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 [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet

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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Sam 29 Nov - 22:03


   

   

It's just a beautiful liar...
En me réveillant, ce matin-là, je sus que je n’allais pas passer une bonne journée.
En réalité, la veille avait déjà été horrible. Je n’arrivais toujours pas à comprendre ce qu’il s’était passé, et j’avais du mal à mettre des mots dessus. J’étais tranquillement en train de rentrer chez moi quand ce connard m’avait attaquée, m’avait prise pour une autre, m’avait agressée physiquement, m’avais humiliée, m’avait salie… je ne savais pas exactement quoi dire, pour décrire les sentiments qui m’animaient. J’étais autant révoltée que déprimée. Autant dégoûtée que soulagée que ça n’ait pas terminé en viol. J’avais cru mourir dans cette ruelle, et je ne mesurais pas bien la chance que j’avais d’être encore en vie et en un morceau. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il s’était passé dans sa tête. Au départ, il était persuadé d’avoir raison, il avait bu et il me prenait vraiment pour une autre. Puis, soudainement, il avait changé d’avis, il avait compris que je n’étais pas celle qu’il croyait et il avait presque voulu m’aider. Du moins en apparence, parce que j’étais certaine qu’il aurait continué, si je m’étais laissée faire que j’avais attendu les secours. Non, décidément, j’avais bien fait de le pousser et de le frapper.
Une fois que le taxi m’avait déposée à la maison, j’avais pleuré tout ce que j’avais pu en vomissant mes tripes dans la salle de bains, mais j’étais saine et sauve. J’aurais voulu qu’Adrian soit là pour m’aider, pour m’épauler mais je ne voulais pas qu’il sache ce qu’il s’était passé. Il entrerait dans une rage folle et il était hors de question que je lui dise. Il m’avait bien dit qu’il affronterait tous les tracas de la vie avec moi, mais là, c’était au-delà du souci. C’était horrible, et je ne voulais pas qu’il se monte la tête. Je ne savais pas de quoi il était capable. Rien qu’en y pensant, j’avais pratiquement eu peur de lui. J’étais restée dans la cabine de douche pendant deux heures avant de finalement me coucher sans manger, éreintée. J’aurais voulu que ce soit un cauchemar, mais ce matin-là, quand mon réveil sonna, je sus que ce n’était pas du tout un mauvais rêve.

J’avais mal à la tête, à la poitrine, aux jambes, aux bras. En réalité, tout mon corps était douloureux. J’avais été tellement tétanisée la veille que mes muscles s’étaient beaucoup trop contractés. J’avais des courbatures, en fait, et c’était la première preuve que j’avais. La deuxième, ce fut quand je remarquai le sang sur mon oreiller. L’espace d’un instant, je me demandais d’où il venait. Peut-être que j’avais saigné du nez. J’étais sous le choc, c’était possible que ça arrive. Ce n’est qu’en me regardant dans le miroir de la salle de bains que je compris que le sang venait de ma lèvre. Elle s’était rouverte pendant la nuit, en réalité, je n’étais pas sûre qu’elle ait été à un moment fermée. Elle était toujours enflée, et une plaie béante la sectionnait en deux. Il ne m’avait pas loupée, et des larmes se formèrent de nouveau dans mes yeux en repensant à la douleur que j’avais ressentie. La troisième preuve fut quant à elle l’œil au beurre noir auquel j’avais le droit, et qui serait tout bonnement impossible à cacher, même avoir tout le maquillage du monde. Toute ma paupière était violacée, mon œil était rouge à cause de tous les vaisseaux qui avaient explosé à l’intérieur, et l’ecchymose se poursuivait sur l’arête de mon nez, à l’intérieur, ainsi que sur ma pommette et jusqu’à mon sourcil, à l’extérieur. Mon fond de teint ne cacherait pas ça. Jamais. J’allais devoir en parler à mes collègues, elles remarqueraient forcément qu’il s’était passé quelque chose. Et Adrian ? Il n’était pas idiot, il allait comprendre. Il fallait que je lui mente, que je lui dise que j’étais tombée dans les escaliers de l’immeuble, que je m’étais pris un meuble dans la figure, ou que je m’étais pris une porte, un poteau, quelque chose du genre. Il n’était pas dupe, mais je mentais bien…
En me lavant le visage pour nettoyer le sang séché et celui qui continuait de couler, je fus de nouveau prise de tremblements. Adrian allait sûrement venir ici dans les heures qui venaient, du moins, le soir-même ou le lendemain. Il verrait mon état, il allait me poser des questions. Je ne voulais pas lui dire, je ne pouvais pas lui dire. J’étais paniquée à l’idée qu’il me fasse du mal, lui aussi. Je dus m’asseoir quelques instants sur la cuvette des toilettes pour reprendre mes esprits et ne pas m’évanouir. Je ne pouvais pas aller travailler dans cet état-là. Aussi, je pris mon téléphone, dans le salon, et appelai ma patronne pour lui dire que je m’étais coupée assez gravement et que je devais aller aux urgences. Je n’avais pas besoin de tout lui raconter, et elle verrait bien que je disais la vérité quand elle verrait ma tête. Je n’avais aucune envie d’aller aux urgences, mais je devais me rendre à l’évidence : je n’avais pas le choix. Je n’aurais qu’à leur mentir aussi, ils n’avaient pas à savoir ce qu’il s’était passé. Ils me poseraient des questions, mais je n’aurais qu’à me taire. Ou mieux, je pouvais parler français, je savais encore le faire, heureusement. Ils ne comprendraient rien et ne me poseraient pas de questions. Je gardais donc cette idée sous le coude, au cas où on me demande trop de choses.

Une demi-heure plus tard, j’étais devant l’hôpital, et je me demandais si ça valait vraiment le coup. J’avais peur d’y entrer, parce que ça allait me faire repenser à ce qu’il s’était passé la veille. Je n’avais pas envie de ressasser tout cela, mais je savais que dans les prochains jours, ça allait continuer, encore et encore. Quand il faudrait mentir à mes collègues, puis mentir à Adrian. Mentir à tout le monde, pour ne pas dévoiler ce qu’il s’était passé. J’avais de la volonté, j’allais y arriver, mais néanmoins, je savais qu’il y aurait des incertitudes. Adrian n’allait jamais me croire. Je le savais d’avance. Au final, j’entrai dans l’hôpital, au niveau des urgences et m’avançai vers un comptoir pour signaler ma présence et raconter ce que j’avais, le tout en prenant bien soin de faire ressortir mon accent français. Je savais qu’à Toronto, il y avait de nombreuses personnes qui connaissaient le français, mais avec un peu de chance – et il en fallait – je pourrais tomber sur quelqu’un qui n’y comprenait rien. Je dus attendre évidemment patiemment que l’on me prenne en charge, et comme je perdais moins de sang qu’en me réveillant, je dus attendre longtemps, jusqu’à ce que finalement, une femme brune vint vers moi, en me souriant gentiment et en me demandant ce qu’il me fallait. En comprenant que c’était elle, mon médecin, je me relevai de mon siège en chancelant.

« Bonjour… euhm… je me suis ouvert la lèvre en tombant dans les escaliers… vous… vous pourriez me recoudre ? S’il vous plait ? »

Ma voix tremblait plus que de raison, mais tout mon corps tremblait en réalité, et je me rendais compte que je n’allais peut-être pas mentir aussi facilement que ça. Néanmoins, je devais m’y tenir. Cette femme, ce médecin, ça allait être mon entraînement. Ensuite il y aurait mes collègues… et le niveau final, mon évaluation, ce serait Adrian, qui me connaissait mieux que personne ! Il fallait que ça fonctionne.

   
© charney

   

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Dernière édition par Juliet Carlson le Dim 28 Déc - 17:23, édité 1 fois
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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Dim 30 Nov - 19:23


Juliet & Ella
It's just a beautiful liar...






Je cours comme une taré dans les couloirs de l’hôpital, il y avait eu un carambolage, et on avait besoin de moi aux urgences, qui était à l’autre bout d’où je me trouvais. Et je ne voulais pas louper la moindre petite opération à laquelle je pourrais apprendre des choses. Et puis, je voulais vraiment aider les gens, sauver des vies et ne pas en perdre surtout.
Je me rends donc aux urgences, haletante, mais j’étais la avant beaucoup d’autre interne et j’allais surement avoir un cas intéressant.

- Kayser, avec moi !

Je tourne la tête vers le docteur Baskin il avait un cas très bien je pense, et sans réfléchir je me dirige vers lui analyse tout ce qu’on me dit, j’effectue ce qui doit être fait comme un automate. Et quand Baskin dit qu’on doit aller au bloc, je trépigne au fond de moi. Dix minutes plus tard, je suis en tenu pour la salle d’op, je me lave les mains tout en fixant mon patient qui se fait préparer dans le bloc.
C’était partie pour une opération avec tous les risques qui encourent mais je suis tellement contente, j’adorai être dans le bloc, c’était vraiment un endroit où je me sentais bien, et même quand il était vite, le calme, l’odeur, bref, parfois je m’imagine dans un bloc opératoire quand je suis trop stressé.
L’opération se passe à merveille, l’homme normalement va vivre. Et j’ai pu faire pas mal de chose et sans faire d’erreurs. J’étais fière de moi, mais je ne devais pas me reposer sur mes lauriers. J’avais encore beaucoup de chose à apprendre, et à voir, je n’étais qu’un bébé en faite dans le domaine.
Bref, je retourne à la mine pour finir de soigner quelques personnes du carambolage, puis enfin un peu de calme, sauf qu’on m’affecte aux consultations.
J’arrive devant une jeune femme blonde, la lèvre bien abimé, et un joli hématome à l’œil. Que lui était il arrivé ? Et bien, pour le savoir autant lui demander.

- Bonjour… euhm… je me suis ouvert la lèvre en tombant dans les escaliers… vous… vous pourriez me recoudre ? S’il vous plait ?

Tomber dans l’escalier ? Ca m’étonnera beaucoup. Une chute ne pouvait pas donner un hématome à l’œil, et pour sa lèvre bien ouverte. Bon, je vais lui parler pendant que je la soigne, elle va peut-être changer sa version des choses.

- Je suis le docteur Kayser, et je vais vous soigner. Suivez-moi s’il vous plaît.

Je lui fais un sourire, pour qu’elle ait confiance en moi, puis je lui dis de s’installer sur un lit, et je me prépare pour la « réparer ».

- Je vais vous endormir un peu le visage, pour faire des poings de suture.

En faite ça va être compliqué de lui parler si elle ne pourra pas me parler. Mais ça ne l’empêchera pas de m’écouter en faite. Ce n’est peut-être pas plus mal. Si elle pouvait me dire la vérité après ça.
Je nettoie la plait après lui avoir appliqué une petite pommade anesthésiante, qui remplace une piqure. Je la préviens qu’elle sentira peut être quelques trucs mais qu’elle n’aura pas mal.
Je commence alors mon travail, et fait les points de suture tout en étant bien concentré.

- Comment êtes vous tombé ? Vous avez glissé ? Ce qu’est-ce t-il passer pour que vous aillez un œil au beurre noir ?

Trop de question et je ne pouvais pas avoir de réponse, je devrais être bien plus diplomatique en faite. Et maintenant pour qu’elle puisse me répondre je devrais attendre, d’une que j’ai fini et de deux qu’elle puisse retrouver l’usage de sa bouche… Pas très malin Ella !
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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Lun 1 Déc - 15:09




It's just a beautiful liar...
Forcément, la femme brune que j’avais en face de moi ne me crut pas. A qui pouvais-je vraiment faire croire mon mensonge ? J’étais persuadée que personne n’allait croire ce que j’allais dire. C’était évident que je n’étais pas tombée dans les escaliers, alors il faudrait peut-être que je trouve une autre idée, un autre subterfuge. Néanmoins, je ne savais pas quoi dire. Peut-être valait-il mieux que je raconte la vérité, mais pourquoi faire ? Pour que l’on me console, que l’on me câline, que l’on soit gentil avec moi ? Je ne voulais pas de leur gentillesse, ni de leur hypocrisie. Je voulais que l’on me traite normalement, et de fait, le seul moyen que j’avais, c’était de mentir aux yeux du monde. « On fait au mieux pour sauver la face, pour que notre entourage ignore par où l’on passe. » Y avait un chanteur qui disait ça, y a quelques années. Je trouvais ça très vrai, en réalité, parce que c’était exactement ce que je prévoyais de faire. Et ce que j’allais faire !

