans les transports en commun, je voulais marcher. J'opte donc pour le quartier de Waterfront. Ce n'était pas non plus la porte à côté mais j'avais le temps, je n'étais pas pressé. Je fais une dernière fois le tour de mon quartier, espérant y croiser ma victime, peut-être même inconsciemment que quelqu'un me reconnaisse pour me faire payer ma faute, mais je ne croise âme qui vive.

Sur le chemin j'essaye de me remémorer les endroits qu'Ella m'avait décrit. D'abord le lac, où il était possible de louer un petit bateau. Il y avait la plage aussi, qui sait je pourrais peut-être en profiter avec les enfants cet été, si cette garce de Betty veut bien être un peu conciliante. A la simple pensée de son nom, mes poings se serrent dans mes poches. Il fallait absolument que j'arrive à me raisonner et que je commence à prendre sur moi. Je n'osais imaginer ce que cela pourrait donner si je l'avais devant moi au tribunal par exemple. Je me calme en shootant dans une motte de neige et continue mon chemin .

Après une longue marche qui m'avait enfin permis de me vider la tête, je me pose dans un petit resto, l'exercice physique m'avait ouvert l'appétit. Je me surprenais de temps en temps à observer une famille qui mangeait tous ensemble à une table pas loin de la mienne. Il y a avait un petit bout qui devait avoir l'âge de mon Tommy et qui jouait avec des petites figurines. Les deux plus grands étaient tout excités d'aller après le déjeuner au parc aquatique tout proche. Je prends note, cela peut être un bon moyen de me rapprocher de mes enfants ce parc.

Je finis mon déjeuner et passe le début d'après-midi à Sunnyside Beach pour une promenade digestive. C'était bien agréable, mais le vent commençait à se lever, rendant le froid déjà bien présent encore plus mordant. Je relève mon col et décide de prendre un café pour me réchauffer avant de rentrer, bien décidé maintenant à remuer les fesses de mon avocat qui tardait à me donner des nouvelles, cette promenade dans un endroit familial m'avait donné des envies d'assumer désormais ma paternité un peu mieux que je ne l'avais fait jusqu'alors.

J'avais un bien meilleur moral qu'en partant, il n'y avait pas de raison pour qu'un jour prochain je ne sois pas comme ces gens que je croisais avec leurs enfants. J'avais repéré une enseigne de café et je me dirigeais vers elle quand une silhouette familière m'attire l'oeil, on dirait bien Ella là-bas. Je plisse les yeux pour mieux voir, oui, c'était bien elle, je la reconnaissais malgré son bonnet et son écharpe sur sa bouche. Je l'aurais bien invité à prendre un café avec moi, mais elle n'était pas seule, une de ses copines sans doute s'accrochait à son bras. Si elle avait été en galante compagnie j'aurais passé mon chemin, mais pourquoi pas faire la connaissance de son amie, enfin si elle voulait bien.

C'est donc d'un pas décidé que je m'avance vers eux jusqu'à ce que mon regard détaille mieux sa voisine, et là d'un coup mon sang se fige. J'avais cherché cette femme partout et maintenant qu'elle était là devant moi, je n'avais qu'une envie c'était de prendre mes jambes à mon cou sous le coup de la panique. C'était bien beau de se faire des films dans sa tête, mais quand la personne est juste en face de vous c'est une toute autre affaire. Mais c'est trop tard, Ella m'avait vu et me faisait signe en m'appelant ...


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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Dim 28 Déc - 1:03


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Marcher me faisait du bien, même si je sentais le froid me piquer le visage. Je remonte un peu plus mon écharpe, mais me laissant de l’espace pour parler et faire en sorte que Juliet m’entende. Discuter avec elle c’était vraiment agréable, nous avions des sujets de conversation vraiment intéressante. Puis à un moment donné, elle s’arrête net de parler et de marcher. Sa main agrippe mon bras, elle avait peur de quelques chose c’était évident mais de quoi ? Nous étions dans la rue où elle c’était faite agressés ? J’aurai dut réfléchir un peu plus et rester dans un endroit où il y a plus de monde. Tu es la reine des boulettes Ella. Je regarde Juliet quand elle me lâche doucement le bras, mais son regard ne me rassure pas. Elle avait peur, ça se voyait dans ses yeux. J’allais lui demander si ça allait mais elle me devance.

-  Excuse-moi… c’est juste que… j’ai vu quelqu’un… et ça m’a rappelé… enfin… tu vois ce que je veux dire. C’est rien, laisse tomber, ok ?

Oh, une silhouette qui lui rappel son agresseur, ça devait pas être agréable. Mais si ce n’était que ça, ça passera, mais maintenant elle va être bien tendue. Il faut que je trouve quelque chose pour qu’elle se relax un peu. Et faire les boutiques seraient parfait je pense.

Je ne voulais pas non plus insister, alors je lui fais un sourire et je lui fais signe de reprendre la marche, quant au loin je reconnais la carrure de Connor. Ravie de le voir je lui fais un signe de la main, j’avance un peu plus rapidement vers lui et je souris quand il arrive à notre hauteur. Mais sa tête se change instantanément. Et Juliet se raidit à nouveau à mes côtés. Je regardais tour à tour Connor et Juliet, ils se connaissaient ? Et d’un coup… tout devient clair dans ma tête et je ne savais plus quoi penser de Connor. Juliet était devenue mon amie et je voulais la protéger. J’avais maudit le type qui avait pu faire du mal à ma nouvelle amie. Et maintenant que je sais que c’était Connor, c’était horrible…

- Co…co… connor… Non… tu… mais…..

Je pose une main sur celle que Juliet à mise sur mon bras, pour essayer de la calmer, alors que je sentais qu’elle commençait à perdre sa respiration.
Je reste immobile essayant de comprendre pourquoi il avait pu faire ça. Certes nous avions discuté pas mal et j’avais un peu plus cerné cet homme, mais je n’aurai jamais imaginé qu’il puisse faire du mal délibérément à une femme. Et pourquoi à Juliet, c’est une fille géniale elle ne méritait pas ça.

En regardant Connor mal au plus profond de lui j’avais envie de le prendre dans mes bras, mais en même temps, j’avais qu’une envie le gifler et lui crier dessus.

- MAIS COMMENT TU AS PU ! MAIS….

Je regarde Juliet, et je me demande bien ce qu’elle peut avoir en tête. Oh mon dieu si elle apprend que j’ai couché avec…. Je me dégoute maintenant… comment j’avais pu partager le lit de cet homme ? Je me rappelle alors de ces moments avec lui, et tous ces bons moment me donne envie de vomir. D’ailleurs, je commence à avoir la nausée, et je me tourne rapidement dans le caniveau. Allant un peu mieux, je m’essuie la bouche, et je regarde Juliet qui était toujours pétrifié.

- Tu n’as rien à dire Connor ?

Comment pouvait-il être face à Juliet après ce qu’il lui a fait et ne pas s’excuser et lui demander pardon ?
Aujourd’hui, je le vois d’un tout autre œil et je me dégoute… il n’était pas l’homme qui m’avait touché en me parlant de sa famille…Non c’était juste un monstre au final qui avait frapper une fille sans raison….


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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Dim 28 Déc - 20:29

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Paniquée, c’était le mot. Et paniquée pour rien en plus, parce que cet homme n’était en rien mon agresseur. Il était loin, il s’approchait certes, mais il ne représentait aucune menace. J’étais idiote d’avoir peur pour rien. Mais ce n’était pas quelque chose que je pouvais contrôler. C’était comme si mon corps réagissait sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit. Mon cerveau ne réagissait plus, et je restais tétanisée à côté d’elle. Je ne savais même pas comment je pouvais réussir à avancer. J’étais pratiquement sûre que c’était la poussée qui faisait cela, que c’était juste et purement une question de physique. Je devais me calmer, je devais penser à autre chose et essayer de tout oublier. Je n’allais pas gâcher ma promenade avec Ella juste pour un homme qui avait une silhouette similaire à celle de mon agresseur ! Ca la rendrait mal à l’aise et c’était la dernière chose dont j’avais envie.
Cependant, je ne m’attendais pas spécialement à ce que cette personne se rapproche de nous, fasse des signes à Ella en la reconnaissant et avance jusqu’à notre hauteur. Je ne m’y attendais pas, et Ella semblait réellement le connaître, parce qu’elle lui envoyait des signes aussi. J’étais toute perturbée, je ne m’attendais pas à ce qu’ils sachent qui était l’autre, surtout qu’on était tous bien couverts, ce jour-là. J’avais peur de cet homme, mais peut-être qu’en le voyant approcher et en parlant avec lui, tout irait bien, mon cerveau comprendrait que je n’avais rien à craindre et qu’il n’allait pas m’attaquer. De toutes façons, j’étais avec Ella, et il ne pourrait rien m’arriver, n’est-ce pas ? Elle ne laisserait jamais quelqu’un s’en prendre à moi… Un instant, je pensais à Adrian. J’aurais aimé qu’il soit là, à mes côtés, et qu’il me serre contre lui. Je ne me permettrais pas de faire ça avec Ella, la serrer contre moi parce que j’avais peur. On ne se connaissait pas assez. Elle ne comprendrait pas…

Cependant, tout changea à partir du moment où je pus voir le visage de l’homme qui nous avait rejointes. Je me figeai, en un instant, et cette fois pour de bon. Son visage… Son visage me rappelait un peu trop celui de mon agresseur. Je n’arrivais pas à m’empêcher de le comparer. Sa taille, sa silhouette, mais aussi et surtout ses yeux. Et son expression quand il me vit. Lui aussi, il me reconnaissait et je savais que j’avais en réalité raison depuis le début. J’eus envie de prendre mes jambes à mon cou, mais je n’arrivais pas à faire réagir mon corps. Au lieu de quoi, je restais à côté d’Ella, sans rien dire, sans rien faire, les yeux braqués sur l’homme qui m’avait embrassée de force, qui m’avait touchée, qui m’avait frappée. Ella le connaissait. Elle le connaissait et elle ne semblait pas comprendre ce qu’il se passait. Ce qui ne dura pas longtemps bien sûr, parce que quand elle vit nos deux visages, elle comprit instantanément. J’entendis Ella bégayer à mes côtés, pendant que je sentais mes jambes devenir pratiquement liquides, tellement j’avais peur. Le regard d’Ella nous balayait, l’homme puis moi, comme si elle essayait de tout relier, de bout en bout et je savais qu’elle avait déjà tout compris. Elle n’avait pas besoin que l’on parle ou que l’on s’explique. Elle voyait bien mon état, elle avait compris que j’étais terrifiée.

