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 blast from the past

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J. Ethan Hanit


DISCUSSIONS : 322
CREDIT : casielsilencio // silver lungs
MessageSujet: blast from the past   Dim 18 Mar - 21:40



blast from the past
olivier metcalfe & ethan hanit

Que représentent deux ans dans la vie d’un homme ? C’est beaucoup pour certains, pour d’autres, ce n’est pas grand chose à l’échelle de l’univers. Pour moi, c’était énorme, parce que c’était les deux années les plus heureuses de ma vie. Sept cent trente jours de bonheur avec Olivier. Depuis que je m’étais laissé aller avec lui, il n’y avait plus un seul jour où je me sentais triste, vide, ou bien déprimé. Tout allait bien et je savais que c’était pareil pour lui. Je lui avais fait oublier son amour perdu et lui, il m’avait ouvert les yeux. J’étais l’homme le plus heureux du monde, je m’assumais pleinement. J’étais homo, oui, et ? C’était parfait comme ça. Je ne regardais même plus aucune femme, elles ne m’intéressaient tout simplement plus. J’avais Oli, et c’était tout ce dont j’avais besoin.

Ce jour-là, nous faisions quelques courses dans le centre-ville. Nous vivions ensemble désormais. Olivier me l’avait proposé et j’avais accepté avec joie, même si au départ, ce n’était pas évident pour moi. J’aimais avoir mon indépendance, quand même. Il l’avait compris et me laissait de la place. Quand il travaillait, je pouvais être au calme et me détendre. J’avais même pu retrouver un travail dans un garage qui avait finalement bien voulu de moi. C’était le week-end et j’avais pu prendre mon samedi, pour une fois. Nous passions un excellent moment, le printemps reprenait ses droits et les températures remontaient tout doucement. Je n’étais pas si fleur bleue d’habitude, mais être avec mon petit ami me rendait parfois complètement fou de joie. Il avait réussi à me traîner à une brocante. Une brocante ! Moi qui n’étais pas matérialiste pour deux sous, qui détestait piaffer devant des étals, j’avais presque aimé regarder des vieilleries et j’avais eu des idées même en en imaginant certaines dans notre salon. Il m’avait réellement changé, ce petit con.

Cependant, le naturel reprenant vite le dessus et galopant comme un petit fou, j’avais rapidement fait comprendre à mon beau vétérinaire que je souhaitais rentrer à la maison, pour me poser, pour profiter un peu de notre week-end pour se reposer et passer du temps à se faire des câlins dans le canapé. L’idée avait dû lui plaire, parce qu’il n’avait pas bronché et nous étions rentrés rapidement à la maison après cela. J’avais à peine franchi le seuil de la porte que Boub, le chat, nous accueillit à grands coups de miaulements et de ronronnements. Je lui caressai doucement la tête avant de me diriger vers la cuisine.

« Je fais du café ? Du thé ? Tu veux quelque chose ? »

Ce n’était plus rare du tout désormais que je mette la main à la pâte, et que j’aide Oli dans les tâches quotidiennes. J’avais appris que tout ne m’était pas dû et que je devais bosser, moi aussi, pour garder cette maison propre et pour nous maintenir en vie et en bonne santé. Aussi, j’avais appris à faire des choses basiques, sans râler. Et j’avais eu le meilleur des profs.

J’étais en train de nous préparer deux thés verts, en m’appliquant, lorsque j’entendis la sonnette de la porte d’entrée retentir dans tout l’appartement. Je passai la tête par l’encadrement de la porte pour regarder Olivier dans le canapé.

« Tu attendais quelqu’un ? »

Vu la tête qu’il faisait, la réponse était non. Je n’attendais personne non plus. En haussant les épaules, je m’avançai vers l’entrée pour ouvrir la porte et accueillir le nouvel arrivant. Je fus surpris de découvrir un couple de personnes plutôt âgées, disons dans la soixantaine, qui se tenaient devant moi avec un sourire. Sourire qui diminua progressivement pour se muer une expression très surprise.

« Bonjour ? »

J’entendis Oli se relever du canapé en m’entendant poser cette question pour le moins incongrue et je le regardai sans comprendre. On était chez lui après tout, peut-être qu’il connaissait ces personnes, mais pour ma part, elles étaient inconnues au bataillon…
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Olivier Simon Metcalfe


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MessageSujet: Re: blast from the past   Mer 21 Mar - 13:10



Blast from the past


with Ethan


Je pose mes fesses dans le canapé avec plaisir et opte pour un thé à la question d’Ethan tout en commençant à feuilleter distraitement un des livres que j’avais trouvé chez un des bouquinistes de la brocante pendant qu’il le prépare. Je ne pensais pas hier soir qu’il serait d’accord pour m’accompagner ce matin, après tout il était quand même assez rare que nous puissions être tous les deux en repos le samedi.
En effet il avait trouvé du travail chez un garagiste depuis quelques mois et il n’en était que plus épanoui, bien que maintenant il assumait complètement notre relation, mais ce qui m’avait rendu le plus heureux c’est qu’il accepte enfin que nous vivions ensemble. Il lui avait fallu plus d’un an pour se décider mais il avait fini par franchir le pas. Nous avions un temps songé à prendre un appartement où ni lui ni moi n’aurions eu de vecu mais avec la clinique ce n’était pas possible. Bien sur au début ce ne fut pas évident, Ethan avait un peu de mal à trouver sa place, alors je faisais attention à ne pas trop « l’étouffer » par ma présence, mais au bout de quelques semaines nous avions trouvé le bon équilibre, s’accordant des soirées seul quand par exemple j’allais au club de lecture ou quand lui allait à la salle de sport. Sur le plan intime tout allait parfaitement bien aussi, déjà deux ans, mais la passion du début était toujours là. D’ailleurs, après avoir fait quelques achats et pris un déjeuner sur le pouce, mon petit-ami m’avait clairement fait comprendre qu’il serait bon de rentrer pour profiter pleinement de notre jour de repos commun avec un petit sourire très explicite.
Tout en tournant les pages de mon bouquin, mon esprit se focalisait déjà sur la manière dont nous allions passer l’après-midi quand la sonnette de la porte d’entrée me fait sursauter

« Tu attendais quelqu’un ? »

Je secoue la tête négativement. Cela pouvait être une urgence, mais comme la clinique était ouverte, Laura m’aurait appelé pour que je descende aider Samuel. Peut-être un ami qui passait dans le coin. J’allais me lever mais Ethan est déjà en train d’ouvrir la porte et à son bonjour interrogatif je comprends qu’il ne connait pas la personne en face de lui. Il y avait peu de personnes de mon entourage qu’il ne connaissait pas encore, il s’était relativement bien intégré à mon cercle d’amis. En me levant je réfléchis à toute vitesse, si cette personne était arrivée jusque la porte de mon loft c’était forcement quelqu’un que je connaissais, Laura n’aurait jamais autorisé une personne inconnue à venir jusqu’ici. Je m’avance vers la porte et je me sens blêmir quand il se recule pour me laisser voir qui avait sonné

- Bonjour Maddie ...

J’embrasse tendrement la vielle dame puis salue Paul, le jour tant redouté et que je repoussais depuis des mois était arrivé, et le problème est que je ne suis pas du tout prêt. Pas prêt à expliquer aux parents de Pierre que je suis amoureux, que je suis en couple, et surtout qu’un autre homme que leur fils habite ce loft qui aurait dû être le sien, le nôtre. Poliment ils tendent la main à Ethan, mais Maddie ne peut s’empêcher de le détailler de haut en bas, son regard s’arrêtant un instant sur les pieds nus de mon compagnon. A son relèvement de sourcil interrogateur je sais qu’elle a compris, ou tout du moins deviné qu’Ethan n’était pas qu’un ami et qu’il vivait ici. Je ne sais plus où me mettre, pour la première fois depuis que je le connais je voudrais qu’Ethan disparaisse, ou qu’il comprenne l’embarras de la situation et nous laisse, mais comment pourrait-il savoir, je ne lui avais jamais parlé d’eux, comme je ne lui parlais jamais de Pierre.
Quand je pensais à mon amour perdu, je couchais ça sur papier, écrire m’aidait à évacuer ce lourd passé. Je ne l’oubliais pas non, il revenait de temps en temps se rappeler à moi au détour d’une date anniversaire ou d’un lieu et cela ne me dérangeait pas. Je continuais aussi à voir ses parents sans le dire à Ethan, même si ces derniers temps je dois bien l’avouer c’était plus rare, mais je n’avais pas trouvé le courage de leur dire que j’étais à nouveau en couple, j’avais peur de leur réaction en fait. Et me voila donc maintenant devant le fait accompli et devant l’interrogation muette de ce couple qui me demande clairement qui est cet homme qui a ouvert la porte

- Je vous présente Ethan … Ethan, voici Maddie et Paul, les parents de Pierre

J’ai à peine le temps de remarquer la surprise dans le regard d’Ethan dont Maddie tient toujours la main, je suis bien incapable de le regarder, lui ou Maddie dans les yeux alors je me raccroche à ceux de Paul, sur les deux je pense que c’est lui le plus à même de comprendre

- Je suis content de vous voir, entrez !