« Je suis le docteur Kayser, et je vais vous soigner. Suivez-moi s’il vous plaît. »

Je hochai la tête poliment, en lui rendant du mieux que je pouvais son sourire, me voulant sûre de moi et confiante. C’était mal parti, mais je pouvais essayer de jouer le jeu jusqu’au bout. Elle ne me croyait pas une seule seconde, je le voyais dans ses yeux. Néanmoins, si je me montrais convaincante, elle n’aurait peut-être rien à redire et elle me laisserait partir sans me poser de questions. Elle était médecin, pas psychologue et si je voulais ne rien lui dire, je n’avais pas à le faire.
Une fois dans un box, je m’installai sur l’un des lits des urgences, peu confortables et trop durs, et elle m’expliqua qu’elle allait m’endormir le visage, afin de me recoudre. Je hochai une nouvelle fois la tête, en sachant à quoi m’attendre. J’avais déjà été suturée. Ce n’était pas la mer à boire, surtout quand on était anesthésié. Toutefois j’avais une légère appréhension, en me disant que c’était la première fois que j’étais suturée au visage et que ça allait peut-être être plus douloureux qu’au coude, quand j’avais huit ans.
Rapidement, le docteur Kayser me nettoya la bouche et la lèvre, de même qu’elle passa une crème sur toute la zone du bas de mon visage. Rapidement, une brusque chaleur m’envahit dans tout cet endroit et je n’y sentis absolument plus rien. C’était incroyable, la rapidité à laquelle se diffusait le produit. Au moins, je n’allais pas rester bien longtemps ici. Le médecin attendait quelques minutes que tout se soit bien diffusé, pour que je n’ai pas mal, et si tout allait bien, je n’allais sentir que les mouvements de l’aiguille, sans douleur. Juste une gêne passagère. Dès qu’elle eut commencé, je fis bien attention à ne pas trop bouger pour lui faciliter le travail, et elle restait silencieuse. C’était très bien comme ça … et ça aurait été génial si elle était restée silencieuse jusqu’au bout du travail.

« Comment êtes vous tombé ? Vous avez glissé ? Ce qu’est-ce t-il passer pour que vous aillez un œil au beurre noir ? »

Et elle voulait que je lui réponde comment, en fait ? J’avais la bouche grande ouverte pour qu’elle puisse me recoudre, je ne sentais plus mes muscles, j’étais donc bien incapable de prononcer ne serait-ce qu’une syllabe. Alors si elle voulait décrypter les bruits que faisaient mes cordes vocales, je pouvais toujours essayer, mais je n’étais pas sûre que c’était ce qu’elle souhaitait que je fasse. Aussi, j’essayais de lui répondre par un regard. Je ne savais pas si elle allait comprendre ce que je voulais qu’elle comprenne, en réalité. Je voulais être persuasive, mais je ne savais même pas si ça pouvait passer dans le regard, la persuasion.

Visiblement, ça ne fonctionnait pas très bien, parce qu’elle ne changea pas de regard sur moi. Elle me regardait encore comme si j’étais une pauvre petite chose toute faible, et je me demandais ce qu’elle pouvait bien penser de moi. Elle avait sûrement compris ce qu’il m’était arrivé, je ne devais absolument pas être la première à venir aux urgences dans cet état là. Peut-être qu’il fallait que je lui en parle. Peut-être que ça me ferait du bien de pouvoir le dire à quelqu’un, surtout quelqu’un d’une équipe médicale. C’était la seule qui pourrait vraiment comprendre et ne pas me juger, après tout. Mais je n’avais pas besoin d’un discours moralisateur. Je savais d’avance que ce n’était pas de ma faute s’il s’était passé ce qu’il s’était passé. Je n’avais pas honte de moi. J’avais peur des autres, c’était tout. Et je ne connaissais que trop bien les paroles que pouvaient avoir les autres pour les victimes. Je détestais ça. Enfin pour le coup, je ne pouvais pas dire grand-chose, alors j’attendais qu’elle me parle, qu’elle me pose des questions et qu’à la limite, je réponde d’un signe de tête, ou bien même avec les yeux. Je n’avais pas envie de lui raconter, donc je ferais tout mon possible pour qu’elle croit en mon histoire de chute Et si elle n’y croyait pas, alors je lâcherais l’affaire et je lui dirais tout, ou rien du tout.

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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mar 2 Déc - 18:50


Juliet & Ella
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Je me sens vraiment idiote d’avoir posé toutes ses questions alors que bon, je savais pertinemment qu’elle ne pouvait pas me répondre. Certes ça la ferrai réfléchir, mais toute de même pour qui je passe. Je suis un médecin et elle va croire que je suis débile parce que je n’ai pas réfléchis avant de parler. Tout en suturant ma patiente, j’essayais de voir dans son regard si elle était effrayée, bien entendu, vu qu’elle c’était fait agresser, et qu’une inconnue qui lui posait des questions lui recousait la lèvre. Aujourd’hui ma pauvre Ella, tu ne penses plus vraiment correctement, il va être temps que tu finisses ta garde. Si je savais réellement lire dans les regards, je parie qu’elle me dirait de la laisser tranquille avec mes questions, qu’elle veut juste qu’on la soigne. Mais, bon, moi je suis médecin et on ne fait pas que des actes, parler et comprendre notre patient était aussi une grande partie de notre métier, et moi j’y tenais beaucoup, même si après je m’attache trop, mais je me suis forgé une bonne carapace et j’arrivais la plupart du temps à faire un trait sur le boulot une fois sortie de l’hôpital.

Il ne fallut pas beaucoup de point, seulement trois, de ce fait j’avais déjà terminé mon opération, mais elle allait être un moment sans pouvoir parlé, ni vraiment ressentir toutes les sensations dans le bas de son visage.

- Je vais vous donner un baume réparateur, qui aidera à la cicatrisation, vous devez en mettre trois par jour, au matin après le petit déjeuner, le midi après manger, et le soir en vous couchant.

Alors que j’enlevais mes gants, et rangeait tout mon matériel je la regarde avec un sourire qui se voulait rassurant. De toute façon, je ne savais pas non plus sourire autrement, sauf faussement quand je devais faire bonne impression devant des gens que je n’aimais pas.

- Ensuite, vous allez devoir revenir me voir, pour enlever les fils. Si il y en a un qui commence à vouloir partir, surtout ne tiré pas dessus, aller voir votre médecin, ou venez jusqu’ici. Mais si vous tirez dessus, vous risquez de rouvrir la plais, et ça vous ferra saigner de plus belle.

Je devrais aller chercher le tube de baume, mais j’ai peur que si je pars, qu’elle s’en aille elle aussi. Du coup, je m’assois à ces côtés.

- Vous savez je suis tenue au secret médical, tout ce que vous me direz ici, ne sortira pas d’ici. Si… si vous avez besoin qu’on vous examine, je peux le faire aussi…

Je sous entendais un examen gynécologique, cette femme c’était faite agresser par qui ? Ca restait un mystère, mais si elle avait été violentée sexuellement, je pourrais toujours la rassurer et faire office de psy…

Je la regardais vouloir parler, mais ce n’était pas la peine, l’anesthésique faisait encore bien son travail, elle devrait reprendre possession de sa bouche dans encore une bonne vingtaine de minutes. D’ici là, j’allais lui faire la conversation.


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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Jeu 4 Déc - 0:48


 

 

It's just a beautiful liar...
Le silence reprit ses droits rapidement, quand elle comprit que je n’étais vraiment pas capable de parler. En même temps, elle devait bien se rendre compte qu’avec une bouche toute engourdie, ça n’allait pas fonctionner ! Elle était médecin, et ce n’était pas la première fois qu’elle recousait quelqu’un, ça se remarquait facilement. Alors quoi ? Elle ne savait pas que je n’étais pas une super héroïne, que je ne pouvais pas obliger ma bouche à bouger si elle ne pouvait pas le faire ? De fait, elle se tut pour de bon, et se concentra sur ma lèvre, et je lui en fus reconnaissante. Quand elle eut finalement terminé, je la remerciai d’un regard, sans vouloir discuter plus que cela.

« Je vais vous donner un baume réparateur, qui aidera à la cicatrisation, vous devez en mettre trois par jour, au matin après le petit déjeuner, le midi après manger, et le soir en vous couchant. »

Je hochai la tête pour lui faire comprendre que j’avais tout bien pigé. Une crème à mettre sur la lèvre, trois fois par jour, je pensais pouvoir m’en souvenir, ce n’était pas si compliqué que ça ! En plus, je mettais du rouge à lèvres pour aller au travail, alors ça ne ferait qu’une couche de plus à mettre sur mes lèvres. Elle continua, en m’expliquant que j’allais devoir revenir la voir dans peu de temps pour que l’on retire les fils qu’elle avait utilisés cinq minutes auparavant. Elle me recommanda quelques conseils pour ne pas que je rouvre la plaie, pour ne pas que je doive revenir en urgences. Je hochai la tête à chaque fois, désireuse d’en finir au plus vite… pourtant, elle n’en avait pas fini avec moi !

« Vous savez je suis tenue au secret médical, tout ce que vous me direz ici, ne sortira pas d’ici. Si… si vous avez besoin qu’on vous examine, je peux le faire aussi… »

Qu’on m’examine ? Pourquoi faire ? Je n’avais pas besoin que l’on m’examine. J’allais très bien, autrement. A moins qu’en voyant ma tête, elle ne croit que j’étais vraiment mal en point. Il était vrai que j’avais une œil au beurre noir et des cernes énormes parce que je n’avais pas vraiment dormi de la nuit, mais hormis mon visage, je n’avais pas spécialement de blessures à proprement parler. J’avais mal partout, mais ce n’était pas une douleur insupportable. Alors je n’avais pas besoin d’être auscultée… Et je ne compris que trop tard ce qu’elle voulait dire, en réalité. Je restai interdite, avant de secouer la tête de droite à gauche. Il était hors de question qu’on m’examine de ce point de vue-là. Il ne s’était rien passé, heureusement pour moi. J’avais eu un peu de chance dans mon malheur, en réalité. Un tout petit de chance.

Je pensais que j’allais pouvoir repartir, et rentrer chez moi, ou même aller travailler, finalement, mais le médecin ne me lâcha pas pendant vingt bonnes minutes. Elle ne cessa de parler, de tout et de rien, glissant çà et là quelques remarques sur les agressions, sur le fait de porter plainte, sur le viol… alors que je n’avais rien à voir dans ce genre de catégories. Je voulais m’auto-persuader du fait qu’il ne m’était rien arrivé de plus qu’une vulgaire chute dans les escaliers, même si ce n’était pas vrai. Je voulais qu’on me laisse tranquille. Repenser à la soirée de la veille était une expérience douloureuse, quelque chose que je voulais enterrer au plus profond de mon être, et on ne me laissait pas le faire pour l’instant. C’était normal, parce qu’il était encore tôt… mais je voulais oublier. Tout bonnement oublier. Etait-ce possible ? Pour le moment, non…
Dès que je pus parler de nouveau, je lui fis comprendre que je me sentais mieux, mais néanmoins, elle ne me lâcha toujours pas et je commençais à perdre patience. Sans vouloir être méchante avec elle – je ne voulais pas non plus paraître pour une ingrate et l’envoyer sur les roses… - j’avais envie de quitter cet hôpital, d’y revenir dès qu’elle me dirait de le faire pour enlever les fils et que tout ceci se termine. Il le fallait. Pour le bien de ma santé mentale, pour le bien d’Adrian, pour nous deux. En me massant un peu la mâchoire, je repris la parole, la voix légèrement enrouée par ce silence prolongé et forcé.