« MAIS COMMENT TU AS PU ! MAIS…. »

Le regard braqué sur moi, Ella semblait complètement paniquée elle aussi, et très en colère, vu comment elle avait crié sur l’homme, Connor si j’avais bien compris. Je me demandais ce qu’il était pour elle. Si c’était un ami, un collègue, une connaissance ? Et si c’était quelqu’un de sa famille ? Je m’en voudrais à tout jamais, parce qu’à cause de moi, elle se brouillerait avec lui. Ou alors pire, je perdrais une très bonne copine à cause d’un homme. Si seulement nous ne l’avions pas croisé… Mon Dieu, pourquoi fallait-il que ça tombe sur moi ? Pourquoi fallait-il que ce soit toujours la malchance qui me porte en son sein ?
La suite de la situation, je ne la vis pas, je ne la ressentis pas. J’avais les yeux braqués sur Connor, je ne cillais plus, je n’osais même plus bouger d’un centimètre, ni respirer. Je n’entendais plus ce qu’il se passait autour de moi, et une bombe atomique aurait pu exploser dans l’immeuble juste à côté de nous que ça ne m’aurait pas fait bouger. J’étais prête à anticiper tous les mouvements qu’il pourrait faire. Un geste et je détalai comme un lapin. J’avais peur, mais je n’allais pas me laisser faire, pas cette fois. Nous n’étions pas dans une ruelle, nous n’étions pas en pleine nuit. Les gens pourraient bien me prendre pour une folle, mais je n’avais pas peur de leurs regards. Je préférais sauver ma peau et ne pas recommencer cette expérience traumatisante. Je ne voulais pas retourner à l’hôpital et je ne voulais pas qu’Adrian se repose des questions. J’espérais d’ailleurs être en état de mentir, quand il rentrerait du travail et qu’il reviendrait à la maison. Sinon, il se rendrait encore compte de quelque chose et j’allais encore passer une mauvaise soirée. Je ne voulais pas qu’il me hurle dessus encore, je ne voulais pas qu’il refasse une scène et je ne voulais pas qu’il retape dans le mur. J’étais paumée dans tout cela, et je voulais simplement que l’on parte. J’entendis Ella demander des explications à Connor, mais je ne voulais même pas entendre sa voix. J’avais peur, non pire, j’étais pétrifiée par la terreur. Ca ne pouvait pas être réel. C’était un cauchemar et j’allais me réveiller dans mon lit, bien au chaud, à côté d’Adrian. Ce n’était qu’un mauvais rêve. Tout allait bien… Mais je savais que si je fermais les yeux, je serais déçue en les rouvrant. Je savais, je sentais que c’était bien réel, parce que j’avais mal partout. J’avais envie de vomir moi aussi, et je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à ce qu’il s’était passé dans la ruelle. Je revoyais tout. Je ressentais tout. J’avais mal aux endroits où il m’avait touchée. J’avais presque l’impression de sentir son souffle sur ma peau. Je commençais à devenir folle. Il ne pouvait rien me faire… mais ce n’était pas suffisant. Et je continuai de le fixer. Et lui aussi.
Que fallait-il que je fasse alors ? Je ne pouvais plus sortir de chez moi ? Je devais restée cloîtrée ? … c’était impossible !
 
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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Mar 30 Déc - 12:37




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Je ne pouvais m'empêcher de regarder la jeune femme toujours accrochée au bras d'Ella. Je n'étais même pas sur qu'elle respirait encore tellement elle était livide. Il ne faisait maintenant aucun doute qu'elle aussi m'avait reconnu, mais tout comme moi elle n'avait pas de mots pour s'exprimer. C'est Ella, dont le regard ne cessait de faire des aller-retour entre la blonde et moi, qui d'un coup prend la parole

- Co…co… connor… Non… tu… mais…..

Il était clair qu'elle avait fait le lien, même si elle ne voyait sa copine que de profil et n'avait pas son regard terrifié planté dans le sien comme c'était le cas pour moi. Elle lui avait sans doute raconté son agression, incluant aussi qu'elle m'avait assommé pour pouvoir s'échapper et la coïncidence était quand même flagrante.

Je ne sais pas quoi faire. M'enfuir, alors que j'avais cherché cette jeune femme pendant des jours ? Mais était-elle prête à m'écouter, à me comprendre ? Bien sur je ne lui demanderai pas de me pardonner, comme tout ce que j'avais pu faire de répréhensible ou d'abject sous le coup de l'alcool, ce que j'avais fait était impardonnable, mais elle pouvait peut-être au moins entendre ce que j'avais à dire.

Ella me demandant en hurlant comment j'avais pu me sort légèrement de ma torpeur, mais je n'arrive toujours pas à détacher mes yeux de ma victime. Je sentais dans la voix de mon amie une colère contenue, mais de la colère quand même. Je ne savais pas quelles étaient leurs relations à toutes les deux, mais je comprenais aisément qu'Ella se range de son côté. Entre l'ex-alcoolique violent qui agresse des femmes dans la rue et une amie qui s'est pratiquement faite violer le choix était vite fait, même si entre nous il commençait à y avoir une relation amicale en plus du sexe. Elle avait déjà été bien sympa de m'écouter déballer mes problèmes personnels sans me juger, mais je crois que c'est bien fini maintenant, je dois la dégoûter

- Tu n’as rien à dire Connor ?

J'arrive enfin à  détourner mon regard pour le poser sur Ella et la honte me submerge. J'ai à nouveau envie de m'enfuir le plus loin possible mais je ne peux pas, je n'allais quand même pas fuir toute ma vie, il est un moment où il faut faire face à ses responsabilités. Mais finalement ce ne sera pas aujourd'hui. Mon cerveau en a décidé autrement

- Mais dire quoi Ella ?

Je prends l'air le plus innocent possible en faisant l'étonné, après tout je pouvais tout simplement avoir fixé sa voisine parce que je la trouvais jolie, même si ce n'était pas très cool pour Ella. Je n'allais pas pousser jusqu'à lui demander de nous présenter parce que cela pourrait inciter la blonde à réagir et à m'accuser, mais je lui souris quand même. Un sourire gentil pour Ella mais qui se transforme en une sorte de menace pour la jeune femme accroché à son bras quand mon regard glisse sur elle. De toute façon elle est déjà terrorisée alors que je la menace silencieusement à l'insu d'Ella ne va pas changer grand chose, tout ce que je voulais c'est qu'elle ne dise rien. Je regarde à nouveau Ella très gentiment et ris même un peu

- Il y a un souci ? On dirait que vous avez vu le diable en personne

Ella fronçait les sourcils, elle n'y comprenait visiblement plus rien et j'en profite pour en rajouter une couche, surjouant encore de cet effet de surprise

- Remarque, ça m'arrive parfois de l'être vraiment

Je poncture ma phrase d'un clin d'oeil en riant puis embrasse Ella sur la joue et salue sa voisine en baissant la tête, il fallait que je me casse de là au plus vite, ne pas leur laisser le temps de réagir. Je bredouille une excuse bidon comme quoi un pote m'attend pour répéter et que je suis désolé de ne pas avoir le temps de les inviter à prendre un café, plus je parlais moins elles pourraient en placer une

- On s'appelle Ella !

Sur un dernier petit signe de la main je m'éloigne assez rapidement à l'opposé de où elles étaient arrivées pour être sur de ne pas partir dans la même direction et quand je suis certain d'être hors de vue je m'effondre littéralement sur un banc. La tête baissée, les mains jointes, Je n'arrivais pas à contrôler les tremblements de celles-ci même en les serrant très fort, on peut dire que je l'avais échappé belle, mais pour combien de temps, parce que si la blonde lui disait la vérité, Ella n'allait surement pas en rester là ...


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Ven 2 Jan - 20:10


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Ella/Juliet/Connor



J’attendais une réaction de Connor, qu’il me dise que ce n’était pas lui, mais au vue de la tête de Juliet, je ne pourrais le croire malgré tout. Mon amie était toujours tétanisée, la seule raison pour qu’elle réagisse ainsi, c’était que Connor soit son agresseur. Je me demande bien alors si c’était à cause de l’alcool, si il avait totalement replongé… mais de là à agresser une femme ?! Lui ? Comment, avait-il pu faire ça ? J’avais vraiment du mal à le croire et pourtant je sais qu’au fond de moi, il l’avait fait. Ca me parait totalement plausible avec sa blessure à la tête. Juliet avait dû réussir à se débattre.

- Mais dire quoi Ella ?

Comment ça, il me retournait la question ! Il se fou de moi ? Des excuses, des explications, voilà ce que je voulais. Et Juliet aussi surement. Même si ça ne l’aidera pas à oublier ce qu’il avait pu lui faire. Je lui en voulais tellement, je le pensais gentil malgré tout ce qu’il avait pu avoir fait dans son passés. J’avais réussis à l’avaler, mais là, ça allait être dur, vraiment très dur, de ne pas le voir comme un beau connard.

- Il y a un souci ? On dirait que vous avez vu le diable en personne

Il se fou de moi là ! Je commence a vraiment en avoir marre qu’il me prenne pour une buse, qu’il n’avoue pas ce qu’il avait fait, qu’il ne se mettre pas à genoux suppliant Juliet de lui pardonner. Il était quoi schizophrène ? Et il a tout oublié ? J’aimerai que ça soit ça, parce que ça pouvait se soigner. Mais il n’avait aucun autre symptôme…

- Remarque, ça m'arrive parfois de l'être vraiment

Son clin d’œil me met hors de moi ! C’est allusion à ce que nous avions pu faire, me donne une nouvelle nausée. En plus de ça, j’ai une folle envie de le frapper, de le gifler et de lui cracher au visage tellement il me dégoutait. Le pire c’est qu’il fait comme si de rien n’était. Il s’approche de moi, je voulais me reculer rapidement, mais je n’arrivais plus à bouger, et quand ses lèvres touchent mes joues, j’eu un frisson de dégout.

- On s'appelle Ella !

Heu non je ne crois pas. Il peut toujours courir pour que je le revoie. Il est vraiment malade ce type en faite ! Il part aussi vite qu’il est venu vers moi.

- Non mais… mais…

Je respire doucement pour me calmer, et je me tourne alors vers Juliet, elle devait être bien choqué, en plus elle n’a pas bouger, ni parler.

- Juliet…. Ça va ? Tu….

Je ne trouvais pas vraiment les mots, moi-même étant choqué de ce que Connor avait pu lui faire.