Maddie lâche enfin la main d’Ethan et s’avance un peu pour que je puisse refermer la porte

- Ethan était en train de préparer du thé, vous en voulez ?

J’avais réussi à retrouver un sourire de façade tout en lui confirmant avec ma phrase qu’Ethan était aussi chez lui ici, sinon je l’aurais préparé moi-même, mais son regard sévère ne me dit rien qui vaille. Si seulement Ethan pouvait comprendre qu’il devrait nous laisser seuls, mais non, il reste là attendant la réponse du couple

- Je voulais vous le dire mais …

Mais quoi ? J’avais juste voulu profiter égoïstement de mon nouveau bonheur, je n’ai aucune excuse et je sens que les explications vont être tendues …


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J. Ethan Hanit


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CREDIT : casielsilencio // silver lungs
MessageSujet: Re: blast from the past   Lun 26 Mar - 20:17



blast from the past
olivier metcalfe & ethan hanit

Ne rien comprendre à une situation était légèrement problématique et je le ressentais aisément à ce moment précis. Ce que je pouvais dire, c’était que je détestais cela. Je fixai les nouveaux arrivants comme s’ils étaient des extra-terrestres. J’avais surtout bien vu la tête que faisait Oli. C’était évident qu’il aurait préféré ouvrir la porte lui-même. Il me cachait quelque chose et ça m’agaçait profondément. Qui étaient ces personnes et pourquoi me dévisageaient-ils ainsi ? J’avais une tête qui ne leur revenait pas ?

Il y avait là une femme, et son mari. Elle était plutôt petite, frêle, le teint pâle, légèrement maquillée et parfumée. Elle était très élégante. Son époux avait le teint un peu plus hâlé, de grands yeux bleus et les lèvres pincées. Il fixait Olivier, sans rien dire. Quant à ce dernier, il avait le teint blafard, comme s’il avait vu un fantôme, et c’était peut-être le cas. Je l’interrogeais du regard, mais à part me faire de vrais yeux de merlan frit, c’est tout ce qui ressortit de cette conversation silencieuse. Je ne pus donc comprendre ce qu’il se passait. Elle s’appelait Maddie. C’est ce que je compris lorsqu’il la salua en l’embrassant sur les deux joues. Il n’explicita pas le prénom de l’homme. Je regardai le ballet de leurs salutations, toujours emmuré dans le silence, me sentant carrément de trop. Etait-ce de la famille d’Oli ? Des oncle et tante peut-être ? Après tout, je n’avais encore jamais rencontré sa famille, et il n’en parlait quasiment jamais… je me doutais plutôt de la raison, qui devait être la même que la mienne : nous étions gays…

Oli s’occupa des présentations. Il ne m’introduit alors pas comme son petit ami, il ne lâcha pas l’information si évidente qui sautait aux yeux des nouveaux venus et je ne savais pas pourquoi il ne le disait pas. Pourquoi le cacher ? J’étais avec lui, point barre. Il avait tant fait pour que je m’assume complètement, pourquoi n’était-il pas fier de me présenter, si c’était de la famille ?

« Ethan, voici Maddie et Paul, les parents de Pierre. »

J’eus un mouvement de recul. Les parents de Pierre. Oh. Ce n’était pas du tout de la famille, donc. Il n’obtint pas de réponse, tellement j’étais surpris. Que faisaient-ils là ? Je ne savais même pas qu’Oli avait gardé contact avec les parents de son ex. C’était bien normal, parce qu’ils étaient très amoureux d’après ce que j’avais compris, et surtout, il n’y avait eu aucune séparation. Je savais bien que parfois, mon Oli pensait à lui et je ne lui en voulais pas. C’était évident qu’il ne l’oublierait jamais, même avec ma présence dans les parages. J’avais appris à faire avec. Je savais qu’il y avait des jours sans et ce n’était pas de sa faute, ni de la mienne. C’était ainsi. Cependant, il aurait peut-être pu et dû me prévenir que les parents de Pierre pouvaient débarquer à tout moment… pourtant je ne pouvais lui en vouloir : il avait l’air aussi perdu que moi.

Aucune réponse ne fusa lorsqu’Oli demanda si quelqu’un voulait du thé. Comme si le temps s’était arrêté dans l’appartement. Comme si ma présence gênait clairement tout le monde. J’étais à deux doigts de me barrer dans la cuisine pour les laisser tranquilles et ne plus subir leurs regards à tous, mais je voulais attendre que les langues se délient. Je ne voulais pas que l’on parle dans mon dos. Olivier sembla gêné, puis, il lâcha la bombe. Il voulait leur dire ? Que j’étais son copain ? Pourquoi aurait-il eu besoin de leur dire, il vivait sa vie, bon sang ! Il n’allait pas leur rendre des comptes toute sa vie non plus ? Pierre était mort, et j’allais bien sûr fermer ma gueule pour ne pas me faire haïr direct, mais Oli avait tout à fait le droit d’avancer ! Tous mes membres se tendirent alors que j’attendais la réponse du couple de vieux, qui ne se fit pas attendre.

« … mais quoi ? demanda alors Maddie, exprimant parfaitement ma surprise. C’était donc pour cette raison que tu ne donnais plus de nouvelle…
-On s’est inquiétés ! surenchérit ensuite son époux, Paul. »

Ils avaient quand même assez attachants ces deux là. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’ils voyaient sûrement Oli comme leur propre fils et qu’ils devaient beaucoup l’aimer. Leur présence ici était légitime. Ils avaient vécu quelque chose de fort, tous. Et moi j’étais le vilain petit canard qui arrivait dans la ronde après tout le monde. C’était une sensation très désagréable.

« Tu aurais pu nous le dire, on aurait compris, tu sais… »

Egoïstement, j’avais envie de suivre leur conversation jusqu’au bout, mais je savais bien que je devais les laisser s’entretenir ensemble. Je ne faisais pas partie de cette famille, et ils avaient sûrement des choses à se dire, de plus ou moins grande importance. Oli devait s’expliquer par rapport à moi… et je savais qu’il préférait que je ne sois pas là. Je lui faisais confiance, il dirait la vérité, la stricte vérité. Et Maddie et Paul n’avaient pas l’air de me détester d’emblée, ils étaient plutôt surpris, en réalité.

« Je vais aller finir le thé… Si vous me cherchez… je serai dans la cuisine… »

À petits pas de souris, je filai dans la cuisine sans demander mon reste et reportai mon attention sur la théière, en faisant exprès de faire beaucoup de bruits pour ne pas qu’ils pensent que j’épiais leur conversation. Je me sentais un peu triste quand même. Oli ne leur avait pas parlé de moi, ce n’était pas grave, je n’allais pas en mourir. Par contre, il ne m’avait pas informé du fait qu’il voyait encore ses ex-beaux-parents… et je n’allais pas en mourir non plus, mais ça me faisait un peu mal de voir qu’il ne me parlait pas de choses comme celles-là…
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Olivier Simon Metcalfe


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MessageSujet: Re: blast from the past   Lun 2 Avr - 15:46

- Mais quoi ?

Le ton de Maddie n’est pas aussi tranchant que le laissait supposer son regard qui s’était reposé sur moi

- C’était donc pour cette raison que tu ne donnais plus de nouvelle…

Je comprends en même temps que Paul le dit qu’en fait ils s’étaient inquiétés de ne plus me voir ces dernières semaines et que c’est pour ça qu’ils étaient venus jusqu’ici

- Tu aurais pu nous le dire, on aurait compris, tu sais… 

En disant cette phrase, Maddie ne peut s’empêcher de lancer un petit regard à Ethan. Je sais alors qu’elle ne le juge pas, ni Paul d’ailleurs, ils sont juste surpris et je les comprends. Je m’en veux de ne pas les avoir prévenus plus tôt et qu’ils rencontrent mon amour dans ces circonstances, c’aurait été mieux que la première fois cela se passe dans un lieu plus neutre.
Ethan nous laisse pour aller finir de préparer le thé et je soupire silencieusement, je préférais qu’il n’assiste pas à l’entretien que je m’apprêtais à avoir avec mes beaux-parents, parce que j’allais me confondre en excuses et je ne voulais pas qu’il voit ça. Mais quand j’invite Maddie et Paul à venir s’asseoir pour discuter, la vieille dame m’embrasse tendrement et me serre contre elle

- On savait bien que ça arriverait un jour, tu es un homme trop bien pour rester seul Oli
- On était même étonnés que cela ne t’arrives pas plus tôt à vrai dire

Je suis profondément touché, moi qui m’avait fait tout un monde de leur annoncer que j’étais à nouveau en couple, en fait ils étaient heureux pour moi, ce sont vraiment de belles personnes

- On va vous laisser, mais passez donc à la maison un de ces soirs

Elle m’etreint une dernière fois avant de laisser sa place à Paul qui me glisse à l’oreille qu’Ethan à l’air de quelqu’un de bien et qu’ils seront contents de faire sa connaissance plus amplement autour d’un bon petit plat

- Tu le salueras pour nous

Ils avaient bien compris que je ne lui avais jamais parlé d’eux, et ne voulaient pas le mettre mal à l’aise, je comprends. Je referme la porte et m’adosse a elle quelques secondes avec un petit sourire persistant sur les lèvres, me disant que leur fils était bien à leur image et que j’avais eu bien de la chance de partager sa vie. Pourtant je le perds rapidement quand je sens le regard d’Ethan sur moi. Il avait du entendre la porte d’entrée se refermer et se tenait dans l’encadrement de la porte les mains sur les hanches. Je vois tout de suite que la discussion va être houleuse. Je ne sais pas ce qui va fuser en premier, le fait qu’ils soient partis sans le saluer, le fait que je lui avais pas dit que je les voyais encore, ou le sourire que j’affichais en pensant à Pierre après avoir refermé la porte. Je m’approche doucement

- Paul et Maddie te saluent, ils ne voulaient pas ...