« Je n’ai pas été agressée, docteur. Je suis tombée, vraiment. Mes chaussures glissaient à cause de la neige et… »

En fermant les yeux une demi-seconde, je revis la neige, qui m’avait accueillie hier soir lorsque l’enfoiré qui m’avait fait ça m’avait assise à même le sol. Je sentis la morsure du froid sur ma peau, s’insinuer dans mes vêtements et me geler sur place en quelques secondes. Je faillis presque sentir mes forces s’amenuiser et ma conscience repartir. Je me repris à la dernière seconde pour ne pas que le docteur m’efforce à rester encore plus longtemps et après avoir inspiré encore un coup, je pus revenir dans la conversation :

« … j’ai glissé en tombant sur ma tête ! »

Je savais qu’elle ne me croirait pas, et elle aurait raison de ne pas me croire, bien sûr. Néanmoins, je voulais que l’on me laisse tranquille. Je savais que vingt minutes plus tôt, je pensais tout raconter à la jeune femme… mais je ne voulais plus maintenant. Elle n’avait pas cessé de parler, et ça m’avait cassé toute envie de lui dire quoi que ce soit de ce qu’il s’était passé. Je devais la garder comme mon test numéro un. Si je le passais, je pouvais continuer à mentir sans me poser de questions !

 
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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Jeu 4 Déc - 18:40


Juliet & Ella
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Je me sentais vraiment idiote à parler dans le vent, toute seule, d’habitude on leur donne un magasine pour attendre la fin des effets anesthésiant mais je ne sais pas pourquoi aujourd’hui je préfère rester avec elle et avoir toutes mes réponses. Mais pourtant on a bien appris à l’école ne de pas trop s’attacher, mais pour moi c’était impossible, enfin j’y arrivais parfois, mais je sentais bien que la jeune femme mentait, je n’étais pas débile non plus. Et puis on ne pouvait pas se faire un cocard comme celui-là en tombant. Parlant que je lui parlais elle m’avait quand même bien fait comprendre qu’elle ne voulait pas d’un examen gynécologique, elle n’avait pas eu t’attouchement, enfin, ça je le suppose. Mais j’avais bien envie de la croire sur ce point-là.
Ah je crois que je vais pouvoir arrêter de parler toute seule, les effets se dissipe, elle va peut-être enfin me dire ce que je veux savoir.

- Je n’ai pas été agressée, docteur. Je suis tombée, vraiment. Mes chaussures glissaient à cause de la neige et…

Je la fixe alors qu’elle ferme les yeux, soit elle avait légèrement mal ce qui pouvait se comprendre, soit elle repensait à ce qu’il c’était passer. Supposant alors la seconde hypothèse au vue de ses tics nerveux qu’elle avait. Elle revoyait, pas une simple chute, ça j’en suis persuadée.

-… j’ai glissé en tombant sur ma tête !

Elle n’aurait pas qu’un hématome sur l’œil, mais au moins le nez amoché, non elle me racontait des craques. Pour essayer de la faire parler, il faut que je lui fasse alors un peu peur.

- Dans ce cas, il faut faire tout de suite un IRM vous avez peut-être eu un traumatisme crânien important ! Avez-vous perdu connaissance, des nausées ? Il faut sans attendre aller faire l’IRM.

Je me suis levé, et je commençais déjà à partir avec le lit, pour aller en salle d’imagerie. Si je voulais que ma supercherie fonctionne, il fallait qu’elle y croit, de toute façon je ne vais pas non plus la forcer à me parler si dans une heure, elle me dit toujours la même chose, soit. Mais si j’arrive à faire qu’elle me parle, elle se sentira quand même bien plus soulagé. Et puis à qui irai-je le dire ? JE ne la jugerai pas, je voulais seulement l’aider.
Je sens une main attraper ma main, alors je me stop et je la regarde. Elle allait parler, c’est bon je l’avais dans la poche. Je remets le lit à sa place, et je la regarde sans la moindre pitié ou quoi que ce soit de désobligeant, je voulais mon regard confiant, pour qu’elle ne recule plus.


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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Ven 5 Déc - 18:24


 

 

It's just a beautiful liar...
Immédiatement, le regard du docteur Kayser changea, et je sus qu’elle ne me croyait toujours pas. Elle passait de son air confiant de médecin à l’air inquiet et interrogateur de quelqu’un qui veut absolument plus d’informations. C’était ridicule, enfin. Je ne voulais pas lui en parler, c’était mon droit, non ? Pourquoi se sentait-elle obligée de vouloir faire en sorte de cracher le morceau ? Je savais que j’allais finir par lui raconter, parce que je me sentirais trop mal et qu’elle n’allait pas arrêter d’insister pour ça. Néanmoins, je ne voulais pas qu’elle imagine des trucs. Si elle croyait que j’avais été violée, elle se trompait bel et bien, et je voulais qu’elle le sache, en fait.

« Dans ce cas, il faut faire tout de suite un IRM vous avez peut-être eu un traumatisme crânien important ! Avez-vous perdu connaissance, des nausées ? Il faut sans attendre aller faire l’IRM. »

Un traumatisme crânien ? Un IRM ? Et pourquoi pas un scanner, tant qu’elle y était ?! Non mais n’importe quoi, je n’allais pas la suivre, je n’avais pas que ça à faire, je n’avais même pas de quoi payer un examen de ce genre ! Elle pouvait toujours courir pour que je vienne, mais malgré l’expression peinte sur mon visage, elle ne devait pas comprendre que je n’en avais aucune envie et que je refusais, et elle ne me laissait pas le temps de lui expliquer, de lui dire ce que j’avais sur le cœur. Il était hors de question que je la suive, et pourtant, elle était déjà en train de partir vers les salles d’examens. Je n’avais pas le choix, je devais la rattraper et lui dire, alors je sautai sur mes pieds, en descendant de la table d’auscultation à toute vitesse, malgré ma tête qui tournait, malgré la douleur qui recommençait dans ma lèvre inférieure. Je devais éviter de parler, pour ne pas me faire mal, mais c’était impossible avec elle. Je lui attrapai le bras alors qu’elle continuait d’avancer, et elle s’arrêta net, en se retournant vers moi pour finalement me regarder. Je la suppliais du regard de ne pas continuer. Elle finit par revenir en arrière, s’intéresser de nouveau à moi et au box. Je savais que c’était le moment où je devais parler, dire ce qu’il m’était arrivé. Je savais aussi qu’elle n’avait pas me lâcher avant que je ne lui ai dit la vérité. Peut-être que si je me dépêchais, si je me laissais faire, elle me laisserait alors tranquille ! Je pris alors une profonde inspiration pour lui expliquer globalement ce qu’il s’était passé.

« Je ne suis pas tombée dans les escaliers, j’ai pas fait de mauvaise chute… »

Alors que je commençais mon récit, je la vis cesser tout mouvement et je parlai de fait moins fort, convaincue qu’elle m’entendrait quand même. Si je pouvais faire en sorte que personne d’autre qu’elle ne puisse m’entendre, alors je le ferais. J’avais peur du regard des gens, mais pire encore, j’avais peur qu’elle me dise d’aller porter plainte. Si je le faisais, il y aurait des représailles, j’en étais presque certaine. J’avais peur de sortir de chez moi. J’avais été obligée de prendre un taxi pour venir à l’hôpital, ce matin-là, parce que je ne voulais pas aller dans les rues et être livrée à moi-même. Il me faudrait du temps. Et je n’irais pas chez les flics…

« J’ai été agressée dans la rue, hier soir, quand je rentrais chez moi. Je sais pas qui c’était, je… j’ai rien vu… c’était… c’était horrible et… »

Je m’interrompis une fois de plus, cette fois à cause des émotions qui se mélangeaient en moi. La honte, la peur, la tristesse et l’angoisse de me dire que je ne tenais même pas le coup. Je ne savais pas et je ne pouvais pas mentir, rien qu’à un médecin. Jenny, Adrian, et tous les autres, ils verraient de suite que je mentais. C’était foutu pour moi. J’allais devoir leur dire que je m’étais faite agresser, que je n’étais pas tombée. Adrian allait savoir. Il allait entrer dans une rage folle… il allait vouloir retrouver l’enfoiré qui m’avait fait ça, alors que je ne savais même pas de qui il s’agissait. J’avais tellement peur de ça. Et si Adrian faisait quelque chose qu’il regrettait par la suite, pour moi ? Je ne me le pardonnerais probablement jamais…

« Je veux juste rentrer chez moi… s’il vous plait ! »

Je voulais que ça sonne comme un ordre, mais bien sûr, dans mon état tout larmoyant, ça ne serait jamais le cas. Ca résonnerait plutôt comme une supplique dans ma bouche, mais du moment que ça avait l’effet escompté, je m’en fichais pas mal. Il fallait que je parte d’ici, le plus vite possible, que je rentre chez moi et que je me concentre pour bien mentir. Je ne devais pas rester à l’hôpital, entre les mains de ce médecin !

 
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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Dim 7 Déc - 15:57


Juliet & Ella
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Elle allait tout me dire, c’est bon, elle prend une grande inspiration, soit elle sait bien jouer la comédie, et elle va encore me dire qu’elle a fait une chute, soit elle va me dire la vérité. Mais qu’elle est cette vérité. J’en avais vue des blessures faite par des chutes, ou des agressions et c’était vraiment différent. Les hématomes se situaient souvent au niveau des côtes, des jambes, là, c’était que sur le visage.

- Je ne suis pas tombée dans les escaliers, j’ai pas fait de mauvaise chute…

Oh, elle va alors me dire la vérité, bien, ça va la soulager, le dire a quelqu’un, ça va lui faire du bien, et puis si elle pleure à nouveau, elle aura toujours une épaule sur qui se laisser aller.

- J’ai été agressée dans la rue, hier soir, quand je rentrais chez moi. Je sais pas qui c’était, je… j’ai rien vu… c’était… c’était horrible et…

C’était bien ça alors une agression, pas de son ami mais d’un inconnu. Je ne sais pas comment je pourrai réagir à sa place, elle a dut être effrayé, terrifier. La pauvre, ça n’a pas du être facile. Comment s’en était elle rechapé ?elle a dut avoir de la chance dans son malheur. Et puis, si elle m’assure qu’elle ne c’était pas fait violer, j’ai envie de la croire pour son propre bien. Elle a avait un regard encore plus triste qu’en arrivant et je voulais vraiment l’aider, il lui faudrait un psy ou encore qu’elle aille porter plainte, mais à quoi bon lui dire, vue son état elle était loin d’être prête à le faire.

- Je veux juste rentrer chez moi… s’il vous plait !

Je la regarde rapidement, puis jette un coup d’œil à l’horloge pas loin, je finis dans 1 minute, c’était parfait.

- Non, vous n ‘allez pas rentrer chez vous. On va aller boire un thé ensemble. Je ne vous fais pas t’entourloupe, on va juste boire une boisson bien chaude, ça vous ferra du bien, et j’e n’ai rien avalé depuis 7h ce matin.

Je lui fais un sourire, et je lui fais signe de me suivre, elle n’avait pas vraiment le choix au final. Elle me suit docilement à travers les couloirs pour arriver à la cafétéria de l’hôpital. Je nous prends deux thés, et une part de cheese-cake pour moi, la patiente m’ayant dit qu’elle n’avait pas faim. On s’installe à une table, et je lui fais un sourire, j’ai enlevé ma blousse ainsi ça fait moins formel.

- Dites moi Juliet, vous faites quoi dans la vie ?

