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 [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian

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Adrian Alpert


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MessageSujet: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Ven 12 Déc - 2:19

Maybe we're victims of fate

Quelques jours avaient passés depuis mes retrouvailles avec Juliet et j’avais déjà l’impression que tout était redevenu comme avant. J’allais chez elle dès que je finissais le boulot, quand je ne faisais pas les nuits et je passais ma soirée avec elle, devant un film, un livre. On ne faisait rien de spécial, mais rien n’aurait pu me rendre plus heureux que cette vie que l’on menait. Je n’avais besoin de rien d’autre qu’elle de toute façon. Contrairement à ce que certains pouvaient penser je ne m’ennuyais pas du tout. Je n’avais pas besoin d’action tout le temps, j’avais appris à profiter des moments de répit que la vie pouvait offrir parce que je savais qu’ils étaient parfois écourtés brutalement. Alors c’était ce que je faisais, et ça me convenait parfaitement. Je n’avais pas toujours été aussi casanier, alors que je n’étais qu’un gamin je ne tenais pas en place plus de deux minutes. Je voulais que les choses bougent autour de moi, j’avais besoin de mouvement. C’était d’ailleurs une des raisons qui m’avaient poussé à me mêler à ce projet de bombe. Je trouvais ça génial à l’époque, j’étais persuadé que ça pourrait changer les choses. En fait, c’était Flavio qui m’en avait persuadé. Il m’avait suffi de quelques mots de sa part, et j’étais partant. L’incident et l’arrestation qui avait suivi avaient grandement refroidit mes ardeurs de jeune utopiste. J’avais passé les dix années suivantes dans la peur constante d’être retrouvé, et c’était finalement ce qui était arrivé. Tout ça m’avait amené ici, à Toronto.

Et j’avais rencontré Juliet. Pendant deux ans et demi, j’avais vécu un tel bonheur que j’avais fini par croire que tous les évènements horribles qui s’étaient déroulés dans ma vie avaient un sens : ils me guidaient vers elle. Si ma mère n’avait pas tué mon père, si je n’avais pas rencontré Flavio, si je n’avais pas fait un excès de vitesse ce jour-là, jamais je n’aurai atterrit à Toronto. Peut-être que vivrai encore avec Mathilde et les enfants. Peut-être que je serais encore à San Francisco avec Flavio. Peut-être que j’aurai une vie totalement différente, que j’irais voir mes parents tous les dimanches. Mais les choses ne s’étaient pas passées de cette façon. Et grâce à tout ça, j’avais rencontré la femme que j’aimais. C’est la conclusion que j’en avais tirée à cette époque. Et après, il y avait eu Charlie. Tout le bonheur qu’il avait pu nous apporter. Et la tempête qu’il avait laissée derrière lui quand il était parti.
Ma journée de boulot se terminait et je ressassais une énième fois toutes ces pensées dans mon esprit. J’étais profondément heureux d’être à nouveau avec Juliet, mais dans le même temps j’avais une sorte d’anxiété constante qui me tordait les entrailles. Et si, comme la dernière fois, quelque chose d’horrible nous arrivais ? J’avais envie de croire Juliet quand elle me disait que mon histoire de destinée était ridicule, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser. Enfin, pour le moment, il n’y avait aucune raison pour que je m’inquiète. Il fallait sans doute que je cesse d’être aussi méfiant vis-à-vis de l’avenir. Tout en marchant vers l’appartement de Juliet, je décidai d’oublier tout ça pour au moins quelques jours. De toute façon, on venait à peine de se retrouver. Il ne pouvait rien arriver de terrible en une semaine, n’est-ce pas ? Il était encore temps d’y penser plus tard, pour le moment j’allais profiter.

Sans m’en rendre compte, j’avais déjà fait pas mal de chemin et j’arrivai déjà au pied de l’immeuble de Juliet. Mes pas m’avaient guidés d’eux même jusqu’à ma destination, comme si je faisais ce trajet depuis des années. Une fois à l’intérieur, je montais les escaliers quatre à quatre, manquant de renverser la dame qui vivait deux étages au-dessus de chez Juliet au passage. Quand je vis le regard profondément réprobateur qu’elle me lançait, je me demandais si elle était simplement énervée parce que je l’avais bousculée ou s’il y avait autre chose. Et si elle savait que j’étais parti comme un voleur après la mort de Charlie ? Dans ce genre d’immeuble, tout se savait très vite. L’espace d’un moment je me demandais comment pourraient réagir les gens que nous connaissions déjà avant, les gens qui connaissaient toute notre histoire. Ils essayeraient sans doute de dissuader Juliet. Je n’avais que faire de ce qu’ils pensaient, mais leurs réactions n’allaient sans doute pas être positives.

Soupirant à la pensée de ce nouveau détail auquel je n’avais pas encore vraiment réfléchi, j’entrais dans l’appartement de Juliet sans frapper. De toute façon, j’étais pratiquement chez moi maintenant. Tout en accrochant ma veste et mon écharpe sur le portemanteau de l’entrée, je criai à Juliet que j’étais là comme j’en avais l’habitude. Parfois elle venait immédiatement près de moi, d’autres fois elle m’attendait dans le canapé, d’autres fois encore elle continuait simplement ce qu’elle faisait à ce moment-là. Mais cette fois, une espèce de bruit étouffé retentit au loin dans l’appartement et je haussais un sourcil. Intrigué, j’avançais vers la source qui se révéla être la salle de bain. Qu’est-ce qu’elle faisait là-dedans ? Ma main se posa sur la poignée mais la porte refusa de s’ouvrir, ce qui me fit une nouvelle fois froncer les sourcils. Elle ne verrouillait jamais la porte. Que pouvait-il bien se passer là-dedans ?!

«   Juliet ? Tout va bien ? »

Je ne reçus aucune réponse. Mais que lui arrivait-il ? Pourquoi n’ouvrait-elle pas ? Après quelques secondes, je commençais à frapper à la porte, de plus en plus fort, tout en lui demandant de m’ouvrir, tantôt sur un ton suppliant, tantôt sur un ton menaçant. Finalement, après un moment, je sentis la poignée s’actionner sous ma main et je reculais d’un pas pour laisser la porte s’ouvrir sur Juliet. Quand je vis son visage, je restais d’abord immobile quelques secondes, la fixant sans doute d’un air éberlué. La peau autour de son œil était violacée, sa paupière mi-close et je pouvais voir qu’elle avait tenté de masquer cet énorme bleu avec du fond de teint, sans pouvoir y parvenir. Sa lèvre aussi était tuméfiée, et elle avait quelques points de suture sur le visage. Complètement dépassé, je me passais une main dans les cheveux tout en soufflant bruyamment et en commençant à faire quelques pas pour tenter d’évacuer la colère sourde que sentait monter en moi.

« Qui t’as fait ça Juliet ?! Dis-moi ce qu’il s’est passé ! »

Tout en terminant ma phrase, je me stoppais en face d’elle, attendant une réponse. Qu’est ce qu’il lui était arrivé ? Avait-elle eu un accident ? Une agression ? Elle s’était fait voler son sac et avait tenté de se défendre ? Pourquoi ne m’avait-elle pas dit ça immédiatement ? Quand est-ce que cela pouvait être arrivé ? Je n’avais pas pu venir hier soir parce que je faisais la fermeture, la dernière fois que je l’avais vue c’était donc la veille au matin, et elle allait parfaitement bien à ce moment-là ! Elle s’était fait soigner, visiblement, ces points de suture ne s’étaient pas fait tous seuls ! Elle aurait dû me prévenir ! Même si je travaillais, elle savait que j’aurai quitté le boulot immédiatement si elle avait eu le moindre souci ! Juliet resta encore sans réaction, et je finis par l’attraper par les épaules, ce qui la fit sursauter, pour regarder un peu plus près ses blessures. Ça ressemblait définitivement à des coups. Qui avait pu la frapper ? Qui était le connard qui avait osé la toucher ? Elle allait me le dire maintenant, et j’allais aller le trouver pour lui faire la peau ! Complètement hors de moi, je lâchais soudain la blonde qui s’était mise à trembler, et reculais de quelques pas, me passant les mains sur le visage. Je devais me calmer, je voyais bien que je lui faisais peur, et ce n’était absolument pas ce que je voulais. Je voulais la serrer dans mes bras et lui chuchoter qu’elle n’avait plus rien à craindre à présent, mais j’étais encore trop en colère pour ça.

