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 [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet

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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Jeu 20 Nov - 0:29


   

   

   
Blurred lines
   
feat Connor & Juliet
   

   
OK now he was close, tried to domesticate you but you're an animal, baby, it's in your nature. Just let me liberate you. You don't need no papers. That man is not your maker. And that's why I'm gon' take a good girl. I know you want it.
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Une journée de plus, passée à travailler dans cette boutique. Parfois, je me disais que j’aurais dû faire des études, pour avoir quelque chose de plus confortable. Je regrettais certains choix, je réfléchissais à ce qui aurait pu se passer si je n’avais pas fait certaines choses, si j’avais étudié plus, si je n’avais pas tout foutu en l’air. Parfois, mes réflexions poussaient plus loin. Et je n’aimais pas ça. Bien souvent, quand je partais dans mes pensées, j’étais sur le chemin de la boutique ou sur le chemin de la maison. Ou bien même j’étais à la boutique, et je rêvassais quand il n’y avait personne à conseiller. C’était fréquent, chez moi, et on me laissait tranquille dans ces périodes-là. Même Jenny, qui pourtant n’aimait pas me voir dans tous mes états, savait qu’il ne fallait pas m’interrompre. J’imaginais une vie parallèle, où j’aurais fait de brillantes études, où j’aurais été une chef d’entreprise renommée, ou une femme politique, ou bien un médecin extraordinaire, qui ne loupait jamais aucune opération. J’aurais eu un homme aimant, et des enfants, et j’aurais fini ma vie tranquillement, dans une grande villa près de la mer.
Le quotidien et la vie réelle étaient bien différents de cette vie parallèle. Mes choix avaient été peut-être mauvais, même si je les assumais pleinement. Je n’avais pas fait de brillantes études et j’étais coincée dans cette boutique, avec des collègues aussi charmantes que barbantes. Je n’étais pas dans la plus belle ville du monde, ni dans la plus sympathique, mais je l’aimais quand même. Je n’avais pas de mari riche et aimant, en fait, je n’avais plus personne. J’avais Adrian. C’était différent, encore. Il aurait pu être mon mari, s’il n’était pas parti. Est-ce que la vie aurait été différente s’il n’était pas parti ? S’il avait eu le courage d’affronter la réalité ? Oui, ça aurait été différent. Tout aurait été différent. Lui avait voulu tenter une vie parallèle en m’abandonnant, et apparemment, ça n’avait pas été aussi fabuleux qu’il aurait voulu que ça soit. Comment pouvait-il oser tenter de vivre normalement une nouvelle vie en sachant que j’étais encore là, dans la même ville que lui, et que quelque part dans un cimetière non loin, son fils reposait dans un cercueil ? Je ne le comprenais pas. Et pourtant… je l’aimais.

Nous nous étions expliqués. On s’était revu. C’était tellement improbable qu’encore aujourd’hui, je devais me pincer en y repensant, parce que je n’y croyais pas une seule seconde. Je l’avais retrouvé. J’avais Adrian. Il était là, il était en vie, et je l’avais pour moi. Ce n’était qu’en le voyant que j’avais compris qu’il me manquait plus que tout au monde… presque plus que mon Charlie. Bien sûr, le lien que j’avais avec Adrian était différent que celui que j’avais avec Charlie. C’était mon bébé, c’était mon sang et ma chair que la vie m’avait repris, et je ne pourrais jamais m’en remettre… mais perdre Adrian, c’était perdre l’autre moitié de moi. Il avait été toute ma vie, dès lors que j’étais arrivée à Toronto. Je l’avais rencontrée peu de temps après mon départ de Montréal, et j’étais tombée irrémédiablement amoureuse de lui, pour ne plus jamais sortir de cette spirale infernale. Tout s’était enchaîné vite, trop vite. Et son départ sans préavis m’avait tuée. A petit feu. Le retrouver était une renaissance. Je revivais depuis quelques jours et j’avais bien l’intention de faire en sorte que cela continue. J’étais méfiante, certes, mais qui ne le serait pas ? J’avais beau vouloir ralentir, néanmoins, je n’en étais pas capable. Je voulais jouer avec le feu et me brûler encore. Je voulais me retrouver dans ses bras chaque soir et m’endormir avec lui, comme avant. Je voulais qu’il me chérisse comme il l’avait déjà fait, et qu’il me procure des émotions que lui seul était capable de me donner. On n’avait qu’une seule vie, non ?

Ce soir-là, je pensais à la façon grâce à laquelle je pourrais lui faire comprendre que je ne pouvais plus attendre, que je voulais qu’il revienne à la maison et qu’il vive avec moi de nouveau. J’avais encore ma bague, s’il le voulait, je pouvais même la remettre et nous pourrions reprendre notre vie là où nous l’avions laissée. Je me fichais pas mal des protocoles et du qu’en-dira-t-on, tout ce que je voulais, c’était de ne plus être seule, maintenant que je savais qu’il était là. En rentrant à l’appartement en rêvassant comme je l’avais fait pour une bonne partie de la journée déjà, et ce depuis quelques jours, je pris le chemin habituel en traînant un peu. Je n’étais pas pressée, personne ne m’attendait. Adrian était chez lui, ou bien il travaillait, je ne savais pas exactement. Comme il avait changé de travail, je ne connaissais pas ses horaires de travail. Je n’avais pas pensé à lui demander. Ca viendrait plus tard.
Ce soir-là, donc, il faisait froid à Toronto. Peu à peu, l’automne s’était installé dans l’atmosphère, et un courant froid traversait tout le continent, de l’Alaska à New-York. Et nous étions en plein dedans. Il avait déjà commencé à neiger, et si les adultes se dépêchaient pour rentrer chez eux, les enfants étaient heureux de pouvoir ressortir, d’aller jouer dans la neige. Je faisais partie de cette catégorie. J’étais comme une gamine. Charlie devrait avoir deux ans et demi, s’il était encore vivant. Il aurait adoré jouer dans la neige avec nous. Alors je profitais un peu pour lui. Je ne savais pas encore à quel point j’allais regretter d’avoir traîné pour rentrer…