Il fronce les sourcils et j’ai l’impression de revenir au début de notre relation, quand je ne choisissais pas toujours les bons mots pour m’expliquer et que c’était compliqué de nous comprendre

- Enfin si, ils t’apprécient, juste ils ne voulaient pas te mettre mal à l’aise tu comprends ?

Non, c’était clair qu’il ne comprenait pas, alors j’attrape sa main et la serre dans la mienne. J’avais remarqué que ce genre de petites attention le calmait souvent, même si je n’avais pas eu à le faire depuis longtemps ...

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J. Ethan Hanit


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MessageSujet: Re: blast from the past   Sam 7 Avr - 21:22



blast from the past
olivier metcalfe & ethan hanit

De la cuisine, je ne pouvais pas entendre ce qui se disait dans notre salon, enfin, dans le salon d’Oli. Avec cette histoire, je recommençais à ne plus me sentir tout à fait chez moi, alors que cela faisait longtemps que j’avais emménagé. Je n’aimais pas cela. Pourquoi les parents de son ex étaient là ? Pourquoi gardaient-ils contact alors qu’il était mort ? Ils devaient beaucoup s’aimer, mais du coup, moi, j’étais celui qui avait remplacé leur fils auprès de leur gendre adoré. Et ça devait poser problème, forcément. Je n’étais pas le bienvenu, probablement. Mais merde, Oli avait le droit de changer d’air, et de faire des rencontres, et de tomber à nouveau amoureux… pour rien au monde je ne le quitterais et j’espérais bien qu’il pensait la même chose de son côté. Désormais, j’étais fou de lui, et l’idée même d’en être séparé me tordait le coeur et brûlait tout mon torse. C’était une possibilité affreuse, et j’en tremblais rien que de l’imaginer.

Tout ce que je voulais, c’était que la situation ne change pas. J’étais très bien comme ça, même si je me doutais qu’Oli voulait sûrement encore plus. Il était comme ça : dès qu’il avait quelque chose, il fallait qu’il réfléchisse au futur, et à ce qu’on pourrait avoir de mieux. Pour ma part, je me disais qu’on était ensemble, qu’on prenait du bon temps, qu’on était heureux et que c’était parfait. Je ne voulais même pas penser à un potentiel mariage, à des enfants… de toute façon, ce n’était pas pour moi… Peut-être qu’il était en train d’en parler avec les vieux, du coup. Peut-être qu’il leur disait tout ce que j’avais de différent avec Pierre. On en avait peu parlé, Oli et moi, mais je savais qu’ils étaient restés un bon bout de temps ensemble, et qu’ils avaient imaginé vivre une vraie vie de couple. Alors peut-être qu’Oli me trouvait trop réticent et que ça l’agaçait. Peut-être qu’il en avait marre que je ne fasse pas beaucoup d’efforts, mais j’en avais déjà tellement fait… Et puis, merde, je ne voulais pas d’enfant ! Les pauvres enfants qu’on aurait passerait leur temps à se faire moquer d’eux à cause de leurs papas gays, et leurs grands-parents ne les aimeraient même pas ! Quelle vie de merde !

A force de me torturer l’esprit, et je le pensais à juste titre, je ne fis pas attention à l’eau qui bouillait dans la théière et elle fut trop chaude pour mon thé. Je soupirai en coupant l’alimentation. C’était ridicule. Pourquoi je m’en faisais à ce point ? Si Oli avait quelque chose à me reprocher, il le ferait de toute façon. Et moi aussi, à l’inverse. Mais peut-être qu’il y avait des choses qu’il ne voulait pas admettre, pour ne pas me blesser, ou pour que je ne m’énerve pas, peut-être… Je me sentais mal, tout seul dans ma cuisine, et Boub, le chat, me rejoignit en sentant ma détresse pour me prodiguer quelques câlins accompagnés de ronronnements. Ce chat m’avait adopté, et il ne me quittait plus. Il adorait venir se frotter contre mes jambes, se rouler en boule sur moi pour dormir lorsque j’étais dans le canapé… Il me faisait du bien, aussi. Et dans des moments comme ceux-ci, il était le bienvenu.

Au bout d’un moment qui me parut interminable, j’entendis la porte d’entrée claquer, signifiant par là que nos invités étaient désormais partis. Je soupirai à nouveau, puis, m’avançai vers la porte de la cuisine, donnant alors sur le salon et le vestibule. Olivier se tenait contre la porte, tout sourire et j’eus un pincement au coeur en le voyant si « heureux ». Pourquoi était-il heureux comme ça ? Qu’est-ce qu’il s’était passé pour qu’il ait le sourire comme ça ? Qu’est-ce qu’ils avaient dit ? Et pourquoi étaient-ils partis comme des voleurs ? Ils ne m’avaient même pas salué ! Non pas que je leur en veuille, parce que je ne les connaissais pas et que je m’en fichais comme de l’an quarante, mais c’était tout de même la politesse. Oli finit quand même par se rendre compte de ma présence et son sourire s’estompa un peu. Je devais vraiment avoir l’air mécontent, parce qu’il sembla presque apeuré en voyant mon visage. Je ne voulais pas que l’on se dispute, de toute façon, je voulais que l’on discute !

« Paul et Maddie te saluent, ils ne voulaient pas ...
-Ils ne voulaient pas quoi ? »

J’étais sec, peut-être un peu trop. Mes intentions étaient bonnes : je voulais que l’on parle, que l’on mette les choses à plat, qu’Oli m’explique enfin ce que j’avais à savoir sur sa précédente relation. J’avais été clair avec lui, toujours, et je n’avais rien à lui cacher, ce qui n’était visiblement pas son cas. Cette situation avait assez duré, peut-être que je devais remercier ces Maddie et Paul d’avoir débarqué à l’improviste, si ça nous faisait parler un peu… Oli me prit les mains, sûrement dans une volonté de me calmer alors que je n’avais pas encore crié. J’eus un mouvement de recul et je balançai ses mains loin de moi, en croisant mes bras sur mon torse.

« Ne pas me mettre mal à l’aise ? Ah bon ? m’exclamai-je d’un ton très sarcastique. Je ne suis pas du tout mal à l’aise enfin ! J’ai juste eu l’impression d’être jugé de haut en bas, de long en large par des gens que je ne connais même pas, dont mon copain ne m’a même pas parlé. J’ai dû m’isoler dans la cuisine, Olivier ! »

Et quand je l’appelais Olivier, c’était que ce n’était pas très bon pour ses fesses. La journée avait pourtant très bien commencé, et je ne pensais pas que nous arriverions à nous disputer… Je soupirai à nouveau : je devais tempérer mes tempêtes avant d’exploser et de lui hurler dessus comme je savais si bien le faire. Il ne fallait pas que je tombe dans ce nouveau piège. Nous devions parler, c’était la seule solution pour que j’en apprenne davantage sur l’être que j’aimais le plus au monde.

« C’est ses parents alors ? Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? me radoucis-je en me rapprochant de lui. Ils ont l’air de t’adorer. »

C’était la vérité : j’avais bien vu comment les deux époux regardaient mon copain. Comme s’il était leur propre enfant. J’aurais presque pu croire qu’il s’agissait de ses parents. Je savais que c’était impossible, mais c’était l’effet que ça m’avait fait, au tout début…

Je finis par lui prendre le bras, doucement, et l’emmenai vers le canapé, oubliant mon thé, oubliant que l’eau était trop chaude, oubliant tout le reste. Je sentais que c’était le moment pour parler, c’était important. Je m’assis près de lui sur le sofa et glissai ma main de son bras jusqu’à sa propre main.

« Tu veux bien qu’on en parle ? De Pierre, je veux dire… »

La bombe était lâchée, enfin, et je n’avais plus qu’à espérer qu’il me réponde, qu’il ne prenne pas la mouche et qu’il me donne finalement les informations que je n’avais pas et que je pensais mériter, cette fois. Mais je n’allais sûrement pas le lâcher avant qu’il ne m’explique un peu.