Je voulais l’aider à me faire confiance et quoi de mieux pour un début que d’échanger des banalités. Et puis, si elle pouvait se laisser aller avec moi, ça sera un peu comme sa confidente, ça l’aidera à aller de l’avant. Parce que si elle avait caché la vérité à tout le monde, c’est qu’elle veut oublier. Mais pour l’oublier, au début il faut d’abord affronter ce qui c’était passé.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mar 9 Déc - 23:04


 

 

It's just a beautiful liar...
Inconsciemment, j’allais trop parler, trop en dire, et raconter des choses que je ne voulais pas évoquer. Il ne fallait pas que j’évoque trop ce qu’il s’était passé. D’abord, parce que ce médecin était mon test, encore une fois, et que je ne voulais pas du tout me retrouver à ne pas savoir mentir à Adrian. J’avais peur de sa réaction, et je ne voulais pas qu’il le sache. C’était ma priorité numéro une. Parce que bien sûr, il me poserait des questions. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Il verrait les marques sur mon visage, il verrait que je n’étais pas dans un état correct, il allait péter un plomb et me poser des questions, même si je ne le voulais pas. Alors je devais me préparer et m’habituer à mentir. Ensuite, je ne devais pas trop en parler, parce que j’avais peur des représailles ? Et si cet homme l’apprenait et voulait venir recommencer et finir la tâche ? S’il recommençait avec moi ? Ou avec une autre ? C’était impossible que ce soit avec une autre femme… mais avec moi oui. Il m’avait prise pour quelqu’un d’autre, quelqu’un qu’il connaissait bien, sa femme peut-être, ou son ex-femme, et c’était parce que je lui ressemblais, visiblement. Si jamais ça recommençait, qu’est-ce que je deviendrais ? Je savais que si je parlais trop, elle me ferait aller voir les flics, mais justement, j’étais persuadée qu’en leur parlant, en portant plainte, j’allais plutôt me mettre en danger. Il viendrait me tuer, juste après…

« Non, vous n ‘allez pas rentrer chez vous. On va aller boire un thé ensemble. Je ne vous fais pas t’entourloupe, on va juste boire une boisson bien chaude, ça vous ferra du bien, et j’e n’ai rien avalé depuis 7h ce matin. »

Elle me sortit de mes pensées paniquées en reprenant la parole. Il était hors de question que je me fasse avoir, et il était hors de question que je la suive. Cependant, je savais que je n’avais pas le choix, et déjà, mon cœur me désobéissait, en me faisant bien comprendre que j’allais faire ce qu’elle disait. Elle m’avait recousue, je lui en devais une. Et en plus, elle n’était pas méchante. Peut-être que je pouvais simplement vider mon sac avec elle, devant un thé ou un café, et repartir du bon pied par la suite. C’était ce que j’allais faire. Ca ne coûtait rien. C’est ainsi que je me retrouvais à arpenter les couloirs de l’hôpital, passant des urgences à un service plus calme, avant de terminer la course dans l’immense cafétéria du bâtiment. Elle me demanda si j’avais faim, ce à quoi je répondis par la négative. J’avais encore l’estomac tout retourné, et si je mangeais ne serait-ce qu’une bouchée de quoi que ce soit, j’allais vomir. L’acte de cet homme me dégoûtait au plus haut point et il faudrait du temps avant que tout redevienne normal pour moi. Nous nous installâmes par la suite à une table, quand nos deux thés furent prêts. Je n’aimais pas le thé, mais j’allais faire un effort, elle me l’avait payé après tout. Ce n’était pas comme si j’avais eu quelque chose à dire. Néanmoins, même si nous n’étions plus vraiment dans une relation de médecin à patient, je n’arrivais pas à me dérider, à ne plus me crisper.

« Dites moi Juliet, vous faites quoi dans la vie ? »

Sérieusement ? Elle me demandait ça à moi, la pauvre vendeuse de chaussures, alors qu’elle était un médecin, avec une dizaine d’années d’études ? C’était horrible pour moi, c’était pire que d’être rabaissée. Elle ne pouvait pas savoir, et je pouvais également lui mentir là-dessus si je le souhaitais, mais à quoi bon ? Je n’étais rien dans la société, rien de plus qu’une vendeuse banale, qui se faisait agresser dans des ruelles sombres. Si elle cherchait des raisons pour lesquelles je me ferais agresser, il n’y en avait pas dans ma vie quotidienne. J’étais une vendeuse merdique, j’avais un copain génial, j’avais été maman et c’était à peu près tout ce qu’on pouvait dire de moi…

« Vendeuse de chaussures… »

Je n’arrivais décidément pas à être plus agréable que cela, et pourtant, elle était très gentille avec moi. Je pouvais prendre comme prétexte le suivant : ma lèvre me faisait mal si je parlais trop. Quelques mots étaient suffisants pour que la douleur se ravive un peu dans tout le bas de mon visage. Autant dire que je n’allais pas beaucoup parler, surtout si je n’en avais pas envie comme maintenant. Néanmoins, je savais que je devais parler. Et j’eus le réflexe le plus idiot de toute ma vie, ainsi que la honte qui allait avec :

« Et vous ? »

En deux secondes chrono, je devins plus rouge qu’une tomate en me rendant compte que je venais réellement de demander à mon médecin ce qu’elle faisait dans la vie. Quel genre d’abruti posait cette question à son médecin ? En me rendant compte de ma gaffe, je bafouillai quelques mots :

« Désolée, c’était un vieux réflexe à la con… »

Je m’enfonçais de plus en plus dans ma bêtise, et en face de moi, elle ne semblait même pas s’en soucier, comme si elle avait l’habitude. Pourtant, elle ne devait pas l’avoir, l’habitude, du moins, je l’espérais pour elle… En attendant, j’avais l’impression d’être la pire cruche au monde. Quand je raconterai ça à Adrian, il allait mourir de rire… si je lui racontais, bien sûr. Ce qui n’était pas dit, du tout.

 
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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mer 10 Déc - 17:21


Juliet & Ella
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La jeune femme blonde, me semblait pas super à l’aise devant moi, pourtant je n’étais pas moche à se sentir mal avec moi, ni méchante. Elle devait se détendre un peu je n’allais pas la manger en plus, même si j’avais particulièrement faim. Et puis ma question n’était pas si privée et pas spécialement difficile.

- Vendeuse de chaussures…

Si mes yeux pouvaient lui envoyer des étoiles, ils le ferrèrent, des chaussures…. Elle était toute la journée entourée de chaussure, le paradis pour moi. Des escarpins, des bottes, des talons aiguilles… que ça serai bien d’y être toute la journée, un vrai plaisir, certes moins palpitant qu’ici, mais ça serai vraiment géniale.

- Et vous ?

Soit l’anesthésie lui fait un drôle d’effet sur le cerveau ou alors c’était une vraie blonde qu’on peut trouver dans les stéréotypes. Mais j’en doute fortement, elle ne m’aurait pas tenu tête comme ça sur son mensonge. Je pencherai sur un réflexe, tout le monde le fait après tout, je ne pouvais pas la juger ni lui en vouloir pour ça. Du coup j’essaie de ne pas lui faire remarquer que sa question était légèrement stupide, et je mange de mon cheese-cake qui est pour une fois mangeable.

- Désolée, c’était un vieux réflexe à la con…

Je lui fais quand même un beau sourire et pour la déridé un peu, je vais essayer de passer sa question avec un peu d’humour, même si je ne suis pas très douée dans ce domaine.

- En faite je suis comédienne, et j’adore porter des blouses blanche pour faire peur aux patients.

J’ai eu le droit à un minuscule rictus, c’était un bon début, et puis elle ne doit pas encore avoir retrouver toutes ses sensations dans le bas du visage.

- Je suis interne ici, et normalement pour encore quelques années, mais je m’y plais bien.

Je lui fais un grand sourire avant de prendre une gorgé de thé. Je reprends un morceau de mon gâteau, comme si j’étais affamé, ce qui était le cas je dois l’avouer haut et fort.

- Mais travailler dans un magasin de chaussure, ça doit être le pied, sans mauvais jeu de mot. J’adore les chaussures, je suis une vrai dingue de ça. Je dois en avoir une pour chaque jour du moi… Toutes différentes… C’est une vraie folie, surtout que maintenant je m’attaque aux sacs, il en faut un pour chaque paire de chaussure non ?

Je m’étonne moi-même de tout ce que je viens de dire sur ma passion des chaussures, la pauvre, je vais l’ennuyer avec son boulot… Elle ne devait surement pas avoir envie de parler de hauteur de talon, de cuire ou je ne sais quoi d’autre qui a un rapport avec les chaussures.


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Ven 12 Déc - 0:01




It's just a beautiful liar...
Forcément, son premier réflexe fut de sourire, et je ne savais pas si elle se moquait de moi, ou bien si c’était pour me faire comprendre qu’elle savait que je n’avais pas fait exprès. Parfois, je me demandais si les blagues que l’on faisait sur les blondes n’étaient pas véridiques. Je faisais de nombreuses gaffes, mais jamais aussi grosses. Peut-être que les restes de l’anesthésie locale avaient atteint mon cerveau et que j’étais bel et bien foutue. Néanmoins, la médecin ne s’arrêta pas au sourire, et j’eus carrément droit à la réplique qui allait avec.

« En faite je suis comédienne, et j’adore porter des blouses blanche pour faire peur aux patients. »

Bien malgré moi, j’eus envie de rire, mais j’avais trop mal dans la lèvre pour pouvoir le faire. Aussi, je ne pus que sourire en grimaçant à demi, essayant de ne pas paraître trop froide. Elle reprit cependant un ton légèrement plus sérieux, et m’informa qu’elle était interne dans cet hôpital, et qu’elle devait y rester encore quelques années. J’étais impressionnée par le nombre d’études que les médecins devaient réussir pour pouvoir exercer. Pas moins d’une dizaine d’années. J’imaginais que ça devait être aussi frustrant qu’agréable. A la fin de leurs études, ils devaient avoir un tel sentiment d’accomplissement de soi… je les enviais un peu. Je n’accomplirais jamais rien de ma vie. Je ne sauverais jamais personne. C’était un peu triste de s’en rendre compte ainsi. Mais je n’aurais pas eu les épaules pour ça. Ca devait être un rythme trop difficile à soutenir.

« Mais travailler dans un magasin de chaussure, ça doit être le pied, sans mauvais jeu de mot. J’adore les chaussures, je suis une vrai dingue de ça. Je dois en avoir une pour chaque jour du moi… Toutes différentes… C’est une vraie folie, surtout que maintenant je m’attaque aux sacs, il en faut un pour chaque paire de chaussure non ? »

Je levai de grands yeux étonnés vers elle en l’entendant autant de parler de chaussures. Elle pensait réellement que j’aimais mon métier à ce point-là ? Alors oui, certes, j’aimais bien être entourée de chaussures et surtout pouvoir me les payer à moitié prix grâce à mes réductions en tant que vendeuse… mais il ne fallait pas exagérer. J’en savais tout un rayon en matière de chaussures, mais quand même, je n’étais pas vraiment heureuse de me lever pour aller travailler. Bien entendu, je n’étais pas malheureuse dans la boutique, mais j’aurais pu faire autre chose de ma vie, et désormais il était trop tard. Néanmoins, j’étais contente qu’elle me parle d’un truc que je connaissais, parce que j’avais l’air moins idiote, à côté d’elle, et c’est avec un certain plaisir que je lui répondis à ce sujet :

« Une paire pour chaque sac, et pour chaque manteau. Mais chaque manteau doit avoir son propre sac, et donc sa propre paire de chaussures… et ainsi de suite. Ca tourne en cercle vicieux ! »

Je voulais rire une nouvelle fois, mais évidemment, ma lèvre me bloqua. Je ne voulais pas prendre le risque de défaire les points alors qu’ils étaient fraîchement faits. Ce n’était pas l’envie de rire qui me manquait pourtant. Combien de fois des clientes me disaient qu’elles avaient déjà des dizaines de paires de chaussures, mais que la perle rare n’existait pas, et qu’il fallait toujours en avoir des nouvelles en fonction des vêtements que l’on portait. Pour la plupart, je ne savais pas comment elles pouvaient se permettre de s’acheter autant de chaussures… mais elles devaient avoir un meilleur salaire que moi.

