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 Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad

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Flavio Cavaletti


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MessageSujet: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Jeu 29 Jan - 16:58

Cazzo di tempo...!
Adrian Alpert & Flavio Cavaletti & Juliet Carlson
La main sur le volant, le moteur coupé, je regardai une énième fois l’immeuble devant lequel je m’étais arrêté. Il n’avait rien de particulier. Juste un immeuble parmi tant d’autre dans cette ville. Et pourtant. Cet immeuble n’était pas si banal pour moi, puisque c’était dans celui-ci que j’avais la promesse de revoir mon ami de longue date et ex, Saldszar. Ou plutôt Adrian maintenant. J’avais eu quelques semaines pour m’habituer définitivement à ce nouveau prénom que je devrais utiliser, surtout lorsque nous ne serions pas seuls. Et nous risquions de ne pas l’être, sa petite amie avait de fortes chances d’être présente…
Pour la énième fois je déchiffrai l’écriture d’Adrian et vérifiai l’adresse puis mon gps et je soufflai, réfléchissant au moment propice auquel aller sonner et surtout ce qui m’avait amené là. Ce papier que je tenais était le résultat d’une longue discussion avec mon ami, le fruit d’années loin de lui, et désormais que j’étais installé, en allant chez lui, je ne sortirai plus jamais de sa vie, je me le promettais.
Depuis ce soir-là, j’avais fait un aller-retour pour San Francisco, j’avais plaqué mon job, rendu mon appartement et dit au revoir à ma famille pour revenir en voiture avec le peu d’affaires que je possédais. Ici à Toronto j’avais emménagé dans un studio, quelque chose de provisoire en attendant de trouver un une pièce et j’avais trouvé un job de barman. J’avais en quelque sorte tourné la page pour démarrer une nouvelle vie. Je laissais derrière moi mes années de prison, je laissais mon pays, ma famille, tout ça parce que j’avais retrouvé un ex qui m’avait abandonné quinze ans en arrière… Est-ce que j’étais fou ? Sûrement. Et tout cela malgré tous mes sentiments contradictoires, le fait que j’arrivais à l’aimer autant que je le détestais, malgré mon envie de vengeance, ma détresse, j’avais fait tout cela sans sourciller…

En soupirant, créant un nuage de condensation à cause du froid, je repensai également à toutes ces choses qu’Adrian m’avait avouées et son état à la fin de notre conversation… Je me demandai même s’il ne regrettait pas de m’avoir donné ce bout de papier. Parce qu’après tout, maintenant je serais également un rappel constant de sa vie passée et de toutes ces choses qui le faisaient clairement souffrir… Une vie de criminel en fuite, la perte de sa femme et ses enfants à cause d’une erreur passée, la mort d’un enfant… Mon cœur se serra en essayant d’imaginer une fraction de ce qu’il avait pu ressentir et je serrai un peu plus le volant et le bout de papier pour ne pas craquer. Ce n’était pas le moment, vraiment pas…
Décidant que c’était le moment, j’ouvris rapidement la portière en attrapant au passage mes clés sur le contact et me retrouvai dans le froid hivernal. C’était une vraie plaie ces températures… Sans tarder, je traversai à grandes enjambées la distance qui me séparait de l’immeuble, emmitouflé dans la grosse veste que j’avais acheté exprès, et je m’engouffrai dedans alors que quelqu’un sortait. S’il savait qu’il tenait la porte à un criminel… J’eus un rire amer et pris l’ascenseur après avoir regardé à quel étage ils étaient sur la boite aux lettres, au 9ème. Et bientôt je me retrouvai sur le pas de la porte, hésitant. Je finis d’ailleurs par me trouver ridicule d’hésiter de la sorte et j’appuyai sur la sonnette sans une once d’hésitation.

Mon rythme cardiaque s’accéléra de manière notable quand j’entendis du mouvement derrière la porte. Je me demandai si en me voyant débarquer, Adrian allait me refermer la porte au nez, s’il allait être étonné de me voir apparaître comme ça après trois semaines, s’il s’était demandé où j’étais ce derniers jours alors que j’étais revenu. J’avais été clair dans mes intentions de revenir dans sa vie, et ça aurait été légitime de sa part de se poser ce genre de questions. Après l’avait-il fait… Je ne pus me poser plus de questions que la porte s’entrouvrit sur une jeune femme, blonde, légèrement plus petite que moi et belle comme un cœur. Je lui offris un sourire éclatant avant de m’annoncer.

« Bonsoir. Vous devez être Juliet… ? J’espère ne pas déranger, j’aimerais voir Adrian, si c’est possible… ? »

Elle me regarda perplexe, sûrement par le fait qu’elle ne m’avait jamais vu et qu’Adrian n’avait pas du la prévenir qu’un ami devait passer. Pour détendre l’atmosphère, je lui tendis la main qu’elle me donna timidement, toujours le même sourire plaqué sur mes lèvres, et je lui fis le baisemain tout en m’excusant.

« Quel rustre je fais ! Pardonnez-moi signorina… Mi chiamo Flavio, déclarai-je avec malice. »
electric bird.
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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Ven 30 Jan - 23:16


   
cazzo di tempo
   
Flavio & Adrian & Juliet

   
Emmitouflée dans une couverture pour me tenir chaud, entourée par les bras d’Adrian, il n’était pas question que je bouge d’un seul centimètre. C’était une de ces soirées froides, trop froides, même quand on y était habitué. Les températures de Toronto avaient violemment chuté, encore plus qu’avant. Même notre chauffage n’était pas suffisant pour que l’on ait chaud, et même blottis l’un contre l’autre, c’était limite. En frissonnant une énième fois, je décidai de finalement me relever, à grand regret, du canapé et de quitter les bras d’Adrian pour aller nous faire des chocolats. Si ça ne nous réchauffait pas, alors rien ne pourrait le faire. Je sentis le regard d’Adrian sur moi alors que j’avançais vers la cuisine en silence. Pendant que le lait chauffait au micro-ondes, je m’appuyai sur le plan de travail, en m’asseyant à demi dessus, les bras croisés sur ma poitrine, la tête baissée vers mes pieds.
Evidemment, je repensai aux évènements de ces derniers jours, notamment au fait que mon agresseur ait réussi à pénétrer dans mon appartement. Avec l’aide d’Adrian en plus. Lui qui pensait bien faire en aidant quelqu’un pour une fois… ça ne s’était pas réellement passé de la façon qu’il pensait. Depuis des jours, j’essayais de ne pas refouler mes peurs, mes craintes, et j’essayais aussi de ne pas ressasser mes souvenirs. C’était difficile, parce que j’avais l’impression de voir des hommes dans l’ombre à tous les coins de rue, des types prêts à se jeter sur moi comme cet enfoiré l’avait fait, et forcément, le malaise persistait. Jusqu’à quand tout cela allait durer ? Je n’en savais rien du tout, mais il fallait que ça vienne vite, parce que je n’allais pas tenir longtemps comme ça. Je savais qu’Adrian était à mes côtés, qu’il me soutenait du mieux qu’il pouvait, mais il n’était pas capable de me faire aller mieux. Psychologiquement parlant, s’entendait. Il n’était pas dans ma tête, et heureusement pour lui, d’ailleurs. Il fallait que je guérisse en quelques sortes. Si seulement je n’avais revu le type en question… tout aurait été plus rapide…

Il était un peu plus de vingt-et-une heure quand la sonnette de l’entrée retentit. Pas l’interphone. La sonnette. Il fallut que je me répète plusieurs fois pour me rassurer un peu. Si c’était la sonnette, ça voulait dire que c’était quelqu’un de l’immeuble, qu’il n’y avait pas de crainte à avoir. Je n’avais pas à être paranoïaque, pas cette fois. C’est donc tout naturellement que, étant la seule debout, je me dirigeai vers la porte d’entrée pour l’ouvrir. Si c’était un voisin qui avait besoin de quelque chose, on ne savait jamais ce qui pouvait arriver. J’indiquai ainsi à Adrian que j’allais ouvrir, et je m’empressai de déverrouiller pour ouvrir la porte.
Derrière, je découvris un homme que je n’avais jamais vu dans l’immeuble. Ma première réaction fut de me demander s’il y avait eu un emménagement. Je n’en avais pas entendu parler, mais je n’étais jamais là, à part le soir et le dimanche, alors peut-être que c’était passé inaperçu. En tout cas, j’étais pratiquement sûre qu’il s’agissait  d’un voisin. Qui d’autre de toutes façons ? Je détaillai légèrement l’homme en question, curieuse. Il était plus grand que moi, et en même temps, il n’y avait pas de mal, il était clairement brun, mais des mèches blondes parsemaient sa chevelure. Je haussai un sourcil quand il me fit un grand sourire et qu’il commença la discussion.

« Bonsoir. Vous devez être Juliet… ? »

Comment connaissait-il mon prénom ? Etait-il réellement un voisin, ce mec ? Je n’osais pas appeler Adrian à l’aide, parce qu’il fallait que je me débrouille toute seule, mais je commençais à paniquer, au fond de moi. Même s’il était un voisin, comment pourrait-il me connaître et comment pourrait-il savoir comment je m’appelais ? Ce n’était pas écrit sur ma boîte aux lettres, ni sur la sonnette, alors quoi ? Il m’espionnait ? Il m’avait suivie jusqu’ici ? Depuis quand ? Pourquoi ?

« J’espère ne pas déranger, j’aimerais voir Adrian, si c’est possible… ? »

Il connaissait Adrian ? Ce n’était même plus la quatrième dimension, cette fois, c’était au moins la neuvième ! Donc je pouvais me rassurer, parce que ce n’était pas un espèce de fou furieux qui voulait encore s’en prendre à moi. J’avalai difficilement ma salive, en comprenant que je m’étais emballée un peu vite, et que tout allait bien. Je m’apprêtai à appeler Adrian pour qu’il vienne accueillir son ami, quand je vis ce dernier me tendre la main. En lui tendant la mienne pour la serrer, un peu gauchement, je me demandai pourquoi Adrian ne m’avait jamais parlé d’un ami. A moins que ce ne soit Florent… Mais je me souvenais l’avoir vu une fois, au bar où travaillait Adrian, et il ne ressemblait pas à cet homme dans ma mémoire. Je n’eus pas le temps de réfléchir davantage puisqu’il empoigna ma main avec douceur. Je ne réussis même pas à me braquer, alors que mon corps entier se tétanisait par la terreur. Qu’est-ce qu’il allait me faire ? La dernière fois qu’on m’avait empoigné les poignets comme ça, ce n’était pas pour me faire du bien… Il finit par l’embrasser du bout des lèvres, ce qui me fit honteusement rougir, autant de gêne que de malaise, parce que j’avais pensé des choses tout bonnement idiotes.