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Olivier Simon Metcalfe


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MessageSujet: Re: blast from the past   Dim 8 Avr - 12:07



Blast from the past


with Ethan


Je sus à l’instant même où Ethan retira ses mains des miennes que cela n'allait pas être facile. Je comprenais très bien sa réaction, lui m’avait déjà parlé de son frère et de sa mère avec qui il avait aussi une relation compliquée depuis qu’il était en couple avec moi, même si c’était succinctement, alors que moi je lui avais carrément caché que je voyais encore les parents de Pierre. Je le laisse me crier dessus sans oser le regarder, après tout je méritais ces reproches

"… J’ai dû m’isoler dans la cuisine, Olivier !"
- Je suis désolé …

C’est à peine un murmure, je ne sais même pas s’il a entendu. Je ne sais pas comment j’aurais réagi si j’avais été à sa place. Déjà il aurait été plus franc que moi dans les présentations et n’aurait pas hésité à me présenter comme son petit ami, j’en suis à peu près certain, il était beaucoup plus cash que moi. Je ne sais pas ce que j’attends encore en regardant mes pieds, j’ai juste envie de partir m’enfermer dans notre chambre, de rester seul pour méditer sur cette visite qui a fait ressurgir tout un tas de souvenirs, mais je n’en ai pas le temps, mon amour reprend la conversation, si on peut appeler ça une conversation vu que je ne trouvais rien à lui répondre

« C’est ses parents alors ? Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? Ils ont l’air de t’adorer. »

Le ton de mon amant est beaucoup plus doux, et cela m’incite à relever les yeux vers lui. Il savait maintenant se tempérer, et moi aussi d’ailleurs, alors qu’au début de notre relation un événement comme celui ci l’aurait fait partir en cacahuète et moi aussi sans doute. Et oui Maddie et Paul m’adoraient, ils avaient toujours été là pour moi, et je m’en veux d’autant plus. Ce sont eux qui m’avait remis à flot après la mort de Pierre, leur gentillesse et leur présence m’avait été d’un grand réconfort alors qu’ils auraient pu m’en vouloir, après tout c’était de ma faute si Pierre était rentré seul ce jour là, il était mort et moi j’étais toujours vivant. C’est grâce à eux aussi que j’avais pu réaliser notre rêve à Pierre et moi d’ouvrir notre propre clinique, ils avaient avancé les fonds et Paul m’avait beaucoup aidé pour le côté administratif. Le contact de la main d’Ethan sur mon bras me sort lentement de mes pensées. Il m’emmène vers le canapé et nous assoit, puis prend doucement ma main

« Tu veux bien qu’on en parle ? »

Oui. Je pense que je suis prêt à lui parler de ces gens qui avaient fait beaucoup pour moi, et puis si nous devions aller diner chez eux, il fallait qu’Ethan les connaisse un minimum

« De Pierre, je veux dire… »

Le sourire qui commençait à se former sur mes lèvre se fige, il voulait que je lui parle de Pierre ? Comment je pouvais lui raconter les cinq années les plus heureuses de ma vie, ce n’était pas possible. J’aime Ethan, je l’aime comme un fou et je suis aussi follement heureux avec lui, je l’avais compris dès nos premières rencontres je ne m’étais pas posé de questions, c’était évident, alors qu’avec Pierre tout s’était mis en place progressivement, notre amour avait poussé lentement, et puis c’était le premier … Je me perds un moment dans mes souvenirs avant croiser le regard de mon beau brun. Il y a tant d’amour dans ses yeux que je ne peux décemment pas tout lui dire, je ne veux pas lui faire de la peine, et surtout je ne me sens pas capable de lui dire tout ça les yeux dans les yeux, alors je m’allonge sur le canapé et pose ma tête sur ses genoux, ce sera plus facile. Je cherche par quoi commencer et apprécie la patience d’Ethan qui ne me brusque pas. Je commence quand je sens ses doigts se glisser doucement dans mes cheveux

- Pierre et moi étions dans la même prépa pour l’école véto, mais c’est en première année qu’il m’a avoué ses sentiments. Je n’avais jamais eu de tendance gay, mais il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que je l’aimais aussi … Nous sommes restés ensemble pendant cinq ans, le temps de nos études, et on avait le projet d’ouvrir notre propre clinique chez lui, à Toronto … Malheureusement il est mort avant …

Je ferme les yeux. Je ne voulais pas pleurer, mais les doigts d’Ethan glissent de ma tête à ma joue qu’il caresse doucement font qu’une larme s’échappe quand même. Cela faisait longtemps maintenant, et j’arrivais à y penser sans pleurer alors pourquoi aujourd’hui ce n’était pas le cas, surtout aujourd’hui, qu’allait penser Ethan, que je l’aimais moins que Pierre ? Ce n’était pas vrai, je l’aimais tout autant, ces deux amours n’étaient en rien comparable. Je prends sa main et fait des aller-retours avec mon pouce dans sa paume, c’était ma façon a moi de lui dire je t’aime quand on ne pouvait pas parler, et sentir sa cicatrice son mon pouce me fait penser à une anecdote

- Tu sais je l’ai recousu une fois, comme toi ta main, il était tombé sur un rocher lors d’une excursion et s’était coupé l’intérieur de la cuisse. Pour le faire je l’avais mis sous protoxyde d’azote, il nous en restait un peu dans une bouteille qu’on avait loué pour une soirée. Si tu l’avais vu sous l’effet du gaz hilarant pendant que je m’appliquais à le recoudre, il me décrivait les animaux qu’il voyait, c’était trop drôle

Raconter ce genre de choses est beaucoup plus facile que de parler de mes sentiments pour lui et moins gênant vis à vis d’Ethan, mais quand mon amour à une chose dans la tête c’est difficile de lui faire lâcher prise, alors je prends les devants. Je me releve et l’embrasse doucement

- Je t’aime Ethan, tu le sais. Tu me le demandes alors je vais te parler de Pierre, tout ce que tu veux savoir je vais te le dire, mais après ce sera fini d’accord ?

Je continuerai à parler de Pierre à mes petits carnets que je gardais précieusement dans un tiroir de mon bureau, là où je sais qu’Ethan ne les trouvera jamais …


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J. Ethan Hanit


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MessageSujet: Re: blast from the past   Lun 16 Avr - 21:04



blast from the past
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Cette fois, Olivier n’aurait plus le choix, j’allais lui forcer la main, mais il fallait que l’on parle. Il fallait qu’il me parle. De Pierre, de ses parents, de leur passé. Je ne voulais pas tout savoir non plus, j’aurais l’impression d’être un voyeur, mais je voulais avoir quelques détails pour mieux comprendre. Et je n’allais pas être jaloux, si c’est ce dont il avait peur. Parce que je ne serais jamais jaloux d’un homme qui était mort ! Je taisais mes pensées, ce n’était pas la peine que je dise une chose pareille à Oli, parce qu’il allait s’énerver, me faire la gueule et partir s’isoler dans la chambre en pensant à son ex… Evidemment que mon beau vétérinaire n’allait pas être heureux de me parler de cette période désormais révolue, mais ça lui ferait probablement du bien de me dire ce qu’il gardait pour lui, ce qui pesait dans son coeur et dans son âme. Je voulais simplement l’aider, happer quelques mauvaises ondes et mauvaises pensées et ne plus les laisser en lui.

Il s’installa en travers du canapé, s’allongeant sur les coussins, en posant délicatement sa tête sur mes genoux. Automatiquement, l’une de mes mains glissa sur son crâne et mes doigts commencèrent à jouer avec ses cheveux, s’enroulant autour de la raideur de ses mèches. J’attendais patiemment qu’il commence à me raconter des choses, ce qu’il voulait, peu importait l’importance de ce qu’il me disait, mais j’avais besoin de savoir. Il débuta son récit par le fait que Pierre et lui étudiaient dans la même école, afin de devenir vétérinaires tous les deux, et c’était l’autre qui avait fait le premier pas. J’étais vraiment surpris, parce que connaissant le tempérament d’Oli et la façon dont il m’avait convaincu de laisser libre cours à mes sentiments envers lui, je pensais que c’était lui qui dominait un peu la situation… Leur relation avait duré cinq ans. D’après ce que je comprenais, cet appartement où je vivais avec Oli et la clinique vétérinaire dans laquelle il travaillait étaient le fruit de leur amour…. C’était plutôt affreux comme idée, mais comme Pierre n’avait probablement jamais vécu ici, ce n’était pas des plus glauques. Je vis une larme rouler sur la joue de mon amant et mon coeur se serra. Je détestais le voir pleurer, parce que j’avais l’horrible impression d’être un mauvais petit ami : je devais le faire sourire, et pas pleurer… mais pour autant, ce n’était pas de ma faute cette fois. Je caressai doucement sa joue pour effleurer la larme qui coulait vers sa tempe. Je comprenais qu’il soit encore affreusement triste : ce n’était pas une rupture… c’était la mort qui était venue les séparer et Oli devait encore avoir beaucoup de sentiments pour Pierre, même s’il n’était plus là. Je devais les accepter et non pas les dénigrer.