« Vous devriez venir dans la boutique où je travaille. Ma patronne m’a à la bonne depuis quelques temps, et elle me laisserait vous faire des prix sans problèmes ! »

Je ne savais pas exactement pourquoi je lui disais ça, alors que cette femme, je ne la reverrais probablement plus de toute ma vie. Les hôpitaux, je n’aimais pas vraiment les fréquenter. Je n’y allais qu’en ultime nécessité. Alors quoi ? Je proposais réellement à une femme que je ne connaissais pas et qui m’avait simplement recousue de passer dans ma boutique ! Je m’attendais à quoi, franchement ? Qu’elle me dise qu’elle y accourrait dès qu’elle aurait le temps ? Elle avait bien d’autres choses à faire que ça. En comprenant mon erreur, je baissai les yeux vers ma tasse de thé, et bus une gorgée de la boisson, sans rien ajouter. Je préférais me taire. Quand je parlais, j’en disais beaucoup trop… Elle finirait par me mettre dans sa poche et je lui raconterais tout ce qu’elle voulait. Et ce n’était pas ce que moi je voulais !

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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Ven 12 Déc - 11:45


Juliet & Ella
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Mais qu’est-ce qui m’était arrivé pour parler comme sa de chaussures. C’était vraiment du grand n’importe quoi. Maintenant je vais passer pour une fétichiste des pieds, et sa tête ne me dis rien qui vaille, j’ai dut vraiment lui faire peur en lui déballant tout ça sur ma passion des chaussures.

- Une paire pour chaque sac, et pour chaque manteau. Mais chaque manteau doit avoir son propre sac, et donc sa propre paire de chaussures… et ainsi de suite. Ca tourne en cercle vicieux !

Je souris de soulagement, elle entre avec moi dans la discussion, et avec une petite blague, ouf. Mais elle n’avait pas tort. Quand j’en aurai fini avec les sacs, je m’attaquerai aux manteaux et ici ce n’était pas un luxe d’en avoir plusieurs. Il fait si froid, surtout quand nous entrons dans l’hiver, les températures sont atrocement froides.

- Vous devriez venir dans la boutique où je travaille. Ma patronne m’a à la bonne depuis quelques temps, et elle me laisserait vous faire des prix sans problèmes !

Je ne peux que lui faire un grand sourire, je pourrai me faire deux fois plus plaisir ! C’était une sacré aubaine, et un vrai geste de pure gentillesse.

- Vous avez cas me laisser l’adresse, je viendrai dès que j’ai un jour de repos. Et attendez-vous à ce que je dévalise votre boutique, je suis une vraie macrophage des chaussures. C’est les rares choses que je n’ai pas laissé en Angleterre. J’avais dû avoir une valise entière remplis de chaussures. Les contrôleurs m’ont regardé bizarrement à l’aéroport…

En revoyant les têtes de ces hommes, je retiens de rire, même si sur le coup je n’étais pas vraiment à l’aise. Aujourd’hui je préfère en rire que de me sentir étrange.
Je lui donne un stylo, et elle note le nom du magasin sur la serviette, et je souris. J’avais déjà fait du lèche vitrine devant cette boutique, leur chaussures sont juste magnifique, je vais vraiment me faire plaisir la dessus.

- C’est vraiment très gentil de votre part.

Je reprends une bouché de mon gâteau ainsi qu’une gorgé de thé. Maintenant je ne sais plus quoi dire, et je dois vite trouver un sujet de conversation. Et un truc me vient alors à l’esprit, une chose que j’avais remarqué sans vraiment y faire attention.

- Vous avez un accent européen derrière votre anglais… Française non ?

Je suis assez douée pour repérer ce genre de chose, mais je pouvais me tromper aussi, je n’étais pas infaillible, et tout le monde peut faire des erreurs même si dans mon métier il ne faut mieux pas. Je la regarde sans trop d’insistance, je ne voulais pas lui faire peur non plus. Ce n’est pas du tout mon but, bien au contraire, je voulais qu’elle se détente et qu’elle arrive à me parler de n’importe quoi sans avoir peur de moi.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Lun 15 Déc - 23:09




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Visiblement, ma proposition lui plaisait. Alors je n’avais pas l’air idiote à lui dire ça ? C’était étonnant. On n’était pourtant pas du même milieu, elle et moi. Je savais que je n’avais pas de distinction de milieu à faire, c’était ridicule à notre époque. Mais pourquoi voudrait me parler et sympathiser avec moi ? Je n’étais même pas intéressante ! Et pourtant, j’avais l’impression que cette femme, qui ne me connaissait pas et qui m’avait simplement soigné la lèvre, voulait réellement en savoir plus sur moi. Je ne pouvais même pas me dire que c’était pour obtenir des informations sur mon agression. Je lui avais dit, et je n’avais plus rien à cacher. Alors pourquoi prenait-elle cette peine ? Certainement pas pour moi, quand même. Personne ne faisait cela pour moi. J’avais déjà eu de la chance qu’Adrian pose les yeux sur moi, quand nous nous étions rencontrés… je n’en attendais pas plus des gens et de la vie.

« Vous avez cas me laisser l’adresse, je viendrai dès que j’ai un jour de repos. Et attendez-vous à ce que je dévalise votre boutique, je suis une vraie macrophage des chaussures. C’est les rares choses que je n’ai pas laissé en Angleterre. J’avais dû avoir une valise entière remplis de chaussures. Les contrôleurs m’ont regardé bizarrement à l’aéroport… »

Je la regardai, ébahie. Elle était cinglée. Elle était vraiment dingue de chaussures et si elle achetait chez nous, ma patronne allait vraiment m’adorer. C’était une super aubaine, même si je n’avais pas l’intention d’utiliser cette femme pour m’attirer ses bonnes grâces. Elle pouvait passer si elle le voulait en tout cas, je serais ravie de pouvoir l’aider à choisir de nouvelles paires de chaussures. Je m’empressai donc de m’emparer d’une serviette pendant qu’elle me prêtait un stylo bille pour que je puisse lui noter l’adresse. Je pris le soin de bien écrire lisiblement, et lui tendis la serviette en souriant légèrement, sans trop forcer sur ma lèvre. Elle me remercia et le silence reprit ses droits. Je n’étais pas très douée pour faire la conversation. Bien souvent, je m’arrêtai à des banalités, parce que je ne savais pas quoi dire. D’ailleurs, les seules personnes avec qui je discutais – outre mes vraies amies et collègues – étaient des clientes, et la plupart du temps, elles parlaient d’elles, et pas de moi, forcément. Tout cela était bien compliqué. Je n’aimais pas trop me sociabiliser, alors que j’adorais la compagnie des gens que j’appréciais.

« Vous avez un accent européen derrière votre anglais… Française non ? »

Comment elle avait pu s’en rendre compte ? Je savais que les Français avaient une sacrée réputation au niveau des accents, mais le mien ne s’entendait plus, depuis le temps, du moins, personne ne me le faisait remarquer. A moins qu’il ne ressorte quand j’étais angoissée, ou un truc du genre, et donc elle avait pu l’entendre. Ou alors, elle était très douée. Je hochai donc la tête, pour lui confirmer le fait que j’étais bien française d’origine. Je ne l’étais plus désormais, j’avais la nationalité canadienne… mais je n’oubliais pas d’où je venais, où j’avais grandi et quel pays magnifique j’avais quitté pour suivre mon pays, à regret. Je n’avais pas revu ma mère depuis, je me demandai encore une fois ce qu’elle pouvait faire, désormais. Peut-être qu’elle s’était remariée, peut-être que j’avais des frères et sœurs… Je préférais ne pas le savoir, en fait.

« Je suis née là-bas et j’y ai vécu avant de venir au Canada. Et vous… vous êtes Anglaise, c’est bien ça ? »

Si j’avais bien compris, en tout cas, puisqu’elle avait parlé de l’Angleterre, qu’elle avait quittée pour venir ici. Je n’allais pas lui poser de questions, je ne voulais pas savoir pourquoi elle était partie de chez elle. Mais à choisir, j’aurais préféré rester en Angleterre que de venir ici, à sa place. Elle devait avoir de vraiment bonnes raisons de venir dans ce pays de merde. Non pas que je détestais le Canada, mais j’avais beaucoup de rancœur envers mon père, qui m’avait forcée à venir ici. Mais après tout, si je n’étais pas venue vivre ici avec lui, je n’aurais jamais rencontré Adrian. Il fallait savoir ce qu’on voulait, dans la vie.

« Au fait, comment vous vous appelez, docteur ? »

Ca me percutait d’un seul coup, je ne connaissais pas son prénom. Elle savait déjà beaucoup de choses sur moi, trop, selon moi, et moi, je ne savais même pas comment l’appeler. Je ne voulais pas m’adresser à elle en l’appelant « docteur Kayser », c’était carrément ridicule. Je n’avais pas pensé à lui demander plus tôt, et mieux valait tard que jamais…

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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mar 16 Déc - 17:05


Juliet & Ella
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En parlant ainsi avec Juliet, enfin essayant de parler avec elle, je me dis que j’ai bien changé ici, à Toronto. Avant je n’aurai pas du tout mentit à ma patiente pour qu’elle me dise la vérité et je l’aurai encore moins invité boire un thé. Mais aujourd’hui m’a timidité n’est plus un obstacle pour ça, enfin pas avec tout le monde.

- Je suis née là-bas et j’y ai vécu avant de venir au Canada. Et vous… vous êtes Anglaise, c’est bien ça ?

J’avais bien raison alors, j’avais réussis à déceler la petite pointe française derrière cet anglais parfait. Mais il faut bien tendre l’oreille pour l’entendre, et j’avais le chic pour trouver.
Je lui fais un sourire et un signe positif quand elle me dit que je suis anglaise, facile à deviner, je venais de lui dire.

- En effet.

Je bois une fois de plus un peu de mon thé, j’allais continuer de lui parler mais elle reprend rapidement, ce qui me laisse juste le temps d’avaler mon breuvage. Elle s’interrogeait sur mon prénom, ce qui était en soit tout à fait normale. Je connaissais le sien, sa date de naissance et tout ce qu’elle pouvait bien avoir eu comme maladie dans le passé.

- Ella. Ella Kayser.

Mon véritable prénom était un peu plus long, mais je n’aimais pas particulièrement Éléonore, je trouvais ça bien trop pompeux, alors qu’Ella était bien plus mignon à mon gout.
Juliet souriait, je ne sais pas si c’était pour être polie où qu’elle trouvait mon prénom charmant. Quoiqu’il en soit, nous étions déjà un peu plus sur un pied d’égalité.
Je soupirai quand deux de mes collègues passèrent à côté de nous, parlant assez fort sur ma « relation » avec David. Ca n’en finissait pas, alors que nous étions plus ensemble depuis un bon moment maintenant. Mais les rumeurs continuaient de suivre bon train.
Je n’en pouvais plus d’entendre que j’avais le droit à un traitement de faveur parce que je couchais avec un de nos titulaires, alors que c’est juste parce que je suis bien plus meilleure qu’elles. Mais même si Toronto m’avait changé, je n’étais pas arrivé au stade de leur répondre. Mais surtout je trouve que ça ne sert strictement à rien.

- Tu es là toi ?! Tu n’opère pas avec McCoy aujourd’hui ?! Etonnant !

Elles partent en s’esclaffant à gorge déployé. Mon imagination créais alors un trou béant dans le sol où elles se ferraient aspiré toutes les deux.

Je soupir une nouvelle fois tout en fixant mon thé, mais je me rappelle alors que je ne suis pas seule et que Juliet était en face de moi.

- Désolé, mes collègues ont un grand sens de l’humour….