- Je ne comprends pas pourquoi…. C’est…. Mais, c’est un connard, vraiment je ne pensais pas qu’il était comme ça…

Je ne cherche aucunement à trouver des excuses à Connor loin de là, bien au contraire !!!


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Ven 2 Jan - 22:51

big illusions

 
Les secondes me paraissaient des heures. J’avais la sombre impression que toute mon existence défilait devant mes yeux, et pourtant, je n’étais pas à deux doigts de la mort. C’était tout comme, parce que si je ne recommençais pas à respirer, j’allais devenir toute bleue et m’asphyxier. Mais j’étais incapable de faire le moindre mouvement et même inspirer de l’air glacial me faisait souffrir. Mes muscles étaient paralysés, et j’avais mal, je le sentais. J’aurai des courbatures, plus tard, comme quand on reprend le sport après une trop longue inactivité. J’allais me rappeler de ce moment, je ne pourrais pas l’oublier comme je voulais le faire. En face de moi, l’homme, mon agresseur, ce pauvre taré, il semblait aussi perturbé que moi, mais il se reprit vite, un peu trop vite même. Enfin, il écouta Ella et détourna son regard du mien, ce qui me permit de respirer un peu. Son regard avait sondé mon âme, presque, et je me retrouvais à me demander si je n’avais pas cherché tout cela. Mais qu’y pouvais-je s’il était complètement fou ? Ca me faisait peur pour Ella qu’elle le connaisse personnellement. J’avais peur qu’il lui fasse du mal, à elle aussi, mais elle saurait se défendre, elle ! Désormais, j’étais coincée avec l’idée que peut-être, je l’avais aguiché, sans le vouloir, sans même m’en rendre compte. Je savais, en mon âme et conscience, que je ne devais pas penser des choses pareilles, parce que j’étais la victime et non pas la coupable, mais après tout et si c’était vrai ? Et si j’étais la seule fautive ? Quand il reprit la parole en s’adressant à Ella, j’eus la nausée. Il niait. Il niait tout. Il lui mentait, il nous mentait et moi je passais pour une idiote. J’espérais juste qu’Ella sache voir le mensonge dans les yeux de son ami, qu’elle sache lire ma détresse comme un vrai médecin. Je n’étais pas en train de jouer, bon sang ! Le regard qu’il me lança par la suite me glaça le sang. Il était noir, et j’eus l’impression de revenir des jours en arrière. Il aurait pu me tuer avec ce regard, si ses iris avaient été des armes. Il voulait me faire peur, et c’était réussi. Instinctivement, et si j’avais été capable de me mouvoir, j’aurais reculé, je me serais cachée, j’aurais couru aussi vite que possible, mais comme dans cette ruelle, je n’en étais pas capable, paralysée par la terreur et la surprise. Je compris néanmoins que si je voulais rester entière et en vie, je devais me taire et ne pas le contredire… comme si j’étais capable de dire quoi que ce soit. Pire encore, je l’entendis rire. Comment pouvait-il rire, alors que j’étais à deux doigts de tomber dans les pommes ? C’était un monstre !

« Il y a un souci ? On dirait que vous avez vu le diable en personne »

J’entendais ses piques, j’entendais ses moqueries et je ne pouvais rien faire. A côté de moi, je voyais Ella du coin de l’œil, estomaquée. Elle semblait aussi surprise que moi, et, bon point pour moi, elle ne semblait pas croire à ses balivernes. C’était une bonne chose au moins. Mais étais-je vraiment sûre de moi, au final ? Cet homme… elle le connaissait. Elle devait savoir s’il était violent ou pas. Et si je me trompais ? C’était peut-être quelqu’un qui lui ressemblait et, dans la pénombre, je n’avais pas pu bien distinguer son visage. Il suffisait qu’il ressemble à mon agresseur et je l’acculais sans réfléchir. Mais comment vérifier que j’avais raison ou tort maintenant ?
J’ouvris de grands yeux en voyant l’inconnu se pencher vers Ella pour l’embrasser sur la joue. J’eus envie de mourir sur place, de fondre, de me liquéfier et de disparaître de la surface de la Terre. Comment pouvait-elle supporter sa présence, ses gestes, son attitude ? Comment pouvait-elle ne pas le gifler, alors que moi-même je mourrais d’envie de le faire ? Je me souvins de la façon dont je l’avais repoussé. J’eus un flash du couvercle de poubelle, que j’avais attrapé à deux mains et que j’avais balancé à la tête de cet homme. Je n’arrivais pas à me dire que c’était bien moi qui avais fait ça. Je ne pensais pas avoir ce courage. Deux minutes avant ça, je me disais que j’allais me laisser faire, et que peut-être il ne me tuerait pas si je ne me rebellais pas. Pourquoi alors restions-nous stoïques toutes les deux devant lui ?

Quand je repris mes esprits, ces derniers étant un peu trop embrumés pour que je puisse comprendre ce qu’il se passait, je vis l’homme nous quitter avec un petit signe de la main, comme si nous n’étions que des connaissances, voire des amies pour lui. Dès que je ne sentis plus sa présence dans l’air, je sentis mes poumons se relâcher et mes muscles se détendre légèrement. Je pus respirer plus facilement et mon cerveau se détendit également. Il me fallut un moment avant de comprendre que c’était terminé pour de bon, et encore un autre moment pour entendre les mots d’Ella. Elle m’avait demandé si j’allais bien, et ma réponse ne pouvait pas être positive, elle devait bien s’en douter. Par la suite, elle ajouta qu’elle ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça sûrement, et m’expliqua qu’elle ne le pensait pas aussi inhumain. De mon côté, je n’arrivais pas encore à réagir. Mais quand je pus reprendre les commandes sur mon corps, je sentis un sanglot bloquer ma gorge et mes épaules s’affaisser, tandis que mes larmes dévalaient mes joues glacées. Je dus me retenir au mur le plus proche pour ne pas tomber à même le sol. Je m’entendis inspirer fortement, comme si j’apprenais à respirer de nouveau après une grosse période sans inspiration. Je me tenais au mur d’une main en baissant la tête, encore trop choquée pour parler, et rapidement, Ella vint à mes côtés pour me soutenir. Je lui pris la main pour la serrer du plus fort que je pouvais, afin de me calmer. Il fallait que je fasse quelque chose. Que j’en parle à Adrian, ou bien que j’explique plus en détails ce qu’il s’était passé à Ella… mais je ne pouvais pas rester comme ça. J’avais tellement eu peur, et j’avais encore peur. Et si cet homme revenait ? J’avais vu son regard noir, menaçant… je ne comprenais pas. Qu’avait-il après moi ?!

« … Je veux… il faut que je… Ella… pleurnichais-je en essayant d’articuler des choses sensées, sans succès. Rentrer… il faut que je… tu peux me ramener… s’il te plait ? »

Mes larmes brouillaient ma vision, mes sanglots m’empêchaient de réfléchir correctement et d’avancer, et j’avais besoin d’elle. Il n’y aurait que chez moi que je me sentirais bien et nous devions rebrousser chemin pour que je me sente en sécurité. Mais encore une fois, qu’allait-il se passer ensuite ? Je rentrerais pour la soirée, je serais patraque et je devrais mentir à Adrian. D’accord, mais après ? J’allais encore avoir peur de sortir dans la rue toute seule ? J’allais m’arrêter de vivre ? C’était impossible.

« Ella… tu le connais ? demandai-je d’une toute petite voix, carrément flippée. »

Peut-être qu’elle pourrait me parler de cet homme, me dire qui il était, et pourquoi il aurait fait ça. Je n’osais pas imaginer ce qu’il aurait pu me faire si jamais j’avais été seule, si Ella n’avait pas été là avec moi. Et mon cerveau torturé me faisait imaginer des scénarios encore pires. Et si Charlie avait été encore vivant, et que j’avais été avec lui, ce soir-là ? Est-ce que cet homme m’aurait agressée devant les yeux de mon fils … ?
 
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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Lun 5 Jan - 23:05


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Je fais de mon mieux pour aider Juliet, elle était plus que choqué, et ça se comprend. Revoir son agresseur et lui qui a fait comme si de rien n’était, ça devait être vraiment horrible. J’ai beaucoup de peine pour elle, et je n’imaginais pas du tout comment elle pouvait se sentir. Ca devait être juste terrible de l’avoir revue… Je la soutiens, sentant que ça n’allait pas, et qu’avec un petit coup de vent elle pourrait tomber. Elle me prend la main qu’elle me serre, pas aussi fort qu’une femme qui accouche, mais elle avait quand même de la force la blonde.

- … Je veux… il faut que je… Ella. Rentrer… il faut que je… tu peux me ramener… s’il te plait ?

Juliet était perdue et le fait qu’elle pleure me fait vraiment de la peine. En plus je me sens vraiment mal, me dire que j’ai partagé le lit de Connor, de ce type qui avait agressé Juliet, je me sens salie, souiller… Comment j’ai pu dire oui, à toutes les choses que nous avons fait, alors que… enfin, pauvre Juliet…

- Je te raccompagne, oui…. Je ne te laisserai pas toute seule.

Je ne pouvais pas la laisser seule, c’était même hors de question qu’elle se promène seule dans la rue, sachant que Connor y est aussi. Doucement, nous faisons demi-tour même si je ne sais pas où elle habite, ça avait l’air d’être par là.

- Ella… tu le connais ?

J’avais réussis à comprendre ces paroles à travers ses sanglots. Elle me fait du mal la pauvre, je n’imagine même pas comment elle pouvait se sentir, ça devait vraiment être horrible. Et lui répondre me fait peur, comment lui dire que oui. Bon, elle n’a pas vraiment besoin de savoir que nous avions couché ensemble.

- Oui…. Je… je l’ai déjà rencontré une fois ou deux… Je ne le pensais pas comme ça… Je ne comprends pas…

Après il avait peut-être trop d’alcool dans le sang, ce qui voudrait dire qu’il m’avait légèrement mentit quand il m’a parlé il y a quelques jours. Je ne cherche toujours pas des excuses à Connor, mais je voulais comprendre et pour ça je vais devoir le revoir et lui parler. Rien que d’y penser ça me donne des frissons dans le dos.

- Tu habites où ? Tu ne veux pas qu’on prenne un taxi ?

Marcher lui fait peut être du bien mais c’est jambes flageoles et j’ai l’impression qu’elle tremble et non que ça ne soit pas du seulement à ses pleurs. Et puis on serait arrivé plus vite chez elle. Enfin, c’est comme elle le sens, dans tous les cas je ne la lâcherai pas. Je resterai avec elle, c’est mon amie et je ne veux pas la laisser dans cet état.