« Quel rustre je fais ! Pardonnez-moi signorina… Mi chiamo Flavio »

Je crus comprendre, entre les lignes, qu’il était en train de me décliner son identité… en quelle langue ? De l’espagnol ou de l’italien ? Je n’en avais jamais fait, mais mon bon sens me disait que c’était forcément quelque chose comme ça, quoi d’autre ? Il s’appelait donc Flavio, et il était italien. Comment pouvait-il connaître mon Adrian ? Je ne doutais pas du tout du fait qu’il puisse apprécier des gens… mais il ne m’avait jamais parlé de cet homme, et c’était étrange qu’il vienne ici, du coup. Toujours un peu perplexe et honteuse par mon comportement, je récupérai possession de ma main et m’écartai un peu de la porte pour le laisser entrer, avant d’appeler Adrian qui était toujours dans le salon.

« Ad, c’est pour toi ! »

Je reculai dans le couloir pour les laisser tous les deux. Si c’était un de ses amis, je n’allais pas m’imposer, mais je n’arrivais cependant pas à sortir du champ de vision de cet homme, de ce Flavio. Je n’arrivais pas à comprendre, je me posais des tas de questions sur lui et je prévoyais déjà de tout demander à Adrian une fois que l’autre serait parti…

   
crackle bones

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

   (c) crackle bones


Spoiler:
 
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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Dim 1 Fév - 21:13



   
   Cazzo di tempo... !
   Flavio & Juliet & Adrian

C
onfortablement installé dans le canapé avec Juliet lovée dans mes bras, je fixais l’écran de la télévision d’un regard vague, sans vraiment faire attention à ce que j’avais sous les yeux. Je n’avais absolument pas suivi le film que nous avions lancé plus tôt dans la soirée, complètement perdu dans mes pensées depuis que nous nous étions assis. Je réfléchissais à tout et à rien à la fois, passant de moments de vide total à d’autres faits d’intenses réflexions sur des événements – récents ou pas – qui avaient eu lieu dans ma vie. Je me perdais en souvenirs que j’avais pourtant mis de côté depuis longtemps. Certains venaient des années que j’avais passé à Denver, d’autres plutôt du temps que j’avais passé à San Francisco et d’autres encore me renvoyaient loin dans le passé, alors que je n’étais qu’un gamin. Comment aurais-je pu imaginer à cette époque la vie que j’allais avoir ? Avant de devenir orphelin, j’avais encore plein de rêves pour mon avenir. Ils étaient la plupart du temps ridicules et insensés, mais malgré ce que je pouvais vivre avec ma mère, je gardais une vision enfantine de tout ça. J’allais faire un métier génial, sauver des gens, sauver le monde ! Je m’identifiais aux héros des bandes-dessinées que je lisais constamment, croyant dur comme fer que je deviendrais comme eux un jour. Puis, j’avais vu ma mère se tirer une balle dans la tête, après avoir tué mon père. Je ne savais pas vraiment si ça avait changé ma manière de voir les choses. Au fond, même si j’étais un peu amer, c’était plutôt un manque d’affection qui m’avait fait me comporter comme un sale gamin dans toutes ces familles d’accueil... Mais quand j’étais arrive à San Francisco, après tout ça, j’avais vite retrouvé mes envies de changer les choses... Notamment grâce au discours de Flavio, et tout ce qui avait pu en découler...

Juliet remua soudain contre moi et en comprenant qu’elle voulait se lever je desserrais mon étreinte sur elle et la laissais faire en posant un regard légèrement interrogateur sur elle. Elle ne dit rien, se contentant de resserrer sa couverture autour d’elle en se dirigeant vers la cuisine et je reportais mon attention sur l’écran face à moi en soupirant légèrement. Je ne savais plus quoi faire pour aider Juliet à aller mieux. Je voyais bien qu’elle avait du mal à s’en remettre, surtout depuis que j’avais amené ce type ici d’ailleurs... Ça m’apprendrait à vouloir rendre service. Comment, sur tout les habitants de Toronto, j’avais pu tomber sur lui ? Je me sentais coupable de l’avoir laissé pénétrer chez Juliet. Je faisais tout pour la réconforter depuis ce soir la, mais ce n’était pas encore assez. Je m’étais arrangé pour passer le plus de soirées possible avec elle depuis, mais il allait falloir que je recommence à m’en occuper bientôt, mes collègues étaient peut-être sympa mais il y avait des limites. Ça me rendait fou de ne rien pouvoir faire de plus, de la voir comme ça tout les jours, mais je ne trouvais pas de solution pour changer les choses.

La sonnette de l’appartement retenti et je relevai la tête, une nouvelle fois interrompu dans mes pensées. Je jetai un oeil vers Juliet, qui se dirigeait déjà vers l’entrée pour ouvrir la porte, et hésitait un moment à me lever pour la suivre avant de décider que c’était ridicule. Il s’agissait certainement d’un voisin, puisque l’interphone n’avait pas sonné, et même si je ne voyais pas pourquoi quelqu’un viendrait à cette heure ci, il n’y avait sans doute pas à s’inquiéter. Je tendis tout de même l’oreille, essayant d’entendre ce qui se disait, mais ils étaient trop loin et le son de la télévision couvrait les voix. Je me penchai alors vers la table basse pour ramasser la télécommande et éteindre l’écran juste au moment ou j’entendis Juliet m’appeler. Je fronçais les sourcils en l’entendant. Pour moi ? Mais quel voisin pourrait vouloir me parler ? Le peu d’entre eux que je connaissais étaient plutôt loin de m’apprécier, et je ne voyais  pas en quoi je pourrai aider qui que ce soit dans cet immeuble.
Néanmoins, je me levais rapidement pour aller voir de quoi il s’agissait, observant avec perplexité Juliet reculer légèrement dans le couloir avant de tourner les yeux vers l’entrée pour découvrir Flavio qui se tenait dans l’embrasure, un sourire aux lèvres. Je restais quelques secondes interdit avant de reprendre mes esprit et m’avancer vers lui. Cela faisait un moment qu’il était passé au bar et que je lui avais donné mon adresse. Les premiers jours, j’avais été un peu à cran, m’attendant à ce qu’il passe. J’avais commencé à paniquer légèrement, en imaginant qu’il veule venir chez Juliet alors que je n’y étais pas, me demandant ce qu’il aurait bien pu lui dire. Je pensais à ça tout le temps et ne parvenait pas à me le sortir de l’esprit, me questionnant au passage sur ce qu’il avait l’intention de faire. Puis, les jours s’étaient succédés sans qu’il ne montre signe de vie. J’avais fini par moins y penser, à me dire qu’il avait du retourner à San Francisco. Peut-être qu’il ne voulait plus me voir, après ce que je lui avais dit et après ce que je lui avais fait. Je refusais de me torturer l’esprit avec ça, alors j’essayais de le reléguer dans un coin de ma tête. Avec ce qu’il s’était passé le soir ou j’avais ramené Connor ici, je m’étais concentré sur Juliet et j’avais réussi à ne plus trop me poser de question à propos de lui. Et pourtant il était la. Je ne m’y attendais pas, pas maintenant et pas comme ça. Je ne savais pas à quoi je m’attendais en réalité, je lui avais donné l’adresse après tout alors il n’avait pas vraiment d’autre moyen de me contacter que de venir ici.

« Salut Flavio... Je m’attendais pas vraiment à te voir maintenant. »

À ces mots, je tentais de sourire faiblement, crispé parle regard de Flavio et la présence de Juliet derrière moi. Je ne lui avais pas encore parlé de l’italien. J’avais voulu, plusieurs fois, mais je n’avais jamais trouvé le bon moment ou eu le courage de le faire. Et puis, avec tout ce qu’il s’était passé, je me disais qu’elle devait avoir eu d’autres choses en tête. Maintenant qu’il était devant moi je ne pouvais m’empêcher de me dire que j’aurai mieux fait de la prévenir qu’il pouvait passer. Il était trop tard maintenant et j’imaginais déjà toutes les questions qu’elle pouvait se poser... Qu’est ce que ce serait quand elle apprendrait que je connaissais l’italien depuis très longtemps ? Qu’il savait plein de choses sur ma vie d’avant... Contrairement à elle ?

« Je..euh.. , bredouillais-je un ton plus bas pour ne pas que Juliet ne m’entende, j’ai pas vraiment parlé à Juliet à propos de.. Enfin tu vois... »

Je n’arrivais pas vraiment à trouver les mots, mais j’espérais que Flavio comprenne d’après le regard que je lui lançais. Je n’avais pas parlé de lui à Juliet, comme je ne lui avais jamais rien dit sur les trente premières années de ma vie, si ce n’était quelques anecdotes plutôt vagues. Je ne tenais pas vraiment à le faire d’ailleurs. D’abord parce que je n’avais pas envie d’en parler, c’était déjà dur d’y penser, et aussi parce que je ne savais pas quelle pourrait être sa réaction. J’avais déjà été marié, je l’étais d’ailleurs encore techniquement, j’avais des enfants, et j’étais même un criminel en fuite ! Comment pourrait-elle comprendre ? Comment pourrait elle accepter que je lui aie caché ? C’était impossible, et c’était pour ça qu’elle ne devait pas savoir.

« Enfin, entre , continuais-je en m’écartant pour le laisser passer. Je suis content de te voir... »

Je grimaçais devant le manque d’entrain dans ma voix. Ce n’était pas faux pourtant, dans un sens j’étais sincèrement content qu’il ne soit pas reparti à San Francisco sans nouvelles. Mais de l’autre, j’étais profondément stressé par sa visite, me rendant soudain compte à quel point c’était risqué pour moi qu’il rencontre Juliet... Sans compter le fait que ce qu’il s’était passé la dernière fois que nous nous étions vu me revenait maintenant en tête. Le baiser, comme ce qu’il m’avait dit... Et ça me mettais profondément mal à l’aise.
WILDBIRD

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life can do terrible things
Made my mistakes, let you down, and I can't hold on for too long. Ran my whole life in the ground and I can't, I can't get up when you're gone. You are my only one.