J’espérais que ça passe ainsi, et qu’elle ne me pose pas trop de question, même si dans un sens elle était en droit de me poser toutes les questions qu’elle voulait après le numéro que je lui avais joué.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mar 16 Déc - 20:58




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La réponse fusa automatiquement : elle s’appelait Ella. Je trouvais ça très joli comme prénom. C’était sûrement un diminutif d’un prénom plus long, mais je comprenais qu’elle utilise le format court pour se présenter. Je ne pouvais pas le faire moi-même, parce que ça sonnait ridicule, mais tout le monde m’appelait Ju. C’était plus court, c’était plus facile quand on avait besoin de moi rapidement. A la boutique, les Ju retentissaient dans tous les sens quand il y avait du monde. Même Adrian m’appelait ainsi, et j’y avais été habituée depuis que j’étais toute petite, parce que mes parents m’appelaient ainsi, quand j’étais gamine. Enfin peu importait, au moins, désormais je connaissais le prénom de mon interlocutrice. Ella, donc.
Je n’eus pas le temps de rajouter quoi que ce soit, de la complimenter sur son prénom – qui m’avait amené en tête une saloperie de chanson française, à laquelle je n’aurais jamais pensé si ça n’avait pas été une chanson éponyme … - nous entendîmes toutes les deux très distinctement des femmes parler d’une autre… et je compris en voyant l’air énervé et exaspéré d’Ella qu’elles parlaient d’elle. C’étaient donc des collègues, et elles semblaient faire exprès de parler d’elle aussi fort, parce qu’elles avaient dû voir qu’elle était là. J’étais bouche bée en les voyant faire. Si mes collègues se comportaient comme ça, à la boutique, elles se feraient rembarrer vite fait et la patronne en entendrait parler. Ella, quant à elle, semblait ne pas vouloir faire d’histoires, vu son air prostré. Je n’en croyais pas mes yeux, ni mes oreilles, mais pourtant, je ne dis rien. Ce n’était pas l’envie qui me manquait pourtant. Mais je ne connaissais pas l’histoire. Apparemment, il s’agissait d’un médecin. Le docteur… McCoy, si j’avais bien compris ? Je ne voulais pas me mêler de cette histoire, parce que je ne voulais pas qu’elle se sente mal à l’aise. J’attendis donc que les deux femmes repartent en riant et je posai de nouveau mes yeux sur Ella, qui m’expliqua que ses collègues avaient un grand sens de l’humour. Je pinçai les lèvres en essayant de ne pas être médisante. Mais c’était trop dur pour moi.

« Tu sais que tu devrais te défendre ? »

Je me rendis compte que j’avais peut-être été un peu trop familière, sur ce coup-là, et je le vis également dans les yeux de la jeune femme. Jeune, oui, d’ailleurs, elle semblait même plus jeune que moi. Ca me rendait presque jalouse de me dire qu’elle avait mieux réussi sa vie que moi, qu’elle devait être bien plus heureuse que moi alors que j’étais plus vieille qu’elle. C’était ridicule, oui, mais je n’avais jamais dit que j’étais saine d’esprit !

« Désolée… mais en même temps c’est vrai… Pourquoi se laisser marcher sur les pieds par des filles comme elles ? C’est qui ce docteur McCoy ? »

Je me doutais qu’il y avait une histoire de cul là-dedans. C’était obligatoire, on était dans un hôpital et c’était toujours des histoires du genre qui intervenaient dans les bavardages de couloirs. Alors elle avait couché avec un médecin ? Et alors ? Pourquoi se faire foutre d’elle ? C’était plutôt classe, en y réfléchissant bien. Elle pouvait se la péter, en disant qu’elle était assez cool pour se faire bien voir des médecins. Et quand bien même ça l’aiderait à gravir les échelons plus vite… c’était une bonne chose, non ? A sa place, je ne pourrais qu’en profiter ! Si je devais le faire dans ma boutique, je le ferais… si je n’avais pas Adrian, bien sûr !

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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mer 17 Déc - 11:21


Juliet & Ella
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Je me doutais très bien que ça ne passera pas pour Juliet, qu’elle ne laissera pas couler comme tout le monde ferrai, elle avait du caractère. Pourtant si elle me poserait des questions je devrais lui répondre. Et quand son regard se posa sur moi je compris rapidement que je n’allais pas passer au travers de l’interrogatoire. En toute franchise, je ne sais pas si je vais lui dire la vérité ou un semblant de vérité. Après tout coucher avec l’un de ces supérieurs ce n’était pas vraiment l’idéal et encore moins quand il est sexy et doué.

- Tu sais que tu devrais te défendre ?

Me défendre ?! Elle était bien mignonne mais comment je pouvais faire. Je n’étais plus vraiment en faute vue qu’il m’avait largué quand il était arrivé ici, enfin à quelques jours près. Je n’avais donc aucun reproche à me faire. Pourtant notre complicité n’avait pas fait mouche, et depuis les rumeurs ne cesse de croitre. Tous les jours une nouvelle arrive alimentant celle d’avant. Elles n’ont que ça à faire en faite ?!
Je hausse les épaules comme simple réponse à Juliet, je ne voyais pas l’intérêt de me défendre, ça leur ferrai plus plaisir et je ne veux pas leur donner cette satisfaction.

- Désolée… mais en même temps c’est vrai… Pourquoi se laisser marcher sur les pieds par des filles comme elles ? C’est qui ce docteur McCoy ?

Voilà la question que j’attendais et à laquelle je me demandais bien comment j’allais pouvoir répondre. La vérité ? Je la lui dois après tout.

- Elle ne m’apprécie pas parce que je suis un peu plus jeune qu’elle et que… enfin… ce docteur est mon ex…

Je regarde à droite et à gauche, et j’avais diminué le volume de ma voix. JE ne voulais pas non plus que tout le monde puisse entendre ce que j’allais dire et encore moins ces deux cruches à trois tables derrière moi.

- Il m’a quitté quelques jours après être engagé ici, notre complicité était déjà là, et elle a pris sa place rapidement dans le travail. Alors tout le monde crois que nous sommes toujours ensemble alors que ce n’est plus du tout le cas.

Je regardais le fond de ma tasse de thé, en parlant de ma rupture je me revois une nouvelle fois dans son studio, et j’entends ses paroles et tout de suite après, je vois le visage de Mac. J’en avais fait des cauchemars à cause d’elle alors qu’aujourd’hui, nous sommes dans une phase de copinage.

- Je crois plutôt qu’elles sont jalouse justement de ma relation avec un de nos résidents, et que je sois meilleure qu’elle. Mais je ne veux pas vraiment m’occuper de ça, je dois simplement me concentré sur la médecine.

C’était un fait et beaucoup de médecin me prenait pour exemple, ce qui me gênait au début, et qui me gêne encore aujourd’hui. Mais je m’y fais, et puis ça leur fait les pieds de devoir prendre un peu plus exemple sur moi. Je ne sors peut-être pas tous les soirs, je n’ai peut-être pas une vie social comme la leur, mais au moins j’étais certaine que ma carrière allait être toute tracé.




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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Jeu 18 Déc - 0:37




It's just a beautiful liar...
Ma timidité s’était envolée d’un coup. J’étais une professionnelle quand il s’agissait de ragots et autres règlements de compte. J’en avais l’habitude. Au départ, je détestais ça, mais j’avais fini par y prendre goût, plus par dépit que par choix. Ce n’était comme si mes collègues avaient un quotient intellectuel très élevé. Je ne disais pas que j’étais mieux qu’elle, bien au contraire, mais je ne voyais pas l’intérêt de raconter des trucs sur les autres. C’était malsain, c’était hypocrite… mais qu’est-ce que c’était drôle parfois ! J’étais toujours dans les bonnes combines, je savais tout ce qu’il se disait, parce que j’étais discrète et que je savais garder les secrets. Avec Jenny, nous pouvions parfois passer des heures à raconter des saloperies sur tout le monde. Alors oui, j’y avais pris goût… et je savais exactement comment ça se passait ! Alors si Ella avait besoin de conseils ou d’aide, même, je savais comment faire et quoi lui dire.

« Elle ne m’apprécie pas parce que je suis un peu plus jeune qu’elle et que… enfin… ce docteur est mon ex… »

Ah, donc c’était bien une histoire de coucherie, déjà. Typique dans un hôpital. Depuis que j’étais arrivée sur le continent nord-américain, j’avais l’impression de voir partout des mix d’Urgences et de Grey’s Anatomy. Les scénaristes ne mentaient pas quand ils écrivaient leurs épisodes, les hôpitaux étaient d’énormes bordels ambulants. Ce n’était pas aussi exacerbé, mais quand même. J’imaginais aisément qu’en France, c’était la même chose, mais je trouvais ça beaucoup moins classe qu’ici.

« Il m’a quitté quelques jours après être engagé ici, notre complicité était déjà là, et elle a pris sa place rapidement dans le travail. Alors tout le monde crois que nous sommes toujours ensemble alors que ce n’est plus du tout le cas. »

La conversation était devenue beaucoup plus calme, beaucoup moins légère et elle faisait bien attention à ce que personne ne puisse entendre ce qu’elle me disait. J’imaginais tout à fait les bruits de couloir qu’il pouvait y avoir dans le coin. Une interne qui se tapait un résident, ça faisait toujours jaser, et forcément, les rumeurs devaient aller bon train. Mais justement, ce n’était que des rumeurs, alors il ne fallait pas y faire attention. Eux seuls connaissaient la vérité, et pourquoi deux ex ne pourraient pas bien s’entendre, après tout ? Est-ce que ça voulait forcément dire qu’ils se fréquentaient encore ? Bien sûr que non… En tout cas, je me demandais s’ils s’entendaient vraiment si bien que ça, parce qu’Ella avait baissé les yeux et ne semblait plus si confiante que ça.

« Je crois plutôt qu’elles sont jalouse justement de ma relation avec un de nos résidents, et que je sois meilleure qu’elle. Mais je ne veux pas vraiment m’occuper de ça, je dois simplement me concentré sur la médecine. »

Je haussai les épaules. Sur ce point-là, je n’étais pas d’accord. Elle ferait mieux d’aller les voir une bonne fois pour toutes, en leur disant de la fermer. Une mauvaise ambiance de travail, ce n’était jamais cool et elle regretterait plus tard de ne pas l’avoir fait. Si ces filles, que l’on entendait encore glousser comme des dindes un peu plus loin, étaient réellement jalouses d’elle, alors il fallait qu’elle leur donne encore plus envie de la détester. J’avais l’impression – peut-être fausse, j’en convenais – qu’elle se laissait marcher sur les pieds, et je trouvais ça un peu idiot. Au contraire, elle devrait s’affirmer, ça les ferait reculer encore plus. Certes, elle serait encore plus détestée, mais bon… visiblement, ce n’était pas un problème pour elle.

« Tu devrais faire venir un de tes amis à l’hôpital et lui rouler un gros patin devant elles. Ca les ferait taire, je pense ! »

Je lui fis un clin d’œil en imaginant la tête que ces gamines pourraient faire. Encore une fois, les points sur ma lèvre m’empêchèrent de réellement sourire comme je le voulais et comme je pouvais le faire habituellement, mais l’idée était là.

« Tu veux que je leur dise un mot ? »

Un nouveau clin d’œil, alors que je connaissais déjà sa réponse. Et pourtant, ça me donnait bien envie d’aller les voir et leur rabattre le clapet. Je ne le ferais pas, si Ella ne le voulait pas, et j’étais sûre qu’elle ne le voudrait pas. Néanmoins, ça serait tellement drôle de voir une patiente les remettre à leur place ! Je n’avais cependant pas à me mêler de ça. C’était à elle de gérer. En plus, je ne la connaissais pas, ou du moins, pas beaucoup. D’ailleurs, je me trouvais bien trop familière avec elle, d’un seul coup, et c’était légèrement dérangeant. Elle ne disait rien, mais je me demandais si je n’allais pas un peu trop loin. Elle restait médecin après tout, et peut-être qu’elle n’appréciait pas ce genre de comportement.

« Tu sais, il y a quelques années, mes collègues de travail spéculaient aussi sur moi, et ma vie amoureuse. Ca se passe, au fil des mois, quand elles savent ou remarquent les choses. Une fois que c’était clair dans leur tête, que j’avais quelqu’un dans ma vie, elles ont arrêté d’en parler, si tu vois ce que je veux dire… »

En effet, mes collègues avaient été légèrement lourdes quand j’avais rencontré Adrian. D’une, j’étais la petite nouvelle. De deux, j’avais un homme qui me faisait la cour. C’était l’occasion rêvée de parler de moi et de tester mes nerfs. J’avais tenu bon et en plus, j’avais fini par me mettre en couple avec ce même homme. Elles en avaient été dégoûtées, et elles avaient fini par m’accepter. Par la suite, elles avaient parlé sur quelqu’un d’autre, et ainsi de suite…

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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Jeu 18 Déc - 17:51


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Je jette un regard vers mon invité, elle n’avait pas l’air d’être une fille qui partage mon opinion. Pourtant je trouvais ma réaction très adulte, à force que je ne réagisse pas, elles vont bien finir par me laisser tranquille, non ? Je voyais les choses ainsi pour être concentré sur la médecine et par sur les ragots qu’on pouvait dire sur moi, même si parfois, c’était énervant et lourd, mais je n’avais pas spécialement le choix, à part subir, ou aller me plaindre, ce qui serai enfantin.