« Tu sais je l’ai recousu une fois, comme toi ta main, il était tombé sur un rocher lors d’une excursion et s’était coupé l’intérieur de la cuisse. Pour le faire je l’avais mis sous protoxyde d’azote, il nous en restait un peu dans une bouteille qu’on avait loué pour une soirée. Si tu l’avais vu sous l’effet du gaz hilarant pendant que je m’appliquais à le recoudre, il me décrivait les animaux qu’il voyait, c’était trop drôle. »

J’eus un sourire amusé en imaginant cet homme que je n’avais pas connu et que je n’arrivais même pas à imaginer dans mon esprit sous gaz hilarant. J’avais testé une fois ce genre de choses lors d’une fracture ouverte de mon poignet qui avait nécessité quelques points de suture. C’était assez déroutant, et surtout s’entendre parler et ne pas pouvoir s’empêcher de rire, c’était une chose carrément étrange.

« Ça devait être un superbe moment…, dis-je, pensif. »

Ils avaient dû partager beaucoup de moments complices et drôles, sûrement beaucoup plus qu’Oli et moi. Certes, nous n’étions pas ensemble depuis aussi longtemps, mais je savais que je n’étais pas le type le plus cool qui soit, j’avais beaucoup d’appréhensions sur beaucoup de choses, je n’avais aucun humour et je m’énervais très vite, même si je faisais des efforts. Pierre avait l’air d’être un ange en comparaison avec moi…

« Je t’aime Ethan, tu le sais. Tu me le demandes alors je vais te parler de Pierre, tout ce que tu veux savoir je vais te le dire, mais après ce sera fini d’accord ? »

Il s’était relevé vers moi et m’avait embrassé, doucement, sans approfondir le baiser, sans m’enlacer, juste un baiser rempli de tendresse qui voulait bien dire ce qu’Oli pensait : je ne devais pas me comparer à Pierre, et d’ailleurs, il avait l’air décidé à ne pas laisser mes questions se faire trop pressantes, de ce que je comprenais… Je hochai la tête pour montrer que j’étais d’accord et pris le temps de bien choisir mes questions. Restant silencieux quelques longs instants, mes pensées allaient à toute allure et je devais réfréner toutes les questions qui se bousculaient au portillon et n’en sélectionner que quelques-unes.

« Pourquoi tu vois toujours ses parents sans m’en parler ? demandai-je d’une voix neutre, sans aucun reproche sous-jacent. »

Il était vrai que c’était ce qui me surprenait le plus. Je comprenais aisément que c’était parce qu’il s’entendait à merveille avec eux mais ce n’était plus ses beaux parents, tout de même et ça me parait un peu exagéré… en tout cas il pouvait toujours rêver pour rencontrer les miens, de parents…

« De quoi il est mort ? »

A bien y réfléchir, Olivier ne m’avait jamais expliqué ce qu’il s’était passé pour que son ancien amour meure aussi brutalement. J’espérais que ce n’était rien de trop barbare, ni de trop violent, parce que je ne voulais pas qu’Oli se sente mal en se remémorant les choses.

« Si tu ne veux pas m’en parler, ce n’est pas un problème… conclus-je en imaginant ensuite qu’il était peut-être avec lui quand c’était arrivé, qu’il était probablement atteint d’une maladie incurable… »

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Olivier Simon Metcalfe


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MessageSujet: Re: blast from the past   Mar 17 Avr - 19:25



Blast from the past


with Ethan


Les yeux dans les yeux j’attendais la réponse de mon petit ami. J’étais anxieux au possible, pourquoi avais-je diable autorisé cela. Si Ethan était d’accord, et comme il n’aurait plus la possibilité de le faire plus tard, il pourrait me pousser dans mes retranchements, m’interroger sur des choses que je voulais garder pour moi, mais je m’étais engagé maintenant, c’était trop tard. Plus la première question tarde à fuser, plus mon anxiété augmente. Je le connaissais assez bien maintenant pour savoir que là il réfléchissait à toute vitesse, il devait sans doute faire le tri de la tonne de questions auxquelles il voulait une réponse

« Pourquoi tu vois toujours ses parents sans m’en parler ? »

Pendant un court instant, je ferme les yeux de soulagement, si ce n’était que ça. C'était certain que j’aurais du le tenir au courant, mais au début de notre amour nous étions tellement centrés sur nous que tout ce qui aurait pu interférer négativement avait été mis de côté. J’aurais pu le faire plus tard quand nous avions évoqué brièvement le sujet de nos familles, mais si j’étais très proche de Maddie et Paul, ils n’étaient quand même pas ma famille. Et puis après c’était trop tard, l’occasion ne s’était pas présentée, et surtout je voulais garder bien séparé le avant et le après. C’est ce que j’essaie d’expliquer à Ethan qui semble comprendre mon point de vue en acquiesçant de la tête, mais je vois bien qu’il pense déjà la question suivante

« De quoi il est mort ? »

De quoi il est mort !? Il passe d’un extrême à l’autre là ! Je n’arrive pas à cacher le choc que me provoque cette question et Ethan s’en rend compte immédiatement

« Si tu ne veux pas m’en parler, ce n’est pas un problème… »

Non je ne voulais pas, parce que c’était mon histoire, notre histoire à Pierre et moi, parce que c’était toujours douloureux de repenser à cette dernière journée où il s’était passé tant de choses et qui avait fini si tragiquement. Mais je devais aussi penser à mon avenir, à mon histoire avec Ethan. Je ne suis pas quelqu’un qui vit dans le passé, mais je ne sais pas si je suis capable de partager cela avec lui. Je sentais qu’il attendait quand même une réponse malgré ses paroles, et puis je me souviens que la dernière fois que j’avais évoqué cette mort oralement c’était avec Abby et que cela s’était plutôt bien passé. Je me remémore cette matinée avec celle qui était devenue mon amie, une des plus belles rencontres de ma vie, même si nous ne nous voyions que rarement. J’avais baissé les yeux à ce souvenir et quand je les relève, c’est un visage perplexe qui me fait face. Le problème avec moi c’est que quand je pensais à quelque chose, je faisais abstraction de tout le reste et que mon visage reflète ce que je ressens, et là, je souriais ! C’est comme si le visage de mon amie venait de se superposer à celui de mon amant, elle aussi avait trouvé très étrange que je souris alors que l’on évoquait un sujet on ne peut plus triste. En plus cela faisait deux fois en peu de temps pour Ethan, déjà tout à l’heure quand Maddie et Paul était partis

- Si ! Si … c’est … je repensais à plein de choses … C’était le jour de la remise des diplômes, j’ai dit à mes parents que Pierre et moi étions amoureux et vu la réaction de mon père, j'ai voulu ramener tout de suite mes affaires ici, à Toronto, alors j’ai loué une voiture et Pierre devait ramener la moto. Il a fait une embardée pour éviter un animal sur la route et il a percuté une voiture qui arrivait en face. Il est mort sur le coup

C’est comme si j’écoutais un autre que moi raconter une histoire. J’étais triste au fond de moi et aussi content d’avoir pu le dire à haute voix sans trop le montrer. Ethan attrape ma main et fait des petits mouvements circulaires avec son pouce à la base du mien, c’était sa façon de me dire qu’il était désolé et je préfère ce geste à ce qu’il me prenne dans ses bras, ça me permet de continuer et d’expliquer ce sourire que j’avais quand j’évoquais cet accident

- Je souris parce que la dernière image que j’ai de lui c’est son sourire derrière la visière de son casque …

Je lui tais qu’il m’avait volé un baiser juste avant de la baisser, ça c’était un moment à moi et je ne voulais le partager avec personne. Pendant longtemps je m’étais senti coupable et responsable de cet accident, combien de fois j’avais regretté de ne pas être parti avec lui, au moins nous serions morts tous les deux, une ou deux fois j’ai même failli en finir avec la vie, mais aujourd’hui, quand je regarde mon amour, je ne regrette pas d’être en vie. Je souris un peu plus franchement

- Mais ce doit être étrange pour toi non ? Je veux dire, tu n’es pas … jaloux ?

Parce que maintenant que c’était dit, j’avais envie de rester dans mes souvenirs et de partager un peu plus. Bien sur pas des choses trop personnelles, mais genre les voyages que nous avions faits, où des anecdotes un peu rigolotes comme tout à l’heure avec le gaz hilarant, de toute façon si nous allions diner un jour chez Paul et Maddie il y aura bien un moment dans la conversation où on évoquera Pierre …


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J. Ethan Hanit


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MessageSujet: Re: blast from the past   Mar 1 Mai - 21:12



blast from the past
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J’imaginais tout à fait qu’Oli allait tout de suite arrêter d’en parler. Il voulait garder tout cela privé ; de toute façon ça ne me regardait pas et il ne voulait pas que je sache quoi que ce soit, sinon il m’en aurait déjà parlé. C’était évident. Après tout, je venais d’apprendre qu’il parlait toujours aux parents de son ex. Non pas que ça me dérangeait, je m’en fichais pas mal en réalité, mais j’étais un peu amer de ne pas l’avoir su avant. C’était énervant de ne pas tout connaître de son petit ami, de savoir qu’il me cachait peut-être encore des choses, alors que je lui avais tout raconté de ma vie, de mon passé… Il connaissait tous les détails, je n’avais pas de secret pour lui, mais l’inverse n’était pas vraie. Forcément… j’étais bien le seul à me faire avoir !