Je ne sus exactement ce que je sentis en premier. La main qui empoigna mon bras ou bien la chaleur d’une haleine inconnue sur mon cou. Peut-être que les deux arrivèrent en même temps, finalement, mais dans la précipitation et dans la panique du moment, je ne m’en rendis pas bien compte. Quoi qu’il en soit, mon trajet fut vite dévié, et très rapidement, je me retrouvai projetée contre un mur glacial. Le choc me coupa le souffle et m’empêcha de respirer et de crier, bien sûr, puis une main se plaqua sur ma bouche. Et là, je sus que j’étais vraiment dans la merde.

   
   
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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Dernière édition par Juliet Carlson le Sam 13 Déc - 15:11, édité 1 fois
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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Ven 21 Nov - 12:13




BLURRED LINES


Instinctivement je refuse d'un geste de la main la proposition de l'hôtesse qui me propose un verre d'alcool, j'avais presque oublié que ce service était compris sur les vols en classe affaire. Faire cette cure avait été assez difficile, ce n'était pas pour tout foutre en l'air maintenant. J'aurais pourtant bien besoin d´un verre là ...


Je revenais de Chicago. Malgré de multiples demandes, Betty refusait toujours de me laisser les enfants pour les vacances ou ne serait-ce qu'un week-end, pourtant Toronto n'était pas le bout du monde. J'étais même prêt à louer un petit truc pas trop loin de chez elle, mais elle ne voulait rien entendre. J'avais donc décidé d'aller les voir quand même et j'avais également contacté un avocat avant de partir pour avoir quelques conseils.
Quand elle avait ouvert la porte la colère avait bien vite remplacé la surprise sur son visage et j'avais du un peu forcer la porte pour rentrer, mais c'était encore chez moi après tout. Malheureusement, Lilly était partie passer le week-end chez une copine et Josh avait refusé de sortir de sa chambre pour me voir. Seul mon petit Tommy s'était précipité sur moi quand il m'avait vu, mais sa mère l'avait intercepté en pleine course avant qu'il ne m'atteigne et l'avait gardé dans ses bras. Cela m'avait mis dans une rage folle. J'avais quand même réussi à me maitriser, je ne voulais pas qu'il soit le témoin d'une énième dispute avec Betty. Je m'étais juste contenté de m'approcher pour l'embrasser et lui dire que je viendrais le chercher bientôt sous le regard noir de sa mère. En sortant j'avais contacté l'avocat pour confirmer le rendez-vous, je pensais que rester mariés rendrait ma femme plus conciliante mais puisqu'il n'en était rien, autant divorcer, cela me donnera peut-être un peu plus de droits sur les gosses.
Je lui ai tout déballé, mes nombreuses absences dues à mon travail, mon alcoolisme, et même mes infidélités, et quand il m'a demandé quelques renseignements sur ma future ex-femme, je ne me suis pas privé de la charger à mort, si elle voulait la guerre, elle allait l'avoir. De fil en aiguille, j'ai aussi du lui avouer que j'avais levé la main sur elle, mais je ne sais pas s'il m'a cru and je lui ai dit qu'elle était consentante et que c'est elle qui le voulait. Bien sur je regrettais ce que j'avais fait, j'étais toujours plein de remords quand j'y pensais, mais je ne regrettais sûrement pas ce qui en avait résulté. C'était principalement pour ça que je voulais me battre, ce petit bonhomme n'était pour rien dans toute cette histoire et il était temps que Betty comprenne que Tom n'était pas un moyen de pression sur moi. J'avais du mal à cacher ma colère envers Betty mais maître Henessy restait imperturbable pendant sa prise de note

- Alors ?
- Au vu de ce que vous venez de me dire je ne vous cache pas que cela va être extrêmement difficile, vous avez beaucoup de torts pour vous

Évidemment, je savais que cela ne serait pas facile, Abby m'avait déjà prévenu, mais il était hors de question que cette garce éloigne encore plus les enfants de moi. Pour Josh il était peut-être déjà trop tard, mais pour les deux plus jeune je voulais croire qu'il y avait encore chance. J'avais laisse à l'avocat une provision pour lancer la procédure quand même et j'étais déterminé à venir aussi souvent que cela serait nécessaire pour lui prouver que je voulais un droit de garde sur mes enfants.
J'étais sorti du cabinet avec une boule au vente, une boule de rage et de colère envers Betty, j'étais sur qu'elle me pourrirait la vie jusqu'au bout. Elle refuserait d'abord de divorcer et ensuite si j'arrivais a obtenir un droit de garde j'étais à peu près certain qu'elle ne le respecterait pas, mais elle ne savait pas combien j'étais déterminé cette fois ci. J'étais entré dans un bar et j'avais malgré tout réussi à maîtriser cette envie d'alcool en ne commandant que des cocktails non alcoolisés pensant que j'arriverai à trouver de quoi me défouler d'une autre façon mais je fis choux blanc et du rentrer à l'hôtel sans avoir pu évacuer ma frustration.