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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Ven 12 Déc - 14:01

Maybe we're victims of fate
Adrian Alpert & Juliet Carlson
   

   
Mentir n’était pas mon ambition première, ni la passion de toute ma vie. Je n’aimais pas ça, je n’avais jamais aimé ça. Mentir ne m’avait jamais apporté que des ennuis. Les seules fois où j’avais menti à mes parents, en France, s’étaient mal terminées. C’était un échec cuisant, à chaque fois. Parce que je ne savais pas mentir, ou bien parce qu’ils me connaissaient trop bien. Quel enfant pouvait réellement mentir à ses parents, en sachant que les dits parents l’avaient vu naître, l’avaient élevé, et le connaissait par cœur, dans tous les sens ? Je l’avais vite compris, à l’adolescence. Et les choses de la vie faisant, je n’avais pas eu vraiment l’occasion de mentir par la suite. La séparation de mes parents avait été suffisamment traumatisante pour que, moi-même, je ne veuille pas en rajouter une couche. Ça aurait pu virer autrement, surtout me connaissant, mais j’avais été sage. Peut-être un peu trop. Je regrettais de ne pas m’être rebellée. Peut-être qu’ainsi, j’aurais pu revoir ma mère plus souvent. Non pas que je n’aimais pas mon père, à l’époque je l’adorais, c’était mon Dieu vivant… mais j’aimais tout autant ma mère, et me retrouver à l’autre bout du monde, sans elle, c’était difficile. J’étais attachée à mon pays d’origine et à ma ville. Je ne l’aimais pas particulièrement, mais mes racines se trouvaient là-bas… et j’en voulais un peu à mon père d’avoir voulu retourner vivre dans son pays d’origine… avec moi !
De fait, j’avais été une adolescente et une jeune adulte plutôt normale, très sage et sérieuse. Je n’avais pas fait grand-chose de ma vie, mais s’il y avait bien une chose que je n’avais pas fait, c’était de mentir à tout va. Il m’arrivait parfois de masquer la vérité : quand on me demandait si j’allais bien et que je n’étais pas vraiment au top, je mentais légèrement en disant que ça allait, mais c’était tout simplement pour éviter les questions. Je n’avais jamais menti sur de grosses choses. On ne m’avait jamais demandé de le faire, et je n’avais pas eu besoin, ainsi, de le faire. Ca n’aurait jamais dû changer.

Quand j’avais rencontré Adrian, ma vie avait changé du tout au tout, mais ce détail, sur le mensonge, n’avait pas changé. Pourquoi mentirais-je à l’homme que j’aimais ? J’étais franche, je ne lui cachais rien. S’il me demandait quelque chose, je lui disais la vérité. A l’époque, je n’imaginais pas une seule seconde que lui, de son côté, me cachait des choses. Mais j’étais tellement heureuse que je ne voyais rien et c’était sûrement mieux comme ça ! Je lui faisais entièrement confiance, je l’aimais. Durant deux ans et demi, j’avais été confiante, et quand il était parti, tout avait volé en éclats. Et pourtant, même avec cette épreuve, je n’avais pas commencé à mentir. Alors pourquoi devais-je vraiment le faire aujourd’hui ?
Mon agression remontait à vingt-quatre heures, désormais. Plus ou moins, en fait. J’avais passé une nuit merdique, je n’avais pas travaillé, et je m’étais fait recoudre la lèvre à l’hôpital. J’avais réussi à passer un bon moment à l’hôpital, ce qui était plutôt incroyable à dire, grâce à Ella, la médecin qui m’avait soignée. Mais même à elle, je n’avais pas été capable de lui mentir. Qu’est-ce qui me faisait croire que j’allais réussir à le faire pour Adrian ? Pourtant, je le devais. Pour me protéger, et pour le protéger lui aussi. Si je lui disais la vérité, qui savait ce qu’il pourrait faire ? Je le connaissais un minimum, même après cette longue séparation. Son sang ne ferait qu’un tour, et il traverserait tout Toronto à pied pour coller une raclée à l’homme qui m’avait fait ça. Je ne pouvais pas le laisser faire ça. Il n’avait pas vu l’homme en question, il ne ferait jamais le poids. Je ne voulais pas qu’il se fasse du mal. De toutes façons, je ne savais même pas de qui il s’agissait. Je ne l’avais jamais vu auparavant. Je ne connaissais pas son nom. Tout ce que je savais, c’était qu’il connaissait quelqu’un qui s’appelait Betty, puisqu’il m’avait confondue avec cette personne. Je devais donc mentir. J’avais déjà tout prévu, je devais lui dire que j’étais tombée dans les escaliers. Ça n’avait pas marché avec Ella, le matin-même, mais c’était parce qu’elle était médecin. Adrian n’avait pas fait d’études de médecine, il n’y verrait que du feu.

Ca devait bien faire une heure et demi que je me trouvais dans ma salle de bains, à tenter de cacher mon œil au beurre noir. Cette saloperie de fond de teint pas cher ne voulait pas tout cacher, et même avec une couche très épaisse du produit, je ne pouvais pas tout masquer. Le résultat était encore plus dégueulasse qu’avant, parce qu’on voyait d’énormes pâtés de crème, parsemés de bleu-noir. Je soufflai bruyamment en me pinçant l’arête du nez. Tant pis, je devais laisser ça comme ça, peut-être qu’Adrian ne s’en rendrait pas compte, mais là, j’en doutais fortement. En regardant l’heure qu’il était sur ma montre, je fus soulagée d’avoir pris le temps de changer les draps du lit et la taie d’oreiller et de tout foutre à la poubelle avant de m’enfermer dans cette pièce. Si Adrian avait vu l’état de mon lit, il aurait clairement voulu tuer la planète entière. Il n’allait plus tarder, parce qu’il avait fini de travailler, et qu’il passerait forcément la soirée et même la nuit ici. Pour la première fois de ma vie, j’eus envie qu’il change d’avis et qu’il rentre chez lui, mais je savais que ça ne serait pas le cas. Dans un sens, j’avais envie de me blottir dans ses bras et ne plus en bouger, mais je savais que ça ne se passerait pas comme ça non plus.
J’étais en train de vérifier une dernière fois que je ne pourrais rien faire de plus pour embellir mon œil quand j’entendis Adrian dans l’entrée, me crier qu’il était arrivé. Je sursautai en étouffant un cri de surprise. Merde. C’était déjà l’heure pour moi de mentir. Je n’étais pas prête du tout, je ne savais pas comment faire, j’allais me faire repérer au bout de deux secondes. Il n’allait jamais croire à cette histoire de chute, comme Ella, comme personne. J’étais foutue. Très vite, alors que j’étais tétanisée, accrochée au rebord du lavabo en me fixant dans le miroir juste en face de moi, j’entendis Adrian venir frapper à la porte après m’avoir demandé si tout allait bien. Il commença rapidement à paniquer, à taper plus fort à la porte, en me sommant de sortir immédiatement. Je savais que je devais lui obéir, d’abord parce que je n’avais pas le choix, et ensuite parce qu’il n’hésiterait pas à démonter la porte si je ne le faisais pas. Néanmoins, j’avais peur d’affronter son regard, parce que c’était bien le seul qui m’importait, de regard. Après avoir pris une grande inspiration, je me retournai, déverrouillai la porte et ouvris cette dernière, pour faire face à Adrian.

Il resta un long moment interdit, la bouche ouverte, étonné par mon état. Je le savais, je n’étais pas belle à voir. Je me demandais même si ma patronne allait me laisser travailler avec cette tête-là. Je devais faire peur aux clients, et comme Halloween était passé depuis longtemps, elle n’allait certainement pas cautionner ça. Quand il eut repris ses esprits, Adrian se mit à bouger, tandis que je restais à mon tour immobile, attendant qu’il parle. Je le suivais du regard, et je vis qu’il passait une main dans ses cheveux, qu’il soufflait, qu’il devenait rouge de colère. Il se mit à marcher, à faire les cent pas, et je baissai la tête, bien malgré moi. Je ne pouvais pas le voir dans cet état. Il était comme ça à cause de moi …

« Qui t’as fait ça Juliet ?! Dis-moi ce qu’il s’est passé ! »

Les yeux toujours baissés, je vis ses pieds s’arrêter juste en face des miens, et je relevai la tête pour soutenir son regard, bien difficilement. Je voyais dans ses yeux qu’il se posait des tas de questions, qu’il ne savait pas comment réagir, qu’il avait peur pour moi. Je ne pouvais pas lui dire ce qu’il s’était réellement passé, ça lui briserait le cœur et il partirait en croisade. Tout ce que je voulais, c’était qu’il se calme, qu’il me prenne dans ses bras et que l’on oublie ça. Que je puisse oublier ça. Je n’avais toujours pas trouvé le courage de parler, lorsqu’il attrapa violemment mes épaules de ses mains, pour me regarder de plus près et me faire réagir, sûrement. Je sursautai, son contact si soudain et presque trop dur pour moi m’empêchant de penser à autre chose qu’à mon agression de la veille au soir. Je ne voulais pas qu’Adrian s’énerve contre moi, j’avais déjà assez bouffé la veille, et j’avais envie que tout s’arrête. Je n’avais rien demandé. Rien du tout.
Notre contact ne dura que quelques secondes, le temps qu’il se rende compte qu’il me faisait peur, et il me relâcha presque automatiquement, comme s’il s’était brûlé sur ma peau. Je continuai de le regarder, alors qu’il tentait de se calmer dans son coin, à quelques pas de moi. C’était le moment où je devais commencer mon mensonge. D’une voix douce, en me rapprochant légèrement de lui et en posant ma main sur son bras, toute tremblante que j’étais, je pris l’initiative de lui parler. J’avais peur, mais je n’avais pas le choix :

« Personne ne m’a fait ça, Ad. Je suis tombée dans les escaliers en rentrant. J’avais des sacs dans les bras, et je voyais pas où je mettais les pieds. J’ai glissé. »

J’avais fait de mon mieux pour que ma voix ne tremble pas, pour qu’elle reste droite, du début à la fin. Je ne voulais aucun trémolo sur cette phrase. Je ne voulais pas que l’on puisse comprendre que je mentais. Je voulais qu’Adrian me croit. Je savais cependant que c’était foutu, parce que je voyais dans ses yeux qu’il n’y croyait pas une seule seconde. Pourtant, il faudrait bien qu’il s’y fasse. Quand bien même il me poserait des tas de questions, je lui dirais toujours la même chose. Et j’allais m’y tenir cette fois ! Je ne lâcherais pas l’affaire…

   
   


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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