- Tu devrais faire venir un de tes amis à l’hôpital et lui rouler un gros patin devant elles. Ca les ferait taire, je pense !

Si elle savait que je l’avais déjà fait mais c’était plus pour faire enrager David, et puis ces dindes m’avaient vue avec Ethan pourtant. Enfin je crois, je voulais surtout me venger un peu de David, et ce n’était pas vraiment malin mais ça m’avait fait du bien d’embrasser Ethan de cette manière devant lui.

- Tu veux que je leur dise un mot ?

Leur parler ? Mais elle n’était pas bien ? Et puis ça servirait à quoi ? Elles s’en fichent comme de l’an quarante ce qu’on bien leur dire. Tout ce qu’elles veulent c’est répandre des rumeurs, pour me faire du mal au passage. Encore heureux qu’elles n’étaient pas là quand je me suis énervé quand mon père est venu. Elles auraient encore trouvé de quoi redire. Et puis dans un sens je n’aimais pas vraiment les confrontations, je préférais faire les choses bien dans mon coin et laisser les autres se débrouiller, surtout quand elle ne mérite aucune sympathie.

- Tu sais, il y a quelques années, mes collègues de travail spéculaient aussi sur moi, et ma vie amoureuse. Ca se passe, au fil des mois, quand elles savent ou remarquent les choses. Une fois que c’était clair dans leur tête, que j’avais quelqu’un dans ma vie, elles ont arrêté d’en parler, si tu vois ce que je veux dire…

Avec ce qu’elle venait de me dire, je me rends bien compte qu’elle avait un fort caractère, elle me l’avait prouvé tout à l’heure aussi en me mentant contre vents et marées. Mais je n’étais pas comme elle, loin de là. Oui je pouvais être têtue et avoir parfois un caractère de cochon, mais de là à aller leur dire « Merde », j’en étais incapable. Alors que je restais un moment silencieuse essayant de réfléchir à tout ce que Juliet venait de dire.

- Je ne sais pas, elles sont vraiment débile, ça doit les amuser de lancer une multitude de rumeur sur les autres. Et pour ta première idée, je l’ai déjà testé…. Ce n’était pas pour elles, mais pour David, enfin bref, je ne pense pas que ça est fonctionné, vu qu’elles ont continué d’insinuer tout un tas de chose.

Pourtant dans mes souvenirs c’était convaincant avec Ethan, et je pourrai toujours lui demandé de revenir, ou bien même à quelqu’un d’autre, mais ceux que j’ai en tête sont déjà célèbre et ça risquerai de leur donner des problèmes, ce que je ne voulais surtout pas.

- Et puis, je n’ai pas le même caractère que toi. Tu m’as l’air bien plus forte que moi…

Plus je parlais avec elle, plus j’avais de l’admiration envers elle. Elle avait réussis à garder un mensonge un long moment avant que je réussisse à lui faire cracher le morceau, mais si je n’avais pas été aussi rusé, elle serai déjà repartie sans m’avoir dit la vérité.




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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Ven 19 Déc - 17:09




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Ella restait silencieuse, pour de bon, et je me rendis compte que j’en avais peut-être trop fait. C’était tout le contraire de ce que je voulais à la base. Quand elle m’avait trainée presque de force jusqu’à cette cafétéria, je m’étais dit que je ne ferais pas ami-ami avec elle, parce que je devais lui mentir, du moins, préserver un peu le reste de mon mensonge et ne pas trop me dévoiler. Mais elle m’avait fait parler, et j’avais foncé droit dans le piège. Ce n’était sûrement pas un piège, en réalité, mais je me sentais mal maintenant. J’avais parlé de moi, un peu trop même. Je lui avais fait comprendre des choses et peut-être même qu’elle allait croire que c’était mon petit-ami qui m’avait fait ça, elle allait peut-être penser que j’avais menti en parlant d’une agression dans la rue. Mais je lui avais dit la vérité, bien malgré moi. J’étais mortifiée d’avoir tant parlé. Je n’étais pas capable de me taire, je n’étais pas capable de mentir, et du coup, j’avais encore plus peur de devoir le faire devant Adrian. Il allait tout de suite capter que je mentais, et il allait détester ça. Bon sang, j’étais dans une de ces merdes. Soit je lui disais, et il péterait un câble en retournant tout Toronto pour retrouver l’homme qui m’avait fait ça ; soit je lui mentais, et il péterait un câble sur moi. J’avais le choix, et je ne savais pas vraiment ce que je préférais, au final. Pourtant, ma décision était déjà prise, et j’allais lui mentir. Du moins, essayer.

« Je ne sais pas, elles sont vraiment débile, ça doit les amuser de lancer une multitude de rumeur sur les autres. Et pour ta première idée, je l’ai déjà testé…. Ce n’était pas pour elles, mais pour David, enfin bref, je ne pense pas que ça est fonctionné, vu qu’elles ont  continué d’insinuer tout un tas de chose. »

Elle semblait perdue dans ses pensées, et j’eus pas besoin de répondre. Je ne savais pas quoi lui dire, en fait. Si elle avait déjà tout testé mais que rien ne fonctionnait, elle n’avait qu’à faire ma technique, elle verrait bien que ça marchait. Ses collègues ne devaient pas plus intelligentes que les miennes de l’époque, et elle pourrait leur clouer le bec en quelques secondes. D’ailleurs, j’avais une petite idée derrière la tête. Un accident de thé ou de café était très vite arrivé. Il me restait la moitié de mon gobelet en carton… et j’aurais vite fait de me rendre dans leur coin, pour le faire tomber sur leurs vêtements… Et je ne me ferais pas prier pour le faire.

« Et puis, je n’ai pas le même caractère que toi. Tu m’as l’air bien plus forte que moi… »

Cette fois, je relevai vers elle des yeux étonnés. Plus forte qu’elle ? Ce n’était pas réellement comme ça que je me qualifiais. Je n’étais pas forte. Je n’étais rien de tout cela. J’avais subi des épreuves, j’en avais tiré des conclusions et des messages… mais je n’étais pas forte. Je n’avais pas fui comme Adrian, mais ça ne voulait pas dire que j’étais un exemple à suivre. Et puis, pensait-elle que parce que j’étais une forte tête, j’étais donc forte tout court ? Ce n’était pas vrai. Je ne l’étais pas. J’étais tout, sauf forte. D’ailleurs, comment pouvait-elle imaginer que je l’étais, alors qu’elle ne me connaissait pas du tout ? Pensait-elle que parce que je voulais mentir à tout le monde, ça me donnait le droit d’avoir cette qualité ? C’était plutôt le contraire. Je n’avais aucun courage, et si j’avais été forte, comme elle le disait, j’aurais dit la vérité à tout le monde, je me serais battue contre ce qu’il m’était arrivé, ce qui n’était pas le cas…

« J’en suis pas tout à fait sûre. J’ai une vie tranquille. Tu es médecin. Tu as des nerfs beaucoup plus solides que les miens. »

Mais ce n’était pas qu’une histoire de nerfs, bien sûr. Je savais qu’elle me répondrait qu’elle parlait de l’expérience de la vie. Elle était plus jeune que moi, c’était évident, elle n’était pas encore dans la trentaine, elle n’était qu’interne… et visiblement, c’était sûr, j’avais vécu plus de choses qu’elle. Néanmoins, la mort de mon fils, l’abandon d’Adrian, ça ne m’avait pas renforcée, au contraire. J’étais plus fragile que jamais et je ne m’en rendais même pas compte, Adrian non plus sûrement, et personne d’autre.

« Réponds-moi franchement…, repris-je. Est-ce qu’un homme qui n’a jamais fait de médecine serait capable de se rendre compte que je lui mens à propos de ce qui m’est arrivé ? »

Quitte à passer pour une folle, autant y aller jusqu’au bout. Je pouvais peut-être lui demander des conseils. Elle comprendrait bien ce que je souhaitais. Avec un peu de chance, elle déciderait de m’aider, et ça ne pourrait qu’être bénéfique…

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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Dim 21 Déc - 21:24


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Juliet n’avait pas totalement l’air d’accord avec moi, pourtant je la trouvais bien plus forte que certaine personne que j’avais pu croiser. Son âge était peut être une des premières cause du fait que je la trouve forte, mais il se dégage quand même quelque chose d’elle. Je ne pourrais pas expliquer pourquoi, mais j’avais ce sentiment qu’elle pouvait affronter beaucoup de chose.

- J’en suis pas tout à fait sûre. J’ai une vie tranquille. Tu es médecin. Tu as des nerfs beaucoup plus solides que les miens.

Les nerfs peut-être mais la force qu’elle dégage, surement pas. On avait tout de suite envie de lui faire confiance, de lui parler, on pouvait déduire rapidement qu’on pouvait lui faire confiance les yeux fermés. Elle a une aura particulière je trouve. Après je pouvais me montrer aussi, mais je ne pense pas, Juliet m’avait l’air sincèrement gentille, en la regardant comme ça, je dirai même qu’elle ne ferrait pas de mal à une mouche.
Elle me regarde et ses yeux me font comprendre que le sujet était plus ou moins clos pour le moment. Et pour bien me le faire comprendre, elle change de sujet.

- Réponds-moi franchement…, Est-ce qu’un homme qui n’a jamais fait de médecine serait capable de se rendre compte que je lui mens à propos de ce qui m’est arrivé ?

Je la regarde bien, certes j’avais l’habitude de voir se genre de blessure malheureusement, mais de là, à affirmer qu’il fallait avoir un œil un peu plus expert, je ne sais pas. Mais après il ne faut pas être idiot non plus.

- Franchement…. Médecin ou non, la première chose que l’on pense c’est Qui t’a fait ça. La chute dans l’escalier, ce n’est pas trop plausible. Tu n’aurais pas la lèvre coupé…

Même si je voulais la rassurer, je ne pouvais pas lui mentir, après tout, elle m’a demandé d’être franche. Et ma réponse n’a pas l’air de lui faire plaisir, et sa se comprend. Je vais essayer d’avoir quelque information et je pourrai peut-être l’aider à peaufiner son mensonge.

- Tu veux mentir à qui ? Ton homme ?

J’avais remarqué qu’elle n’avait pas d’alliance donc pas de mari, mais de nos jours, ça ne voulait plus dire grand-chose. Mais jolie comme elle était elle devait être forcément avec quelqu’un, sinon, ça ne serai tarder.

- Et si tu veux cacher à tout le monde ce qui c’est passer, ton mensonge à intérêt à être convainquant. Tu as intérêt à être convaincante.

Même si je ne trouve pas que le mensonge soit quelque chose de bien, parfois, c’est le mieux pour tout le monde. Mentir pour le bien de quelqu’un c’est plus facilement pardonnable. Enfin je trouve.




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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Mar 23 Déc - 22:12




It's just a beautiful liar...
Le silence d’Ella ne m’aida franchement pas, parce que plus longtemps elle restait sans rien dire et plus je me disais que c’était foutu. Adrian ne m’avait pas encore vue, je ne lui avais rien dit, je ne l’avais pas prévenu, mais je savais d’avance qu’il n’allait pas se faire avoir par mon mensonge. Qui étais-je pour croire qu’il n’y verrait que du feu ? Il était menteur professionnel, depuis des années. Il repérerait mes manies, mes tics, ou bien il n’y croirait tout simplement pas. Après tout… il ne fallait sûrement pas avoir une intelligence supérieure pour remarquer que je n’étais pas tombée dans les escaliers. Je n’osais pas demander à Ella de m’inventer une excuse qui pourrait coller. Je ne connaissais pas cette femme, elle ne m’aiderait pas à mentir à l’homme que j’aimais. Mais pourtant, ça m’aiderait énormément. Ma lâcheté faisait que je voulais absolument trouver une excuse et ne pas raconter la vérité à Adrian.