Je rappelle l'hôtesse et lui demande un whisky que je descends d'un coup avant de lui en redemander un second. J'hésite un peu plus pour celui ci, je sais que ce que je suis en train de détruire une année de sevrage, mais ce ne sont pas deux petits verres qui vont me faire replonger si ? Je sais malgré tout que je me voile la face en savourant la délicieuse sensation de brûlure que laisse l'alcool en passant dans mon œsophage.
Je demande au taxi de me laisser à quelques rues de chez moi pour m'aérer un peu, je finirai à pieds malgré la neige. Je sentais ma démarche mal assurée et mes pensées confuses, ma longue abstinence avait du renforcer les effets néfastes de l'alcool. Je n'avais pas de gants et souffle dans mes mains pour les réchauffer quand je la vois. Elle arrive vers moi presque en sautillant, ses longs cheveux blonds volant dans le vent glacial. Je sais pertinemment que ce ne peut pas être Betty, mais mon esprit encore embué par l'alcool superpose son image à la sienne, la même chevelure, la même démarche, la même silhouette. Elle ne fait pas attention moi quand nous nous croisons et cela ravive la haine que j'éprouve pour cette femme. Mu par une pulsion incontrôlable je fais demi-tour et l'attrape par le bras pour la coller à moi. Son dos collé à mon torse, nous sommes tellement proches que je peux sentir son parfum dans son cou. Surprise, elle se laisse traîner dans une petite ruelle juste à côté mais elle ne va pas tarder à réagir alors je la plaque contre le mur et pose la main en bâillon sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Je peux voir ses jolis yeux bleus s'agrandir sous l'effet de la peur et ça me remplit d'une certaine jouissance. Je retire ma main pour la remplacer par mes lèvres et force l'entrée de sa bouche avec ma langue avant de la mordre. Je l'entends étouffer un petit cri et elle commence à vouloir se dégager, mais vu la différence de corpulence entre elle et moi elle peut toujours essayer, d'ailleurs ce frottement entre nos deux corps est délicieusement excitant. Je mords une dernière fois sa lèvre avant de remettre ma main sur se bouche et de la fixer

- Aujourd'hui c'est moi qui mène le jeu Betty ! Encore même tu me supplierais à genoux je ne céderai pas espèce de petite garce !




© charney


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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Ven 21 Nov - 14:10


 

 

 
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Toujours coincée contre le mur de cette ruelle, je pus enfin apercevoir le visage de l’homme qui me tenait fermement. Une infime partie de moi espérait et aurait vraiment voulu que ce soit une blague de la part de l’un de mes amis ou bien même d’Adrian, qui m’aurait reconnue et qui serait venu pour m’embêter un peu et me raccompagner jusque chez moi. Cet espoir s’envola aussi vite qu’il était arrivé et j’eus bêtement envie de pleurer toutes les larmes de mon corps. J’étais comme une biche encerclée par les chasseurs, j’étais complètement bloquée par cet homme que je ne connaissais pas et qui me faisait carrément peur. Sa main serrait ma bouche le plus fort possible pour que je ne puisse pas faire de bruit. Et personne ne pouvait nous voir, nous étions dans l’obscurité de la ruelle. Je n’avais plus qu’à prier pour que quelqu’un passe à côté de nous et entende ce qu’il se passait.
Quand l’homme, de deux bonnes têtes plus grand et avec au moins cinquante kilos de plus que moi, m’embrassa, j’eus un hoquet de terreur et de dégoût et je criai lorsqu’il intensifia son action, en me mordant, même. Mon cri fut étouffé dans sa bouche alors que j’essayais d’échapper à son emprise. Une violente nausée me prit dès que je sentis l’odeur et le goût d’alcool qui régnait alors. Il était bourré et si personne n’intervenait, qu’allait-il faire de moi ? Je n’arrivais cependant pas à me détacher de lui, il me tenait fort, et je sentais ses doigts s’enfoncer dans mes bras. Je paniquai d’autant plus en me disant que j’allais avoir des marques. Ce n’était pas par coquetterie que je pensais cela. C’était plutôt en comprenant que je n’allais pas pouvoir le cacher aux yeux des autres. Fatalement, j’acceptais le fait que j’avais été prise pour cible, même si je refusais de l’être vraiment. Mais j’étais petite et toute maigre ? Que faire d’autre que d’attendre que ça se passe ? Soudain, il me mordit encore la lèvre et je sentis le goût ferrailleux de mon sang se répandre dans ma bouche. Cette fois, je ne pus empêcher mes larmes de couler le long de mes joues.