   (c) crackle bones


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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Ven 12 Déc - 22:48

Maybe we're victims of fate

Je ne savais ce qui me mettais le plus hors de moi. Etait ce le fait que quelqu’un avait blessé Juliet, et que je n’avais rien pu faire pour l’en empêcher ? Ou alors l’absence de réaction de la blonde qui restait plantée devant moi, soutenant difficilement mon regard ? A moins qu’il s’agisse du fait qu’elle ne m’ait rien dit, qu’elle ait été à l’hôpital sans m’en parler, qu’elle ne m’ait pas appelé. Elle ne me faisait pas confiance ? Elle ne jugeait pas nécessaire de me mettre au courant ? Elle devait savoir que rien ne pouvait être plus important qu’elle a mes yeux ! Je n’arrivais pas à comprendre son silence. Pourquoi baissait-elle les yeux comme ça devant moi ? Etait-ce si horrible qu’elle ne voulait pas m’en parler ? La blonde m’avait toujours fait part de tout ce qu’elle ressentait, des années plus tôt. J’étais toujours au courant du moindre de ses soucis, ou du moins j’en avais toujours eu l’impression. Elle se confiait à moi. Est-ce que cela faisait partie des choses qui avaient changé à cause de ces deux années sans nouvelles ? Je ne voulais pas qu’elle arrête de me parler de ses problèmes. Je voulais être là pour elle, quoi qu’il arrive. Elle avait même tenté de masquer son bleu ! Si ça ce n’était pas une preuve irréfutable du fait qu’elle ne comptait absolument pas m’en parler...

Finalement, je la sentis s’approcher de moi et je la regardais à nouveau. Elle allait parler, elle allait tout me dire. Je m’étais emporté trop vite, voilà tout, elle n’avait jamais eu l’idée de me cacher quelque chose, n’est-ce pas ? Un peu calmé par le fait qu’elle se décide enfin à ouvrir la bouche, je tentais de me détendre au maximum pour ne plus lui faire peur. Elle tremblait encore et je m’en voulais d’avoir été aussi brutal quelques secondes auparavant quand je l’avais attrapée par les épaules. Enfin, au moins, j’allais savoir de quoi il en retournait à présent. Elle allait me dire qui lui avait fait du mal, et j’allais retrouver cette personne. Je retournerai tout Toronto, même par avis de tempête, pour y parvenir. Et une fois cela fait, j’allais lui faire comprendre ce que je pensais de lui, qui qu’il soit. Je n’arrivais toujours pas à imaginer que quelqu’un ait pu frapper Juliet. Quel genre de personne s’en prendrait à elle ?! J’allais bientôt le savoir.

« Personne ne m’a fait ça, Ad. Je suis tombée dans les escaliers en rentrant. J’avais des sacs dans les bras, et je voyais pas où je mettais les pieds. J’ai glissé. »

Interdit, je la fixais un moment, les yeux ronds. Sa voix n’avait pas tremblé quand elle m’avait dit ça, mais on sentait très bien qu’elle avait fait tout ce qu’elle pouvait pour y arriver. Elle avait délibérément contrôlé les tremblements de sa voix pour mieux mentir. Parce que ce qu’elle me disait n’avait absolument aucun sens. Tombée dans les escaliers ? Qui pensait-elle pouvoir tromper avec ce genre de mensonges ?!

« Tu es... tombée dans les escaliers. »

Ma voix était calme et semblable à un murmure alors que je répétais son mensonge gros comme une maison. Je n’arrivais pas à croire qu’elle osait me mentir. Qu’elle osait penser que j’allais gober une telle explications. Je ne méritais pas de savoir ce qu’il lui était arrivé ? Elle pensait que je ne pouvais pas encaisser, peut-être ? Quelle autre raison pouvait-elle avoir de me cacher la vérité de la sorte ?! Tout les efforts que j’avais fait pour me calmer se réduisaient petit à petit en poussière alors que je sentais monter une nouvelle vague de colère. Si plus tôt elle était dirigée vers la personne, quelle qu’elle soit, qui avait pu faire du mal à Juliet, cette fois c’était plutôt vers la blonde. Elle me mentait ! Elle n’avait pas le droit de me mentir sur quelque chose d’aussi important, d’aussi sérieux ! Ce genre de réflexions étaient profondément hypocrites de ma part, au vu de tout ce que je lui cachais sur moi, mais j’avais mes raisons. Quelles étaient les siennes ? Je me dégageais brusquement de la main qu’elle avait posée sur mon bras, sans doute pour mieux faire passer son histoire à coucher dehors et la fixais encore un instant.

« Tu me prends pour un con, Juliet ? explosais-je soudain. Tu crois vraiment que vais gober ça ? »

La blonde sembla un peu choquée par la violence de ma réaction. Il fallait dire que je n’y allais pas de main morte. Je ne sortais pas souvent de mes gonds comme ça, j’étais quelqu’un de relativement calme, même si j’étais plutôt grognon et râleur, ça n’avait rien à voir. Ici il s’agissait d’une véritable colère, du genre qui donnaient envie de tout casser autour de soi. D’ailleurs, je faisais preuve d’un self-control intense pour me retenir d’envoyer mon poing dans le mur. Je voulais vraiment me calmer, mais je n’y arrivais pas.

« Pour qui tu me prends en pensant que je vais croire à ces conneries ? Je suis pas débile, merde ! »

J’avais vraiment cru qu’elle allait tout me dire, et l’idée qu’elle ait pu imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, que son explication allait me convaincre me blessait profondément. Je ne comprenais toujours pas pourquoi elle n’avait pas été honnête dés le départ avec moi. Et ça me faisait peur aussi, parce que j’imaginais toutes sortes de choses horribles qui pouvaient lui être arrivées, tellement horribles qu’elle ne voulait pas m’en parler.

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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Sam 13 Déc - 9:50

Maybe we're victims of fate
Adrian Alpert & Juliet Carlson
   

   
Adrian ne croyait pas un mot de ce que je lui avais dit, et ça, je pouvais le voir dans ses yeux. Il fallait que je sois plus convaincante, que je ne laisse pas le mensonge transparaître. Il devait y croire, c’était pour son bien. Et le mien aussi. Nous n’avions pas besoin d’une merde en plus, pas maintenant alors que nous venions de nous retrouver. Je devais affronter ça, seule, et faire passer le tout pour un accident. Il lui fallait quoi pour qu’il me croie ? Que je lui dise que ce n’était pas une chute dans les escaliers, mais que j’avais fini sous une voiture ? Bien sûr que je savais qu’il ne croirait jamais à une chose pareille. Il était loin d’être idiot. Mais j’aurais aimé qu’il ne remette pas ma parole en question, juste pour une fois. Aussi… quand je vis des éclairs sillonner ses yeux, je m’y attendais… mais j’étais également effrayée par son état. Bien malgré moi, je tremblotais encore de quand il m’avait surprise, en m’attrapant par les épaules. Sans le vouloir et sans même le savoir, il me rappelait mon agresseur, qui avait eu le même geste, en me secouant comme un vulgaire sac à patates. Oh bien sûr ce n’était pas de sa faute, il ne pouvait pas savoir et je ne voulais pas qu’il le sache, mais il avait été d’une violence inouïe pour moi. Et parler sans même entendre ma voix partir en cacahuètes, c’était un miracle !

« Tu es... tombée dans les escaliers. »

Comme une enfant effrontée, j’hochai la tête, mais il ne sembla pas s’en rendre compte. Sa voix était blanche, éteinte et ses yeux me regardaient sans me voir. J’eus peur de sa réaction, durant une demi-seconde. C’était maintenant que tout se jouait : soit il me croyait, et j’étais sauvée ; soit il ne me croyait pas et j’allais subir sa colère. Je n’avais jamais vu Adrian en colère. Je n’avais jamais été assez horrible pour le rendre furieux. Il avait toujours été calme, détendu. J’espérais qu’il le soit une fois de plus, mais c’était mal parti.
Dans ses yeux, je vis sa colère reprendre et cette fois, je savais très bien que je n’allais pas y échapper. Est-ce qu’il se rendait simplement compte que j’étais terrorisée là ? Apparemment pas, et comme je ne pouvais plus bouger d’un pouce, ce fut lui qui se mut en premier, se délestant de ma main sur son bras et s’éloignant de moi comme si j’avais la peste. Je sentis mon cœur se serrer en me disant que je n’aurais jamais dû commencer à mentir… mais je ne pouvais plus reculer, je devais continuer. Peut-être qu’en étant plus convaincante, il se rendrait compte qu’il avait tort et qu’il regretterait ! Je devais essayer. Et tant pis s’il ne me croyait pas du tout. Mais qu’est-ce que ça faisait mal de voir sa fureur, dirigée vers moi, dans ses yeux. Cette impression qu’il allait me tuer me torturait et je n’arrivais même plus à trouver le profit que le mensonge pourrait m’apporter… Pourquoi je faisais ça, déjà ? Pour le protéger ? En attendant, je le faisais souffrir de ne rien lui dire, et ce n’était pas comme ça que je devais agir. Je ne voulais tout simplement pas qu’il se fasse casser la gueule en retrouvant l’enfoiré qui m’avait fait ça, c’était si compliqué à comprendre ?!