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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Mer 14 Jan - 0:54

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Cette nausée, cette envie de vomir ne me quittait plus, et j’aurais carrément pu rester prostrée sur ce trottoir jusqu’à ce que je me sente mieux, mais je n’étais même pas certaine de pouvoir aller mieux. Je devais me remettre, je devais me tenir droite, garder la tête haute et ne pas avoir peur. Je ne devais pas montrer à Adrian qu’il s’était passé quelque chose encore une fois. Il allait s’inquiéter pour rien et il s’énerverait bien encore, sans doute. Il m’avait promis pour qu’il ne le ferait plus, mais je savais que ça allait arriver quand même. Je connaissais son caractère, je savais qu’il avait du mal à imaginer qu’on puisse me faire du mal, que ça ait pu arriver et qu’il n’ait rien pu faire pour m’aider, sur le coup. Il fallait qu’il admette que c’était arrivé, et qu’il n’avait pas été là pour prendre ma défense. Ce n’était pas un drame, et il n’avait pas à s’en vouloir. Je ne pourrais pas le faire changer d’avis. Jamais. Mais nous allions devoir vivre avec, tous les deux…
Ella me répondit rapidement qu’elle n’allait pas me laisser toute seule, qu’elle allait me raccompagner chez moi. J’étais un peu plus rassurée qu’avant déjà, mais ce n’était pas encore vraiment la forme. Je me sentais trembler de tous mes membres, je sentais mes jambes ne plus me porter, et je sentais mon cœur lâcher, petit à petit. Il fallait que je m’enferme chez moi et que je n’en sorte plus, mais dès le lendemain, encore une fois, il faudrait que je retrouve ma routine, que je retourne à la boutique et que je reprenne le boulot, mais comment pouvais-je faire pour vivre normalement si, même en compagnie d’une amie, l’homme qui m’avait agressée revenait continuellement, apparaissait de  nouveau dans ma vie ? Je ne pouvais pas avoir de garde du corps. Quand bien même Adrian pourrait m’accompagner le matin jusqu’à la boutique – et encore, il faudrait que je lui explique ce qu’il s’était réellement passé … - il ne pourrait pas me ramener de la boutique à la maison, le soir. Alors il faudrait que je réussisse à être forte et à passer outre. A ne pas avoir peur. Je ne pouvais pas non plus me voiler la face, je savais qu’il faudrait que je dise tout à Adrian. Je ne pouvais pas lui cacher plus longtemps, mais j’avais tellement peur de le voir souffrir à nouveau, ou bien simplement de le voir s’énerver, comme la première et dernière fois… Pour éviter de trop réfléchir, je demandai à Ella si elle connaissait l’homme que nous venions de croiser, une question un peu idiote au vu de la situation. Evidemment qu’elle le connaissait, mais tout était assez difficile à démêler dans mon cerveau un peu trop embrouillé par la peur.

« Oui…. Je… je l’ai déjà rencontré une fois ou deux… Je ne le pensais pas comme ça… Je ne comprends pas… »

Elle ne le pensait pas comme ça … Comme quoi on connait toujours très mal les gens ! Elle était dans le même état que moi, quand j’avais compris qu’Adrian était parti, alors que je pensais qu’il ne ferait jamais une chose pareille. On se trompait trop souvent sur le compte de personnes que l’on croyait bien connaître. Ça me rassurait un peu de me dire que ça n’arrivait pas qu’à moi, que je n’étais pas juste la blondasse de service, qui se faisait avoir comme une idiote. Même si dans un sens, je ne devrais pas me réjouir, un tant soit peu, de cela, parce que ça voulait dire qu’Ella en souffrait aussi. Plus je réfléchissais à tout cela, plus je sentais mon rythme cardiaque revenir à la normale, comme si avoir l’esprit occupé me permettait de ne pas paniquer. Ma respiration se calmait, mes jambes redevenaient solides. Je commençais à reprendre le contrôle.

« Tu habites où ? Tu ne veux pas qu’on prenne un taxi ? »

Immédiatement, je secouai la tête pour lui répondre. Je ne voulais pas prendre de taxi, et me faire regarder par un chauffeur sans gêne. Je préférais que l’on marche, ça me ferait respirer, et ça m’aiderait à remettre de l’ordre dans mon esprit. Je préférais être à l’air libre pour ne pas me sentir étouffer, comme ça allait arriver dès que je rentrerais chez moi. Peut-être que j’allais pouvoir me détendre avec Ella avant de devoir rentrer et être seule, jusqu’à ce qu’Adrian rentre. Dès qu’il passerait le seuil de la porte, je pourrais le serrer dans mes bras. Il ne comprendrait pas, mais je n’aurais qu’à lui dire que je n’avais pas passé une bonne journée et ça lui irait. Enfin, c’était ce que j’espérais…

« On peut marcher s’il te plait ? J’ai… D’habitude, ça me fait du bien… Si ça te dérange pas… »

Le regard d’Ella fut sans équivoque, bien sûr, et je m’attendais forcément à ce qu’elle accepte ce que je lui demandais. Nous n’étions pas spécialement loin de chez moi, il nous faudrait peut-être une demi-heure de marche, si on prenait notre temps, et par cette météo, on pourrait difficilement aller plus vite encore. Je sentis alors le bras d’Ella se crocheter au mien, et elle m’entraîna un peu plus rapidement qu’avant, alors que nous avions déjà commencé à marcher. Je sentais qu’elle préférait ne pas me laisser traîner dehors, même en sa compagnie. J’étais déçue, et vraiment navrée que notre sortie prenne fin aussi tôt. Ca n’aurait pas dû arriver, mais qu’en savais-je, que nous croiserions ce type ?

« Je… tu sais, je suis pas sûre que ce soit lui. Il… Il lui ressemblait peut-être simplement… Tu sais, il faisait nuit et … et je voyais rien, en plus il neigeait… »

Je ne savais pas exactement pour quelle raison je doutais ainsi. Ce n’était pas normal pour moi. J’étais de nature toujours sûre de moi, très franche, très décidée. C’était pour cette raison que je n’avais pas cédé, pendant deux ans et demi, et que j’avais attendu Adrian tout ce temps. Je ne savais pas ce qui me prenait. Bien sûr que ce type était mon agresseur, bien sûr que je l’avais reconnu. Alors pourquoi le niais-je ? Pourquoi changeais-je d’avis aussi vite ? C’était étrange. Vraiment étrange. Mais il y avait eu son regard. Ce coup d’œil menaçant qui semblait vouloir dire « si tu parles, il y aura des représailles ! » Le problème, c’était que je ne savais pas qui subirait ces représailles. Je ne voulais pas que ce soit Ella, je ne voulais pas que ce soit Adrian, et je ne voulais pas que ce soit la boutique… ou bien moi-même. Je ne voulais plus jamais revivre une chose pareille. Une fois, c’était suffisant. Alors était-ce réellement pour ça que je voulais absolument nier sa présence et son identité ?
Soudain, une idée bien plus perverse attaqua mon esprit, de façon très corrosive. Et si ce type nous suivait, Ella et moi, et essayait de repérer où j’habitais ? Nous ne pouvions pas lui laisser un chemin tout tracé et carrément un guide pour qu’il revienne m’attaquer. Il fallait qu’on fasse des détours, qu’on le sème. Finalement, on aurait dû le prendre, ce taxi… Inquiète, et même carrément angoissée, je jetai un coup d’œil derrière nous, pour vérifier que personne ne nous suivait. Ella dut remarquer mon regard, parce qu’elle tourna la tête à son tour. Merde, je ne voulais pas la faire devenir parano pourtant…

« Désolée, je… enfin… Rien, laisse… »

Mieux valait ne rien lui dire. Personne ne nous suivait, personne n’était planqué contre un mur comme dans un mauvais film d’espionnage. Tout allait bien et ce timbré était parti. Il ne nous suivait pas, il ne me suivait pas… J’allais rentrer chez moi et je serais en sécurité. Par contre, j’allais avoir peur pour Ella, dès qu’elle passerait le pas de la porte. Peut-être qu’elle devrait attendre qu’Adrian rentre, pour qu’il la raccompagne jusqu’à chez elle et pour que l’on soit sûr que tout aille bien… mais ça impliquait également de lui raconter ce qu’il s’était passé et je me doutais qu’Ella ne se gênerait pas pour tout lui dire… Non, décidément, j’étais bien cernée, de tous les côtés et j’allais avoir du mal à régler cette histoire toute seule !

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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Jeu 22 Jan - 22:51


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Elle me fait rapidement non de la tête, elle voulait peut-être essayer de se calmer avant de rentrer chez elle. Ca pouvait se comprendre, après tout, vivre un truc comme ça, ça n’était pas facile. Et puis, elle devait revivre cette journée d’enfer, c’est loin d’être agréable. Je ne pouvais pas me mettre à sa place, mais je pouvais au moins essayer de comprendre ce qu’elle pouvait bien ressentir.

- On peut marcher s’il te plait ? J’ai… D’habitude, ça me fait du bien… Si ça te dérange pas…

Bien sur qu’on pouvait marcher. Si ça pouvait lui faire du bien je ne dirai pas non, et puis j’ai besoin aussi d’être à l’air frais pour assimiler le fait que Connor ai pu agresser quelqu’un. Connor, un ami, un père de famille, mon amant…. J’avais vraiment beaucoup de mal à le voir en agresseur.

- Je… tu sais, je suis pas sûre que ce soit lui. Il… Il lui ressemblait peut-être simplement… Tu sais, il faisait nuit et … et je voyais rien, en plus il neigeait…

Elle doute que ça soit Connor ? Moi pas du tout, au vue de sa tête, c’était certain. Je le connaissais assez pour savoir qu’il avait été choqué en voyant Juliet. Il n’y avait pas de doute la dessus Connor était bien celui qu’il lui avait fait du mal. Mais une fois encore je me demande bien pourquoi ? Et puis, si je calcul bien c’était avant qu’il s’est confié à moi. Il l’avait fait pourquoi d’ailleurs ? Il se sentait coupable ? Il avait de quoi, mais même si il s’excuse, rien n’effacera le mal qu’il a fait à Juliet, et je ne pourrai jamais lui pardonner ça.
Je tourne la tête vers Juliet pour m’assurer qu’elle ne va pas me faire un malaise à cause du choc. Mais à la place je la vois très inquiète, elle devait soit se repasser son agression, soit se faire des films plus gros que tout ce que l’imagination permettait.