« Aujourd'hui c'est moi qui mène le jeu Betty ! Encore même tu me supplierais à genoux je ne céderai pas espèce de petite garce ! »

Betty ? Qui était Betty ? Je ne m’appelais pas Betty, enfin !! Il me prenait pour quelqu’un d’autre, et je plaignais la femme qui aurait dû subir ses assauts à ma place. Et surtout, ce que je comprenais, c’était qu’il n’avait pas l’intention de me lâcher. Il m’avait de nouveau bâillonnée de sa main et je pouvais à peine bouger, suffisamment pour lui faire comprendre que je n’étais pas du tout consentante. Ce dont il se fichait, forcément. Je tentai une fois de plus de crier et je m’entendis couiner contre sa main, faisant à peine plus de bruit qu’une souris qu’on torturerait. J’allais mourir ici, tuée de la main de cet homme et si ça se trouve, on ne me retrouverait même pas, je serais couverte par la neige. Je pensais alors à Adrian. Mon Dieu, il allait croire que j’étais partie, que j’avais fait la même chose que lui. Il allait me détester, comme je l’avais détesté. Qu’est-ce qu’il ferait, en comprenant que je n’étais plus là ? Est-ce qu’il allait quitter Toronto pour de bon ? De toutes façons, si je mourrais ce soir-là dans cette ruelle, je n’en aurais plus rien à fiche de ce qu’il pourrait faire par la suite, car je ne serais plus là pour le voir…

Alors que je continuais de me débattre du mieux que je pouvais, je sentis l’une de ses mains me lâcher le bras alors qu’il se pressait contre mon torse. La dite main commença à s’insinuer sous mon manteau et encore une fois, j’eus un frisson qui n’avait rien à voir avec du plaisir. Ma nausée revint comme avant et je me demandai, l’espace d’un instant et dans ma folie, si lui vomir dessus pour le faire reculer et me permettre de m’échapper. Ma dignité s’était déjà envolée quand ce type m’avait embrassée de force, alors je pouvais bien lui gerber à la tronche, ça ne changerait pas grand-chose. Je continuai toutefois de crier, en espérant que quelqu’un entende mes couinements étouffés. Je jetai de petits regards en tous sens, priant pour voir quelqu’un et attirer son attention. La route principale était trop loin de nous, et personne ne passait dans la ruelle. Au-dessus de nous, toutes les fenêtres étaient fermées à cause du froid. J’étais prise au piège pour de bon. Et en comprenant ça, je sus que je devais trouver une solution par moi-même.
Dans mon désespoir, j’essayai de lui mordre la main pour qu’il me lâche au moins la bouche. Je réussis à prendre sa peau entre mes dents et je mordis du plus fort que je le pouvais, quitte à me faire mal, quitter à me casser une dent. Une nouvelle vague de sang m’accueillit et je ne sus pas exactement si c’était le sien ou le mien. Il me relâcha en poussant un cri de douleur. Immédiatement, et même si j’étais toujours coincée entre lui et le mur, je pus crier et appeler à l’aide.

« Lâchez-moi !! A l’aide !!! Y a quel… »

Aussitôt, je sentis une vive brûlure à la joue gauche, qui me fit mollement tourner la tête et m’assomma à demi. Je compris qu’il m’avait frappée pour que je me taise et sous le choc, je me tus, effectivement. J’en arrivais même à me demander si je ne devais pas me laisser faire, finalement. Plus je me laissais faire, plus vite il en aurait fini avec moi et plus vite je pourrais rentrer chez moi… C’était sûrement la meilleure solution que j’avais, parce que personne ne m’entendait. Ce type était bourré, il m’avait pris pour une autre et ne s’en rendrait probablement jamais compte. Avais-je vraiment le choix ?

   
 
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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Mar 25 Nov - 12:19




BLURRED LINES


Sans doute encouragé par l'alcool, je ne contrôlais plus ma force et je l'avais sans doute mordu plus fort que je ne l'aurais voulu. Je sentais aussi mes doigts s'enfoncer dans sa chair, mais elle n'avait qu'à se laisser faire aussi. Je passais ma langue sur la commissures de mes lèvres pour enlever le goût du sang alors qu'elle tentait désespérément de se défaire de mon emprise. Elle gesticulait, enfin essayait, et s'époumonait contre ma main qui ne laissait passer que quelques gémissements. Ses yeux semblaient chercher de l'aide mais je m'en foutais, pour moi nous étions seuls au monde. J'aurais pu me demander pourquoi elle était si réticente et beaucoup moins soumise que la dernière fois, sans doute parce que ce n'était pas elle qui avait décidé et le fait que ce soit moi cette fois qui ait toutes les cartes en main ne fait que renforcer ce sentiment de domination que je ressens jusqu'au plus profond de mon être.
Je la regardais se débattre avec délectation et cela m'excitait de plus en plus, d'ailleurs ma main libre est déjà en train de se faufiler sous son manteau. Pas de bol pour moi, elle porte un pantalon mais ce ne sont pas quelques boutons ou une fermeture éclair qui vont m'arrêter. J'avais déjà glissé un doigt sous sa ceinture pour la faire sauter quand je ressens une violente douleur dans la paume de ma main. Cette salope avait réussi a saisir un morceau de peau et était en train de le mordre de toute ses forces. Mon premier réflexe est de retirer ma main et je constate qu'elle n'y a pas été de main morte, il manque carrément un petit bout de peau et ca saignait légèrement

- Lâchez-moi !! A l’aide !!! Y a quel…

Le second, malgré la plaie que j'avais à la main est de lui foutre une baffe pour qu'elle se taise. Cette fois ce n'est pas l'alcool, mais bien la colère qui me pousse à ne pas me contrôler, mais elle n'avait pas à faire ça non plus. Je lui murmure un "ta gueule" rageur au visage mais je ne crois pas qu'elle m'entende, j'avais cogné un peu fort et elle était encore sous le choc. J'en profite pour ouvrir son manteau et cette fois passer ma main sous son chemisier pour lui pincer un téton, histoire de la réveiller un peu. Je caresse un peu son sein sous son soutien-gorge avant de saisir son petit bout de chair et de le serrer entre mes doigts. Elle sursaute à ce contact, mais elle ne se débat plus et baisse la tête, son regard évitant le mien. Frustré qu'elle reste sans réagir et de ne plus voir cette friction entre nos deux corps, je lui prends le menton avec ma main ensanglantée et la force à me regarder, mais son regard reste obstinément baissé vers le sol

- Regarde-moi Betty ! Regarde-moi ou tu vas le regretter !