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Flavio Cavaletti


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Lun 16 Mar - 23:35

Cazzo di tempo...!
Adrian Alpert & Flavio Cavaletti & Juliet Carlson
Rapidement, je vis que la seule appellation de mon prénom ne la fit pas tiquer et je me demandai finalement s’il avait, ne serait-ce qu’une fois, parlé de moi. Que ce ne soit pas le cas ne m’étonnerait pas, en fin de compte. Mais j’avais toujours eu cet espoir. Même si ça n’avait été que de façon casuelle, en rentrant, juste une petite mention de moi pour celle qui apparemment comptait le plus à ses yeux. Mais non, je n’avais même pas eu droit à ce traitement de faveur, et maintenant elle apprendrait qui j’étais de la manière la plus brutale. Enfin, je n’irai sûrement pas lui crier que j’étais un ex et que j’avais toujours des vues sur lui. Elle ne devait même pas savoir qu’il avait déjà été avec un homme…
Je sortis de mes pensées quand je l’entendis appeler « Ad’ » et que des bruits de pas répondirent à son appel. Puis, il apparut dans mon champ de vision et je ne pus empêcher un immense sourire de se former sur mes lèvres. Cela faisait tellement longtemps que je ne l’avais plus vu en habit pour traîner et légèrement décoiffé… Là-dessus, il n’avait pas beaucoup changé et je partis quelques instants dans mes souvenirs, à me rappeler ces soirées à trois devant la TV en mangeant des pizzas faites maisons…

« Salut Flavio... Je m’attendais pas vraiment à te voir maintenant. »

Enthousiasmé n’était pas vraiment le premier mot qui me serait venu à l’esprit en l’entendant prendre la parole et je me sentis un peu déçu. Je n’aurais pas du, je ne m’attendais pas à ce qu’il me saute dans les bras ou autre, et pourtant j’aurais voulu autre chose qu’une simple remarque du à ma présence. Je me repris cependant bien vite. Peut-être qu’après tout je me faisais des films, comme souvent ces dernières semaines…

« Je..euh.. j’ai pas vraiment parlé à Juliet à propos de.. Enfin tu vois... »

Il avait baissé le ton et parlé à voix basse de telle sorte que je doutai que sa petite amie l’ait entendu alors qu’elle se trouvait encore à quelques mètres derrière nous. Elle se contentait de nous observer avec une curiosité plutôt normale, mais je ne m’attardai pas sur cela et je compris pourquoi. Elle ne savait rien. Tout ce qu’Ad m’avait avoué, elle n’en savait rien du tout. Même moi, alors que je risquais de débarquer à tout moment, elle n’en soupçonnait même pas l’existence. Mon intuition avait donc été bonne…
Je le regardai sourire de façon crispée et je devinai par son regard qu’il souhaitait que je ne dise pas de conneries… Je me demandai un instant si ça ne serait pas plus simple de tout lui dire et la voir se barrer pour me laisser le champ libre, mais Adrian ne me le pardonnerait jamais… Je devrais donc jouer le jeu, contre mon gré, en mémoire de notre amitié…

« Enfin, entre, enchaîna-t-il rapidement. Je suis content de te voir... »

Je fis quelques pas pour passer le seuil de la porte et j’observai tranquillement son entrée, non sans me dépêtrer de mon sourire. La décoration était simple, presque inexistante, et cela suffisait. Mais je finis par finir m’en désintéresser et je portai à nouveau mon attention sur mon vieil ami puis sur sa petite amie.

« Excusez-moi de passer à l’improviste comme ça… J’espère que je ne dérange pas ? »

Je sortis rapidement de son petit sachet une bouteille de vin, que j’avais failli oublier d’attraper avant de sortir de ma voiture, et je lui tendis en souriant un peu moins fortement.

« Pour me faire pardonner de l’heure… Et puis c’est une bouteille venant de Californie, je me suis dit que ça te ferait plaisir… »

Je me tus ensuite en ne sachant pas comment exprimer le fait que moi aussi, je puisse être heureux de le revoir. Avec sa copine à côté, même le simple geste de le prendre dans mes bras serait étrange. Pourtant, ce n’était pas l’envie qui manquait. En trois semaines, j’avais eu le temps de me repasser les souvenirs de nos retrouvailles en boucle, mais surtout la fin, notre baiser et nos étreintes… Je pouvais encore le sentir contre moi… Et bien malgré moi, tout cela sonnait comme quelqu’un de complètement et éperdument accroc à quelqu’un d’autre…
electric bird.
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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Mar 17 Mar - 12:02


 
cazzo di tempo
 
Flavio & Adrian & Juliet

 
Rapidement, je ne fus plus toute seule face à cet inconnu. Adrian s’empressa de me rejoindre, et j’étais pratiquement certaine qu’en réalité, il avait déjà écouté la conversation. Alors qu’il était encore dans le salon, je le vis me regarder d’un air inquiet. Nul doute qu’il se demandait si j’allais bien, si j’avais encore peur de quelque chose. Bizarrement, ce n’était pas spécialement le cas. Cet homme n’allait rien me faire, et il venait simplement le voir lui. C’était quelqu’un qu’il connaissait, je n’avais pas à m’angoisser. Bien sûr, j’étais fébrile, forcément, ce n’était pas comme si j’étais hyper rassurée par la présence d’un étranger dans mon appartement, mais j’allais docilement le laisser entrer. D’ailleurs, lorsqu’Adrian pénétra dans le couloir de l’entrée et qu’il remarqua le dénommé Flavio, il se figea et son sourire  aussi. Pour autant, il ne semblait pas mécontent de le voir, et je fus encore un peu rassurée. Il ne s’était pas attiré d’ennuis. Son hésitation ne dura pas longtemps puisqu’il se rapprocha de son ami en le saluant. Pendant qu’il lui sortait des banalités, je ne pus que les observer tous les deux, en fronçant légèrement les sourcils.
Je n’arrivais pas à me rappeler d’une fois où Adrian m’aurait parlé de cet homme. Pourtant, je l’écoutais tout le temps, et s’il me parlait de quelqu’un – et c’était rare ! – j’arrivais à me souvenir pendant très longtemps de qui il s’agissait et de ce qu’il avait dit sur cette personne. Mais jamais je n’avais entendu parler d’un Flavio. Est-ce que ça avait un rapport avec ce que Douglas m’avait déjà dit à son propos ? Ce type venait forcément des Etats-Unis. Sinon j’en aurais entendu parler. Adrian ne parlait jamais de sa vie d’avant. Il était arrivé à Toronto à peu près en même temps que moi, et de fait, je savais qui il fréquentait ici, qui il aimait bien ou qui il détestait. Flavio ne faisait pas partie de ces gens. En les regardant tous deux d’un air suspicieux, j’essayais de ne pas me faire de films, et de ne pas imaginer des choses qui étaient peut-être – et sûrement – fausses, et j’attendis qu’ils avancent un peu… ce qui n’arriva pas spécialement tout de suite. Adrian s’était rapproché de lui, et il avait parlé plus bas. S’il croyait que je n’avais pas compris ce qu’il faisait, il se trompait. Il me cachait des choses, ça faisait longtemps que je le savais, et Flavio était l’une d’entre elles. S’en rendait-il compte lui-même ? Aucune idée. En tout cas, ce que venait de lui marmonner Adrian ne semblait pas spécialement l’enchanter. Néanmoins, tout ceci ne dura pas et bien vite, Adrian se recula de l’entrée pour laisser passer son ami. Je ne pipai mot, en préférant garder mes questions pour plus tard.

Il ne fallut pas longtemps à Flavio pour entrer et porter son regard sur mon appartement. Pour ma part, je ne bougeai pas d’un pouce, je restai stoïque, silencieuse et perdue. Je me demandais pourquoi Adrian ne m’avait pas parlé de lui, et ça me rendait carrément triste, en réalité. Est-ce qu’il avait un problème de confiance ? Ne voulait-il pas m’en parler parce qu’il avait peur de mon regard, de mon jugement… ou d’autre chose ? Il me connaissait pourtant, il savait que je ne pouvais pas le juger pour ce qu’il faisait. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il ne m’avait pas parlé de cet ami. Ils semblaient bien se connaître, en plus, et Flavio avait l’air radieux d’être ici. Pour autant, je n’aimais pas sa présence chez moi. Si Adrian n’avait pas parlé de lui, c’était qu’il y avait une raison, quelle qu’elle soit. Peut-être même qu’il se forçait à l’accueillir alors qu’il n’en avait pas du tout envie. Après tout, son sourire était faux. Il était plaqué sur ses lèvres, figé, et pas naturel du tout. Alors je n’allais peut-être pas être des plus accueillantes. Plus vite Flavio serait parti, plus vite j’aurais des réponses…

« Excusez-moi de passer à l’improviste comme ça… J’espère que je ne dérange pas ? demanda-t-il avant de sortir une bouteille de vin et de reprendre la parole. Pour me faire pardonner de l’heure… Et puis c’est une bouteille venant de Californie, je me suis dit que ça te ferait plaisir… »

Mes yeux passèrent de Flavio à la bouteille de vin, et de la bouteille de vin à Adrian. De Californie ? Donc il venait de là-bas. Et Adrian avait dû le connaître là-bas. Je soupirai intérieurement en me rendant compte que même avec cet indice-là, je ne pouvais pas comprendre pourquoi il m’avait caché son existence. Je ne connaissais pas son parcours, je ne connaissais rien de lui, et ça me faisait encore plus mal de m’en rendre compte. Il était temps que Douglas trouve des informations. Je savais que je ne pourrais jamais les extorquer à Adrian… et je me voyais mal les demander à Flavio.
Quant au fait qu’il ait ramené du vin, ça me dépassait un peu. C’était comme s’il savait que nous adorions ça Adrian et moi. Il ne pouvait pas le savoir, n’est-ce pas ? Je me posais des questions idiotes pour rien ! C’était une coïncidence, rien de plus. Mais j’avais la sensation de presque me faire évincer. Même si Flavio s’adressait à nous deux dans ses paroles – et encore !! –, son regard, sa posture, ses gestes n’étaient destinés qu’à Adrian, et je savais que j’étais en trop. Pourtant, j’étais incapable de bouger et de les laisser seuls. Je voulais être présente… au cas où. Je sentis presque instantanément de la colère quand Adrian attrapa la bouteille et je ne pus m’empêcher de prendre la parole, presque sans m’en rendre compte.