« Tu me prends pour un con, Juliet ? Tu crois vraiment que vais gober ça ? »

Encore une fois, je ne pus répondre. J’étais pratiquement bouche bée devant sa façon de réagir. Les mots qu’il venait de me hurler dessus me heurtaient à pleine puissance et je dus user de toute ma force pour rester debout et soutenir son regard sans sourciller. Je me disais bien souvent que sa voix ne lui permettrait jamais de faire peur à qui que ce soit, parce qu’elle était trop douce, elle était trop calme, trop sereine… je me trompais. Dans mon coin, en face de lui, je subissais sa fureur sans rien dire, en tentant de remettre en place les morceaux de mon cerveau qui venaient de se disloquer sous la terreur que cette scène me procurait. J’étais à deux doigts de craquer et je ne le devais pas. Il était important que je sois forte, parce que mon mensonge devait tenir debout.

« Pour qui tu me prends en pensant que je vais croire à ces conneries ? Je suis pas débile, merde ! »

J’eus les larmes aux yeux une seconde avant de me reprendre. Je ne voulais pas qu’il croie que je le prenais pour un idiot, ce n’était pas du tout ça. Au contraire, je savais qu’il était intelligent, et je savais qu’il ne pouvait pas croire décemment à ce mensonge. Mais je voulais simplement qu’il me fiche la paix, qu’il ignore ce qu’il s’était passé et que l’on reprenne où nous en étions. Ce n’était pas méchant de ma part de lui mentir. C’était juste pour que l’on reste dans la normalité, tous les deux. Bien sûr que ce n’était pas la bonne solution, mais je ne pouvais pas lui dire la vérité, c’était au-dessus de mes forces. Le voir souffrir en comprenant qu’il n’avait pas été là pour m’aider, c’était trop pour moi. Je le connaissais encore par cœur, malgré notre séparation, et je savais comment il réagirait. Il s’en voudrait, il devait même déjà s’en vouloir à l’heure actuelle. Je ne voulais pas qu’il s’en veuille pour moi. Pendant deux ans et demi, j’avais été une grande fille, j’avais fait face à tout ce que la vie m’avait imposé. Il ne devait quand même pas oublier que j’avais dû enterrer notre fils toute seule. C’était la chose la plus dure au monde, alors ce n’était pas une petite agression qui me ferait perdre pied. Il ne devait pas le voir de cette manière, mais en fait, je m’en fichais un peu. C’est pour cette raison que je continuai à m’enfoncer dans mon mensonge, d’une petite voix, et cette fois, mal assurée, sans que je ne le veuille :

« Mais non, mais Ad, je… Je dis pas de conneries. J’ai vraiment glissé… et j’ai des bleus sur les genoux et… »

Il m’interrompit en me hurlant dessus de la fermer et je ne pus qu’obéir, en sentant que j’allais m’en prendre une si je ne le faisais pas. Se rendait-il compte de la violence de ses mots, de ses gestes ? De sa façon d’agir et de faire ? Sûrement pas, ou alors peut-être que si, et il le faisait exprès pour ne pas que je continue de mentir. Ça n’allait pas marcher, parce que plus ça allait, moins je me sentais bien. Je n’attendais qu’une chose, c’était de pouvoir me coucher et dormir, en espérant ne jamais me réveiller, mais je savais que ce n’était pas près d’arriver. Il me faudrait un mental d’acier pour faire face à Adrian. Mais je devais y arriver. Néanmoins, il avait été on ne peut plus clair : je devais la fermer. Alors j’allais la fermer. Il voulait qu’on se dispute ? On allait donc le faire, parce que je n’allais pas lâcher le morceau. Et lui non plus, je le savais. Pourtant, je voulais avoir le dernier mot, et je ferais tout pour.
Toujours muette, sous la violence de l’impact que son hurlement avait eu sur moi, je le défiai du regard quelques instants, avant de baisser les yeux vers mes mains égratignées. Que fallait-il que je fasse pour qu’il croie en mon histoire sans poser de questions ? Qu’est-ce qui pourrait le convaincre ? Pas grand-chose, forcément… Et tandis qu’il continuait de faire les cent pas en s’arrachant les cheveux, tentant de faire passer sa rage, moi j’essayais de reprendre mes esprits et de savoir ce que j’allais faire par la suite. Toutefois, j’avais l’impression d’être à sa merci, d’être prisonnière de son emprise. Et j’imaginais que si je faisais le moindre mouvement, j’allais me faire encore rappeler à l’ordre. Je restais donc immobile, muette, et je respirais à peine, de peur de faire trop de bruit, en attendant qu’Adrian se décide à parler… Il allait forcément me dire que je me foutais de lui, et que je n’avais pas à faire ça. Je le savais mais ce que je savais aussi, c’était qu’il me remercierait plus tard. Pourquoi, je ne le savais pas, mais c’était un pressentiment, et généralement, mes pressentiments étaient toujours bons !
   
   


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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Lun 15 Déc - 1:24

Maybe we're victims of fate

Au fond de moi, j’étais profondément blessé par le silence de Juliet, que je prenais pour un manque de confiance. Si elle avait encore confiance, jamais elle ne me mentirait comme ça, jamais elle n’essaierait de me cacher des choses, j’en étais persuadé. Alors… était-ce de ma faute ? Si je n’étais pas parti comme un idiot, si je ne l’avais pas abandonnée au moment ou elle avait le plus besoin de moi, elle me parlerait ! J’étais en colère, en colère contre Juliet qui en plus d’essayer d’effacer les traces de ce qu’il lui était arrivé, choisissait de me mentir au lieu de me dire la vérité, en colère contre moi-même, qui n’arrivait pas à contrôler cette colère et qui avait brisé cette confiance si précieuse, en colère contre le personne, quelle qu’elle soit, qui avait pu toucher la femme que j’aimais. Seulement, je ne savais pas qui était cette dernière, et je ne pouvais pas vraiment décharger ma colère sur moi-même, alors c’était sur Juliet que ça tombait. La jeune femme avait l’air profondément choquée de ma réaction, il  était évident qu’elle ne s’attendait pas à une telle explosion de colère. Elle avait les larmes aux yeux, et elle avait même l’air effrayée par mon regard noir et par la dureté de ma voix. Je ne lui avais jamais parlé comme ça, en réalité je ne pensais pas m’être déjà énervé de la sorte dans ma vie. La blonde avait l’habitude de me voir de mauvaise humeur, nous avions vécu plus de deux ans ensembles et pour être honnête il m’arrivait souvent de me lever du pied gauche. Mais cette fois, cela n’était pas comparable du tout. Je savais pertinemment qu’il fallait que je me calme, que j’arrête de crier, que cette colère en plus d’être inutile, faisait peur à Juliet autant qu’elle me faisait peur. Et pourtant, je me remis à faire les cents pas devant elle, ne pouvant plus rester en place, alors qu’elle recommençait à parler.

«Mais non, mais Ad, je… Je dis pas de conneries. J’ai vraiment glissé… et j’ai des bleus sur les genoux et…
- Arrête Juliet ! Ne te fous pas de ma gueule avec tes histoires ! C’est en tombant dans l’escalier que tu t’es ouvert la lèvre, vraiment ? Que tu t’es fait un œil au beurre noir ? »

Je marchais toujours, faisant de petits allers retour devant elle, tirant frénétiquement mes cheveux vers l’arrière en continuant de m’énerver sur la blonde qui s’était tue, se rendant sans doute compte que ses mensonges ne faisaient que m’énerver un peu plus. Je m’arrêtais un moment pour croiser son regard, essayant de lui arracher quelques mots mais elle baissa les yeux alors que je recommençais à crier et à marcher. Je ne faisais que répéter les mêmes choses inlassablement, espérant une réaction chez elle, espérant qu’elle comprenne qu’elle devait me parler. Je lui hurlais d’arrêter de mentir, que je voulais la vérité et que je savais reconnaitre une banale chute dans les escaliers quand j’en voyais une. Je ne savais même pas depuis combien de temps je criais, je commençais à avoir mal à la gorge à force de l’arracher comme ça, mais je n’en avais rien à faire pour le moment, tout ce qui comptait, c’était que Juliet me dise la vérité, une bonne fois pour toute.

« … et puis comment tu pensais que j’allais réagir, hein ? »

En terminant de hurler, je m’arrêtais une nouvelle fois devant Juliet mais elle n’avait pas relevé les yeux depuis tout à l’heure. Mais à quoi elle jouait ? Est-ce qu’elle m’écoutait seulement ?! Je ne m’énervais pas pour rien ! Elle devait entendre ce que je disais, sinon, ça servait à quoi ? Complètement en rage devant sa passivité, je me retournais soudain pour envoyer un coup de poing dans le mur du couloir, ou plutôt dans le cadre qui y était suspendu. Ma main traversa la fine plaque de verre, le brisant en mille morceaux dont certains pénétrèrent dans ma peau et le cadre fit un bruit sourd en tombant sur le sol. Je restais quelques instants dos à Juliet, reprenant mon souffle alors que je me rendais peu à peu compte de ce que je venais de faire et de comment je me comportais avec Juliet. Alors que je reprenais peu à peu mes esprits, je sentais de plus en plus la douleur dans ma main droite et quand je baissais les yeux je soupirais en la voyant ensanglantée par les coupures.

Qu’est-ce que je venais de faire ? Comment j’avais pu m’énerver comme ça ? Lentement, je me retournais vers Juliet qui me regardait avec des yeux ronds de stupeur. Instantanément, je m’en voulu de lui avoir crié dessus, je m’en voulu de lui avoir fait peur et plus que tout je m’en voulu d’avoir agi comme un débile devant elle. Je fis un pas vers l’avant mais elle frissonna en me voyant m’approcher. Je lui avais vraiment fait si peur que ça ? Je m’arrêtais, ne voulant pas l’effrayer encore plus et plaçais les mains devant moi, comme on le ferait pour tenter de rassurer un enfant.