Dans ma rage, sans m'en rendre compte, je continuais de malmener son sein et c'est une grimace de douleur que je peux voir sur son visage quand elle le relève vers moi. Je comprends alors que j'ai gagné la partie, il n'y a plus aucune trace de révolte dans son regard, elle semble comme ... résignée. Résignée ? Mais comment ça résignée ? Non non non, je voulais qu'elle continue de se battre un peu. Ce que je ressentais était contradictoire, j'étais à la fois content qu'elle soit soumise et frustré qu'il n'y ait plus de bagarre. La seconde solution se révélait bien plus excitante finalement, il fallait qu'il y ait un rapport de force sinon ce n'était pas du jeu, je ne voulais pas d'une victoire aussi facile !
J'avais lâché son sein de dépit, mais toujours pas son menton et je peux voir un maintenant un questionnement dans son regard. Malgré que je ne la contraignais plus physiquement, elle pouvait se dégager le menton facilement si elle l'avait voulu, elle ne cherchait pas à s'enfuir, elle continuait de me regarder sans rien dire. Elle avait encore peur, c'était sur, ça se voyait dans ses yeux et ça se sentait aussi, les gens qui ont peur dégage toujours une odeur particulière, mais elle essayait de le cacher comme elle pouvait alors que je sentais mon pied droit taper le sol plusieurs fois par caprice. Je n'attendais qu'un petit geste de révolte de sa part, j'en avais besoin pour me motiver

- Mais dis quelque chose ! Bats-toi, crache-moi dessus mais fait quelque chose !

J'avais empoigné les deux revers de son manteau et la secouait légèrement. Beaucoup moins violement que j'aurais pu le faire et cela ne me ressemblait pas quand j'étais dans cet état.



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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Mar 25 Nov - 14:09


 

 

 
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Mon choix était finalement fait et je n’avais pas eu à y réfléchir longtemps. Quoi que je décide de faire, je n’étais pas de taille à lutter contre lui. En continuant de me débattre, je prenais le risque de m’épuiser, et de ne plus pouvoir rentrer chez moi quand ce serait fini. Je n’arriverais jamais à m’échapper, à me détacher de son étreinte. Il était trop fort pour moi et il me maintenait trop facilement contre ce mur glacial. Ma solution, c’était d’attendre qu’il se lasse, qu’il fasse son affaire. Que pouvais-je faire d’autre ?
Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi j’avais été la cible de ce type. Je n’avais rien demandé, je n’avais rien fait. Je n’étais même pas habillée de façon spéciale, j’avais un jean des plus simples, et un gros manteau. Je n’attirais pas l’œil, je n’attirais pas l’attention. J’étais simple, normale et je ne demandais rien à personne. Je voulais simplement rentrer chez moi. Ce type, je ne l’avais même pas vu arriver, j’étais tranquille jusqu’à ce qu’il m’empoigne par le bras. Si seulement Adrian avait été là, il aurait pu m’aider, il n’aurait jamais laissé quelque chose comme ça se produire. Qu’allais-je bien pouvoir lui dire maintenant ? Il allait forcément le remarquer, comment pouvais-je faire pour me sortir de ce mauvais pas ?
Des étoiles tournant toujours devant mes yeux et autour de ma tête, un acouphène résonnant de façon trop aiguë dans mon oreille, je ne savais plus quoi faire. Me résigner et attendre, ou me battre. J’allais forcément m’en prendre une encore, si je me défendais. Il allait me tuer. Rien qu’avec une gifle, j’étais pratiquement KO. Si je continuais dans ce sens, je n’en sortirais pas vivante. De fait, la voilà, ma décision : je n’allais rien tenter. J’allais me laisser faire et subir les choses telles qu’elles venaient. Il avait décidé de me violer ? Alors soit. Que pouvais-je y faire ? Je pensais à toutes ces femmes que l’on traitait de lâches quand elles n’avouaient rien et maintenant, je me retrouvais à leur place… Et je comprenais. Plus jamais je ne pourrais avoir envie de leur dire de se bouger le cul, de se réveiller, parce que désormais, je saurais ce que ça faisait.
Soudain, je sentis l’une de ses mains passer dans mon chemisier. Je n’avais même pas remarqué que mon manteau était ouvert, dans la confusion totale qui régnait. Il ne fallut pas cinq secondes pour que cet homme se mette à me pincer et à me caresser, et ma nausée revint aussitôt. Je n’avais rien demandé, surtout pas ça, et je me retrouvais avec une douleur atroce et durable à la poitrine. Il me faisait mal et semblait en plus prendre du plaisir à ça. Néanmoins, tétanisée, je ne bougeai pas, attendant simplement que la douleur s’efface, et que tout ceci se termine. Avec un peu de concentration je pourrais peut-être réussir à oublier la douleur, à ne plus sentir mon corps et à pouvoir rendre le moment un peu plus vivable.