« Vous êtes qui exactement ? demandai-je férocement, presque de façon agressive. Adrian n’a jamais parlé de vous ! »

J’avais parlé peut-être un peu fort, pour être sûre de me faire entendre et je fus moi-même surprise de la force que j’avais mis dans ma voix. Deux paires d’yeux se tournèrent vers moi et me fixèrent quelques instants alors que le silence trop pesant reprenait ses droits. Je me sentis rougir, bien sûr, comme d’habitude, mais pour autant, je ne baissai pas les yeux. J’étais bien trop souvent butée. Et ce soir-là ferait partie des soirs où je ne lâcherais pas l’affaire. Je savais que ça ne plaisait déjà pas à Adrian, mais ils étaient tous les deux chez moi. Et jusqu’à preuve du contraire, je décidai encore de ce qu’il se passait chez moi ! Alors c’était tout mignon de ramener du vin et de s’excuser pour l’heure, mais je m’en fichais pas mal. Je voulais juste savoir qui était ce type, d’où il connaissait Adrian et pourquoi il venait comme ça, à l’improviste, sans que j’aie entendu parler de lui au préalable ! Bien sûr ça ne plairait pas à Adrian. Mais ce n'était pas la première fois que l'on s'engueulerait de toutes façons. Et je n'allais pas laisser passer cette occasion de bien lui faire comprendre que je savais qu'il me cachait des choses ; des choses que je désirais connaître... Vu son regard, il l'avait déjà compris !

 
crackle bones

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Mer 25 Mar - 0:20



   
   Cazzo di tempo... !
   Flavio & Juliet & Adrian

I
ntérieurement, j’étais partagé entre deux sentiments bien distincts. D’un côté, il y avait la joie de revoir mon ami après autant d’années en sachant qu’il ne m’en voulait pas, en tout cas d’après ce qu’il avait dit. Depuis qu’il était venu me voir au bar, à la fin de mon service, je ne pouvais plus nier qu’il m’avait manqué, et j’étais heureux de voir qu’il n’avait pas décidé de disparaitre comme je l’avais fait bien des années plus tôt. Il aurait très bien pu repartir en Californie ou n’importe où d’autre sans plus jamais essayer de me retrouver… Après tout je ne l’avais pas vraiment bien accueilli, je lui avais déballé toute ma vie depuis que je m’étais enfui, j’avais pleuré comme un gamin… Et lui il avait passé dix ans en prison, dix ans pendant lesquels je n’avais pas une seule fois essayé d’avoir de ses nouvelles. Il avait toutes les raisons de me détester… J’avais même fini par me dire que ça devait être le cas en voyant que les jours passaient et qu’il ne refaisait pas surface. Pourtant il m’avait dit l’inverse et puis… il y avait eu ce baiser. Ce baiser auquel j’avais répondu, sans vraiment comprendre pourquoi ou comment c’était arrivé. Flavio devait l’avoir remarqué, et ce qu’il m’avait dit juste après me le confirmait d’ailleurs autant que ça m’effrayait. Il était-là, le deuxième sentiment qui tourmentait mon cœur et mon esprit à présent. La peur. Cette même peur qui me poursuivait depuis que j’avais changé d’identité, depuis que cette foutue bombe avait pris la vie d’un homme innocent. La peur d’être démasqué. La peur que mon vrai nom refasse surface, que mon passé me rattrape et que tout ce que je m’efforçais de construire se retrouve, une nouvelle fois, réduit en poussières. Durant les dix années que j’avais passé à Denver, j’avais eu le temps de mettre cette angoisse de côté. J’y avais vraiment cru, à cette nouvelle vie. Et au final j’avais eu tort…

J’avais de nouveau réussi à écarter cette peur quand j’avais emménagé à Toronto. Et voilà qu’elle refaisait surface en même temps que Flavio. J’étais tellement angoissé à l’idée que Juliet puisse découvrir quoique ce soit, à l’idée qu’il ait pu retrouver ma trace alors que j’avais tout fait pour que ce soit impossible, que je n’arrivais pas à me détendre. Si lui avait pu me trouver, alors qui le pouvait ? Cette question tournait dans mon esprit sans relâche, m’empêchant de me comporter normalement. Si je continuais comme ça, Juliet allait forcément se poser des questions… qu’elle se posait déjà, d’ailleurs. Je refermai la porte derrière Flavio quand il finit par entrer en observant vaguement l’entrée avant de me rapprocher de Juliet et lui. Il se concentra à nouveau sur nous, posant son regard sur moi puis sur Juliet qui le regardait avec une expression que je n’arrivai pas à définir avant de briser le petit silence étrange qui s’était installé.
« Excusez-moi de passer à l’improviste comme ça… J’espère que je ne dérange pas ? »

Nous restâmes tous les deux silencieux, l’observant sortir une bouteille du sachet en plastique qu’il portait à la main. Je ne savais pas vraiment si ça dérangeait Juliet qu’il passe si tard, à vrai dire nous n’avions pas spécialement l’habitude de recevoir. Nous passions la plupart de nos soirées lovés dans le canapé, un peu comme celle-ci avait commencé d‘ailleurs.

« Pour me faire pardonner de l’heure…, reprit-il en me tendant la bouteille. Et puis c’est une bouteille venant de Californie, je me suis dit que ça te ferait plaisir… »

L’espace d’un moment, je restais immobile, incapable de réagir alors qu’il tenait toujours la bouteille de vin, avant de retrouver l’usage de mes mouvements pour m’en emparer. Je m’attardais un instant sur l’étiquette, la caressant légèrement avec mon pouce tout en lisant. Du vin californien… là, ça faisait un bon moment que je n’en avais pas bu. Je relevais les yeux vers Flavio, m’appretant à le remercier en m’efforçant de sourire le plus naturellement possible quand Juliet pris soudain la parole d’un ton acéré.

« Vous êtes qui exactement ? Adrian n’a jamais parlé de vous ! »

Les yeux écarquillés, je me tournais lentement vers elle en même temps que Flavio, sans trop comprendre sa réaction si soudaine. D’accord, elle devait certainement se poser des questions, des tonnes de questions même, mais ce n’était pas vraiment son genre de se comporter de la sorte… En croisant son regard, je compris immédiatement que la soirée allait être bien plus éprouvante que prévu. La jeune femme avait presque l’air en colère, et fronçais les sourcils en me regardant comme si elle voulait me faire comprendre quelque chose. D’abord surpris, je lui renvoyais un regard interrogatif avant de comprendre où elle voulait en venir. Elle ne m’avait plus posé tellement de questions depuis l’épisode du théâtre, mais ça ne voulait pas dire qu’elle ne cherchait pas de réponses. Et nul doute que le fait que Flavio débarque chez elle sans que je n’ai jamais ne serait-ce qu’évoqué son nom la pousse à vouloir ces réponses encore plus rapidement.

Mes doigts se crispèrent un peu sur la bouteille de vin et mon regard dévia sur Flavio. Que pouvais-je dire sur lui ? Certainement pas la vérité. Ou du moins pas l’entièreté de celle-ci. Juliet n’avait pas à savoir à quel point j’avais pu connaître l’italien, elle n’avait pas à savoir ce que nous avions partagé exactement. D’abord, ça compliquerait encore tout et ça me semblait déjà assez ardu comme ça. Et puis, savoir un truc pareil ne l’avancerait en rien. Elle voulait des réponses à ces questions, mais elle n’imaginerait certainement pas ce qui avait pu se passer entre nous alors ça n’était pas la peine que j’en parle. Mon esprit divagua l’espace d’une seconde dans de vieux souvenirs alors que je fixais encore Flavio. Ils me paraissaient si lointains et si proches à la fois. La sensation de ses lèvres contre les miennes, les frissons qui secouaient mon corps quand sa peau touchait la mienne, je pouvais même encore entendre ses gémissement et les miens, revoir son visage et ses cheveux trempés de sueur… Je détournais soudainement le regard, chassant du même temps tous ces souvenirs, rougissant presque en me rendant compte de ce à quoi je venais de penser. Il me fallut encore quelques secondes avant de me rappeler que Juliet avait posé une question à laquelle aucun de nous deux n’avait répondu.

« Désolé Ju…, commençais-je après m’être légèrement éclaircit la gorge. J’aurai du te prévenir… Flavio est passé au bar l’autre soir, c’est là que j’ai donné l’adresse… J’ai dû oublier de t’en parler, avec tout ce qu’il s’est passé ces derniers temps… »

Je scrutais son regard en lui parlant, tentant de paraître aussi convainquant que possible. Je ne mentais pas totalement, après tout… Je ne voulais pas spécialement lui rappeler son agression, je savais parfaitement qu’elle préférait oublier ça et je le comprenais d’ailleurs parfaitement. Mais je ne voyais pas comment j’aurai pu justifier le fait qu’elle n’ait jamais entendu parler de l’italien avant, et j’avais été pris un peu au dépourvu pour le coup.

« C’est un vieil ami , fis-je en jetant un coup d’œil à Flavio. Je l’ai connu alors que je vivais en Californie et puis on s’est un peu… perdu de vue. C’est pour ça que je lui ai donné l’adresse et proposé de passer…  »

Je m’interrompis, ne voyant pas vraiment quoi dire de plus. Je ne voulais pas en dire trop d’emblée, préférant ne pas lui donner d’idée de questions qu’elle ne se poserait pas encore. Je regardais ensuite Flavio à nouveau, me demandant si l’explication lui convenait. Il avait eu l’air de comprendre que je ne comptais pas vraiment parler de mon passé à Juliet, et j’espérais que je ne m’étais pas trompé à ce propos. Je restais quelques secondes silencieux avant de me rendre compte que je n’avais toujours pas remercié l’italien.

« Merci…, fis-je finalement. Pour la bouteille. Ça me fait plaisir. »

Cette fois je parvins à sourire de manière plus sincère alors que je me détendais légèrement. Il me fallait un peu de temps pour m’habituer à sa présence, mais je n’avais pas de raison de stresser comme je le faisais… Après tout il n’allait pas dire de truc qui pouvaient me mettre dans l’embarras… si ?
WILDBIRD
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life can do terrible things
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Flavio Cavaletti


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Mer 25 Mar - 23:52

Cazzo di tempo...!
Adrian Alpert & Flavio Cavaletti & Juliet Carlson
Un blanc gênant s’installa alors que je tenais toujours la bouteille à bout de bras en direction d’Adrian. J’étais pourtant certain que le cadeau lui ferait plaisir et qu’il s’empresserait de l’attraper, par nostalgie peut-être. Même derrière lui, sa petite-amie ne bougeait ni ne parlait pour briser le silence qui s’était abattu sur la pièce. Puis, comme si rien ne s’était passé, il sortit de sa transe, attrapa mon cadeau et s’attarda sur l’étiquette, pensif. Je souris, content qu’apparemment ça puisse lui faire remonter des souvenirs - car quoi d’autre après tout ? – et je me retrouvai à le fixer dans les yeux quand il releva les siens vers moi. Si j’avais pu, j’aurais tout fait pour conserver cette bulle autour de nous. Cette bouteille de vin symbolisait nos jeunes années, et à son air pensif, il devait y penser tout autant que moi, ce qui me réconforta particulièrement. Nous n’en achetions pas souvent, mais avec mes pizzas, ça passait toujours très bien… Alors que je souriais toujours autant, mon sourire se figea bien rapidement quand j’entendis Juliet prendre la parole avec un ton tout sauf amical.

« Vous êtes qui exactement ? Adrian n’a jamais parlé de vous ! »

Je tournai la tête vers elle doucement en même temps qu’Adrian, partagé entre l’envie de lui répondre avec une remarque acerbe au tac au tac, ce qui résulterait en un échange houleux, ou celle de la taquiner. Dans les deux cas, je n’étais pas sûr que mon ami approuve, alors je gardai le silence en continuant de la fixer. Elle avait rougi en sentant nos deux regards sur elle et je ne pus m’empêcher de remarquer à quel point elle avait l’air d’avoir du caractère, un trait que j’appréciais chez les femmes. Si elle n’était pas la copine du mec que je convoitais et si elle n’était pas aussi hostile, elle aurait pu facilement devenir la cible de mes convoitises… Mais actuellement elle continuait de me fixer sans détourner les yeux et je maintins le regard alors qu’un sourire naquit au coin de mes lèvres.
A côté cependant, Adrian n’en menait pas aussi large et semblait réfléchir à ce qu’il allait dire. Son regard s’était à nouveau posé sur moi et je pouvais sentir son dilemme. Il savait pourtant que je ne pouvais pas l’aider, et si ce n’était pas par respect pour lui, j’aurais déjà répondu à la question de la blonde en affirmant mon désir de lui voler son mec et en appuyant bien sur le fait qu’il avait été mien bien des années auparavant. Puis, au bout de plusieurs secondes qui paraissaient des heures, le brun finit par prendre doucement la parole pour désamorcer la situation.