Pourtant, je me trompais en pensant qu’il se rétracterait, qu’il se renfermerait dans sa coquille, qu’il ne voudrait pas me parler de Pierre. J’étais curieux, certes, mais c’était aussi une façon de lui faire exorciser les choses. Je voulais qu’il se sente mieux, qu’il essaie de ne plus y penser, même si je savais que c’était peine perdue, parce qu’il y penserait toujours, malgré moi, ma présence, tout l’amour que je pouvais lui apporter, tout au long de nos vies. Et là, étrangement, sans que je m’y attende, il acceptait d’en parler. Il avait même l’air plutôt bizarre, et flippant, parce que je lui demandais comment était mort son amour, et il était en train de sourire. Je savais que c’était sûrement pour une autre raison, mais c’était tellement surprenant de voir cette réaction…

Alors, il m’expliqua les circonstances de la mort de Pierre, les détails : la remise des diplômes, cet évènement plutôt joyeux, et la dispute entre Olivier et ses parents suite à la révélation de leur relation qui avait tout bousculé, tout mis en branle. Ils étaient tous deux partis pour Toronto, où ils devaient ouvrir leur clinique vétérinaire ensemble, et puis, le drame était arrivé. Pierre avait évité un animal, avait débordé sur l’autre côté de la route juste quand une voiture arrivait et il s’était vautré dessus… Selon la vitesse où il allait, je savais que c’était une chute mortelle, même avec le bon équipement de motard, ce dont je ne doutais aucunement qu’il portait. Oli avait dû être ravagé. Je n’osais pas lui demander s’il avait vu l’accident, si Pierre était devant lui sur la route, ou bien derrière… Si Oli avait vu ça, il n’avait pas dû en dormir pendant des semaines… Même en étant seulement mécanicien dans l’armée, j’avais vu des choses affreuses et j’en avais fait des cauchemars pendant longtemps… alors une mort en directe, quand on n’a pas l’habitude et que c’est en plus l’homme que l’on aime… je n’osais imaginer !

« Je souris parce que la dernière image que j’ai de lui c’est son sourire derrière la visière de son casque …
-Un sourire charmeur, je parie… »

Je souris, un peu de la même façon, mais plus pour le rassurer qu’autre chose. Il fallait qu’il sache que j’étais là maintenant, que je n’allais pas mourir, ni le lâcher. Que c’était mon sourire qui devait lui faire du bien maintenant. Non pas qu’il doive oublier le sourire de Pierre, non, ça je ne lui demanderais jamais, mais il fallait qu’on se partage Olivier, lui et moi. Et que le beau vétérinaire se partage en deux, également.

« Mais ce doit être étrange pour toi non ? Je veux dire, tu n’es pas … jaloux ?
-Jaloux ? »

Je ne répondis pas de suite, parce que je cherchais les bons mots pour ne pas le froisser. Evidemment que j’étais jaloux, tout au fond de moi. Mais à quoi bon être jaloux d’un homme mort ? Il ne pouvait pas revenir d’outre-tombe et me piquer mon petit copain, il n’était plus là, alors je ne ressentais aucune crainte, vis-à-vis de tout cela. Je ne pouvais pas le dire ainsi à Oli, il serait très vexé, je le connaissais par coeur.

« Non, je ne suis pas jaloux. Je n’ai pas peur que tu me lâches. Je suis juste un peu curieux, et c’est un vilain défaut, je sais. »

C’était peut-être mon pire défaut, avec le fait que j’avais le sang très chaud, et Oli en avait payé les frais plusieurs fois, lorsque je m’énervais pour des broutilles, quand je n’avais pas tous les éléments de l’histoire… Je vis son sourire s’agrandir quand j’avouai mes torts.

« Tu vas pas me contredire, hein ? »

Il était nécessaire que l’on change de sujet, je le sentais. C’était dur pour lui d’en parler et s’il ne voulait pas le faire plus que cela, je ne serais pas dérangé. Au contraire, il m’en avait déjà beaucoup dit et loin de moi l’idée de le forcer.

« Merci… pour m’avoir accordé ta confiance, et m’avoir raconté tout cela… »

C’était important pour moi de lui dire, peut-être que c’était idiot de ma part et qu’il ne comprendrait pas, mais je voulais lui prouver que ce n’était pas des paroles dans le vent, tout ce qu’on se disait. C’était mon petit ami, je voulais qu’il soit fier de l’être, et j’avais déjà fait beaucoup de progrès. Il fallait que je continue sur ma lancée et c’était la meilleure façon de le faire…

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Olivier Simon Metcalfe


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MessageSujet: Re: blast from the past   Dim 13 Mai - 21:40



Blast from the past


with Ethan


Ethan reprit le dernier mot de ma question de façon toute aussi interrogative mais ne répondit pas tout de suite. Que pouvait-il bien penser ? A sa place je l’aurais été. Il ne pouvait pas considérer Pierre comme un ex-petit ami, il n’y avait pas eu de rupture, d’une certaine façon je l’aimais encore, alors oui il aurait des raisons d’être jaloux et pourtant au bout de longues secondes sa réponse arrive négative avec je dois l’avouer un bon argument. Il avait tout à fait raison, jamais je ne le lâcherai, j’avais du batailler d’arrache pied pour l’avoir et je l’aimais bien trop pour le laisser un jour

« Je suis juste un peu curieux, et c’est un vilain défaut, je sais. Tu vas pas me contredire, hein ? »

Je me retiens de rire, oui il était curieux, parfois même un peu trop même sans s’en rendre compte. Parfois je devais faire face à un véritable interrogatoire quand je rentrais du club de lecture ou d’une séance de ciné tardive mais je n’avais rien à cacher alors cela ne me dérangeait pas. D’ailleurs il m’arrivait de lui rendre la pareille, mais que ce soit de sa part ou de la mienne, cela n’était jamais d’une façon suspicieuse ou dans le but de reprocher quoique ce soit à l’autre.

« Merci… pour m’avoir accordé ta confiance, et m’avoir raconté tout cela… »

Je lui souris pour le remercier et entrelace mes doigts aux siens tout en me calant contre lui

- C’est normal … J’aurais du le faire depuis longtemps … Finalement ça m’a fait du bien de pouvoir en parler, je me sens plus léger

Je prends comme un autre remerciement la légère pression de ses doigts sur les miens. Je me cale un peu plus et un silence s’installe entre nous. Je suis bien là, tout contre lui, mesurant la chance que j’avais eu de le rencontrer, de l’aimer, et d’être aimer en retour surtout, même si cela ne fut pas facile au début

- Tu es la seconde personne à qui j’ai raconté cela, la première, c’était une inconnue que j’ai rencontré à la plage au petit matin …

Je lui parle de ma rencontre avec Abby et de la relation que nous avions développée depuis ce jour, au moins si un jour il est amené à la rencontrer, il ne pourra pas me reprocher de lui avoir caché. Je me moque un peu de lui car bien évidement il ne connaissait pas les Black Holes et encore moins Matthew Polloni. J’attrape mon téléphone et le google pour lui montrer notre ressemblance. En plus, depuis quelques jours je m’étais laissé pousser une petite barbe et pour le coup c'était encore plus frappant. Je capte bien aussi son coup d’oeil appréciateur à la vue d’Abby sur l’une des photos que j’avais faite défiler sur mon téléphone

- Elle est jolie hein ?

Il rougit légèrement quand il voit que je l’ai remarqué. Ethan ne regardait plus les filles comme avant depuis bien longtemps déjà, mais comme moi, il était quand même sensible à la beauté d’une jolie femme et parfois je le charriais tout comme maintenant en insistant lourdement pour lui montrer d’autres photos d’Abby. Il soupire en me retirant mon téléphone des mains et me pousse pour m’embrasser pour me faire taire, puis nous rions tous les deux. Je savais bien où pouvait mener ce genre de jeux entre nous et Ethan à moitié couché sur moi aussi, mais j’esquive son second baiser en le repoussant

- Alors ? On le boit ce thé ?

J’ai droit à un petit sourire en coin avant qu’il ne se lève pour aller dans la cuisine. Je décide de le suivre et m’installe sur le tabouret. Je le regarde s’affairer à tout préparer. Il met des petits biscuits sur la table, pose nos deux mugs sur la table, puis vient s’installer en face de moi. Je prends un petit gâteau sec que je grignote distraitement puis plonge mon regard dans le sien

- On pourrait continuer la conversation si tu veux … Tu veux bien me parler de ton enfance ?