« Regarde-moi Betty ! Regarde-moi ou tu vas le regretter ! »

Il avait pris mon menton, avait relevé ma tête vers lui, mais il ne pouvait pas encore réussir à contrôler mes yeux, malgré tout et je ne voulais pas le regarder. Je ne voulais pas lui obéir et voir la folie brûler dans ses yeux. Pourquoi y avait-il des hommes assez tarés pour oser faire ça à des femmes, comme ça, au hasard dans la rue ? Ces gens devraient mourir dans d’atroces souffrances. Néanmoins, je sentis dans sa voix que j’allais vraiment le regretter si je ne faisais pas ce qu’il disait, et je levai donc les yeux vers lui. Je me sentis trembler alors que je tentai de paraître presque indifférente, nonchalante, me disant que s’il voyait que je n’éprouvais rien du tout, pas même du dégoût ou de la peur, il en aurait marre et me laisserait repartir. Je n’étais pas assez bonne actrice pour lui mentir à ce point, cependant. Alors qu’il me pinçait une nouvelle fois, je ne pus cette fois retenir une grimace de douleur. A ce rythme là, il finirait par me l’arracher, ce foutu sein. Même Charlie ne me faisait pas aussi mal quand il tétait ! Oh mon dieu, penser à mon fils dans un moment pareil n’était pas vraiment approprié, et j’eus soudainement la vue floutée par les larmes. Je ne lâchais plus son regard, je savais que je serais punie si je regardais ailleurs. Je sentis soudainement qu’il me lâchait et je ne pus soupirer de soulagement comme j’aurais voulu le faire. Je n’osais même plus respirer, en fin de comptes, en attendant la prochaine vague qui allait survenir et s’écraser sur moi. Elle allait le venir, je le savais.

« Mais dis quelque chose ! Bats-toi, crache-moi dessus mais fait quelque chose ! »

Délivrant mon menton et donc ma bouche dans le même temps, il me prit par les bords de mon manteau et me secoua comme un prunier. Dans le mouvement, je sentis ma tête heurter doucement le mur derrière moi, à plusieurs reprises. Il ne me secouait pas fortement en fait, mais assez pour que je me tape le crâne. Tout ce que je pourrais avoir néanmoins, ce serait une bosse. C’était déjà ça… Je le regardai toujours pendant qu’il me secouait, sans savoir quoi faire. Je ne pouvais pas me rebeller, parce qu’il recommencerait à me faire mal. Mais si je ne lui obéissais pas, il me ferait du mal aussi. Là-dessus, j’étais coincée. Seulement, je crus bon de parler… alors que c’était vraiment la dernière chose que j’aurais dû faire.

« Faites ce que vous avez à faire et laissez-moi tranquille, je vous en prie… »

J’étais déjà fatiguée, je n’avais plus aucune envie de me battre désormais. Ma tête tournait, bourdonnait, tout résonnait en tous sens là-dedans et mes larmes n’arrangeaient en rien mon mal de tête. Je voulais juste que tout s’arrête, que je puisse rentrer chez moi et ne plus en sortir. Ma voix était rauque et les mots avaient eu du mal à sortir. J’avais senti que ma lèvre était gonflée, parce que j’avais buté sur certains mots, et elle me brûlait. J’allais être dans un sale état, quand ça se terminerait… si ça se terminait. Parce que dans le regard de l’homme qui m’agressait, je ne voyais pas de fin. Ne pouvait-il pas simplement agir… et partir ? Je compris cependant que ma réponse ne lui convenait, parce qu'il me secoua un eu plus fort et je crus que cette fois, il allait carrément faire exprès de me cogner la tête contre le mur jusqu'à ce que je perde connaissance. J'avais peur de la violence de cet homme, je ne savais pas jusqu'où il pouvait aller. Je voulais qu'on vienne me sauver et que je puisse quitter cet enfer, mais lui comme moi, nous savions que personne ne viendrait et qu'il allait continuer sans relâche. Peut-être que mes mots auraient un effet sur lui ... je l'espérais.
 
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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Connor Thomas West


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Sam 29 Nov - 17:05




BLURRED LINES


Comme je le lui avais demandé elle continuait de me regarder malgré que je la secouais, mais c'était comme si j'avais entre les mains une poupée de chiffon, mais à part que c'était de vraies larmes qui coulaient maintenant de ses yeux. Par contre elle n'obéit pas à ma seconde demande. Pourquoi elle ne voulait donc pas se rebeller ? Je n'étais pas assez violent ? Ou trop peut-être ... C'est vrai que ma gifle l'avait presque assommée mais elle l'avait bien cherché aussi !

- Faites ce que vous avez à faire et laissez-moi tranquille, je vous en prie...

La laisser tranquille ? Mais non, c'était hors de question ! Après tout c'est elle qui avait insisté pour que je lui dise comment je traitais les filles avec qui je couchais quand j'étais en tournée, ces filles faciles qui se plient à certaines choses, mais c'est sans doute qu'elles y trouvent aussi un certain plaisir. C'était mon trip à moi, c'était comme ça que je prenais vraiment mon pied, mais ce n'était pas vraiment celui de ma femme alors je ne comprenais pas pourquoi elle ne disait plus rien et ne cherchait plus à s'échapper. Elle se contentait de me fixer de ses yeux larmoyants et ça m'énerve quand soudain elle les ferme et se fait un peu plus lourde, qu'elle essaye donc de me faire le coup de la fille qui s'évanouit ! Je connaissais bien ma femme, elle était fourbe et surtout rusée, mais je n'allais surement pas me laisser avoir, ni par son pseudo évanouissement, ni par ses larmes. Je dis ma femme, mais elle ne l'était plus depuis bien longtemps. Enfin techniquement si, et même si cet avocat m'avait dit que divorcer rendrait encore plus difficile l'obtention d'un droit de garde pour mes gosses, je ne voulais plus que ça continue comme ça ! Je sens ma colère revenir et je la secoue un peu plus fort, et soudain elle se fait beaucoup plus lourde et je dois la retenir pour qu'elle ne s'effondre pas

- Hey !