« Désolé Ju... J’aurai du te prévenir… Flavio est passé au bar l’autre soir, c’est là que j’ai donné l’adresse… J’ai dû oublier de t’en parler, avec tout ce qu’il s’est passé ces derniers temps… »

Je dus me retenir de sourire encore plus avant de tilter sur la fin de la phrase… Ces derniers temps ? J’écarquillai un peu les yeux avec curiosité. C’était quoi cette excuse ? De mon côté, je savais parfaitement qu’il ne voulait pas en parler, qu’il éviterait d’en dire trop coûte que coûte pour au final enterrer le passé le plus possible avec elle. Je serais la seule personne qui le connaîtrait réellement, à qui il pourrait se confier, comme il l’avait déjà fait… Et cette perspective m’enchantait. Autant que la possibilité qu’on se rapproche à nouveau, que ces années ne veuillent plus rien dire, que l’on reprenne où l’on s’était arrêté, cette fois où nous nous étions enlacés avant d’aller déclencher cette bombe… Je frissonnai malgré moi en repensant à notre dernière nuit ensemble. Vraiment, il fallait que je fasse tout pour qu’il réponde à mes avances…

« C’est un vieil ami. Je l’ai connu alors que je vivais en Californie et puis on s’est un peu… perdu de vue. C’est pour ça que je lui ai donné l’adresse et proposé de passer… »

Un vieil ami, je me mordis la lèvre alors les images peu orthodoxes que j’avais en tête continuaient de défiler. Si je continuais ainsi, j’étais bon pour la douche froide. Je me concentrai à nouveau sur le couple face à moi. Adrian avait l’air d’attendre une quelconque confirmation et je me contentai d’hocher la tête en haussant un peu les épaules. Bien sûr que ce qu’il disait me convenait. Je m’en fichais. Et quand bien même ça n’allait pas à Juliet, ce n’était pas mon problème. Elle devrait s’y faire car je n’irais nulle part.

« Merci… Pour la bouteille. Ça me fait plaisir. »

Je lui fis un énorme sourire en réponse alors que le sien faisait miroir. J’oubliai même momentanément que Juliet n’avait pas réagi aux excuses du brun mais son regard perçant me fit tourner la tête. Je ne savais pas trop quoi dire pour la dérider définitivement et je m’approchai, prêt à refaire le pitre.

« J’ai pleins de dossiers gênants sur lui quand il avait vingt ans à vous raconter si ça peut vous convaincre signorita, m’adressais-je à Juliet avec un clin d’œil. »

Avec un regard entendu, je regardai Adrian en pouffant de rire avant de sourire à Juliet. Ma remarque n’avait été faite que pour lui dire à quel point nous étions de vieux amis. Je ne comptais pas vraiment lui raconter en détails ces mois que nous avions passé ensemble, inséparables.

« D’ailleurs mon père t’en veux encore pour ses fleurs, il m’en a encore parlé la semaine dernière… riais-je en parlant à nouveau à Adrian. »

Je dus me mordre la joue pour ne pas éclater de rire en y repensant. Saldszar avait été un sujet tabou avec mon père pendant ces nombreuses années. Mais le jour où j’étais revenu en Californie et chez mon père pour lui dire que je l’avais revu, sa première remarque avait été de me rappeler à quel point il voulait encore l’attraper pour avoir saccagé les fleurs du jardin. Ces souvenirs avaient été un poison pendant près de quinze ans, et maintenant, j’avais l’impression de renaître petit à petit.

« Enfin, je suis désolé qu’il ait oublié de me mentionner, parce que de son côté, il n’a pas oublié de me parler de la charmante jeune femme qui fait son bonheur… charmais-je Juliet en me reprenant. »

J’en faisais trop, j’en étais conscient. Mais j’avais envie de passer la soirée avec mon ami sans embrouille et si pour cela je devais me mettre la copine dans la poche tout en le couvrant, alors je n’hésiterais pas à le faire. Et je sus que j’étais bien parti quand son visage prit une nouvelle fois une charmante teinte rosée…
electric bird.
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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Jeu 26 Mar - 19:29


 
cazzo di tempo
 
Flavio & Adrian & Juliet

 
Habituellement, je n’avais aucune raison d’être jalouse. Depuis que nous nous connaissions, Adrian et moi, je n’avais jamais eu à lui demander où il était, avec qui, ce qu’il faisait. Notre relation était claire comme de l’eau de roche, transparente, au point que je lui vouais une confiance extrême. Il était toujours avec moi, tous les soirs nous nous retrouvions et ça ne changeait jamais. Il n’aimait pas sortir, il n’aimait pas retrouver des gens, il détestait même quand je prévoyais un repas avec mes collègues. Même après son départ, deux ans plus tôt, je n’avais pas pu être jalouse de qui que ce soit. J’avais compris qu’il ne passait du temps avec personne d’autre, que ce soit ses amis ou une autre femme. Et depuis qu’il était revenu dans ma vie, rien n’avait changé. J’avais l’impression d’avoir retrouvé ma vie d’avant, celle que je chérissais plus que tout. Nous étions bien tous les deux, uniquement tous les deux. On n’avait besoin de rien de plus.
Et voilà que ce Flavio venait tout chambouler ! Qui était-il d’abord, pour se pointer chez moi à cette heure-là, et penser qu’une bouteille de vin pourrait tout réparer ?! Il venait mettre en péril tout l’équilibre que nous avions Adrian et moi, et je détestais cette idée. Alors, je devais bien reconnaître que c’était de la jalousie, que je ressentais, qui m’avait fait réagir comme ça et qui me rendait aussi furieuse. Parce que j’étais vraiment en colère. Pourquoi Adrian ne m’avait pas parlé de ce type ? Pour quelle raison encore obscure il n’avait même pas simplement prononcé son prénom ? Un prénom italien, c’était peu courant, je m’en souviendrais quand même… De fait, je n’avais pas pu me taire et j’avais peut-être parlé un peu durement…

Rapidement, je sentis qu’Adrian se tendait au possible. Qu’est-ce qu’il avait encore ? J’avais touché une corde sensible, sans aucun doute. C’était sûr, sinon il ne me regarderait pas avec ses yeux de merlan frit. Il m’avait déjà vue m’énerver, alors il savait ce que ça donnerait s’il ne me répondait pas. J’attendis, les mains sur les hanches, bouillonnante. Si je n’avais pas de réponse, cet homme allait pouvoir reprendre la bouteille de vin et se barrer de chez moi. Je n’avais aucune envie d’accueillir un inconnu ici, pas après le dernier qu’Adrian m’avait ramené ! Il le savait, pourtant !! Au bout d’un moment que je jugeais bien trop long, je vis les joues d’Adrian rosir et je sentis une boule se former dans ma gorge, anticipant sa réaction en me disant que je n’allais clairement pas aimer ça du tout, pendant qu’il détournait les yeux.

« Désolé Ju... J’aurai du te prévenir… Flavio est passé au bar l’autre soir, c’est là que j’ai donné l’adresse… J’ai dû oublier de t’en parler, avec tout ce qu’il s’est passé ces derniers temps… , commença-t-il en me regardant droit dans les yeux. C’est un vieil ami. Je l’ai connu alors que je vivais en Californie et puis on s’est un peu… perdu de vue. C’est pour ça que je lui ai donné l’adresse et proposé de passer… »

Un vieil ami ? Ca, j’avais cru le comprendre, oui, s’il venait de Californie, mais je n’avais pas le souvenir qu’Adrian m’ait un jour dit qu’il était très proche de quelqu’un en particulier, même s’ils s’étaient « perdus de vue » comme il le disait si bien. Je le croyais sur parole, pourtant, presque persuadée qu’il ne mentait pas. Il était tête en l’air, ou alors il le faisait exprès, mais s’il n’en avait pas parlé, c’était pour une raison… et la raison, c’était pour ne pas m’inquiéter, ou me stresser, ou me faire poser des questions, au choix. Je penchais pour la troisième, sans trop savoir pourquoi. J’aurais préféré que ce soit pour les deux premières, mais je sentais que ce n’était pas le cas. C’était évident… Douglas m’avait bien dit qu’il avait des choses à cacher, et je ne pouvais plus m’enlever tout cela de la tête. Alors que je réfléchissais à ce que je pouvais lui répondre, sans que rien ne me vienne, il se tourna de nouveau vers son ami italien, et le remercia pour la bouteille. J’observais leurs comportements sans rien dire, en me rendant compte que celui d’Adrian était vraiment étrange. C’était comme s’il était intimidé par cet homme que je ne connaissais pas encore. Je n’aimais pas ça. Qui était-il vraiment ? Pourquoi avais-je un mauvais pressentiment à propos de lui ?
Finalement, je reposai mon regard sur Flavio, en essayant de le sonder, de savoir ce qu’il cachait lui aussi. Il avait forcément des trucs à cacher si Adrian en avait. Quelque chose me disait qu’ils avaient fait des choses ensemble, mais je ne pouvais pas encore savoir quoi. Je voyais rouge, rien qu’en pensant que cet homme en savait plus sur mon petit ami que moi. Quand il s’approcha un peu de moi, je tins bon et ne reculai pas, ce que j’aurais fait en temps normal.