« Franchement…. Médecin ou non, la première chose que l’on pense c’est Qui t’a fait ça. La chute dans l’escalier, ce n’est pas trop plausible. Tu n’aurais pas la lèvre coupé… »

Je baissai la tête en comprenant que j’étais bel et bien dans la merde. Je le savais, et ça se voyait bien sûr, que je n’avais pas fait de chute. Adrian était loin d’être idiot, il allait remarquer qu’il m’était arrivé quelque chose de grave. Peut-être même qu’il n’aurait pas à réfléchir longtemps pour savoir ce qu’il s’était réellement passé. Peut-être qu’il saurait immédiatement que quelqu’un m’avait frappée, et là, je ne pourrais même pas essayer de mentir. C’était peine perdue, mais je devais quand même essayer. Il me détesterait sûrement pour faire une chose pareille, il me dirait sûrement d’arrêter de lui mentir, mais j’allais tenir bon.
En face de moi, Ella me demanda à qui je voulais mentir. Elle visa juste en me demandant si c’était à mon homme. Je hochai la tête en soupirant à demi. C’était si évident que ça, déjà ? Oui, c’était à mon homme que je voulais mentir, parce que je ne voulais pas qu’il décide de retrouver l’homme qui m’avait fait ça. Vu la carrure du type qui m’avait agressée, il ne ferait jamais le poids. Il allait se prendre la raclée de sa vie, quand bien même il serait furieux et même dans une rage folle. C’était pour le protéger que je faisais ça, c’était simplement pour lui, pour ne pas qu’il souffre.

« Et si tu veux cacher à tout le monde ce qui c’est passer, ton mensonge à intérêt à être convainquant. Tu as intérêt à être convaincante. »

Être convaincante, c’était ce que j’essayais de faire depuis ce matin, mais du coup, ça n’avait déjà pas fonctionné avec elle. Je n’étais pas très douée pour ça, essayer de convaincre quand je mentais, ce n’était pas une bonne idée, mais je n’avais pas d’autres choix. Si je le disais à Adrian, si je lui racontais la vérité, il allait s’en vouloir, il allait en vouloir à la Terre entière et il ferait quelque chose qu’il regretterait. Et je culpabiliserais, en me disant que j’aurais mieux fait de lui mentir… donc j’anticipais !

« Je vais tout faire pour… Il faudra qu’il ait confiance en moi, parce que je ne vais pas lui dire la vérité, expliquai-je d’une voix calme. »

Je ne voulais pas trembler en parlant, je ne voulais pas non plus me rendre compte que j’avais tort, quand bien même je le savais déjà, par avance. Je n’osais pas spécialement regarder mon interlocutrice non plus, j’étais bien trop angoissée par toute cette situation pour ça. Je continuai :

« Il est du genre nerveux. Il ne s’énerve jamais, mais il est pas très stable et… j’ai pas envie qu’il s’inquiète. »

Bien sûr, je savais que mon comportement et mon mensonge auraient l’effet inverse sur lui. Il s’inquiéterait plus que de raison, et ça le rendrait encore moins stable. Mais pour autant, je ne me voyais pas lui raconter tout. Il péterait un plomb. Et je n’étais pas sûre et certaine d’être capable de raconter ce qu’il m’était arrivé, encore moins à Adrian. Je ne voulais pas revoir cette scène devant mes yeux, je ne voulais pas ressentir la neige sur mes vêtements, je ne voulais pas ressentir la morsure du froid sur ma peau quand il l’avait découverte par endroits. Je ne voulais pas revivre cette agression et la raconter à qui que ce soit serait trop dur pour moi.  

© charney


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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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Ella Kayser


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MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Ven 26 Déc - 23:16


Juliet & Ella
It's just a beautiful liar...






Je me sentais étrangement curieuse, je voulais en savoir un peu plus sur Juliet et de qui elle avait peur de dire la vérité. Si son mec lui fait vraiment aussi peur ce n’était pas normal, il était violent ? Hum, non franchement je n’y crois pas. Elle n’accepterait pas qu’on lui marche sur les pieds, enfin j’imagine bien.

- Je vais tout faire pour… Il faudra qu’il ait confiance en moi, parce que je ne vais pas lui dire la vérité

Très déterminé la blonde, mais elle va devoir être plus forte pour ne pas craquer devant son mec, comme elle l’a fait avec moi. Certes j’ai eu des arguments qui ont dut lui faire un peu peur, mais au fond, je suis certaines qu’elle est un peu soulagé de m’avoir dit la vérité, et puis au moins elle l’a dit à quelqu’un.

- Il est du genre nerveux. Il ne s’énerve jamais, mais il est pas très stable et… j’ai pas envie qu’il s’inquiète.

Pas très stable, ce n’était pas rassurant, il avait des problèmes mentaux ? Non, elle n’a pas dû dire stable dans le même sens que je pense. Je vois tout en cas médical aussi. Je lui fais un petit sourire, ça se comprenait, on ne veut jamais inquiéter les gens qu’on aime, c’est normal…

- Alors soit convaincante et ne lâche pas le morceau, mais si j’imagine ton homme comme tu viens de me le dire, ça ne va pas être facile… Tu vas devoir serrer les dents…

Moi je ne sais pas si je serai capable de mentir, quoique…. Si à mon père ça serai tellement simple, même si ça va mieux entre nous, nous n’étions pas encore à une total relation où on peut tout se dire. Mais nous sommes sur une bonne voie.
Je me reconcentre sur Juliet, mais mon bippeur se met à sonner. Je soupir, je ne voulais pas retourner à la mine tout de suite, je voulais encore profiter de ce moment de répit et papoter encore avec Juliet. Je soupir, il y avait eu un incendie, c’était vraiment une mauvaise journée.
Je déchire alors un bout de la serviette de Juliet pour prendre l’adresse de sa boutique, mais sur l’autre moitié je lui note mon numéro de téléphone, on ne sait jamais si elle voulait me parler…

- Je suis désolé, j’ai une urgence, mais je viendrai te voir vite à ta boutique. Et je te laisse mon numéro, si tu as besoin de parler, ou pour n’importe quoi n’hésite pas un seul instant. Je ne te promets pas de te répondre si je suis au boulot, mais je ferai au plus vite.

Je lui fais un grand sourire, si on je la connaissais mieux je l’enlacerai, mais ça serai bien déplacer, et étrange surtout. Alors un sourire sincère est toujours mieux que rien.

- A bientôt Juliet et courage pour, enfin tu sais.

Un autre sourire, et je file d’un pas rapide, et dès que je suis dans les couloirs je me mets à courir pour rejoindre les urgences, et enfiler ma blousse jaune.





luckyred.

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Now I know exactly what they mean
Oh I can’t believe that it’s so simple
It feels so natural to me  


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Juliet Carlson


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CREDIT : ava : casielsilencio
MessageSujet: Re: [TERMINE] It's just a beautiful liar... / Ella & Juliet    Dim 28 Déc - 17:23




It's just a beautiful liar...
Bien évidemment, je remarquai facilement le regard que m’accorda Ella quand je lui parlais de l’instabilité d’Adrian. J’espérais qu’elle ne le prenne pas dans un sens trop médical. Je ne savais pas vraiment comment lui expliquer ce que je ressentais exactement à propos de tout cela. Ce n’était pas un problème psychologique, qu’il avait, c’était une trop grande fragilité, causée par des mal-être puissants et destructeurs. Même s’il ne voulait pas m’en parler, je savais que c’était parce qu’il avait vécu des choses terribles. Il les cachait, il les enfouissait au plus profond de lui-même, mais je pouvais les sentir, malgré tout. Je comprenais qu’il ne veuille pas en parler, ça lui faisait du mal et puis… tout le monde avait le droit d’avoir ses petits secrets.

« Alors soit convaincante et ne lâche pas le morceau, mais si j’imagine ton homme comme tu viens de me le dire, ça ne va pas être facile… Tu vas devoir serrer les dents… »

Serrer les dents, mais aussi les poings pour me montrer assez forte pour ça. Il n’allait pas  y croire une seule seconde, mais s’il réagissait comme je voulais qu’il réagisse, il repenserait à toutes les choses qu’il me cachait, et il me laisserait tranquille. Après tout, s’il m’ennuyait trop avec ça, je pourrais lui retourner les questions. D’où venait-il exactement ? Qu’avait-il fait dans le passé dont il avait tellement honte ? Je n’étais pas idiote, je savais qu’il s’était passé quelque chose de grave. Je ne m’en inquiétais pas, parce que je savais qui il était maintenant et je savais aussi combien nous nous aimions. Mais je n’hésiterais pas à lui poser des questions pour prendre ma revanche.
Avant que j’aie le temps de lui répondre, et de la remercier pour ses conseils, nous entendîmes toutes les deux un son strident, aigu et il se révéla bien vite provenir du bipper d’Ella. Je sus directement que c’en était fini de notre pause thé et qu’elle allait devoir retourner travailler. Et que moi, je devrais dégager le plancher. Il fallait juste que je fasse une dernière chose avant…

« Je suis désolé, j’ai une urgence, mais je viendrai te voir vite à ta boutique. Et je te laisse mon numéro, si tu as besoin de parler, ou pour n’importe quoi n’hésite pas un seul instant. Je ne te promets pas de te répondre si je suis au boulot, mais je ferai au plus vite. »

Elle avait déchiré la serviette en papier, avait soigneusement rangé dans sa poche le morceau de cette dernière sur lequel était inscrite l’adresse de ma boutique. Sur l’autre partie de la serviette, elle inscrivit rapidement son numéro de téléphone personnel. Je souris quand elle me tendit le bout de papier et je hochai la tête pour vraiment lui faire comprendre que je l’appellerais au moindre souci, si je jugeais qu’elle avait à en être au courant. Est-ce que je venais réellement de me faire une amie en venant me faire recoudre la lèvre ? C’était invraisemblable et pourtant vrai. C’était agréable, comme sensation, mais j’espérais que ce ne soit pas des paroles en l’air. Elle me salua avec un grand sourire, me souhaita du courage pour la tâche que je devais accomplir, et je ne pus que lui retourner le compliment. Elle avait besoin de plus de courage que moi pour finir sa journée de boulot. Ella me quitta rapidement et je me retrouvai seule à ma table, avec la moitié de mon gobelet tiède dans les mains. Et avec une idée derrière la tête.
Dans mon dos, j’entendais encore les collègues d’Ella rire comme des débiles. Elles semblaient bien s’amuser pendant que d’autres sauvaient des vies. Le plus naturellement du monde, je me relevai, enfilai mon manteau pour repartir et repris mon gobelet pour aller le mettre à la poubelle. Je regardai autour de moi pour repérer la poubelle la plus proche de la table des deux idiotes et m’avançai vers elle. Arrivée à leur hauteur, je fis semblant de me prendre les pieds dans une chaise ou dans un sac et je glissai pour me rattraper juste à temps. Malheureusement, le gobelet n’eut pas la même chance et m’échappa des mains. J’eus un sentiment de fierté en le voyant atterrir exactement sur le pantalon de l’une des deux filles mais je me gardais bien de sourire, pour ne pas qu’elles sachent que je l’avais fait exprès. Je me répandis ensuite en excuses, en exagérant bien. J’adorais me faire passer pour une vraie blonde, comme dans les clichés. Et vu mon état, elles ne pouvaient rien me dire, ni rien me faire. Déontologiquement, ce serait la ruine de leur carrière assurée, si jamais elles me menaçaient.
Carrément contente de moi, et de meilleure humeur qu’avant, je repris le chemin de la sortie pour rentrer chez moi. La suite de la journée serait beaucoup moins agréable, toutefois. Un peu de légèreté ne faisait pas de mal… Surtout après la veille…

© charney


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Y a des souffrances qui pèsent des tonnes et pour ne pas que tout espoir nous abandonne on joue le rôle de celui pour qui tout va bien pourvu que les autres n'en sachent rien. On fait au mieux pour sauver la face pour que notre entourage ignore par où l'on passe. Les blessures qui ne se voient pas nous font du mal bien plus que toutes les autres.

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