- Désolée, je… enfin… Rien, laisse…

Rien… mouais, je n’étais pas spécialement convaincu. A quoi elle pouvait bien penser ? Pour le coup je n’arrive pas à imaginer. Il devait se passer milles et une chose dans sa tête, son cerveau devait tournée à mille à l’heure. Je voulais essayer de la rassurer mais je me sentais bien incapable de dire quoique ce soit. Je suis encore sous le choc de la découverte, et c’était bien difficile de vraiment accepter toute la situation.
On continue de marcher, et je la garde bien près de moi. Au moins si ces jambes ne la tiennent plus je serai là pour la retenir. Sauf que je me stop quand je vois Connor assis sur un banc en face de nous. Il n’avait pas l’air bien et dans une autre situation je serai bien allé lui parler, mais là… Non, c’était impossible, je ne pouvais pas, il était hors de question que je lui adresse le moindre mot. A part pour lui passer le savon de sa vie. De toute façon, là le plus important c’est Juliet. C’était elle la victime dans tout ça et je me devais de l’aider, de la soutenir.

- Avançons, ne faisons pas attention à lui… Il ne te ferra rien croit moi… il n’a pas intérêt à t’approcher. Je lui mettrai un bon coup de pied dans ses bijoux de famille et il ne pourra plus jamais procréer…

Il m’avait mis en rogne, j’ai encore beaucoup de mal à me dire qu’il avait pu faire ça… Je regarde Juliet et lui fais un grand sourire, elle devait avoir confiance en moi et je voulais la rassurer, qu’elle n’est pas peur jusqu’à ce qu’on rentre chez elle.




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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Mar 27 Jan - 0:25

big illusions

Mon cerveau tournait à plus de trois mille à l’heure. Perdue quelque part entre ma paranoïa et mon envie de pleurer, le visage d’Adrian me hantait. Sa voix me hurlait à l’oreille que je ne devais pas lui mentir, et que je devais lui expliquer ce qu’il se passait, comme lorsqu’il était arrivé à la maison et qu’il m’avait découverte toute boursoufflée et tuméfiée. Ça avait été, et de loin, la vision la plus effrayante que j’avais pu avoir de toute ma vie. Je ne voulais plus jamais qu’il s’énerve de cette façon. Pourtant je savais qu’avec ce qu’il s’était passé à l’instant, ça allait recommencer, sauf s’il se contrôlait… sauf si je mentais bien. Si mon sort ne dépendait bien que de moi, alors il allait falloir que je réussisse à lui mentir d’une façon parfaite. C’était primordial. Peut-être que je pourrais lui raconter que la journée avait été fatigante et que je voulais dormir. Ou bien, je le forcerai à regarder un film avec moi et je m’endormirais contre lui, comme ça il ne me poserait pas de questions, il me porterait jusqu’à la chambre, et on oublierait tout ça sans problème… oui, c’était pas mal, c’était la bonne solution. J’allais faire ça, si je rentrais en vie chez moi. Du conditionnel, oui, parce que plus nous marchions, Ella me soutenant comme elle le pouvait, plus je voyais de nouveau sa silhouette, la silhouette de cet homme qui me terrifiait alors que je n’étais pas sûre à deux mille pourcent que c’était bien lui qui m’avait agressée. Il était là, sur un banc, à se tenir la tête entre les mains, et cette vision me serra le cœur, parce que je sus alors que je ne m’étais pas trompée sur son compte. C’était lui qui m’avait fait ça… c’était lui et il avait menti délibérément. A Ella, comme à moi, et ça me rendait folle.
A côté de moi Ella s’arrêta en le voyant à son tour. Je crus qu’elle allait me lâcher et aller le voir, mais elle raffermit sa prise sur ma taille pour que l’on continue notre route, avec la tête que nous voulions haute. Je n’étais pas certaine que ce soit une bonne idée. Passer devant lui sans le regarder, ce serait le provoquer et je ne voulais pas me refaire attaquer et encore moins qu’il ne s’en prenne à Ella à son tour. Pourtant, Ella ne s’arrêta plus, et nous continuâmes notre route alors que je tremblais, mais pas de froid. J’étais fébrile, j’avais besoin de me retrouver dans l’atmosphère rassurante de mon appartement, de me plonger dans mon canapé avec une tasse de café et un plaid sur les épaules, de regarder des programmes complètement idiots à la télé, mais des choses qui garderaient mon esprit occupé. J’avais besoin de me calmer, et de ne plus penser à cela. C’était difficile, et dès le lendemain matin, le cauchemar reprendrait un peu, vu que j’allais devoir quitter l’appartement pour aller travailler, reprendre les mêmes rues que d’habitude et repasser devant la ruelle où il m’avait agressée…

« Avançons, ne faisons pas attention à lui… Il ne te ferra rien croit moi… il n’a pas intérêt à t’approcher. Je lui mettrai un bon coup de pied dans ses bijoux de famille et il ne pourra plus jamais procréer… »

Le sourire d’Ella me réchauffa le cœur, et me donna un peu plus de courage, même si, de mon côté, je n’étais pas capable de sourire plus que ça. C’était au-dessus de mes forces, peut-être que ça reviendrait, mais en tout cas pour le moment, ça allait être vraiment difficile. Au moins, elle réussissait à me rassurer un peu, et j’arrivais à me dire qu’il ne m’arriverait rien, tant qu’elle serait avec moi. Sans rien faire, elle réussirait presque à me convaincre d’en parler à Adrian. Il était vrai que si je lui disais la vérité, alors il voudrait à tout prix rester toujours avec moi pour me protéger. Il voudrait m’accompagner au travail, m’aider à en revenir, il ferait tout pour que je ne sois jamais seule je le savais. Mais ce que je savais aussi, mieux que personne, c’était son esprit vengeur. Si je lui disais la vérité, il aurait tôt faire d’être hors de lui, et il voudrait remuer ciel et terre pour retrouver cet homme, qui se trouvait à quelques mètres de nous. Il voudrait le tuer. Purement et simplement, et je n’étais pas prête à le laisser faire ça. Sur ce coup là, c’était moi qui le protégeais. Il ne le comprenait pas, mais je préférais qu’il s’énerve sur moi plutôt que sur cet homme. Parce que je savais qu’il ne me ferait jamais de mal, alors que ce type lui casserait le bras en deux secondes chrono. Adrian n’était pas fait pour la bagarre, il me l’avait dit lui-même, il y a longtemps. Il ne devait pas se battre contre cet homme, parce qu’il ne ferait pas le poids. Je ne voulais pas le retrouver à l’hôpital. C’était mon affaire, pas la sienne.

« Merci Ella.. vraiment… »

Nous n’étions plus très loin de chez moi, et j’espérais que le reste du trajet se déroule sans encombre. Néanmoins, il ne fallait jamais dire jamais, et même si je ne le voulais pas, je ne pouvais m’empêcher de jeter des coups d’œil dans mon dos pour vérifier qu’il ne nous suivait pas. Je le vis toujours sur son banc, toujours la tête dans les mains et quand nous tournâmes au bout de la rue, il n’avait pas bougé, et il ne nous avait même pas regardé. Ne plus l’avoir dans mon champ de vision me détendit automatiquement et je me décollai un peu d’Ella, en essayant de sourire, sans réel succès. L’intention était là, quand même.

« Tu crois qu’il regrette ? »

C’était une question étrange, vraiment. Dans un sens, j’espérais franchement qu’il regrette. Que ça lui ait fait comme un électrochoc et que ça lui passe l’envie de recommencer. Mais dans un autre sens, je me disais que ce type ne devait pas en être à sa première agression. Je n’oubliais pas le fait qu’il m’avait confondue avec une autre, et que cette autre femme avait également dû subir ses assauts… Est-ce qu’il fallait que je le dénonce à la police, maintenant que je connaissais son identité ? Je pourrais éventuellement sauver cette autre femme, également. Qui savait ce qu’il avait pu faire d’elle …

« Et… tu penses que je dois porter plainte ? »

Je n’avais pas envie de porter plainte, au départ. Parce que ça voulait dire remuer le couteau dans la plaie, ça voulait également dire ouvrir une enquête, recevoir des coups de fil de la police et alerter Adrian. Je n’avais rien fait de tout cela, je ne le voulais pas… mais désormais je me posais sérieusement la question et vu le regard d’Ella, il me semblait que je connaissais déjà la réponse…

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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Sam 31 Jan - 22:46


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Je marchais, sans savoir où j'allais vraiment, mais je suivais le chemin que Juliet faisait, en espérant qu'elle ne comptait pas sur moi pour savoir où j'allais. J'étais souriante pour Juliet, mais intérieurement j'étais furieuse contre Connor. Même si c'était à cause de son problème, il n'avait pas à faire ça, autant de violence, et pour quoi ? Terrifié une pauvre fille inconnu… Mais qu'est-ce qu'il lui avait passé par la tête.

- Merci Ella.. vraiment…

Je regarde Juliet, je n'avais rien fait de spécial, j'aidais juste une amie, quelque chose de normal pour moi. Déjà que je n'avais pas beaucoup d'ami, autant chérir le peu que j'arrivais à me faire. Et puis, si je ne le faisais pas, je ne pourrai plus jamais me regarder en face. Ju', me fait une sorte de grimace, mais je crois que c'était un essaie infructueux d'un sourire.

- Tu crois qu’il regrette ?

Je l’espérais bien, sinon il n'était pas du tout l'homme que je croyais connaître, et avait bien jouer avec moi. Si il ne le regrettais pas, il allait le faire bien assez vite, je lui ferrai regretter, ça il pouvait en être sur. Il allait plus jamais pouvoir avoir d'enfants, de tout façon il en a déjà trois…

- Et… tu penses que je dois porter plainte ?

Je la regarde, et j'avais envie de lui dire oui, mais j'avais en tête les photos des enfants de Connor, et ça ne l'aiderai pas à avoir leur garde. Quoique, est-ce qu'il le méritait vraiment, il avait agresser une fille, c'était un ancien alcoolique et il voulait se faire pardonner…. Je me sens légèrement perdu dans mes pensés. Mais quoi dire à Juliet…

- La fille sensé te dirai oui, parce qu'un tel acte ne dois pas rester impunie…. Il doit payer pour ce qu'il a fait.

Même si en le voyant tout à l'heure, j'avais bien vue qu'il n'était pas fier de ce qu'il avait fait. Et mon côté bon samaritain, pensais à ces enfants, à son petit Tommy qui ne rêvait sûrement qu'une chose, voir son père, bien plus souvent. Mais…. Est-ce que Connor était un bon père ? Je revenais toujours au même point, et je n'étais pas du tout simple dans ma tête.