« Juliet… je ne voulais pas te faire peur… je suis désolé… je ne suis qu’un idiot, je ne devais pas m’emporter… je m’excuse, je te jure que ça n’arrivera plus… »

Les excuses sortaient toutes à la suite l’une de l’autre, elles étaient profondément sincères mais je savais qu’il ne suffisait probablement pas de simples mots pour réparer ce que je venais de faire. Doucement, je commençais à faire quelques minuscules pas vers elle.

« Juliet… est ce que tu vas bien ? Je veux dire, vraiment… tu n’as rien de grave ? »

Ma colère s’était maintenant évaporée, laissant l’inquiétude seule dans mon esprit. Elle était blessée physiquement, et probablement aussi moralement vu qu’elle ne voulait pas m’en parler. Et moi, dans ma colère, je n’avais fait que lui crier dessus sans vraiment lui demander si elle allait bien. Evidemment, il était trop tard, évidemment, cette question semblait dénuée de sens à présent. Mais il fallait que je lui demande.
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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Lun 15 Déc - 13:21

Maybe we're victims of fate
Adrian Alpert & Juliet Carlson
 

 
Avec beaucoup de difficultés, je tentai de rester interdite à ses cris. Il me hurlait dessus, et malgré mes efforts, je me sentais trembler, très peu habituée à subir une colère aussi noire. De toute ma vie, personne ne m’avait hurlé dessus de cette façon. Mes parents n’avaient jamais eu à se plaindre de moi, ou alors très rarement, et ils ne m’engueulaient jamais à proprement parler. A présent, le seul endroit où j’étais susceptible de me faire hurler dessus était au boulot, mais là encore, je faisais ce qu’on me demandait sans broncher. J’avais besoin de ce travail, je ne pouvais pas n’en faire qu’à ma tête. J’avais besoin d’argent, et ce que je touchais me suffisait pour vivre décemment. Alors je ne prenais pas de risques. Ma patronne était assez conciliante, nous écoutait quand nous avions des choses à dire. On pouvait même dire qu’elle pouvait être notre amie, quand nous n’étions pas en train de travailler. Je ne plaignais vraiment pas de ma situation. Mais encore une fois, personne ne m’avait jamais crié dessus de la façon dont Adrian était en train de le faire. Et je me demandai alors… : et si je lui criais dessus pareillement pour qu’il me raconte son passé et tout ce qu’il me cachait ? Est-ce que ça fonctionnerait ? Est-ce qu’il penserait réellement tout me raconter ? Non, certainement pas. Il se renfrognerait, il se refermerait sur lui-même, il ne dirait rien à ce propos. Alors je ne voyais pas pourquoi moi je le ferais. Il y avait bien d’autres manières, surtout dans un couple, de parler de ce qui n’allait pas. Pourquoi sa réaction première était de se mettre en colère alors qu’il aurait simplement dû s’inquiéter ? Si c’était à lui que c’était arrivé, comment aurais-je réagi ? Je pense que j’aurais su que je ne pouvais rien faire pour changer le passé, je m’en serais voulu peut-être, mais je ne me serais pas énervée. Si Adrian était si sûr de lui, s’il était sûr de savoir que je m’étais faite agresser, alors il devait bien comprendre que je n’étais pas spécialement rassurée… Pourquoi criait-il dans ce cas ? Ca ne faisait qu’empirer mon état moral.

Il fallait dire ce qui était : à l’heure actuelle, j’avais peur d’Adrian, et j’avais peur de ce qu’il pourrait me faire. Il criait tellement que j’eus une pensée idiote, mais pas si débile que ça, en fin de comptes : les voisins devaient l’entendre. Tout mon étage savait ce qu’il s’était passé entre nous, sauf l’appartement du fond, parce que la nana qui vivait dedans était nouvelle, elle était arrivée un an auparavant. Les autres nous connaissaient bien, en tant que voisins, et avaient assisté à la détresse qui m’avait tenu pendant des mois. Nul doute qu’ils avaient eu le temps de voir Adrian revenir, ces derniers jours, et qu’ils avaient compris ce qu’il se tramait. Alors là, s’ils l’entendaient hurler de cette façon, qu’allaient-ils en penser ? Surtout s’ils me voyaient après, avec mon œil au beurre noir et ma lèvre fendue et recousue. Cette pensée déclencha un frisson en moi. Je ne voulais pas qu’Adrian ait des problèmes à cause de moi. Je ne voulais pas qu’on le regarde d’un air méfiant, alors qu’il n’avait rien fait. Sa colère était légitime, mais il fallait qu’elle s’arrête avant qu’il ne soit trop tard et que la police débarque dans l’appartement pour voir ce qu’il se passait.

« … et puis comment tu pensais que j’allais réagir, hein ? »

C’était une excellente question. Qu’avais-je dans le crâne quand je m’étais dit que j’allais lui mentir ? J’avais sa sécurité, en tête, surtout. Je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose de grave. Je n’avais tout bonnement pas envie qu’il se fasse tabasser s’il retrouvait l’enfoiré qui m’avait fait ça. Mais comment lui expliquer sans tout lui dire ? Je ne pouvais pas, tout simplement. Alors, je décidai une fois de plus de me taire, de garder le silence et d’attendre que sa colère passe. J’étais toujours debout, droite comme un i, sans savoir quoi dire ou quoi faire, consciente qu’il allait me tuer si j’osais encore une fois lui mentir…
J’étouffai un cri de terreur en sursautant lorsque j’entendis le bruit de verre brisé qui suivit. En relevant les yeux, je vis qu’Adrian venait de donner un coup de poing dans le mur et qu’il avait touché l’un des cadres qui ornait le couloir qui menait aux chambres. Je me sentis trembler, je me sentis nauséeuse, et j’aurais voulu m’enfuir, m’enfermer de nouveau dans la salle de bains pour ne plus jamais en sortir. Pour la première fois de toute ma vie, je voulais qu’Adrian parte, quitte l’appartement et ne revienne pas de la soirée. Et si ça avait été moi, la cible de son poing ? Avec la force qu’il avait mise là-dedans, j’aurais été assommée. KO. Il m’aurait envoyée à l’hôpital, et je me rendais compte que j’avais de la chance qu’il ait eu le réflexe de se retourner et de frapper le mur. Quand il se retourna, je vis qu’il n’arrivait pas à croire à ce qu’il venait de faire, qu’il regrettait, mais ce n’était pas suffisant. Il me foutait les jetons depuis qu’il était rentré, et ça n’avait pas grand-chose à voir avec l’agression dont j’avais été victime. Lorsqu’il voulut s’approcher de moi, je reculais, désirant rester loin de lui. Je ne le quittai plus des yeux, espérant qu’il ne me fasse pas de mal, et je me trouvais idiote, parce que je savais pourtant que jamais Adrian ne me toucherait de la sorte. Et pourtant, je ne contrôlais pas mon corps, qui semblait reculer de lui-même. J’avais presque envie que mes voisins viennent frapper à la porte pour être sûrs que tout allait bien. Histoire que je puisse me rassurer un peu. Je continuai de reculer jusqu’à ce que je sente le mur du couloir dans mon dos. J’étais coincée, et je ne savais pas ce que je pouvais faire pour me sortir de ce mauvais pas. Mes entrailles se tordaient, j’avais l’impression de revivre ce que j’avais vécu dans la ruelle, la veille.

« Juliet… je ne voulais pas te faire peur… je suis désolé… je ne suis qu’un idiot, je ne devais pas m’emporter… je m’excuse, je te jure que ça n’arrivera plus… »

Son regard avait changé, son ton aussi. La voix éraillée à cause de ses hurlements, il me paraissait plus doux qu’un agneau maintenant. Il s’excusait, et j’avais envie de le croire, vraiment, mais je ne pouvais pas. Je refusais de lui pardonner aussi facilement parce qu’il pourrait recommencer, s’il se disait que je le pardonnais en deux secondes chrono. J’avais eu peur de lui. Pire, j’étais terrorisée, et je ne pouvais plus bouger. Paradoxalement, je sentais néanmoins tous mes membres trembler d’effroi. Et tandis que je le voyais s’approcher un peu de moi, tout doucement pour me pas m’inquiéter, je me sentis prisonnière d’un étau. J’avais froid, j’avais la peur au ventre, je ne sentais plus mes jambes.