Je savais que son père les avait abandonnés à leur mère lui et son frère, mais je n’en savais pas la raison, ni à quel âge c’était arrivé, il me le dirait si bon lui semble, en tout cas, moi j’étais prêt à lui parler de ma famille maintenant, il fallait qu’on avance dans notre couple et pour cela il fallait en savoir un peu plus l’un sur l’autre …


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J. Ethan Hanit


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MessageSujet: Re: blast from the past   Jeu 24 Mai - 18:06



blast from the past
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Etait-ce un cap que nous passions tous les deux, Oli et moi ? Il venait de me parler de son passé avec Pierre, c’était plutôt inespéré, et je ne pensais pas qu’il le ferait un jour. Il avait l’air plutôt heureux de l’avoir fait, en plus, alors que je pensais qu’il serait incapable de me raconter la moindre chose sans s’effondrer. Comme quoi, je ne faisais que de me tromper à son sujet… C’était peut-être le minimum de jalousie que je ressentais qui parlait pour moi, et qui faisait que j’étais un peu médisant, intérieurement. Mais c’était bien le contraire qui s’était passé. Il souriait comme jamais, comme si me parler de son ancien petit-ami lui avait fait le plus grand bien, et c’est d’ailleurs ce qu’il m’expliqua aussitôt. Il se sentait plus léger. C’était tout ce qui m’importait, et j’étais bien content que ce soit arrivé. Au moins, j’avais l’impression de vraiment compter, d’être son copain, celui à qui il racontait tout… c’était vivifiant.

« Tu es la seconde personne à qui j’ai raconté cela, la première, c’était une inconnue que j’ai rencontré à la plage au petit matin … »

Je le regardai sans comprendre. C’était plutôt étrange de ne pas en parler durant des mois à son petit ami, mais de tout raconter à cette dite inconnue. Puis, il m’expliqua en détails les tenants et aboutissants de cette rencontre, le fait que cette Abigail était la femme d’un chanteur a priori très connu, mais que je ne connaissais bien sûr pas - ce qui me valut quelques moqueries de la part d’Oli, à juste titre ! - que ce dit chanteur ressemblait énormément à Olivier, au point qu’elle avait cru qu’il s’agissait de lui. En réalité, l’homme était mort depuis quelques mois, et cette femme, en plein deuil, avait failli lui éclater la tronche parce qu’elle croyait au coup monté. C’était affreux pour elle, je me demandais ce qu’elle était devenue, alors que je ne la connaissais même pas…  Sur les quelques milliers de photos qu’Oli trouva sur internet, via son smartphone, je pus comprendre à quel point les deux hommes se ressemblaient. C’était flagrant, on aurait pu croire qu’ils étaient frères jumeaux. Finalement, mon beau vétérinaire me montra quelques photos d’elle et je découvris alors une jolie blonde, d’une trentaine d’années, qui aurait pu me troubler si je n’avais pas fini homo… Il capta directement mon regard, me taquina un peu et je ne pus m’empêcher de rougir, un peu déçu qu’il ait compris si vite que je la trouvais magnifique - d’un point de vue purement esthétique, bien sûr… Je n’eus pas besoin de dire quoi que ce soit. Alors qu’il continuait de faire défiler les photos de sa meilleure amie en faisant exprès de bien me la mettre sous les yeux, je balayai d’une main son téléphone pour le pousser dans le fond du canapé et me faire peser sur lui, en souriant, avant de l’embrasser à pleine bouche. Il se croyait marrant, lui ? Il allait voir !! Néanmoins, alors que je voulais m’aventurer plus loin, il s’écarta de moi et me reparla du thé. Foutu thé, il lui sauvait la mise cette fois, mais pas la prochaine.

Je me relevai en souriant d’un air carnassier avant de m’avancer vers la cuisine, où l’eau dans la théière avait un peu refroidi. Je la réchauffai légèrement tout en préparant des biscuits à grignoter, avant de finalement verser l’eau dans nos tasses respectives, déjà pourvues d’une boule à thé remplie de thé noir. Le silence n’était pas pesant, mais Oli fut le premier à le rompre, d’une voix un peu plus hésitante qu’à l’accoutumée, ses beaux yeux bleus plongés dans les miens.

« Tu veux bien me parler de ton enfance ? »

Je ne sus que répondre, d’emblée. Je détestais parler du passé, parce que c’était vraiment une période que je n’avais pas aimée. Entre le fait que je ne me souvenais même pas de mon père parce qu’il était parti trop tôt, il nous avait abandonnés lorsque j’avais cinq ans, ma mère qui ne me parlait plus parce que j’étais gay, et mon frère qui continuait sa brillante carrière de commercial… il n’y avait pas grand chose d’intéressant à raconter… surtout, ce n’était pas glorieux. Je n’avais pas fini vétérinaire, moi…

« Qu’est-ce que tu veux savoir ? demandai-je d’un ton plus sec que je ne l’aurais voulu. Excuse moi.. c’est juste que j’aime pas trop mon enfance. »

Je savais bien que je lui devais cela, d’en parler. Il venait me révéler de gros morceaux de sa vie, et c’était logique qu’il attende la même chose de mon côté. Je devais faire un effort, et ne pas mal lui parler juste parce que ça faisait ressurgir en moi des souvenirs assez agaçants.

« Ma mère nous a élevés mon frère et moi, parce que mon père s’est trouvé quelqu’un d’autre.. Je me souviens plus de lui, je sais même plus à quoi il ressemblait, et j’ai jamais cherché à le retrouver en fait, je m’en fiche.. J’avais cinq ans… »

C’était la vérité. S’il nous avait abandonnés aussi facilement, Aidan et moi, pour une autre femme avec laquelle il avait dû fonder une autre famille, alors il n’était pas digne d’être retrouvé. S’il avait voulu me revoir, il l’aurait fait, en plus de cela.

« J’ai quitté l’école à seize ans, avouai-je, un peu honteux, en évitant son regard. J’aimais pas ça et Aidan m’entraînait dans toutes ses conneries… Du coup j’ai eu plein de petits boulots. J’ai été serveur, barman, j’ai aussi travaillé dans les services de tri du courrier.. et après je me suis un peu formé à la mécanique, avant d’entrer dans l’armée. »

Le reste, il le connaissait plus ou moins. A l’armée, j’avais trouvé une famille durant des années, dix, pour être exact. Je m’y étais senti chez moi, j’étais heureux là-bas. J’étais mécanicien, c’était un poste plutôt pépère, hormis lorsqu’on me demandait d’aller réellement sur le terrain, ce qui ne s’était pas beaucoup produit… une fois ou deux en fait. La plupart du temps, je restais sur le sol américain. Tout cela avait duré jusqu’à deux ans auparavant, quand j’avais été viré de ma seconde famille, parce qu’ils pensaient que j’étais homo… ils n’imaginaient pas à quel point ils avaient raison… sauf qu’à l’époque, je ne l’imaginais pas du tout et je ne l’assumais pas non plus.

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Olivier Simon Metcalfe


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MessageSujet: Re: blast from the past   Dim 10 Juin - 19:35



Blast from the past


with Ethan


Une ombre passe dans le regard de mon beau brun. Je savais que sa famille était un sujet sensible mais ce serait bien d’aborder tous les sujets un peu sensibles d’un coup non ? Son ton trahi bien son état d’esprit quand il me demande ce que je veux savoir. J’allais lui répondre mais il s’excuse et enchaine, me décrivant succinctement son enfance. Ainsi donc il n’avait que cinq ans quand son père était parti. Je ne me rendais pas bien compte de ce que cela pouvait avoir comme conséquences, je n’avais dans mon entourage pour ainsi dire que des connaissances qui avait leurs deux parents, ou bien dont les parents étaient divorcés mais s’entendait bien, mais il en voulait encore à ce père absent, c’était flagrant

« J’ai quitté l’école à seize ans …

Il évite mon regard pour continuer. Bien évidement je m’étais rendu compte presque tout de suite que nous n’avions pas le même niveau d’instruction, ni même les mêmes connaissances générales, mais cela m’importait peu, je ne l’aimais pas pour sa culture ou son intelligence, j’aimais tout chez lui, et pas seulement son physique, il n’avait pas à en avoir honte, et quand je me moquais de son ignorance de telle ou telle chose c’était toujours gentiment et bon enfant, il n’avait pas l’air de m'en tenir rigueur d’ailleurs. Et puis ses diverses expériences professionnelles l’avait amené à être débrouillard et ça c’était une qualité que je devais lui reconnaitre.