- Je sais pas, je sais plus… mais si tu le veux, je viendrais avec toi….

Même si ça me mettrait dans une sacré position, et là, une coïncidence me vient rapidement.

- Tu lui as fait quoi pour le blesser ?

Je les avait soigner le même jour, ça devait bien être liée, et l'histoire de Connor était bancale, je pensais encore que c'était ne femme mécontente au lit qui lui avait fait ça.

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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Dim 1 Fév - 0:14

big illusions

Dans les instants qui suivirent, je vis bien qu’Ella hésitait à me répondre et je ne savais pas si c’était une bonne chose ou non. Si elle hésitait, c’était parce qu’elle le connaissait non ? Elle savait qui il était, elle savait comment il était. Elle ne l’imaginait pas ainsi, je l’avais compris, vu la tête qu’elle avait fait et la réaction qu’elle avait eu. Je ne pouvais pas lui en vouloir de le défendre un minimum, même si je trouvais ça dégoûtant. Cet homme avait peut-être une vie normale, mais rien ne pouvait excuser son geste, son comportement envers moi. Je détestais passer pour une victime… mais cette fois, je l’étais et je ne pouvais pas le nier. Pour autant, je ne me sentais pas le courage de porter plainte contre cet homme, que mon amie connaissait. Cependant, je savais que si je portais plainte contre lui, il serait enfermé. Pour de bon. Et je pourrais reprendre une vie totalement normale. Toutefois, je n’arrivais pas à imaginer ce que ça pourrait faire à Ella. Elle semblait être amie avec lui aussi. D’où cette hésitation.

« La fille sensé te dirai oui, parce qu'un tel acte ne dois pas rester impunie…. Il doit payer pour ce qu'il a fait. »

La fille sensée ? Et la fille insensée dirait donc non ? Je préférais imaginer qu’elle était sensée, alors. Mais ça ne me donnait pas de réponse. Je ne savais toujours pas ce que j’allais faire, si j’allais porter plainte ou non. Evidemment que la réponse devait être évidente et couler de source. Evidemment que je devais le faire, mais en avais-je le courage ? Et ça faisait longtemps déjà … si j’avais été cohérente, je l’aurais fait le soir-même. Mais j’avais eu tellement peur que je n’avais pu que m’enfermer chez moi en espérant que tout irait bien. Je n’avais pas été capable de le faire. Et je n’étais pas sûre de l’être plus désormais.

« Je sais pas, je sais plus… mais si tu le veux, je viendrais avec toi….
-Vraiment ? Tu ferais ça ? »

J’avais presque du mal à y croire, alors que pourtant, je savais que c’était ce qu’une amie ferait. Pourquoi avais-je tant de mal à faire confiance aux gens, autre qu’Adrian ? Autant je lui portais une confiance aveugle, depuis le tout début, pour des raisons diverses, autant je n’arrivais pas à croire qu’on puisse vouloir m’aider. Même mes collègues n’auraient pas ce genre de comportement, mais je n’en attendais pas moins d’elles. Même de Jenny. J’allais finir par croire qu’Adrian avait raison sur son compte, mais je continuais de ne rien lui dire juste pour l’embêter un peu.

« Tu lui as fait quoi pour le blesser ? »

Mon regard se perdit légèrement dans l’immensité de la ville, devant nous. Je me laissai porter par Ella, qui continuait d’avancer, pendant que je repensais à cette soirée infernale. Je n’aimais pas spécialement y repenser mais je savais à l’avance que si nous allions finalement porter plainte, il faudrait que je raconte absolument tout ce qu’il s’était passé. En détails. Et j’avais peur de le faire. Je ne l’avais pas fait, à personne, même pas à Ella, ni Adrian, alors que c’étaient les deux personnes les plus propices à le savoir. Alors des flics, vraiment ? Je n’allais jamais pouvoir leur dire…

« Je… J’ai pris un… commençai-je en cherchant mes mots. Un couvercle de poubelle. Juste à côté… et… je l’ai frappé… du plus fort que je pouvais. »

Je haletais presque en racontant ça. Je revivais la scène, j’avais soudainement une sueur froide, une nausée, et je dus respirer doucement pour ne pas vomir. Je forçai Ella à s’arrêter de marcher un instant, pour que je reprenne mes esprits. Je ne pensais pas que ça me mettrait dans cet état-là. Je ne comprenais pas comment mon corps et mon cerveau pouvaient aussi mal réagir à toute cette histoire. J’imagine que ça venait du fait que j’avais été traumatisée à cause de tout cela.

« Je l’ai blessé ? … Je vais avoir des problèmes si je raconte ça, non ? Je peux pas faire ça… »

Je ne pensais pas au terme de légitime défense. Je ne pensais pas au fait que j’étais en danger, et que si je n’avais pas agi, j’aurais peut-être fini dans un état encore pire. Je pensais juste au fait que moi aussi, je m’étais comportée violemment. Je n’étais pas mieux que lui, et ça me donnait envie de pleurer… Je n’avais jamais été aussi indécise, d’habitude j’étais plutôt directe, je fonçais vers les ennuis comme vers le plaisir, et là, je ne savais plus sur quel pied danser…

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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Ven 6 Fév - 20:51


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Me rappelant dans l'état que Connor était arrivé à l'hôpital, je me demande bien comment Juliet a fait pour lui faire si mal. Tu m'étonnes qu'il m'est mentit e salaud, il agresse une femme et vient chercher de l'aide, auprès de moi en plus… N'en mais quel culot ? Et moi qui est crue a son histoire, je suis bien trop crédule.
Je regarde Juliet et je m'en veux de lui faire repenser à ce jour si atroce pour elle. Je commence bien notre amitié je lui fais du mal en lui faisant repenser à tout ça, qu'elle débile je fais.

- Je… J’ai pris un… Un couvercle de poubelle. Juste à côté… et… je l’ai frappé… du plus fort que je pouvais.

Un couvercle de poubelle!Oui, c'est bien plus plausible qu'une histoire de panneau. Je comprenais totalement le geste de Juliet, et elle avait bien fait. Je ne sais pas si dans sa situation j'aurai réussis à avoir la force de faire comme elle. De plus elle est ressortit rapidement dans la rue, moi je me serai fait porté pâle un long moment.

- Je l’ai blessé ? … Je vais avoir des problèmes si je raconte ça, non ? Je peux pas faire ça…

Je lui caresse la main qui me crochait, elle devait se calmer. Sa respiration irrégulière, son teint encore plus blanc qu'avant ne me rassure pas du tout. Heureusement que je suis médecin je pouvais réagir vite si il le fallait.

- Oui, et c'est très bien, il le méritait et le mérite toujours. Il y aurait que moi, j'irai le rendre stérile à vie pour qu'il souffre.

Je souris à mon amie pour essayer de la détendre mais c'était peine perdu, je crois bien. Pourtant ce n'était pas des paroles en l'air. Dès que je le croise à nouveau je vais lui faire très mal.

- Juliet, tu n'auras aucun problème. Tu n'as fait que te défendre, et si Connor ose dire un truc, croie moi, il va le payer de mes mains.

Je sais qu'il aime les choses bizarres et qui font mal, très bien, la ça va être dix fois pire. Je ne le raterai pas. Il a fait le con et il ne pouvait pas s'en sortir indemne alors qu'il a brisé une femme. Fort heureusement il n'a pas été jusqu'au bout, mais je me doute qu'il en est capable.

- Si tu te sens la force d'aller porté plainte, on peu t y aller maintenant, je le connais assez pour donner des informations sur lui aux policiers. Il pourront rapidement l'arrêter.

Et elle serait soulagé de ne plus le revoir. En me disant cela, une partie de moi, se sent terriblement mal. Connor c'était confié à moi, il m'avait fait confiance et aujourd'hui je voulais qu'il aille en prison, mettant en échec total sa possibilité qu'un jour il pourrait être un véritable papa. Je pensais donc à son petite dernier Tom, qui était si mignon, et il allait grandir comme moi sans son papa. Et ça me rendait terriblement triste.

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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Mer 18 Fév - 19:53

big illusions

La caresse d’Ella sur ma main me calma légèrement, même si je savais qu’il me faudrait un peu de temps et beaucoup de patience pour pouvoir réellement me sentir normale à nouveau. Je détestais ça, parce que c’était une phase qui me prenait du temps et le temps, j’en manquais bien sûr. Il était déjà plus de seize heures, Adrian ne rentrerait pas trop tard ce soir-là, comme d’habitude depuis mon agression, et je savais qu’il faudrait que je gère mes hormones et mes tremblements en quatrième vitesse. Je pouvais le faire, même si c’était difficile. Je n’avais pas le choix, encore une fois. Je n’avais vraiment plus le choix.

« Oui, et c'est très bien, il le méritait et le mérite toujours. Il y aurait que moi, j'irai le rendre stérile à vie pour qu'il souffre. »

Ca, c’était dur à croire, mais tellement bon à entendre… Un médecin qui me disait que blesser quelqu’un était une bonne chose… Le monde à l’envers, et pourtant… Je me disais que ce n’était pas spécialement le médecin qui parlait, en réalité, mais carrément l’amie et que ça faisait du bien d’entendre quelqu’un de cent pourcent d’accord avec soi. Parce qu’Adrian n’était pas vraiment au top là-dessus, ce qui était normal pour qu’il ne connaissait pas toute l’histoire. Mais je savais que, quand bien même il saurait tout, il y aurait toujours quelque chose qui n’irait pas avec lui. C’était ainsi, j’en avais l’habitude. Pour une fois, je voulais juste qu’il m’écoute, qu’il me prenne dans ses bras et qu’il me dise que tout irait bien, pour toujours. Je savais que ce ne serait pas le cas. J’avais donc simplement besoin de calme, de détente. Je n’aurais qu’à prendre un cachet et me faire couler un bain et tout irait bien.

« Juliet, tu n'auras aucun problème. Tu n'as fait que te défendre, et si Connor ose dire un truc, croie moi, il va le payer de mes mains. »

Je n’en étais pas aussi sûre. Je savais que j’étais la victime de tout ceci, que c’était moi qui était exempte de tout problème, que je devais témoigner, ne serait-ce que d’une plainte, contre lui, et que je ne devais pas le laisser s’enfuir sans se faire prendre. Mais c’était au-dessus de mes forces de raconter une fois encore ce qu’il s’était passé. J’avais déjà omis de nombreux détails en racontant l’histoire à Ella. Et je ne l’avais pas fait autrement. Une fois, c’était suffisant. Je ne voulais plus y penser, je ne voulais plus le revivre. Plus jamais. Et pourtant, je savais que ce n’était pas une solution, et je savais également que j’allais devoir y repenser, encore et encore, au fil des jours, parce que ce n’était pas quelque chose qui disparaissait si facilement.