« Juliet… est ce que tu vas bien ? Je veux dire, vraiment… tu n’as rien de grave ? »

Est-ce que j’allais bien ??! Il parlait de quel moment-là, exactement ? Dans ma peur, une vague de colère me submergea, sans qu’il ne puisse vraiment le voir. Avant même qu’il ne rentre à la maison, je n’allais pas bien, mais il n’en avait pas eu grand-chose à foutre ! Alors il osait me demander si j’allais bien, si je n’avais « rien de grave » après avoir passé dix minutes à me hurler dessus que je n’avais pas à lui mentir, qu’il n’était pas assez con pour croire à mes conneries... Il se foutait de ma gueule ?! Comme si mon état lui importait vraiment ! Il regrettait juste de s’être énervé aussi vite et il essayait de se rattraper. De toutes façons, il pouvait bien le remarquer par lui-même que j’allais bien, et que je n’avais rien de grave : j’étais debout, en vie, je n’avais pas de bras, de jambe, d’œil ou d’oreille en moi, j’étais encore en un seul morceau. J’avais simplement la lèvre ouverte, une partie de l’arcade sourcilière très douloureuse et un hématome énorme sur l’œil. En soi, je n’allais pas mal. La situation pourrait être pire, j’aurais pu être violée, tabassée, laissée pour morte, et pourtant, ce type avait réussi à redevenir lucide avant de commettre l’irréparable. J’avais eu de la chance, dans mon malheur. Même si j’étais effrayée par toute la situation, ce n’était pas si grave que cela… n’est-ce pas ? Alors Adrian avait eu tort de crier ainsi, parce que j’allais bien. Du moins, c’était ce que je voulais laisser penser.
Ne pouvant pas supporter son regard davantage, je baissai les yeux, et mon regard fut automatiquement attiré par le sang qui coulait sur sa main droite, toujours levée vers moi dans un geste rassurant. Il s’était blessé en tapant dans le cadre et s’il ne faisait rien, ça finirait par s’infecter. Il fallait qu’il arrête de s’intéresser à mon état et qu’il se soigne. Moi, c’était fait, je n’avais plus qu’à attendre que ça parte. Quant à lui… j’espérais que les gens ne feraient pas le rapprochement entre son poing et mes blessures. Bon sang, mais pourquoi je m’inquiétais autant du regard des gens, tout à coup ? Je connaissais l’entière vérité, et c’était tout ce qui importait non ?

« Il faut que tu nettoies ta main. »

Je sentis de l’incompréhension flotter dans l’air, dès qu’il m’entendit et comprit ce que je venais de dire. Il ne devait pas s’attendre à ce que j’embraye là-dessus sans répondre à sa question. Je ne voulais pas lui répondre, parce qu’il penserait encore que je mentais et il s’énerverait de nouveau. Je ne voulais plus en parler, c’était tout. Et que ça lui plaise ou non, c’était ce qui allait se passer. Je préférais me concentrer sur autre chose et ici, il s’agissait de la main d’Adrian.
Voyant qu’il ne réagissait pas, je pris mon courage à deux mains, relevai mon regard jusqu’au sien, dans lequel régnaient des milliers de questions, et finis par m’emparer de sa main gauche pour l’emmener dans la salle de bains. J’ouvris le robinet d’eau froide et passai sa main en dessous, alors qu’il grimaçait, sûrement à cause de la sensation que ça lui procurait. Il n’avait toujours rien dit et je m’attendais vraiment à ce qu’il se débatte, à ce qu’il ne se laisse pas faire. A croire qu’il avait compris où je voulais en venir, finalement. Pendant que l’eau nettoyait sa main, je récupérai une pince à épiler dans l’un des tiroirs de la pièce et le nettoyai avec de l’alcool à 90° pour enlever les bouts de verre qui s’étaient logés dans sa peau. En revenant vers lui, je pus remarquer que je tremblais comme une feuille. Je n’allais jamais être capable de le soigner si je restais comme ça, mais il le fallait pourtant. Il ne réussirait jamais à tout faire de sa seule main gauche.

« Laisse-toi faire, ok ? »

Et minutieusement, après avoir coupé l’arrivée d’eau, je m’appliquai à retirer chaque bout de verre qui était à ma portée. Mes mouvements étaient maladroits, gauches, imprécis, mais en me concentrant, je pus faire cesser les tremblements et j’enlevai chaque morceau du cadre, sans rien dire. Le silence était quasi-religieux, que ce soit de mon côté ou du sien. Ni lui ni moi ne parlions, et je redoutais, en fait, le moment où nous pourrions ouvrir la bouche de nouveau. Tout ce que je voulais, c’était aller me coucher, et Adrian pourrait bien faire ce qu’il voulait. Partir ou rester. Mais en tout cas, il n’obtiendrait pas la vérité venant de moi, et il lui faudrait bien du courage pour réussir à m’approcher…
Dès que j’eus terminé et enlevé le dernier morceau de verre qui restait dans sa main, je me reculai, soulagée que ce soit enfin terminé, et je l’obligeai à repasser sa main sous l’eau pour bien désinfecter, avant de le laisser là. Durant tout le long de « l’opération », j’avais senti son regard me scruter, comme s’il se fichait de la douleur qu’il pouvait ressentir dans sa main. Je savais qu’il se posait des questions, je savais qu’il souffrait de me voir ainsi, mais je ne pouvais pas lui dire. Ca le rendrait fou. Et pourtant, j’avais tellement honte de lui faire du mal à lui aussi… Je me rendis dans la cuisine pour boire un verre d’eau et calmer l’envie de pleurer qui montait en moi. Je m’étais juré de ne plus pleurer en face d’Adrian, et je devais m’y tenir cette fois encore. Alors ça prendrait le temps que ça prendrait, mais j’allais ravaler mes larmes et vivre normalement. En lui mentant. Au bout d’un moment, il finirait par oublier lui aussi et ce serait très bien ainsi…
 
 


Dat post. D:

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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Mer 17 Déc - 2:44

Maybe we're victims of fate

Jamais je n’aurai pensé me mettre en colère de la sorte un jour. En fait, j’étais moi-même complètement désarçonné par ma réaction, je ne croyais pas à ce que je venais de faire. Ce n’était pas du tout mon genre. Je n’étais pas un mec violent, loin de là ! Comment en étais-je arrivé à un tel point que je brisais un cadre innocent ? J’avais beaucoup changé en trente-cinq ans, passant d’un gamin mal-aimé à un jeune idéaliste en passant par un père de famille avant de devenir la personne que j’étais aujourd’hui. Mais jamais je n’avais été violent. Même pendant mes séjours en famille d’accueil, j’avais souvent eu envie de me barrer, de casser la gueule à certaines personnes, mais je ne l’avais jamais fait. Parce que je n’étais pas ce genre de type. Et si il y avait bien une chose que je ne voyais pas changer chez moi, c’était ça. Je pouvais passer de enthousiaste à aigri, de joyeux à râleur, mais pas de pacifique à violent. C’était paradoxal comme réflexion, venant d’un homme qui avait posé une bombe. Mais ce geste était pour moi un acte pacifique, même si je savais maintenant qu’il s’agissait d’une erreur profondément idiote, et que je le regrettais, j’étais persuadé qu’il n’y aurait aucun blessé et que je ne faisais rien de mal. Que nous ne faisions rien de mal. Ce que j’avais fait cette fois était totalement différent. Je m’étais énervé, pour une connerie, et j’avais donné un coup dans le mur. Et si je ne m’étais pas retourné ? Et si j’avais frappé Juliet ? Non je n’aurais pas pu. C’était d’ailleurs pour ça que je m’étais retourné. Jamais je ne pourrais lever la main sur Juliet, jamais.


Devant moi, la blonde baissa les yeux et je sentis mon coeur se tordre dans ma poitrine. Qu’avais-je fais ? Quel espèce d’idiot étais-je ? Je venais de faire peur à la femme que j’aimais, alors qu’elle venait de subir quelque chose qui était assez horrible pour qu’elle ne veuille pas m’en parler. Elle était si choquée qu’elle ne pouvait pas supporter mon regard alors que je m’excusais. Je voulais la prendre dans mes bras mais je n’osais pas, sachant très bien que ce serait une erreur. Je venais de lui crier dessus, elle n’avait probablement pas envie que je la touche. Elle fixa un moment un point dans le vide avant que, finalement, sa voix ne brise le silence de plomb qui s’était installé.


«Il faut que tu nettoies ta main. »


Je restais un moment muet, étonné par sa réponse, avant de remarquer qu’elle fixait ma main ensanglantée. Un peu égaré, je l’observais un instant moi aussi. Je ressentais la douleur, mais elle était comme étouffée, loin de moi. J’étais bien trop préoccupé pour m’en inquiéter. Je relevais à nouveau la tête vers elle alors qu’elle faisait de même. Son regard était éteint, et encore une fois je sentis mon coeur se briser. Je ne supportais pas de la voir comme ça, encore moins en sachant que j’étais responsable de son état. Voyant que je restais immobile, elle finit par attraper ma main gauche pour m’emmener vers la salle de bain alors que je me laissais faire.


Elle plaça ma main blessée sous l’eau froide et je grimaçais sous la douleur du picotement. Pourtant, je ne prêtais aucune attention à ma main qui s’endormait doucement sous le froid et la douleur, fixant toujours Juliet silencieusement alors qu’elle se mettait à fouiller les tiroir. J’avais compris qu’elle voulait tenter de me soigner comme elle le pouvait, et quand elle se tourna vers moi elle brandissait une pince à épiler qu’elle venait de désinfecter. Tremblante, elle me demanda de me laisser faire et je m’exécutais. Après avoir coupé l’eau, elle avança prudemment la main et commença minutieusement son opération. Je ne regardais même pas ce qu’elle faisait en détail, les yeux toujours fixés sur son visage concentré. Je ne savais pas très bien ce que j’essayais d’y voir, mais je ne pouvais plus en détacher le regard, scrutant la moindre de ses expressions.


Une fois qu’elle eu terminé, elle se recula et contempla un instant ma main enfin libérée de tout ces petits morceaux de verre d’un air satisfait avant de me faire la passer à nouveau sous l’eau. J’avais mal, je le sentais plus vivement maintenant, mais cette douleur n’était rien comparé à ce que je ressentais mentalement. Je ne parvenais toujours pas à croire à ce que j’avais fait à Juliet. Celle-ci sortit de la salle de bain sans me regarder et je l’entendis aller dans la cuisine alors que je restais planté là, ma main toujours sous l’eau. Je ne savais pas ce que je devais faire, ce qui était mieux pour elle et moi. Et surtout pour elle. Peut-être que je n’aurais jamais du revenir. Si c’était pour nous mettre dans des états pareils, il valait mieux que je la laisse reprendre le cours de sa vie. Evidemment, je savais que cette solution était idiote, nous l’avions bien compris. Nous ne pouvions décemment pas vivre l’un sans l’autre. Bien sur, si elle voulait que je parte, je le ferrais. Mais je n’étais pas certain que c’était ce qu’elle voulait.