Ses paupières s'ouvrent mais se referment aussitôt sur son regard vaseux. Pour la première fois de ma vie je me demande si sous le coup de la provocation je n'ai pas été trop loin. Je la détaille mieux, sa lèvre ne saignait plus mais elle avait gonflé, sa joue était encore rouge et le dessous de son oeil  commençait à bleuir. Même énervé, ca ne me ressemblait pas de frapper, surtout au visage. Je fessais, je contraignais, je pinçais ou je mordais, mais je frappais très rarement ... D'un coup, je manque de la lâcher ! Cette femme que je tenais toujours par les revers de son manteau n'était pas ma femme ! Elle lui ressemblait, les même longs cheveux blonds, les mêmes yeux bleus mais ce n'était pas elle ! Mon Dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait !? Plus je la regardais et plus je me demandais comment j'avais fait pour les confondre et surtout pour en arriver là ... Ce n'était pas moi, ce n'était plus moi ... l'image de Betty recroquevillée sous la table de notre cuisine me saute aux yeux quand je les ferme, elle avait eu mal, mais elle était presque souriante alors que je venais pratiquement de la violer. Je n'avais pas été jusque là avec cette jeune femme mais pour moi c'était la même chose ...
Je ne sais pas combien de temps je suis resté comme ça à la tenir à bout de bras, complètement hébété. Mon cerveau c'était remis en marche quand elle avait à nouveau ouverts les yeux, elle me regardait mais ne semblait pas là

- Mademoiselle ? ... Répondez-moi ... dites quelque chose ...

Elle n'a pas l'air de comprendre ce que je lui dis, et je ne suis pas bien sur non plus de ce que je dois faire. Des petites voix m'embrouillent l'esprit "Connor tu as picolé, maintenant tu assumes" ; "cette petit garce n'a eu que ce qu'elle avait mérité Connor" ; "Connor, tu dois l'aider !" ; "Laisse-la là, allez viens on va allez s'en jeter un petit dernier" ; "Tu ne vas quand même pas l'abandonner comme ça dans la neige ?"

- Rhaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Je vois que mon cri l'affole à nouveau mais il fallait absolument que je me débarrasse de ces voix, et cela semble marcher. J'essaie de la rassurer, de lui faire comprendre qu'elle n'a plus a avoir peur, mais quoi faire ? L'emmener chez moi ? En plus de l'agression je pourrais me faire accuser de tentative d'enlèvement, mais de toute façon je ne pouvais pas la laisser comme ça. Je l'assois doucement dans la neige, elle était vraiment à bout de forces, et reste accroupi devant elle le temps de prendre mon téléphone dans ma poche

- Je vais appeler les secours, ils vont vous conduire à l'hôpital, ça va aller maintenant ...

Je savais très bien ce que ce coup de fil allait impliquer, parce que je ne comptais pas me défiler, je lui avais fait assez de mal comme ça, et c'est sans hésitation que mon pouce allait composer le 911 quand une brusque poussée me déséquilibre et je tombe lourdement à la renverse. Je n'ai pas le temps de me relever que je reçois un violent coup au visage ! Je ne sais pas avec quoi elle m'avait frappé mais je reste groggy quelques secondes et quand j'arrive enfin à me relever je ne la vois plus. Je cours jusqu'au bout de la ruelle et j'ai juste le temps de la voir s'engouffrer dans un taxi. Il démarre lentement, la neige rendait la route glissante, alors je commence à courir derrière, je ne voulais pas l'abandonner comme ça. Je cours pendant quelques dizaines de mètres mais la neige entrave ma course aussi et je finis par m'arrêter, à bout de souffle.
Si j'avais pu l'emmener à l'hôpital ou si j'avais rattrapé le taxi, elle m'aurait sans doute craché au visage avant de prévenir les flics et de me faire arrêter, mais c'était tout ce que je méritais non ?



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Juliet Carlson


DISCUSSIONS : 268
CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet   Lun 1 Déc - 14:25




Blurred lines

feat Connor & Juliet

OK now he was close, tried to domesticate you but you're an animal, baby, it's in your nature. Just let me liberate you. You don't need no papers. That man is not your maker. And that's why I'm gon' take a good girl. I know you want it.
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Plus le temps passait, moins j’arrivais à garder les yeux ouverts. Je sentais tout mon corps devenir lourd, de plus en plus lourd. Mes forces s’amenuisaient, mon esprit devenait trouble, je ne parvenais plus à réfléchir, à penser normalement. L’adrénaline quittait peu à peu mon corps, alors que je me persuadais que j’étais fichue, qu’il n’allait jamais en finir avec moi. Je n’arrivais pas à définir combien de temps était déjà passé, et combien passerait encore. Peut-être que j’allais bel et bien mourir ici, peut-être qu’on me retrouverait bien plus tard, ensevelie par la neige, à moitié découverte et congelée. A cette pensée, mon cerveau se fit encore plus lourd et je sentis que je partais en arrière, seulement rattrapée par mon bourreau, qui me secoua encore plus fort qu’avant. Ne comprenait-il pas que j’étais en train de m’évanouir à cause de ses secousses justement ? Cet abruti ne voulait même pas que je sois consciente lorsqu’il me violerait ? Lorsqu’il m’interpella, je fis un ultime effort pour ouvrir les yeux de nouveau, et croiser son regard furieux. J’allais encore m’en prendre une si je n’obéissais pas, et c’était la dernière chose que je voulais, malgré tout. Mais ce regard fut le dernier avant le trou noir qui s’empara de mon esprit et avant que je ne sombre dans l’inconscience.