« Si tu te sens la force d'aller porté plainte, on peu t y aller maintenant, je le connais assez pour donner des informations sur lui aux policiers. Il pourront rapidement l'arrêter. »

Je secouai la tête. En quelques secondes, j’avais changé d’avis. Non, je ne voulais pas porter plainte, je ne voulais pas revivre ça, pas encore et je ne voulais pas qu’on me pose des questions, et qu’on me demande des détails, et qu’on me demande ce que cet homme m’avait précisément fait. Je ne voulais pas qu’on me demande si j’avais été touchée, où j’avais été touchée, s’il avait voulu plus, ce qu’il avait voulu plus. Il avait fait des choses que seul Adrian était en mesure de pouvoir faire, qu’il était le seul à avoir le droit de faire. Et même si ce n’était pas allé si loin que ça, en soi, c’était déjà trop. Beaucoup trop.

« En fait, je veux juste rentrer… s’il te plait. »

Mon manque de courage allait me faire payer cette inaction. Je savais que je devrais porter plainte, ne pas me laisser faire et ne pas céder à la peur. Néanmoins, je ne pouvais pas m’y résoudre. Il fallait que je laisse de l’eau couler sous les ponts. Ella était au courant maintenant, elle connaissait même mon agresseur… alors il ne pourrait plus rien me faire. Si jamais il recommençait, s’il me touchait encore, elle saurait que c’était lui, et elle prendrait les mesures nécessaires pour qu’il regrette. Je le savais, je pouvais le voir dans ses yeux.

« Je vais finir par en parler à Adrian. J’aurais pas le choix… Il va finir par l’apprendre, mais je veux pas que ce soit immédiat. Alors pas de plainte. »

J’étais plutôt catégorique, désormais. Je n’en voulais pas, et je ne le ferai pas. Si je pouvais repousser le moment où Adrian apprendrait la vérité au plus tard possible, alors je le ferais. Je ne voulais pas du tout me retrouver dans cette posture, même si je savais que ça allait arriver, tôt ou tard. Un jour ou l’autre, il le saurait, et soit il péterait un câble, soit il ne dirait rien… mais ferait certainement quelque chose de pire. Quoi ? je ne le savais pas, mais je pouvais le pressentir. Je le connaissais bien, je connaissais surtout son caractère changeant, surtout depuis que nous nous étions remis ensemble… Je ne voulais pas subir ses foudres. Pas maintenant. Jamais en fait, mais c’était impossible, ça.

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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Sam 21 Fév - 1:01


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Rien ni personne ne pouvait me faire changer d'avis sur ce que je ressens envers Connor. Il m'avait déçu, comme jamais un homme avait pu le faire. Même David ne m'avait pas autant déçu, même avec le fait qu'il m'ait trompé, ou encore mon père, vue qu'il se rattrape. Mais Connor, ce qu'il a fait était impardonnable. Je vais lui parler, clairement pour lui dire ce que je penses, mais plus jamais il ne me touchera. Rien que de penser à ses grandes mains sur ma peau me donne une nouvelle envie de vomir.
Mais je devais pas flancher, non, je devais continuer à aider Juliet, elle avait besoin d'une amie et j'étais là.

- En fait, je veux juste rentrer… s’il te plait.

Ah, elle n'avait plus envie d'aller voir les flics… bon, ce n'est pas vraiment la chose que j'aurai faite, mais c'est son choix, et je vais le respecter. Et si elle change d'avis, je serai là, près d'elle sans aucun problème. Elle m'appelle et je débarquerai dans l'heure. Je n'avais pas beaucoup d'amie, et je voulais les garder.

- Je vais finir par en parler à Adrian. J’aurais pas le choix… Il va finir par l’apprendre, mais je veux pas que ce soit immédiat. Alors pas de plainte.

Je ne connaissais pas son mec, je ne pouvais pas savoir la réaction qu'il pouvait avoir face à la situation. Mais depuis le temps, elle aurait pu lui dire… Mais il devait être facilement convaincu, Juliet, n'avait pas pu me mentir, alors que nous nous connaissions pas. Alors comment l'homme qui partage sa vie, n'a pas pu voir qu'elle lui cachait la vérité ! C'était plus fort que moi, je ne pouvais pas comprendre. Mais Juliet voulait lui dissimulé, et jusqu'à aujourd'hui, elle y avait très bien réussis. C'est ce qu'elle voulait aussi…

- Comme tu le veux….

Je lui fais un petit sourire, histoire qu'elle sente que quoiqu'il est décidé, je l'accompagnerai. On continue de marcher, moi ne sachant pas trop où j'allais mais je faisais confiance à Juliet pour qu'elle me guide, c'est chez elle que nous allons.
Voulant la détendre un peu, je cherche désespérément un sujet de conversation, un peu comique pour la faire rire. C'est alors que me vient une idée, je vais lui raconter les moment des urgences les plus drôle.

Je lui lance quelques petites anecdotes qui lui arrache un rire léger, et un sourire presque imperceptible, mais c'était déjà ça. Si je pouvais lui faire penser à autre chose qu'à se pourrie de Connor, je pouvais être contente.

Juliet s'arrête, et je lève la tête, nous étions arrivé devant un immeuble, ça devait être là, son chez elle. Au moins elle allait être en sécurité une fois chez elle, et dès que son mec arrivera, elle se sentira encore plus en sécurité. Les bras de l'homme qu'on aime, c'est le meilleur endroit du monde… ah si j'avais un homme à moi….

Ju' fait le code, et je la suis, je voulais être certaine qu'elle aille bien. Je voulais m'assurré qu'elle soir en sécurité chez elle.



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MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Sam 21 Fév - 17:34

big illusions

Sûrement que ma réaction n’était pas spécialement digne de moi. J’étais toujours la nana qui l’ouvrait, qui ne savait pas se taire, qui trouvait toujours une raison de râler sur tel ou tel sujet. Je n’étais pas aussi chiante qu’Adrian, mais je n’aimais pas les injustices et encore moins quand elles me touchaient. Ella pensait – et me l’avait dit surtout – que j’étais forte, mais en réalité, c’était tout l’inverse. Je ne supportais pas l’idée que l’on puisse s’en prendre aux femmes comme ça dans la rue, mais il y avait une différence entre le vivre réellement et l’imaginer. C’était abominable et je ne voulais tout bonnement plus y avoir à faire face. Je voulais me cacher chez moi, et oublier. Le lendemain, je ressortirai pour aller travailler sans avoir peur. Ou en la cachant bien, cette peur. Personne n’avait à la voir, de toutes façons, à part moi-même. Je sentais qu’Ella, à côté de moi, n’était pas nécessairement du même avis que moi. Je n’en avais pas grand-chose à faire, parce que c’était bien moi qui décidais de ma vie, et elle l’avait compris également. C’était le rôle d’une amie de s’inquiéter et d’être là pour l’autre, mais il y avait des choses que je préférais ne pas faire, même si je savais que c’était la meilleure solution.

Durant tout le trajet jusqu’à l’appartement, à côté de l’un des plus grands parcs de Toronto, Ella prit le parti de me faire rire un peu, en me racontant des anecdotes de son travail. Elle était vraiment passionnée sur ce sujet, et j’adorais l’entendre en parler. Ça me rappelait qu’il n’y avait pas si longtemps que ça, moi aussi, j’étais dans ce milieu, et j’aurais pu y évoluer comme elle. Nous aurions pu être collègues. Ça aurait été super drôle, sauf que j’étais plus vieille qu’elle et qu’en réalité, j’aurais sûrement été sa supérieure, ou quelque chose du genre… Vu comme ça, c’était moins drôle. Nous n’aurions certainement pas eu la même relation. Mais si j’avais continué la médecine, je n’aurais sûrement pas été à Toronto… Je serais encore à Montréal, coincée avec mon père. Parfois, je me demandais ce que je préférais en réalité. Être ici et ne pas vivre le rêve que j’avais depuis toute petite, ou bien être à Toronto avec lui, mais peut-être avoir une vie un tout petit peu plus facile ? Le choix était rude. En fait, il était simplement facilité par Adrian. Mais si on m’avait posé cette question deux mois avant, même pas, j’aurais répondu que j’aurais dû rester à Montréal… C’était paradoxal parce que ma vie était un enfer là-bas, mais Toronto était également remplie de souvenirs douloureux, que je préférais mettre de côté et passer aux oubliettes.

Grâce à Ella, le trajet fut enjoué, et presque agréable, et bien vite, nous nous retrouvâmes devant la porte d’entrée de l’immeuble. Je m’empressai de composer le code de l’interphone et nous entrâmes, accueillies presque immédiatement par la douce chaleur du chauffage central. Je frissonnai sous le choc thermique procuré par la différence de températures et me frottai les mains l’une contre l’autre après avoir appuyé sur le bouton d’appel de l’ascenseur. Nous restâmes toutes les deux silencieuses jusqu’à ce que celui-ci arrive et je martelai le bouton du neuvième étage dès que nous fûmes à l’intérieur. Je voulais rentrer chez moi le plus vite possible, m’enfermer dans mon appartement, me faire un café bien chaud et me rouler en boule sur mon canapé pour ne plus bouger jusqu’à ce qu’Adrian arrive, quelques heures plus tard.
Dès que la porte d’entrée fut passée et bien refermée avec soin derrière Ella, je m’engouffrai dans la cuisine pour nous faire deux cafés fumants pour nous réchauffer et je m’adossai contre le radiateur, frigorifiée. Je me rendis alors compte qu’Ella n’était jamais venue ici, que c’était la première fois et que je ne lui avais pas fait visiter. Je n’avais pas du tout envie de bouger, alors elle découvrirait l’endroit par elle-même si ça lui faisait plaisir.

« Fais comme chez toi. C’est pas hyper grand, mais on a de la place quand même, expliquai-je. Ça fait cinq ans que je vis ici, environ… »

« Déjà 5 ans ! » pensais-je au fond de moi. Je n’avais pas vu le temps passer. Entre ma rencontre presque immédiate avec Adrian, notre vie à deux routinière mais agréable, la naissance de Charlie et sa mort, puis la monotonie de ma vie sans lui jusqu’à ce qu’il réapparaisse… j’avais du mal à me rendre compte que tant de temps avait filé, sans aucune chance de le rattraper. J’avais gâché du temps, et j’avais passé la trentaine sans même m’en rendre compte. Bientôt j’aurais des cheveux blancs et des rides, et ça, ça me foutait les jetons ! Vraiment.