Je fermais le robinet en soupirant un peu et décidai de rejoindre Juliet dans la cuisine. Je m’arrêtai à l’embrasure de la porte, ne voulant pas m’approcher trop d’elle. Elle était peut-être venue ici pour ne plus me voir après tout, je ne voulais pas la déranger mais je ne pouvais pas non plus rester à l’autre bout de l’appartement à essayer de l’éviter. Il fallait encore que l’on parle, même si je ne savais pas exactement de quoi.


« Juliet... Je sais que tu ne veux pas m’en parler. Mais je sais aussi que ce n’était pas une simple chute dans les escaliers. »


Je n’allais plus lui demander, j’avais compris qu’elle ne dirait rien et je ne voulais pas la bousculer encore. Alors j’allais la laisser tranquille avec ça, elle finirait bien par me dire ce qu’il s’était passé, n’est-ce pas ? Elle ne pouvait pas me cacher un truc pareil indéfiniment. Mais j’allais lui laisser le temps qu’il lui faudrait, le temps que ses blessures – autant physiques que morales – guérissent. Je soupirais longuement en croisant les bras et m’appuyant sur le cadre de la porte, toujours en la regardant.


« Je suis désolé de m’être énervé comme ça. J’ai peur pour toi, Juliet, et je sais même pas ce qui t’es arrivé. J’aime pas ça... Je voudrais que tu aie envie de m’expliquer. Mais je comprends. »


J’espérais avoir bien expliqué ce que je ressentais, sans pour autant paraitre larmoyant, mais je savais qu’elle pourrait lire que j’étais blessé dans mon regard. Je m’en voulais, parce que je n’avais pas été là pour elle, et quand j’aurai du simplement la réconforter, je m’étais énervé sur elle et j’avais aggravé mon cas. Pourquoi je n’arrivais jamais à réagir comme il le fallait ?

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Made my mistakes, let you down, and I can't hold on for too long. Ran my whole life in the ground and I can't, I can't get up when you're gone. You are my only one.


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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Mer 17 Déc - 23:39

Maybe we're victims of fate
Adrian Alpert & Juliet Carlson
 

 
Appuyée de tout mon poids et de toutes mes forces sur le plan de travail de la cuisine, j’inspirai profondément le plus d’air possible pour rester calme, pour ne pas céder à la panique. J’avais réussi à m’occuper de la main d’Adrian sans trop réfléchir. Je n’avais pas eu peur en étant face à lui, mais maintenant que tout était passé, qu’il fallait qu’on agisse comme deux adultes et que l’on parle, j’avais peur que tout se barre en cacahuètes. Il fallait que je fasse le point avec moi-même et pour ça, il me fallait un peu de temps. Temps que je n’avais pas bien sûr, parce qu’Adrian était dans la salle de bains et qu’il n’allait pas tarder à revenir à la charge. Je ne voulais plus qu’il me pose des questions, j’étais incapable de bien mentir, et il avait compris que je le faisais. Il devait me détester pour mentir. Mais lui aussi le faisait. Il mentait comme il respirait et je ne m’énervais pas sur lui. Certes, je faisais pire : je fouillais son passé dans son dos. Quand il l’apprendrait – parce qu’il l’apprendrait ! – j’allais en entendre parler. Et tout à coup, en comprenant qu’il était en colère pour un simple mensonge, j’eus peur rien qu’en imaginant ce qu’il pourrait me dire, ce qu’il pourrait me faire en comprenant que je connaissais des éléments de son passé. Il faudrait que je cesse toute recherche… mais je ne pouvais pas arrêter maintenant, et le détective ne s’arrêterait pas non plus. Une vague de panique me secoua alors que j’étais pratiquement calme et je sentis mes yeux s’embuer alors que mes larmes se formaient encore à vitesse grand V.
J’étais en train de souffler doucement et d’inspirer par le nez quand j’entendis du mouvement derrière moi. Adrian était sorti de la salle de bains, et il était désormais dans mon dos. Il restait silencieux, et je tentai donc de me faire discrète, quant à mes inspirations et expirations. Il s’était excusé, il ne voulait pas me faire peur. Il me l’avait dit. Mais ça ne changeait rien. Et ma panique, ma peur, s’étaient transformées, s’étaient agrandies. Je pensais plus large, et Adrian ne pourrait pas le remarquer. Peut-être qu’il fallait que je lui dise vraiment la vérité. Peut-être qu’il fallait que je lui dise que je m’étais faite agresser. C’était peut-être mieux, mais je ne pouvais pas le faire… Il ne m’écouterait jamais, il ne voudrait jamais rester ici, avec moi ; il partirait à la recherche de l’homme qui m’avait fait ça, il me ferait porter plainte. Il était hors de question que je cède. Pourtant, nous parlions de confiance, tous les deux, nous voulions nous refaire confiance comme avant, lui et moi. On disait, depuis que nous nous étions retrouvés, que nous devions retrouver nos marques tous les deux, et moi que faisais-je ? Je lui cachais des choses… C’était idiot de ma part. Mais je ne voyais pas comment je pouvais lui en parler sans qu’il ne redevienne furieux. Il fallait que j’attende. Que l’histoire se tasse. Que le temps passe. Qu’il n’y pense plus, même si c’était impossible.

« Juliet... Je sais que tu ne veux pas m’en parler. Mais je sais aussi que ce n’était pas une simple chute dans les escaliers.
-Je sais… soufflai-je, ne sachant pas vraiment s’il allait m’entendre ou non. »

J’étais bien consciente qu’il n’était pas idiot, qu’il savait ce qu’il se tramait. Je ne pouvais pas lui mentir, en réalité, je cachais juste la réalité. Il savait déjà ce qui m’était arrivé, mais il ne pouvait pas connaître les détails sans moi. Et il ne les aurait pas, ces fichus détails. Pas pour le moment, et peut-être même jamais, si nous arrivions à oublier cette histoire comme je le désirais. Je ne m’étais toujours pas retournée vers lui, je préférais lui tourner le dos et ne pas le regarder. C’était plus facile pour moi de rester sans rien faire, à seulement tenter de calmer ma respiration, en l’écoutant parler. C’était comme si rien ne s’était passé, quand il parlait. Il avait retrouvé sa magnifique voix douce, sa voix qui ferait pâlir les anges, et j’avais envie de me blottir dans ses bras pour ne plus en bouger. Je savais que c’était ce qui finirait par arriver, parce que je ne pouvais pas, je ne voulais plus me disputer avec lui.

« Je suis désolé de m’être énervé comme ça. J’ai peur pour toi, Juliet, et je sais même pas ce qui t’es arrivé. J’aime pas ça... Je voudrais que tu aie envie de m’expliquer. Mais je comprends. »

Je tournai la tête vers lui à ce moment-là, quand il finit de parler. Il comprenait que je puisse lui mentir ? Quel genre d’homme était-il pour oser comprendre ça ? Etait-ce parce qu’il faisait la même chose avec moi, et qu’il attendait de moi que je comprenne également pour quelles raisons il me mentait ? Parce que si tel était le cas… je préférais lui dire sur le champ ce qu’il m’était arrivé, pour qu’il sache que je ne supportais pas ses mensonges, mais que je vivais avec.
En plongeant mon regard dans le sien, j’y vis tout le ressentiment qu’il avait dans le cœur, toute la colère qu’il me portait encore un peu et qu’il portait à l’homme qui m’avait fait ça, et j’y voyais aussi de la peine, de la douleur et de l’incompréhension. Mieux encore dans mon cas, j’y voyais de la sincérité. Il était vraiment désolé pour ce qu’il avait fait, quand bien même ce n’était pas si déplacé que ça. Disons qu’il aurait pu prendre des pincettes et éviter de s’énerver d’entrée de jeu, comme ça. J’étais toujours un peu secouée par ses mots, par ses gestes, notamment par son coup de poing dans le cadre. Mais il s’était excusé… et je le connaissais, ce n’était pas son genre. Il n’était pas violent. Peut-être qu’il avait passé une mauvaise journée et que ne pas réussir à me tirer les vers du nez lui avait fait perdre ses moyens. Il venait de le dire, il avait peur pour moi… Ça devrait me rassurer un peu, malgré tout. Je me décidai donc à lui répondre, pour qu’il puisse se rassurer.