« J’ai pleins de dossiers gênants sur lui quand il avait vingt ans à vous raconter si ça peut vous convaincre signorita. »

L’entendre rire me répugna encore plus et je jetai un rapide coup d’œil à Adrian avant que Flavio ne repose ses yeux sur moi, en me souriant gentiment. Pourquoi je ne le sentais pas, hein ? Il avait l’air gentil, mais je savais, je sentais, j’étais sûre qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Je n’arrivais pas à déterminer pourquoi, mais si j’étais jalouse, ce n’était pas pour rien. Pendant qu’il parlait de son père, qui en voudrait à Adrian pour je ne savais quoi, je détaillai encore un peu cet homme, désireuse de trouver une faille, un détail qui me délivrerait des informations. Peut-être que je pouvais en demander à Douglas, en fait… mais il faudrait sûrement payer en plus, et là, ce serait problématique… En soufflant rageusement par le nez, je me concentrai de nouveau pour l’écouter, alors que tout ce que je voulais, c’était qu’il quitte mon appartement et nous laisse tranquille. Si Adrian le faisait partir, je pouvais promettre de ne pas poser de questions…

« Enfin, je suis désolé qu’il ait oublié de me mentionner, parce que de son côté, il n’a pas oublié de me parler de la charmante jeune femme qui fait son bonheur… »

Rougissante de nouveau et incertaine, je regardai de nouveau Adrian, qui semblait plutôt confiant désormais. Il avait parlé de moi à Flavio ? Mais… enfin… je ne le connaissais même pas, et puis il ne me connaissait pas non plus, pourquoi parler de moi ? …

« … C’est vrai ? »

La question était sortie toute seule, tellement j’étais abasourdie. Etais-je jalouse pour rien ? C’était ridicule, j’étais sûre qu’il y avait quelque chose, et je ne pouvais pas me tromper, quand même ! Mais pourtant, ça ne m’étonnait même pas qu’Adrian ait parlé de moi… en fait, c’était même évident. J’aurais fait pareil de mon côté, et je l’avais déjà fait. Combien de fois j’avais raconté que l’homme que j’aimais était le plus merveilleux que la Terre ait porté ?
Une fois de plus dans ma vie, je me sentis très conne, et j’eus envie de disparaître. Ce n’était pas très poli de s’enfuir et de s’enfermer dans une pièce en attendant qu’il parte, et puis, j’avais déjà commencé à l’agresser, alors je pouvais bien rester plus longtemps, même si je n’en avais pas envie. Je m’étais peut-être trompée sur son compte, même si je n’avais pas envie de l’admettre. Peut-être que mes tripes m’avaient dit d’être jalouse pour rien. J’étais perdue encore ces derniers temps, à cause de tout ce qu’il s’était passé, Adrian avait raison.. ça avait été compliqué.

« On va peut-être pas rester dans l’entrée ? demandai-je d’une petite voix, honteuse, en regardant Adrian à nouveau. »

J’allais faire profil bas jusqu’à ce qu’il parte. Je n’allais plus rien demander, et sûrement pas sur le ton que j’avais utilisé avant. Je verrai bien ce qu’il se passerait, mais si je n’avais pas de raison d’être jalouse, tout se passerait bien… et je n’aurais pas de raison d’être jalouse… n’est-ce pas ?

 
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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Lun 13 Avr - 2:01



   
   Cazzo di tempo... !
   Flavio & Juliet & Adrian

L
es mains toujours crispées sur la bouteille de vin, je tentais désespérément de paraître aussi détendu que possible. Je n’avais aucune envie que Juliet se pose trop de questions, même s’il était sans doute bien trop tard pour cela. Il fallait qu’elle ait l’impression que la visite de Flavio me semble normale. Pour le moment, visiblement, je n’arrivais pas vraiment à la convaincre et après tout c’était évident. Elle n’était pas idiote. Je n’avais pas vraiment d’ami, je passais tout mon temps avec elle et je ne me souvenais pas de lui avoir parlé de quelqu’un d’autre que Florent qui bossaient au bar avec moi. Et certainement pas de Flavio. Ça j’en étais sûr, jamais je n’avais ne serait-ce qu’évoqué le blond. Comme je n’avais jamais parlé d’à peu près tous les évènements et personnes importantes de mon passé. De mon passé tout court. Juliet me connaissait depuis cinq ans et pourtant que savait-elle vraiment de moi ? Qu’avais-je pu lui raconter sur les trente premières années de ma vie ? Des anecdotes vagues pour meubler une enfance floue aux Etats-Unis ? C’était à peu près tout. Elle n’avait pas eu l’air de trop s’en faire, les premières années. Mais depuis que nous nous étions retrouvés, après la mort de Charlie et ma fuite, je savais que ce n’était plus pareil. Elle voulait en savoir plus, même si elle semblait avoir compris que je n’avais aucune envie de lui répondre. Et je ne doutais pas qu’elle sauterait sur la moindre occasion d’en apprendre sur moi. La venue de Flavio ici par exemple. Pour l’instant elle semblait plutôt se méfier de l’italien, le regard qu’elle lui lançait était plutôt clair.

Immobile auprès d’eux, j’attendais que l’un ou l’autre réagisse. Flavio me souriait, et je lui répondis un peu timidement, presque intimidé. Je n’avais pas de raison d’être tendu à ce point. La réaction de Juliet était simplement logique par rapport à ce qu’elle avait vécu récemment. Je devais arrêter de m’en faire, de toute façon elle ne pouvait pas tout deviner par elle-même… Elle n’imaginait certainement même pas la vérité. Comment le pourrait-elle après tout ? C’était bien trop gros. Seul Flavio savait, seul lui connaissait toute l’histoire puisque je lui avais tout expliqué la dernière fois. Et c’était très bien comme ça. Je sortis soudainement de mes pensées quand je vis l’italien tourner à nouveau la tête vers Juliet et je l’imitais, l’observant alors qu’il s’approchait légèrement pour lui parler.

« J’ai pleins de dossiers gênants sur lui quand il avait vingt ans à vous raconter si ça peut vous convaincre signorita , fit il avec un clin d’œil. »

A ces mots, il ria légèrement en me jetant un regard alors que je me crispais un peu plus. Je me doutais qu’il n’allait rien raconter de réellement compromettant pour moi mais l’idée qu’il puisse parler de la moindre anecdote, de la moindre petite chose qui pouvait mettre la puce à l’oreille de Juliet me faisait carrément flipper.

« D’ailleurs mon père t’en veux encore pour ses fleurs , reprit-il, amusé. Il m’en a encore parlé la semaine dernière… »

Un peu surpris cette fois, je haussais légèrement le sourcil. Son père ? Ses fleurs ? Tout ça me semblait tellement loin, comme venu d’une autre vie. C’était plus de dix ans plus tôt après tout… Et pourtant je m’en souvenais encore très bien. Ces souvenirs que j’avais enfuis au plus profond de ma mémoire étaient toujours là, parfaitement intacts, comme la preuve ultime que je ne pouvais pas échapper à mon passé si facilement. J’avais cru que je pouvais oublier, mais ce n’était visiblement pas le cas. Je souriais à nouveau à Flavio avant de porter mon attention sur Juliet. Elle n’avait pas l’air convaincue et semblait même plutôt avoir envie que le blond parte aussi loin que possible. Flavio du s’en rendre compte puisqu’il reprit la parole en s’adressant à nouveau à elle.

« Enfin, je suis désolé qu’il ait oublié de me mentionner, parce que de son côté, il n’a pas oublié de me parler de la charmante jeune femme qui fait son bonheur…
- … C’est vrai ?  »

Ses paroles semblèrent avoir l’effet escompté puisque Juliet rougit soudainement et changea totalement d’attitude. Elle me regarda, l’air étonnée, et je lui renvoyais un sourire aussi confiant que possible. C’est vrai que j’avais parlé de Juliet à Flavio, même si ce n’était pas vraiment de la façon dont il le laissait entendre. Je n’avais pas vraiment eu le temps de m’étendre non plus, je lui avais parlé de beaucoup d’autres choses ce soir-là et ça avait été assez rapide. Quoi qu’il en soit, Juliet semblait maintenant s’en vouloir légèrement et c’est d’une petite voix qui n’avait rien à voir avec le ton qu’elle avait utilisé plus tôt qu’elle reprit en me regardant à nouveau :

« On va peut-être pas rester dans l’entrée ?  »

Je lui fis un sourire qui se voulait rassurant et hochait la tête, content qu’elle ait l’air moins hostile avant de faire un signe du bras vers le salon en leur proposant de s’installer pendant que j’allais chercher des verres pour boire le vin que Flavio avait apporté. Je fonçais rapidement dans la cuisine pour attraper trois verres et revenir dans le salon aussi vite que possible, peu enthousiaste à l’idée de les laisser tous les deux seuls. Une fois les verres remplis devant chacun, je posais la bouteille sur la table et pris place dans le canapé à côté de Flavio puisque Juliet s’était installée dans le fauteuil simple qui faisait face. Un peu perdu devant cette situation qui me semblait tant irréelle, je restais quelques instants à les regarder chacun à leur tour, essayant de me convaincre que Flavio et Juliet étaient vraiment assis tous les deux dans le même salon. Réfléchissant rapidement, j’essayais de trouver quelque chose à dire pour briser le silence.

« Alors… comment tu vas depuis la dernière fois… ?  demandais je après m’être éclaircit la gorge. T’es rentré en Californie ? Tes parents vont bien ? »

Je supposais que oui, étant donné qu’il avait parlé de son père et qu’il n’était pas passé plus tôt… Et d’ailleurs, est-ce qu’il comptait rester à Toronto ? Ou il ne faisait que passer ? Je n’avais aucune idée de quelles étaient ses intentions… Une des phrases qu’il avait prononcées la dernière fois me revint soudainement en tête. Il avait dit qu’il serait là, si Juliet ne m’avait pas vraiment pardonné… Sur le coup, je n’avais pas trop réfléchi, bien trop perturbé par le fait d’avoir revu Flavio, le choc de la mort de James et le baiser qui avait suivi tout ça. Mais que voulait-il vraiment dire par là.. ? J’essayais un peu de scruter le visage de l’italien pour trouver une réponse mais je ne savais pas quoi y lire. Est-ce que je devenais complètement parano, à m’imaginer que Juliet pourrait découvrir tout ce que je cachais rien qu’en rencontrant Flavio, ou à penser que l’italien avait quelque chose en tête ?
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Flavio Cavaletti


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Mer 15 Avr - 22:40

Cazzo di tempo...!
Adrian Alpert & Flavio Cavaletti & Juliet Carlson
Mes mots eurent instantanément l’effet escompté et je pus entendre Juliet demander d’une petite voix si c’était vrai. J’avais gagné la manche et son animosité envers moi s’était envolée comme un nuage de fumée dans la brise. J’étais amusé de voir à quel point il était facile de la calmer en mentionnant à quel point son homme était amouraché, comme si la jalousie la consumait. Je ne mettais pas en cause l’intuition féminine bien sûr, mais sincèrement, quelles étaient les chances qu’elle comprenne d’instinct qu’il y avait eu plus entre Adrian et moi qu’on ne laissait le paraître ? Minimes, infimes. La jalousie ne devait donc pas être le moteur de sa réaction… Et pourtant, ça y ressemblait…
Par la suite, elle regarda Adrian, et non moi, pour nous inviter à quitter l’entrée d’une petite voix et le brun me montra le salon pour que je m’y asseye. Je le vis disparaitre rapidement dans une pièce adjacente, la cuisine sûrement, et je me retrouvai seul avec Juliet. Mais ça ne dura pas et je m’assis sur le canapé puisque la blonde avait prit place sur le seul fauteuil. Je n’arrivais pas à la déchiffrer et cela me perturba grandement. Depuis quand je n’en étais plus capable ? J’avais beau la fixer avec un petit sourire pour ne pas passer pour un psychopathe, je ne comprenais pas pourquoi elle était comme ça. Durant ma contemplation, je pensai tout de même à remercier doucement Adrian quand il me servit un verre du vin que je leur avais offert, sans pour autant détourner mon regard.
Finalement, c’est la voix du brun qui m’arracha de ma réflexion et je tournai la tête vers lui pour l’écouter.