« Il faudrait qu’on se voit plus souvent, toi et moi… Et qu’on essaye de ne pas tomber sur des fous dans la rue ! Ça pourrait être sympa. »

J’étais bien plus à l’aise pour discuter maintenant que je me savais en sécurité, et de fait, ma langue se déliait d’elle-même… C’était la vérité : j’avais bien envie de revoir Ella plus souvent, parce que je la considérais comme quelqu’un de très bien, et une véritable amie, sur qui je pouvais compter. J’avais envie de lui rendre la pareille. Je voulais qu’elle puisse compter sur moi. Je sentais que c’était différent de mes collègues, qui avaient des conversations stériles et complètement idiotes. Non pas que je n’étais pas de cette trempe, mais si je pouvais avoir un niveau de conversation un peu plus élevé, je n’allais pas m’en empêcher… Alors Ella était la personne idéale pour ça…

lumos maxima


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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Ella Kayser


DISCUSSIONS : 1596
MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Dim 22 Fév - 11:53


Big Illusions
Ella/Juliet/Connor



Une fois dans l'appartement de Juliette, je regarde un peu partout, mais je voulais pas m'incruster, mais je me suis aperçu que mon hôte était déjà entrain de préparer un café. Je ne pouvais pas refuser, c'était bien mal polie.

- Fais comme chez toi. C’est pas hyper grand, mais on a de la place quand même. Ça fait cinq ans que je vis ici, environ…

C'est vrai qu'à côté de mon duplex, son appartement me paraissais bien petit, mais c'était coquet. C'était assez à l'image que j'avais de Juliet, mignon et moderne sans trop l'être non plus. Le juste milieu parfait pour qu'on se sente bien dès qu'on met le pied à l'intérieur.
Malgré sa gentille intention, je n'allais pas me promener dans son appartement. Sa ne me correspondait pas, c'était chez elle, son intimité, et nous nous connaissions pas encore assez pour que je me permette de m'incruster dans son chez elle.
Je m'avançais un peu plus quand même dans le salon, il y avait quelques photos dont une d'elle et de son mec, il était beau gosse, mais trop mystérieux à mon goût. Je trouve qu'ils sont bien assortie, ils sont vraiment beau tous les deux, et sur la photo, Juliet avait l'air vraiment heureuse, c'était indéniable.

- Il faudrait qu’on se voit plus souvent, toi et moi… Et qu’on essaye de ne pas tomber sur des fous dans la rue ! Ça pourrait être sympa.

Je me retourne vers elle, et je lui souris sincèrement. Oui, nous devions nous revoir, je l’appréciais beaucoup et puis nous avions une autre journée shopping à organiser, avec Connor qui avait débarquer notre excursion entre fille a vite tourné en cauchemar éveillé.

- Je suis tout a fait d'accord.

Je m'installe sur le canapé quand elle le fait après avoir poser deux tasses de café sur la table basse. Je commence alors à parler de son homme, je lui voulais apprendre à le connaître un peu à travers elle, histoire de savoir des choses sur elle. J'avais bien compris que parler de sa vie ce n'était pas facile, ce que je comprend totalement, je n'aime pas trop non plus parler de moi. Si je devais lui parler de mon enfance minable ça ne sera pas la joie, alors autant de parler de quelque chose d'intéressant. Et Juliet, ne tarie pas d'éloge à son sujet. Elle me parle de leur rencontre et je trouve ça assez mignon, et pas vraiment banale. Une rencontre sur son lieu de travail…. Enfin pas banale… j'avais aussi rencontré David au boulot….
Après un temps, je me décide quand même à rentrer chez moi. Même si je me sens bien ici, je devais retrouver mes pénates.
Après remis mon manteau, j'enlace Juliet, comme si je la connaissais depuis des années, mais avec elle, c'était simple, et je me suis attaché à elle, pas à cause de ce qu'il lui était arrivé, non, parce je l'aimais beaucoup, sa façon d'être son esprit. Je l'aimais beaucoup et je savais qu'on pouvais très bien s'entendre.

- On se voit bientôt !

Je quitte sa maison et rentre chez moi, dans un état parfois très en colère à cause de Connor, encore, puis très heureuse d'avoir pu parler avec Juliet et de savoir que nous allions nous revoir.

© EKKINOX

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LOVE IS EASY
Now I know exactly what they mean
Oh I can’t believe that it’s so simple
It feels so natural to me  


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Juliet Carlson


DISCUSSIONS : 268
CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: Big Illusions Ella/Juliet/Connor [Terminé]   Dim 22 Fév - 13:18

big illusions

D’après le regard et le sourire qu’Ella m’accorda, je compris que nous allions effectivement  nous revoir, dans des conditions peut-être meilleures. Je ne voulais pas que tout s’arrête juste parce que l’une de ses connaissances était en réalité mon agresseur. Elle n’avait rien à voir là-dedans, et je ne voulais pas que ça nous gâche quelque chose, entre nous. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait avec cet homme, continuer de le voir ou le détester, je m’en fichais. Je ne lui parlerais plus, et elle n’aurait pas à le faire non plus pour se justifier. Elle vivait sa vie de son côté, et c’était tout à fait normal. J’espérais juste que, si elle continuait de le considérer comme un ami – ce qu’il semblait être pour elle, à la base ! – elle ferait bien attention à elle. Parce que quand bien même je protégeais corps et âme les personnes que j’appréciais et que j’aimais, je n’allais pas pouvoir la défendre contre lui. Contre n’importe qui d’autre, mais pas lui. C’était impossible, c’était au-dessus de mes forces, bien sûr. Elle devait le savoir, je n’en doutais pas, mais au moins je préférais que ce soit clair.

Bien rapidement, nous nous installâmes toutes les deux sur le canapé, dans le salon, une fois que nos deux breuvages furent prêts et que j’eus tout posé sur la table basse. Je me calai dans le fond du sofa en repliant mes genoux contre ma poitrine avec un sourire, trop contente d’avoir enfin pu rentrer chez moi, en sécurité. Je récupérai ma tasse et la serrai entre mes mains pour me réchauffer en regardant Ella et en l’écoutant me demander de lui parler d’Adrian. J’eus un sourire plus grand encore en commençant pratiquement au quart de tour à parler de lui. Il avait beau avoir brisé mon cœur dans le passé, ça n’empêchait qu’il était l’homme de ma vie, celui que j’aimerais jusqu’à ma mort, que l’on soit encore ensemble ou non, qu’il y ait d’autres hommes ou d’autres femmes dans nos vies entre temps. Je commençais donc mon récit en élaguant rapidement ce qui n’avait pas besoin d’être dit. Elle eut droit au récit de notre rencontre, le jour où il était entré dans la boutique où je travaillais encore, et où il avait été le pire client que j’avais jamais rencontré. Puis, comment il s’était accroché, chaque jour, jusqu’à ce qu’il ait mon numéro et que l’on s’échange des tas de messages… pour que finalement, on ne se lâche plus jamais. Ella m’écoutait avec attention, un léger sourire aux lèvres, et je savais qu’elle nous imaginait tous les deux comme deux adolescents. Elle avait pu voir une photo d’Adrian, parce qu’il y en avait quelques-unes dans l’appartement, qu’il soit seul, ou bien avec moi, et de fait, elle devait pouvoir se représenter le couple que nous formions alors sans trop de problèmes. De plus, je décidai de ne pas lui parler de Charlie, ni du fait que nous nous étions séparés plutôt brutalement et sans explications le jour de sa mort. Pour elle, le conte de fées devait être total, et je m’appliquais bien à ne lui exposer que la partie émergée de l’iceberg. Elle n’avait pas besoin de connaître nos secrets pour le moment. Ce n’était pas que je ne lui faisais pas confiance, mais je voulais qu’elle connaisse Adrian avant de le juger pleinement. Au cas où, en quelques sortes.

La conversation dura et traina en longueur, et au bout d’un moment, je me sentis un peu mal de ne parler que d’Adrian, alors qu’il y avait sûrement des sujets de conversation plus intéressants pour elle. Mais une fois que je commençais à parler de lui, je ne pouvais plus m’arrêter, et ça, c’était pareil avec tout le monde. C’était le premier homme que j’avais vraiment aimé, et j’étais comme une petite fille avec son amoureux. J’en parlais tout le temps, à quiconque voulait l’entendre. Il avait de la chance, en plus, parce que je n’arrêtais pas de chanter ses louanges, en vantant combien il était intelligent, et beau, et talentueux et parfait, et même s’il avait ses défauts, eh bien toutes ses qualités occultaient le reste. Et c’était vrai. Je le détestais parfois, parce qu’il me rendait complètement dingue à faire sa tête de con, ou bien à mentir, ou bien à juste me cacher des choses… mais je n’arrivais pas à lui faire la tête trop longtemps, parce qu’il était tellement gentil, et adorable et mignon avec moi que je ne pouvais pas faire autrement. Il savait me brosser dans le sens du poil, et je savais qu’un jour ou l’autre, ça se retournerait contre moi. Mais je préférais ne pas y penser, en réalité. J’affronterais cette épreuve le moment venu.

Au bout d’un moment, quand même, Ella prit congé et se releva en enfilant son manteau. Je me relevai à mon tour en reposant ma tasse à présent vide sur la table basse et j’acceptai avec joie son étreinte, en lui faisant promettre de me rappeler rapidement, ce à quoi elle répondit que nous nous reverrions bientôt. Je l’espérais, en effet, parce que je ne voulais pas laisser passer une chance de me faire une véritable amie. J’avais son numéro de toutes façons, et si je trouvais qu’elle mettait trop de temps à me rappeler – il fallait que je me souvienne qu’elle avait un emploi du temps chargé, aussi – je la rappellerais en premier, histoire de. Je la reconduisis jusqu’à la porte d’entrée, d’où je la regardai prendre l’ascenseur, et après un signe de la main, je refermai la porte, soulagée d’être chez moi, contente d’avoir pu parler avec quelqu’un d’autre que mes collègues, et épuisée de cette journée si forte en émotions. Au moins, discuter avec Ella m’avait permis de bien me calmer et de ne plus être autant angoissée… Aussi quand Adrian rentrerait, il n’y verrait vraiment que du feu, et il ne remarquerait même pas que quelque chose ne tournait pas rond et que j’avais revu mon agresseur. Tout ce que je voulais désormais, c’était me retrouver dans ses bras et le câliner toute la soirée en regardant la télé et en mangeant des cochonneries. Ce qui, selon notre logique, allait forcément arriver !

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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