« Je vais bien Adrian, t’inquiète pas. »

Je savais bien que ça n’allait pas le convaincre, qu’il allait toujours se poser des questions, mais je pouvais lui jurer que j’allais bien. Moralement, ce n’était pas trop ça, surtout qu’il venait d’en rajouter une couche, et physiquement … eh bien les blessures allaient partir, un jour ou l’autre. Ma lèvre cicatriserait et mes bleus partiraient. Je ne les verrai plus. Ils resteraient là, ancrés au fond de moi, dans ma mémoire, mais ils auraient disparu. Et Adrian n’y penserait plus.
Pour lui prouver ma bonne foi, je tentai d’esquisser un sourire, et malgré la douleur que je ressentais dans ma lèvre fraîchement recousue du matin-même, je tins bon en le regardant droit dans les yeux. C’était encore un peu de la provocation, mais il ne me hurlerait pas dessus cette fois, c’était sûr et certain. En décidant de bouger, maintenant que je me sentais mieux et beaucoup plus calme, je récupérais la pelle et la balayette et décidai d’aller nettoyer le grabuge qu’avait provoqué Adrian dans le couloir et de jeter mon pauvre cadre qui n’avait pourtant rien demandé. Je dépassai Ad à la porte de la cuisine pour finalement me retrouver dans le couloir sans un mot de plus. Mon attitude était vraiment différente de d’habitude, je m’en rendais parfaitement compte, mais je ne voulais pas trop parler. Je ne pouvais pas non plus trop parler, au risque de me faire mal. J’espérais qu’Adrian ne prenne pas ça mal. Il allait peut-être croire que je lui faisais la tête, ou quelque chose du genre… Il fallait que je fasse l’effort de parler un peu.
Je pris cependant mon temps pour ramasser tous les bouts de verre qui trainaient par terre, m’appliquant avec attention pour ne pas en laisser traîner. Dans le cadre brisé qui était encore sur le sol, je récupérai la photo qui se trouvait à l’intérieur. Je n’avais pas fait attention à laquelle il s’agissait avant de la voir par terre. C’était une vieille photo, une des premières photographies que l’on avait prises de nous deux, Adrian et moi. Ça devait être à notre quatrième ou cinquième rendez-vous. Je n’avais pas pu me résoudre à la mettre dans un carton. Je ne pouvais pas m’empêcher de la laisser accrochée dans le couloir. Je passais devant chaque matin en me levant, et chaque soir en me couchant. C’était mon petit rituel et je n’avais pas réussi à m’en empêcher. Je récupérai la photo et la tendis à Adrian qui m’avait rejointe dans le couloir. Ça allait lui rappeler de bons souvenirs, du moins je l’espérais. Et alors que je terminais de ramasser les morceaux, je me relevai pour me remettre en face de lui.

« On oublie ça ? »

Malheureusement pour moi, ça passait ou ça cassait, et je redoutais sa réponse. Je voulais qu’il me dise oui, qu’il regarde la photo et qu’il se souvienne de comment nous nous aimions sans nous prendre la tête, avant. Je voulais que ça revienne. Je ne voulais pas qu’il y ait de disputes. Et au fond, je savais qu’il était du même avis que moi…
 
 

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

   (c) crackle bones


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Adrian Alpert


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MessageSujet: Re: [TERMINE] Maybe we're victims of fate ● Juliet & Adrian   Lun 22 Déc - 1:14

Maybe we're victims of fate

Malgré moi, je ne parvenais pas à me calmer totalement. Avoir brisé le cadre m’avait fortement refroidit, mais au fond de moi je sentais encore la colère serrer mon coeur autant que la honte d’avoir dérapé, d’avoir réagit comme un con et d’avoir fait peur à Juliet. Je m’en voulais terriblement, je ne comprenais toujours pas ce qui m’avait prit. Jamais je n’aurai pensé faire un geste aussi violent un jour, encore moins au vu des circonstances. Et pourtant ce fichu cadre gisait encore au sol, explosé en mille morceaux sous la puissance de mon coup de poing. Comme la preuve irréfutable que je n’avais pas pu me contrôler. Un instant je me revis au théâtre, quand j’avais perdu mes moyens devant Juliet. Ce n’était pas dans le même sens, cette fois la j’avais cru devenir fou tellement mon crâne me faisait souffrir, j’avais cru mourir tant il me semblait difficile d’affronter mes propres démons. Mais je n’avais pas su me contrôler, tout comme cette fois. Étais-je si instable que cela ? Je refusais de le penser, je ne voulais pas recommencer à agir comme ça. Plus jamais je ne voulais effrayer Juliet.

La blonde me tournait toujours le dos, appuyée sur le plan de travail. Je ne pouvais pas voir ses expressions, ni ses réactions. Elle semblait plutôt calme vue comme ça mais je doutais qu’elle puisse réellement l’être. Comment serai ce possible après ce que j’avais fait ? J’avais envie de me foutre une grosse claque. Depuis que nous nous étions remis ensembles, j’étais le plus heureux des hommes. J’avais encore du mal à croire qu’elle avait bien voulu de moi après ma fuite, c’était quasiment inconcevable pour moi. Et pourtant je restais égoïste, peut-être encore plus qu’avant. Je me disais que je pensais à elle avant tout, mais était-ce bien la vérité ? À qui je pensais en brisant ce cadre ? Si j’avais voulu le mieux pour elle, je n’aurai pas réagi comme ça. Je serais resté calme, j’aurai essayé de savoir bien sur, mais je ne l’aurai pas brusquée comme je l’avais fait. Au lieu de quoi j’étais entré dans une colère monstrueuse, j’avais crié sur elle et finit par envoyer ma main dans le mur pour apaiser ma propre rage. Je me sentais tellement pitoyable, je n’arrivais même pas à savoir ce qu’il m’arrivait. Peut-être que c’était du au fait que j’avais toujours l’impression que la vie frappait au moment ou je m’y attendait le moins. Combien de fois n’avais-je pas repris espoir pour le perdre à nouveau ? Et pourtant, je me faisais avoir à chaque fois. Je continuais de croire que je pouvais être heureux. Étais-je vraiment si naïf ? Quand je terminais ma phrase, Juliet tourna la tête vers moi et plongea son regard dans le miens. Je ne savais pas vraiment quoi lire dans ses yeux, était ce du reproche ? De la douleur ?

«Je vais bien Adrian, t’inquiète pas.  »

Son ton se voulait rassurant, et je savais qu’elle voulait de tout coeur que j’y croie mais ce n’était pas si facile. Quoi qu’il lui soit arrivé, elle avait été blessée puis je lui avais fait peur en m’énervant. Personne n’irait bien après ça. Mais j’allais devoir me contenter de cette réponse, je le savais. Un léger sourire un peu forcé se dessina sur ses lèvres avant qu’elle ne passe devant moi pour se diriger vers le couloir. Je me tournai sur son passage, ne voulant pas la quitter des yeux alors qu’elle commençait à ramasser les bris de verre qui jonchaient encore le sol du couloir. J’aurai voulu aller près d’elle pour lui dire que j’allais m’en occuper, que c’était à moi de ramasser tout ça, lui souffler encore une fois que j’etais désolé mais je restais irrémédiablement immobile, incapable du moindre mouvement. Je n’osais pas l’approcher, de peur de lui faire encore peur ou simplement qu’elle n’ait pas envie que je sois près d’elle. Je restais donc planté la, à la regarder s’appliquer a ne laisser trainer aucun des morceaux de verre. J’essayais de tirer mes pensées au clair, de faire le tri dans mes sentiments et de trouver des réponses à mes questions toujours sans la quitter des yeux.

Au bout d’un moment, je la vis s’arrêter un moment avant qu’elle ne vienne vers moi pour me tendre la photo qui se trouvait dans le cadre. Je l’attrapais d’une main tremblante alors qu’elle repartait continuer ce qu’elle avait commencé. Je n’avais pas regardé la photo avant de frapper et maintenant que je l’avais sous les yeux, je me souvenais parfaitement que c’était elle qui était pendue la. Il s’agissait d’une photo de Juliet et moi, prise au tout début de notre relation et en la regardant je passais une main sur mon visage, dévasté. Encore une fois je me demandais comment j’avais pu réagir de la sorte, après tout ce que je lui avais déjà fait subir. Et dire qu’elle ne savait même pas un dixième de mon passé. Je n’étais qu’un putain d’égoïste. Il fallait que je lui dise tout, un jour, il le fallait. D’une manière ou d’une autre tout ça allait finir par se retourner contre moi comme ça l’avait toujours fait. Et avec ce que je lui avait déjà fait subir, je ne voulais pas qu’elle souffre davantage. Mais comment était ce possible ? Elle allait forcément souffrir en apprenant tout ça ! Je ne voyais pas d’issue à ce problème. Ce fut Juliet qui me tira de mes pensées, se rapprochant de moi après s’être redressée.

«On oublie ça ? »

Dans ses yeux, je voyais qu’elle espérait de tout coeur que ma réponse soit positive et je ne la fixais que quelques secondes avant de hocher la tête lentement, ne pouvant pas le résoudre à faire autre chose. Si seulement nous pouvions oublier. Si seulement c’était aussi simple. J’etais bien placé pour le savoir, il y avait des choses que l’on ne pouvait pas oublier. Celle-ci en ferait partie j’en était certain. Je n’oublierais jamais qu’elle avait été blessée, je ne cesserais d’y penser. Je me questionnerais constamment sur les circonstances de l’incident, dans ses moindres détails. Et Juliet, de son côté, n’oublierait surement pas ma réaction de ce soir. Bien sur nous allions faire semblant, nous allions mettre cette soirée entre parenthèses. Mais à certains moments, sans que l’on ne s’y attende, nous allions revoir les images de ce qu’il s’était passé. Tout comme je repensais parfois a ce que j’avais pu faire dans une autre vie, celle la même que je pensais loin derrière moi et oubliée depuis longtemps. Finalement, je pris Juliet dans mes bras en lui murmurant que je l’aimais. Lentement, parce que je ne voulais pas lui faire peur, je voulais juste la sentir contre moi et tenter d’oublier, au moins pour le moment. Parce que j’avais l’intime conviction que cette histoire n’étais pas terminée.


©clever love.

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