« Alors… comment tu vas depuis la dernière fois… ? T’es rentré en Californie ? Tes parents vont bien ? »

Je baissai les yeux un millième de seconde en me rappelant qu’il ne savait pas, pour ma mère, avant de me reprendre. Comment il aurait pu savoir après tout… ? Nous avions parlé de lui, principalement, et j’avais mentionné James… Mais sinon, il ne savait rien de moi, sur ces quinze dernières années, sur mes années en prison, rien. Et je ne pouvais pas lui dire ce soir, je ne tenais pas forcément à plomber l’ambiance. Déjà qu’y penser ne me donnait pas très envie de faire le pitre comme à mon habitude…

« Un peu crevé… J’ai ramené ma voiture ici donc je suis revenu par les routes, grimaçais-je en repensant à ces interminables heures au milieu du no man’s land américain. Je vais emménager ici alors il me la fallait… »

Je laissai ma phrase quelques secondes en suspens le temps qu’Adrian comprenne bien les tenants et les aboutissants de cette affirmation… J’allais rester, trouver un travail et tenter de le reconquérir. Et si finalement, ce n’était qu’un échec, je me contenterais d’être son meilleur ami, celui avec qui il partageait tout, ou presque…
Malgré ces pensées pas forcément très positives quand à l’avenir, je gardai un sourire impeccable plaqué sur le visage et je continuai comme si rien ne me perturbait.

« Sinon ça va… Il profite de la retraite… continuais-je au sujet de mon père. »

Bien sûr à l’oral il n’y avait aucunes façons de savoir que je parlais au singulier et non au pluriel, ce qui me sauvait des questions trop embarrassantes. D’ailleurs, Adrian m’offrit un petit sourire, sûrement en train de les imaginer profiter de leur grande maison en faisant un diner de famille tous les deux jours pour nourrir toute la tribu… Pour le coup, je ne pourrais pas lui donner tort, même si les bons petits plats de ma mère nous manquaient à tous…

« Enfin, ils vont tous me manquer mais ça y est, la Californie c’est derrière moi ! Il était temps que je redémarre à zéro ailleurs, et je suis content que l’on se soit retrouvé dans cette ville ! m’exclamais-je avec enthousiasme. D’ailleurs comment ça va toi ? Enfin vous ? Depuis toutes ces années ici ? »

Pour Adrian, il n’y avait aucun doute que je déformais la vérité. J’étais venu le chercher lui, et il le savait très bien. Si j’avais choisi cette ville, c’était pour lui, et certainement pas pour son climat ou pour le pays. Mais ça, Juliet n’était pas obligée de le savoir. Il y avait pleins de choses dont elle n’avait pas besoin de savoir la vérité. Parmi toutes celles-ci, mon passé, son passé, notre passé…
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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Jeu 16 Avr - 22:46


cazzo di tempo
Flavio & Adrian & Juliet

Cette révélation avait eu le don de me retourner l’esprit dans tous les sens. Pourquoi ressentais-je cette jalousie alors que je n’avais pas de raison de la ressentir ? Après tout, ce n’était qu’un ami d’Adrian, et ça ne pouvait pas être mauvais. Au moins, ça me prouvait qu’il n’avait pas fait de trop grosse connerie, sinon ses anciens amis ne voudraient plus le revoir. Ce n’était pas le cas. Cependant, je remarquais quand même qu’Adrian n’était pas très à l’aise. Il avait ce sourire crispé, qu’il prenait quand il n’était pas vraiment dans une situation qui lui convenait. Il ne disait rien, il semblait vraiment heureux de revoir son ami, mais il avait des craintes, que je ne connaissais pas, que je ne comprenais pas… et ma curiosité était piquée au vif. Elle devenait brûlante, impérieuse, il fallait que je sache et je ne pouvais pas. Comment pouvais-je lui dire que je voulais tout savoir ? Je n’allais pas lui balancer ça comme ça, sans aucun rapport avec ce que nous pourrions avoir comme sujet de conversation durant cette soirée.
Lorsqu’il nous fit passer dans mon salon, comme s’il était l’hôte de la maison, j’en fus aussi surprise que contrariée. Effectivement, il était chez lui aussi, enfin, je le ressentais comme ça, et je venais clairement de leur dire que nous n’allions pas discuter en restant debout dans le vestibule… mais malgré moi, malgré les bons efforts que je pourrais essayer de faire, je restais très mécontente qu’un inconnu pénètre chez moi. Je n’étais pas sûre que ça avait forcément un rapport direct avec ce Flavio, en réalité. Ca avait peut-être simplement à voir avec le fait que la dernière fois, Adrian m’avait ramené mon agresseur sans le savoir et que ça avait fini mal pour celui-ci. Cette fois, je savais qu’il ne se battrait pas avec son ami… mais ça ne me rassurait pas plus que ça, pas pour l’instant. Pourtant, plus je le regardais, plus je me disais qu’il n’avait pas l’air méchant, et encore moins d’avoir envie de faire du mal à qui que ce soit. Je sentais son regard sur moi, alors que je rougissais comme une tomate, tandis que nous nous asseyions dans le salon, lui sur le canapé, et moi dans le fauteuil où je pourrais être tranquille et loin de lui. Adrian était parti chercher des verres en cuisine et j’essayais de ne pas paniquer. C’était difficile. Me retrouver avec un inconnu comme ça, sans avoir été préparée au préalable, ça m’angoissait énormément. Comme quand je sortais de l’appartement toute seule tous les matins. Comme quand je partais de la boutique le soir pour rentrer chez moi. Si Adrian n’était pas avec moi, je paniquais, je jetais des regards en tous sens, je pleurais presque dans la rue. Cette fois, c’était différent, parce que je savais qu’il était là, qu’il veillait sur moi et qu’il ne laisserait rien m’arriver. Et puis, je n’avais pas à craindre un de ses amis. Il revint d’ailleurs très rapidement pour remplir nos verres et je m’agrippai au mien dès lors qu’il me le tendit, en le déposant doucement sur mon genou gauche, alors que j’avais recroquevillé mes jambes pour me faire toute petite dans mon fauteuil.

« Alors… comment tu vas depuis la dernière fois… ? T’es rentré en Californie ? Tes parents vont bien ? »

La réaction de Flavio ne m’échappa pas. Alors qu’il avait posé son regard noisette sur Adrian pour l’écouter et ensuite lui parler, j’avais relevé les yeux vers lui en calmant la chaleur de mes joues. C’est pourquoi je pus savoir dès la première seconde que la question d’Adrian venait de lui crever le cœur. Et mon ex-fiancé ne semblait même pas l’avoir regardé, vu le regard qu’il lui lançait. Il avait bien d’autres soucis en tête, visiblement, et je devais en faire partie, vu qu’il ne cessait de me jeter de légers coups d’œil. Mais Flavio, lui, il pensait à autre chose, quelque chose qui ne semblait pas lui plaire du tout, et j’eus un pincement au cœur en comprenant que ça devait avoir un rapport avec sa vie privée, forcément. J’allais bien me garder de lui poser des questions, bien entendu, mais j’étais sûre qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Il expliqua alors brièvement qu’il était fatigué, qu’il était revenu avec sa voiture et qu’il allait emménager ici, à Toronto, avant de parler de ses parents, qui, selon lui, profitaient de leur retraite. La douleur sourde mais bien ardente que je vis dans ses yeux quand il en parla d’une façon qu’il voulut détachée ne m’échappa pas. Encore une fois, je me tus. Il avait ses raisons de ne pas en parler à son ami, c’était son problème.

« Enfin, ils vont tous me manquer mais ça y est, la Californie c’est derrière moi ! Il était temps que je redémarre à zéro ailleurs, et je suis content que l’on se soit retrouvé dans cette ville. D’ailleurs comment ça va toi ? Enfin vous ? Depuis toutes ces années ici ? »

Son regard avait changé, cette fois, mais je me retrouvais à fixer le sol quand il posa les yeux sur moi. J’avais cru apercevoir une lueur de défi dans le marron de ses yeux et j’essayais d’imaginer pourquoi il nous regardait ainsi. Enfin, je ne comprenais pas pourquoi il me demandait comment j’allais. Il ne me connaissait même pas, et Adrian n’avait pas dû lui raconter tout ce qu’il s’était passé, quand même. Je le voyais très mal faire ça. C’était notre vie privée, et il ne voulait plus penser à son fils. Il ne l’aurait pas dit à Flavio, tout comme Flavio ne lui disait pas qu’il se passait quelque chose avec ses parents. Je n’allais certainement pas lui répondre. Je ne savais pas quoi dire de toute façon. Qu’en aurait-il à faire de ma petite vie minable ? En soupirant de consternation, pas assez inaudiblement pour ne pas être entendu, je portai mon verre de vin à mes lèvres alors qu’Adrian me regardait en coin. Je me figeai en comprenant qu’il avait bien capté mon soupir. Puis, je haussai les épaules. Et puis quoi ? J’avais bien le droit de soupirer. Déjà qu’il avait dit à un de ses amis de passer chez moi, alors que je n’étais pas au courant rien que de son existence… je pouvais encore soupirer chez moi, non ? Et puis, même si ce n’était pas le cas du tout, je voulais paraître ennuyée par toute cette scène. Tout ce que je voulais, c’était me retrouver avec Adrian pour la fin de la soirée, reprendre ce que nous faisions auparavant et la terminer dans les bras l’un de l’autre. Pas discuter avec quelqu’un qui mentait comme il respirait… Alors si je pouvais envoyer des signes pour que ça termine plus vite…  je n’allais pas m’en priver. Pas le moins du monde. Parce que pour le moment, je ne me sentais pas du tout concernée par tout cela. J’aurais pu aller dans la chambre et faire autre chose, mais je ne faisais pas confiance à cet homme, malgré toutes ses belles paroles. J’allais rester et m’ennuyer. Point barre.  

crackle bones

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

   (c) crackle bones


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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Sam 20 Juin - 3:25



   
   Cazzo di tempo... !
   Flavio & Juliet & Adrian

J
’avais l’impression d’être dans la quatrième dimension. Flavio et Juliet réunis dans le salon de cette dernière, partageant la bouteille de vin qu’il avait apportée directement de Californie en souvenir du bon vieux temps comme si tout était normal… Mais cette situation était loin d’être normale. C’était même à la limite de l’anachronisme, c’était deux personnes qui sortaient de deux époques différentes de ma vie et qui se retrouvaient devant moi. Je n’étais plus le garçon que Flavio avait connu. J’avais changé, j’avais grandi, je ne portais même plus le même nom. Je n’avais plus rien à voir avec Saldszar. Je ne voulais plus rien à voir avec Saldszar. Tout ça, c’était derrière moi, tout comme ma vie de famille à Denver. Et pourtant, je lui avais donné cette adresse. Je lui avais raconté tout ce que j’avais vécu en quinze ans, je m’étais ouvert à lui comme si j’étais encore le gamin influençable que j’étais quand je l’avais connu… Au fond, avais-je vraiment changé ? Je voulais le croire, vraiment, mais alors que faisait-il assis à côté de moi ? Je n’aurais jamais dû l’écouter. Je n’aurais jamais dû me confier. Je n’aurais jamais dû le laisser m’embrasser. J’aurais plutôt du continuer à agir comme je le faisais avant qu’il ne m’annonce la mort de James, le repousser, lui dire de repartir d’où il venait et que je ne voulais plus le voir… J’en avais été incapable et maintenant j’étais dans la merde. Une fois encore perdu dans mes réflexions, j’écoutais à peine l’italien quand une phrase me ramena à la réalité.