… et après je me suis un peu formé à la mécanique, avant d’entrer dans l’armée. »

C’est maintenant un voile de tristesse qui passe dans ses yeux. L’armée, sujet sensible s’il en est alors je n'insiste pas. Je savais que c’était comme une famille pour lui, il me l’avait déjà dit lors d’une de nos rencontres, et c’est comme s’il en avait été banni. J’ai des convictions assez anti-militaristes et j’avais beaucoup de préjugés sur les soldats, et ce qu’il m’avait raconté n’avait fait que renforcer ce sentiment chez moi, des gros lourd qui s’en était pris lâchement à un homme seul, à tort en plus, du moins à l’époque, et encore, même s’il cela avait été vrai et qu’il était gay à ce moment là, rien ne justifiait leur comportement envers lui. Par réflexe, j’attrape sa main et la serre quelques secondes, puis je vois qu’il attend la même chose en retour. Je prends le temps de finir mon biscuit avant d’enchainer

- J’ai eu une enfance heureuse, j’étais le petit dernier, mes parents me passaient beaucoup de choses et j’en ai abusé jusqu’au jour où mon père à pris les choses en mains. Il m’a envoyé dans un internat à l’autre bout de l’état pour mes études, ça m’a remis la tête sur les épaules. Je lui suis reconnaissant pour ça malgré tout

Je lui souris. Vu comment nous nous entendions avec nos familles respectives, je  ne voulais pas que ces confidences soient tristes, je ne voulais pas plomber cet après-midi qui devait à l’origine être parfait

- Tu reveux du thé ?

Il acquiesce de la tête et je me lève pour prendre la théière et remettre du thé dans les pinces et nous sers, tout ça dans le silence. Il ajoute un sucre et mécaniquement touille avec sa cuillère longuement, le regard dans le vide

- Ethan ?

Il révèle la tête et je vois un peu d’incompréhension sur son visage. Il ne comprenait sans doute pas pourquoi je n’en voulais pas, ou plus exactement plus, à mon père qui m’avait renié. J’avais dépassé ce stade, je me disais qu’un jour peut-être il m’accepterait tel que je suis, qu’il comprendrait que l’homosexualité n’était pas une tare, ni pour moi, ni pour sa famille, que ma mère ou ma soeur arriveraient peut-être à le convaincre, et pour Ethan il n’était peut-être pas trop tard

- Je pense que tu devrais recontacter ta mère et ton frère, ça fait deux ans qu’on est ensemble maintenant et qu’on est heureux, ils vont bien se rendre compte que ce n’était pas une passade … Tu sais, même si ma mère se soumet aux idées de mon père, je sais qu’au fond d’elle est est heureuse pour moi, contente que j’ai pu trouver le bonheur, même si c’est avec un homme

Ses yeux étaient repartis fixer sa tasse, comme hypnotisés par le vortex créé par le mouvement de la petite cuillère. Je finis ma tasse et prends l’assiette de biscuits pour aller m’installer dans le canapé, laissant Ethan réfléchir tranquillement. Ce n’était pas la peine de le bousculer, je sais qu’il faut laisser à ce genre d’idée le temps de faire son chemin …


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J. Ethan Hanit


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CREDIT : casielsilencio // silver lungs
MessageSujet: Re: blast from the past   Dim 10 Juin - 22:43



blast from the past
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C’était avec un grand besoin de présence et de chaleur humaine que j’accueillis la main d’Olivier dans la mienne, quand j’eus parlé de l’armée. Cette famille qui m’avait tant gâché l’existence, sur le tard. Si c’était à refaire, je pense que je le referais quand même, mais je regrettais tellement que ça se soit terminé ainsi. L’armée m’avait appris la discipline, une chose dont je manquais cruellement. L’armée avait pallié à mon absence de figure paternelle, j’avais plus grandi durant ces dix ans d’enrôlement que durant toute ma vie entière. Et elle m’avait violemment rejeté… A présent, je les haïssais. J’avais un gros problème de rancune. Mais c’était comme si ma famille m’avait une seconde fois fait faux bond, et je ne pouvais plus avoir confiance en personne. Avec tout ce recul, je comprenais aisément désormais que c’était à cause de tout cela que je n’avais pas voulu m’engager avec Oli, au tout début. Parce que je pensais qu’un jour, malgré tout ce qu’il me disait, il se lasserait de moi et trouverait un moyen de me virer de sa vie. J’avais tort, bien sûr, parce que deux ans après, nous étions toujours ensemble. Et je l’aimais plus que tout. Je me rendais compte que je n’avais plus besoin d’autre chose que lui et Boub, pour être heureux.

Olivier reprit la conversation en m’expliquant qu’il avait eu des premières années très douces, beaucoup plus calmes que les miennes jusqu’à ce qu’il soit obligé de filer en pension. Même si c’était pour ses études, ça avait dû être difficile de quitter le domicile familial et tout son confort du jour au lendemain. Cependant, je ne comprenais pas trop la réaction d’Oli. Il m’avait clairement dit que son père et lui étaient en froid, voire dans une extrême période glaciaire, parce que son père était très… arriéré sur certains points, notamment l’homosexualité. Forcément, sa relation avec Pierre n’avait pas été vue d’un très bon oeil. La nôtre non plus, probablement. Je n’avais jamais rencontré ses parents, mais je n’en avais pas très envie non plus. Pourquoi donc Olivier lui était reconnaissant d’avoir été un père strict - peut-être un peu trop - et de l’avoir renié ? Jamais je ne pourrais pardonner la moindre chose à mon père. Certes, c’était peut-être différent pour moi, dans le sens où je ne savais même plus à quoi il pouvait bien ressembler. J’avais de vagues souvenirs de quand j’étais un enfant, mais ils s’effaçaient de plus en plus avec le temps. Mais pour moi, le père de mon beau vétérinaire avait fait la même chose que le mien : il avait abandonné son fils. Et c’était impardonnable !

Je repris conscience de ce qu’il passait quand je l’entendis m’appeler d’un ton un peu inquiet. Je tournai mes yeux pleins de questions vers lui, sans comprendre. J’étais concentré sur ma tasse de thé, pendant que je réfléchissais à tout cela. Les histoires de famille étaient toutes différentes et toutes compliquées et je ne pouvais pas me permettre de juger Olivier sur sa façon de penser. Il avait le droit d’avoir pardonné son père tout comme j’avais le droit de haïr le mien. Alors que je le fixais toujours d’un air perdu, Oli m’expliqua qu’il pensait que je devrais reprendre contact avec ma mère et mon frère. Je soupirai. J’avais revu mon frère quelques fois depuis que j’étais parti de la maison, mais ça s’était soldé à chaque fois en un complexe d’infériorité assez impossible à canaliser. Ce petit con avait très bien réussi sa vie, il n’avait pas les mains tâchées de cambouis, lui. Je n’avais pas spécialement envie de le revoir. Quant à ma mère… se souvenait-elle encore qu’elle avait un fils ? Quand j’avais été enrôlé dans l’armée, on s’appelait souvent, je rentrais à la maison quand j’étais en permission, j’avais encore quelques contacts avec elle, même s’ils étaient plutôt neutres. Je ne l’avais pas vue depuis que j’étais avec Oli. Je savais qu’elle était au courant, parce qu’Aidan lui avait dit. Elle n’était pas fondamentalement contre, je crois, mais je n’avais pas envie qu’elle me juge encore plus. Déjà que je n’étais pas le fils prodige qu’elle voulait avoir, que j’étais celui qui n’était devenu qu’un pauvre mécanicien, qui ne gagnait quasiment rien, juste assez pour vivre…

« Je ne sais pas, Oli… J’ai pas envie que ça fasse remonter de mauvais souvenirs, soupirai-je à nouveau. Je pense pas qu’elle serait contre notre relation, mais je ne veux pas qu’elle me compare à mon frère, monsieur le parfait… »

Au fond, je le croyais toujours supérieur à moi alors que c’était faux. Nous étions juste différents, et si elle n’était pas capable de se rendre compte de cela, alors c’était qu’elle n’était qu’une idiote. Mais qu’est-ce que je perdrais en reprenant contact avec elle ? Du temps, c’était tout, mais peut-être que nous pourrions au moins repartir sur de bonnes bases.

Je le relevai la tête en cherchant le regard bleu d’Olivier, avant de remarquer que je ne l’avais même pas entendu ou senti partir vers le salon pour s’asseoir dans le canapé. Il n’avait même pas entendu ou écouté ce que je lui disais, alors ! Quel salopard ! Je finis par me lever à mon tour et me déplaçai dans la pièce attenante pour le rejoindre.

« Je veux bien l’appeler, éventuellement… voir ce qu’elle devient. T’en penses quoi, c’est pas mal non ? »

J’étais éventuellement décidé, mais si ça se passait mal à mes yeux, alors il n’aurait pas intérêt à me forcer la main pour quoi que ce soit. Si j’appelais ma génitrice et qu’elle ne se montrait pas comme je l’attendais, alors je tirerais une croix sur cette famille à tout jamais perdue et brisée. Ma famille, de toute façon, c’était Olivier. Rien d’autre. Je n’avais pas besoin d’attaches pour être heureux. Nous pourrions même partir vivre à l’autre bout du monde dans la jungle que je serais heureux, du moment que j’étais avec lui.

« Si je reprends contact avec ma mère, tu le fais avec la tienne ? On l’emmerde, ton père ! »

Contre toute attente, je lui fis un sourire en tendant la main vers lui pour sceller le deal. Et si jamais son père l’empêchait de revoir sa mère, il aurait affaire à moi. Je n’étais pas Pierre, moi, je n’avais aucun tact, mais j’avais de gros bras et personne ne se mettrait en travers de ma route… pas même mon beau-père !

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