Ensuite, tout était flou. Je n’arrivais pas à savoir ce qu’il s’était passé, entre le moment où je m’étais évanouie, et le moment où je m’étais réveillée. Et où j’avais eu le courage de fuir. Je me souvenais à peine que l’homme m’ait parlé. Des bribes de discours me parvenaient aux oreilles. Il me demandait de lui répondre, de lui dire quelque chose. Comme si j’en avais envie. Comme si j’en étais capable. En réalité, c’est quand il cria que je m’éveillai pour de bon, que je repris conscience de ce qu’il se passait dans la vie réelle. Par la suite, il me fit m’asseoir par terre, à même le sol, sur la neige glacée, et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il faisait ça. Ce n’était pas son but premier, alors que se passait-il ? Sans me poser plus de questions, je l’aperçus prendre son téléphone et il m’indiqua qu’il allait appeler les secours, pour qu’ils me conduisent à l’hôpital. Bien sûr, et il pensait que j’allais le croire ?? Il était en train d’appeler un copain pour qu’ils puissent se faire plaisir à deux, ce connard. Il pensait vraiment que j’allais me laisser faire ?! C’était mal me connaître.
Je pus réunir toutes les forces possibles qui restaient en moi pour pouvoir le repousser et m’en sortir. Si je n’avais pas ça, qui pouvait savoir ce qui me serait arrivé ? Où aurais-je fini ? Est-ce que j’aurais revu Adrian un jour ? Sûrement pas. Ou alors avec très peu de chances. Néanmoins, je réussis à le pousser au moment où il s’y attendait le moins. Il glissa et tomba sur la neige, à un mètre de moi. Je me relevai avec un vertige et attrapai le couvercle d’une poubelle, le truc qui se trouvait le plus proche de ma main droite, avant de lui asséner le coup le plus fort possible sur la tête. Il fallait qu’il me lâche. Il fallait que je puisse partir, que je courre et que je m’en aille pour de bon. Je profitai alors du temps où il fut étourdi pour m’échapper et m’enfuis vers la route principale, pour être entourée, pour trouver un taxi, pour pouvoir rentrer chez moi et oublier ce qu’il venait de se passer. Il était hors de question que je reste une seconde de plus ici. J’avais l’occasion de partir, alors je le faisais !

Par chance, un taxi vide passa juste à côté de moi quand je sortis de la ruelle, et je lui fis immédiatement signe. Avant même qu’il ne s’arrête pour de bon, j’ouvris la portière et plongeai dedans en lui hurlant de partir et de se dépêcher. J’étais encore en pleurs, j’avais la chemise ouverte et le manteau couvert de neige. Le chauffeur me regarda d’un air interrogateur dans le rétroviseur et je jetai un coup d’œil derrière moi, pour être sûre qu’il ne nous suivait pas. Quand je vis l’homme reparaître au bout de la ruelle et se précipiter vers le taxi, mes larmes redoublèrent.

« ROULEZ ET NE POSEZ PAS DE QUESTIONS ! »

Je n’avais aucune envie que l’on me prenne pour une victime, même si j’en étais une. Je ne voulais pas qu’on me parle, je ne voulais pas qu’on me pose des questions. Je voulais seulement que l’on me laisse tranquille. Que je rentre chez moi et que je puisse dormir. Heureusement pour moi, le chauffeur m’écouta en voyant bien que je n’étais pas dans mon assiette et dès que nous fûmes hors de portée du malade mental qui nous poursuivait, je lui indiquai mon adresse dans un souffle. Le trajet était court, mais me parut dix fois plus long que d’habitude. Je m’occupai en me rhabillant, en me recoiffant, et lorsque je passai une main sur mon visage, je remarquai que mon menton était couvert de sang. Des larmes remontèrent dans mes yeux.. à quoi pouvais-je bien ressembler, désormais ? Est-ce que ça allait se voir que je m’étais faite agresser ? Je n’avais pas envie que l’on me pose des questions, que l’on me dise de porter plainte, d’aller à l’hôpital. Tout cela me faisait peur, et je préférais en rester là. Est-ce que j’étais défigurée au point de devoir mentir ?

La première chose que je fis en arrivant chez moi fut un geste très narcissique : je me regardais dans le miroir de l’entrée, en espérant de toutes mes forces que ça aille, que ce n’était que du sang et qu’il n’y ait pas de blessure trop profonde. Je faillis hurler de rage en voyant que ce n’était pas le cas et je dus me retenir de frapper un mur pour ne pas me faire encore plus mal. Toute la moitié de mon visage était rouge, je voyais déjà mon œil bleuir et ma lèvre était en sang. Avec un soupir désespéré, je me laissai porter jusque dans ma baignoire et glissai sous l’eau chaude pour me nettoyer et oublier tout cela. Demain, il faudrait que je mente. A Jenny, à mes autres collègues, au monde entier… mais ce n’était rien du tout, comparé à Adrian…

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[TERMINE] Blurred lines / Connor & Juliet

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