« Je vais emménager ici alors il me la fallait… »

Il allait emménager ici. A Toronto. Dans la même ville que celle où je vivais depuis cinq ans maintenant… Et je n’arrivais pas à me décider sur ce que je devais penser de ça. Une partie de moi était heureuse, j’étais content de retrouver Flavio, qui avait été avant tout autre chose l’un des meilleurs amis que j’ai pu avoir. Mais l’autre paniquait totalement à l’idée qu’il puisse tout foutre en l’air. Parce qu’il le pouvait. Il savait tout. Tout ce que Juliet ne savait pas, tout ce que je lui avais caché pendant ces années… Il lui avait suffi d’une soirée pour tout savoir sur moi. En à peine une heure, il savait tout et il m’embrassait. Comment ça avait pu se produire ? Je n’arrivais pas à l’expliquer. Ou plutôt, je refusais d’admettre qu’il puisse encore avoir une quelconque emprise sur moi, qu’il s’agisse de ma naïveté à cette époque, comme je m’efforçais de m’en persuader… ou des sentiments, quels qu’ils soient, que j’avais pu éprouver pour lui.

Flavio parla ensuite de ses parents, qui d’après lui profitaient de leur retraite, avant de rajouter que sa famille allait lui manquer en insistant bien sur le fait qu’il était content de repartir à zéro… et qu’on se retrouve dans cette ville. Comme il l’avait dit au bar, il était venu pour moi. Je le savais très bien, et je le voyais encore dans ses yeux. Ça avait le don de m’angoisser. Parce que j’étais très bien placé pour savoir que si l’italien désirait quelque chose, il faisait tout pour l’obtenir… et y parvenait, la plupart du temps.

« D’ailleurs comment ça va toi ? Enfin vous ? Depuis toutes ces années ici ? »

Mon regard suivit le sien quand il se tourna vers Juliet en demandant ça. La blonde baissa quasi instantanément les yeux et tout ce qu’il s’était passé quelques temps plus tôt avec Connor me revint soudain en tête. Je faisais de mon mieux pour qu’elle puisse passer à autre chose, j’essayais de l’aider comme je pouvais mais je savais qu’elle y pensait encore souvent… J’avais plutôt mal géré ce coup là. Et encore plus en invitant Flavio, un inconnu pour elle, dans son propre appartement. J’en étais conscient et je m’en voulais… Mais je ne pouvais pas le foutre dehors. Pas comme ça. Pas après qu’il ait fait tout ce chemin, pas après que je lui ai déballé ma vie. Encore une fois, la même dualité malmenait mon esprit.  Je voulais que Flavio reste et à la fois qu’il s’en aille pour ne plus jamais réapparaitre.

Voyant que Juliet ne semblait pas vouloir répondre, je me tournai à nouveau vers l’italien quand j’entendis un soupir venant de la blonde. Je lui jetai un regard en coin et la vis boire une gorgée de vin avant de hausser les épaules d’un air désintéressé. Visiblement, elle n’était toujours pas très enthousiaste à l’idée d’avoir un type qu’elle n’avait jamais vu avant chez elle, ce que je pouvais parfaitement comprendre. Reportant mon attention sur Flavio, je réfléchis deux seconde à ce que je pouvais lui répondre. Comment ça allait pour nous ? C’était un peu compliqué à expliquer.

« Euh… Ouais, ça va… On a eu quelques emmerdes ces derniers temps… Enfin, c’est terminé maintenant. »

Evidemment, je savais que tout n’était pas terminé. Depuis que nous étions à nouveau ensemble, nous avions traversé pas mal de moments difficiles et j’espérais de tout cœur que tout allait bientôt rentrer dans l’ordre. Mais avec Flavio en ville, je n’étais pas vraiment certain que ma vie et celle de Juliet allaient reprendre leur cours normalement... Mon regard dévia à nouveau sur Juliet et s’y posa un instant durant lequel je restais silencieux. Il fallait qu’on arrive à retrouver ce qu’on avait avant Charlie… On pouvait y arriver, j’en étais persuadé, j’allais faire des efforts pour qu’elle ait à nouveau confiance en moi, je n’allais plus m’énerver comme je l’avais fait devant elle lorsque j’avais brisé ce cadre (paix à son âme), ou lorsque j’avais compris que Connor était son agresseur. J’allais la rendre heureuse à nouveau, et me rendre heureux par la même occasion. Et je n’aurai plus à repenser au passé.

« De toute façon, l’important c’est qu’on soit tous les deux…, soufflais-je. »

Il me fallut quelques secondes pour me rendre compte que j’avais dit ça à voix haute. Reprenant mes esprits une fois de plus, je posai à nouveau les yeux sur Flavio en continuant.

« Comme tu le sais, je sers dans un bar-restaurant… Et Juliet est vendeuse dans une boutique de chaussures. C’est là que je l’ai rencontrée… »

Un sourire se dessina sur mes lèvres alors que les souvenirs de cette journée me revenaient en tête, mais il faiblit rapidement quand je me rendis compte que nous ne serions peut-être plus jamais aussi heureux et insouciants qu’au tout début de notre relation… La mort de Charlie avait littéralement brisé le rêve que nous vivions. Il serait dur de retrouver ça, encore plus à cause de ce que j’avais fait ensuite…
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Flavio Cavaletti


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MessageSujet: Re: Cazzo di tempo...! Flav & Ju & Ad   Ven 3 Juil - 2:01

Cazzo di tempo...!
Adrian Alpert & Flavio Cavaletti & Juliet Carlson
Etonnamment, alors que je m’attendais à ce qu’elle parle un peu, au moins pour faire la conversation, Juliet baissa les yeux en gardant le silence quand je tournai mon regard sur elle. Elle, qui promettait d’avoir un petit caractère qui n’était par pour déplaire en plus de la beauté, n’allait plus piper mot et serait bien sage après lui avoir dit que son copain l’aimait comme un fou ? Ça ne tenait pas debout. C’était presque… comme si… comme si elle se sentait menacée, en fait. Mais pas par ma concurrence, non… Par autre chose. Et je me demandai si Adrian n’avait pas omis de me parler de quelque chose.
Comprenant que je n’obtiendrais rien de cette observation, je détournai le regard vers Adrian, qui quant à lui semblait déjà plus enclin à me parler et je lui souris. Ce n’était pas encore ça, il avait toujours l’air légèrement dépassé, mais il ne me foutrait pas dehors à la première occasion, et c’était déjà ça… Retrouver ce que nous avions prendrait du temps aussi, mais j’avais la patience, j’étais déterminé.
Un soupire me sortit de ma contemplation et je retournai les yeux vers la blonde qui visiblement était en fait agacée. Ou juste complètement désintéressée.

« Euh… Ouais, ça va… On a eu quelques emmerdes ces derniers temps… Enfin, c’est terminé maintenant. »

Je regardai à nouveau Adrian, reprenant ma contemplation interrompu plus tôt. Je me demandais bien ce qu’il pouvait définir comme des emmerdes. S’il m’en avait déjà parlé. Si tout simplement il m’en parlerait si nous étions à nouveau les deux. Parfois, une pensée me faisait douter. Et si je l’avais réellement effrayé en l’embrassant ? S’il l’aimait vraiment autant qu’il me l’avait fait comprendre, il devrait se sentir menacé, il devrait sentir que son couple l’est tout autant. Il me connaissait trop bien, il savait que je n’avais pas changé, que rien n’avait changé pour moi par rapport à lui. Et il savait surtout que si je ne l’avais pas oublié en quinze ans, ce n’était pas pour monter un club de tricot avec lui en le retrouvant… C’était mon meilleur ami. Il l’avait toujours été. Et il me manquait. L’homme que j’avais en face de moi ne l’était plus. Il n’était pas celui que je réconfortais sur le petit toit de notre maison, alors qu’on regardait les étoiles. Il n’était pas celui auquel je m’étais confié. Et ça m’attristait.

« De toute façon, l’important c’est qu’on soit tous les deux… »

Mon cœur se serra légèrement alors que je ne laissai rien paraître. Il avait visiblement laissé échapper ça, et comme je me doutais, je n’avais plus la place principale que j’avais un jour occupée, même si j’étais en face de lui, en chair et en os.

« Comme tu le sais, je sers dans un bar-restaurant… Et Juliet est vendeuse dans une boutique de chaussures. C’est là que je l’ai rencontrée… »

Une pointe de jalousie réapparut quand il évoqua leur rencontre. Le soir où nous nous étions revus, il n’était pas entré dans les détails, trop détruit déjà par les faits. Alors quoi ? Ils s’étaient réellement rencontrés dans un magasin de chaussures ? En fronçant les sourcils, j’essayai d’imaginer comment ça s’était passé. Lequel des deux avait fait le premier pas et avait demandé le numéro de l’autre par exemple. J’avais le souvenir d’un Saldszar plutôt timide et je le voyais mal aller la voir pour lui demander de sortir avec lui. Ou alors en bégayant.
A ma grande surprise, je ne sentis pas ma jalousie perdurer et un petit rire m’échappa en m’imaginant la scène dans ma tête, ce qui les fit me fixer bizarrement.

« Et lequel des deux a fait le premier pas ? demandais-je en contenant mon rire. Je parie qu’Ad’ a fini aussi rouge qu’une tomate quelle que soit la personne qui l’a fait ! »

Mon sourire disparut très vite quand je vis leur air perplexe. N’avais-je pas raison ? Sal’ rougissait pour un oui ou pour un non au tout début, et j’imaginais que c’était le cas dès qu’il était en présence de quelqu’un qui lui plaisait, et même ce après le début de la relation. Avec cette fille, ça n’avait pas du déroger à la règle. Enfin, je l’espérais. Car sinon, sa copine allait finir par croire que je ne connaissais pas du tout Adrian, et elle serait suspicieuse. Chose qui ne m’aiderait franchement pas.
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