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 When anything went wrong, they put it in a song. / Edwin & Mac

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Mackenzie E. Buidhe


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MessageSujet: When anything went wrong, they put it in a song. / Edwin & Mac   Ven 19 Sep - 16:09


   
When anything went wrong, they put it in a song.


   

   

   
« A mardi prochain, Mackenzie. Tâchez de vous reposer, cette fois. »

Se reposer, c’était plus facile à dire qu’à faire, ces derniers temps. Trois semaines avaient passé depuis la prise d’otages à l’Eaton Centre et rien n’allait plus. Pourtant, trois semaines, ça aurait été suffisant pour n’importe qui de se remettre. La preuve, David allait mieux. Son épaule le lançait encore parfois, mais son arrêt de travail était presque à terme, et il pourrait retourner travailler sans problème dans peu de temps. Il s’était bien remis, alors que c’était lui qui aurait dû péter un plomb. Pas moi. Mais nous ne faisions rien comme tout le monde, lui et moi. Il fallait dire que voir mon fiancé dans ce centre, et ensuite ressortir sur une civière, ça n’avait pas été la vision la plus agréable qu’il m’ait été donné de voir. Mais il s’en était sorti, oui, et il était encore bien vivant, plus que jamais même. Il essayait de ne plus trop y penser… et moi j’y pensais tous les jours, évidemment, ressassant ce qu’il ne faudrait pas ressasser, revoyant la scène dans mes cauchemars. Parce que des cauchemars, c’était le leitmotiv qui continuait inlassablement d’habiter mes nuits. Parfois, je dormais très bien, et d’autres fois, il m’était impossible de fermer l’œil après qu’un cauchemar m’ait réveillée. Le problème, c’était que David en avait eu aussi, bien sûr, mais tout cela s’était calmé rapidement. Pas pour moi. Durant mes nuits, je revoyais tout derrière mes paupières closes, j’imaginais la souffrance qu’avait dû ressentir David, je repensais à la mienne et à l’impression d’inutilité qui m’avait possédée pendant tout le temps que cela avait duré : une éternité !

Après une semaine avec très peu de sommeil, David n’avait pas hésité une seconde et m’avait dit d’aller voir quelqu’un. Il savait que je n’aimais pas ça, mais mieux encore, il savait que ça me ferait du bien quand même. Après tout, je ne pouvais tout simplement pas raconter mes problèmes à David, puisqu’il connaissait déjà tout, il ne pouvait pas m’aider. Alors, quelqu’un d’inconnu, c’était parfait, n’est-ce pas ? De fait, il m’avait dirigée vers un cabinet loin de l’hôpital, pour que je n’aie pas à retourner là-bas. C’était suffisamment difficile pour moi d’y retourner tant qu’il n’y avait pas de remède pour mon infertilité. Hm, en y pensant, c’était aussi pour ça qu’il m’avait demandé d’aller en parler avec quelqu’un. Finalement, je savais qu’il avait bien fait, et je ne lui avais pas fait longtemps la tête, bien entendu. Après un premier rendez-vous d’une heure légèrement chaotique, où la psychologue m’avait clairement fait comprendre qu’il y avait du boulot, avec moi, j’avais une sorte d’emploi du temps pour ses rendez-vous. J’en avais deux par semaine pour le moment, un le mardi matin, et un autre le vendredi après-midi. Je n’aimais pas spécialement me rendre chez elle, mais il fallait que je m’accroche. Elle m’avait dit qu’elle pourrait me faire aller mieux, qu’elle pourrait m’aider, qu’elle me trouverait des solutions, des moyens de ne plus me torturer comme je le faisais depuis des semaines. C’était ce dont j’avais besoin, et puis, si c’était la seule solution, alors je la suivrais jusqu’au bout.

Trois semaines après la prise d’otage, et trois mois après l’annonce de mon infertilité, des efforts avaient été fait, mais j’avais encore deux rendez-vous par semaine, ce qui ne m’enchantait pas des masses. Ma psychologue, le docteur McBride, était quelqu’un d’agréable, de poli, de courtois, et elle m’écoutait avec attention, quand j’avais vraiment des choses à dire. Ca m’avait fait du bien de pouvoir parler à quelqu’un d’autre que David. Je n’osais pas raconter tous mes cauchemars à mes parents, parce qu’ils étaient à Edimbourg, et qu’ils se faisaient déjà assez de soucis pour moi. De fait, je n’avais personne et David avait eu raison : une psy, c’était une bonne idée. Je faisais encore des cauchemars, mais je dormais un peu mieux, quand même.

Le mardi prochain, comme elle me l’avait dit le vendredi d’avant, arriva rapidement et je dus une nouvelle fois quitter le confort de l’appartement et des bras de David pour m’engouffrer dans le métro et me rendre près du port. L’endroit était idéal pour y faire un cabinet de psychologues. C’était très calme, très détendant. Mais je n’avais pas le temps de m’attarder près de l’eau et pour regarder les îles, un peu plus loin, sur lesquelles David m’avait demandée en mariage plus tôt dans l’année. Il s’en était passé des choses depuis ce jour-là… Sans pouvoir y réfléchir plus longtemps, j’entrai dans la salle d’attente du cabinet, saluai la secrétaire avec un sourire poli et vins m’asseoir en attendant que le docteur McBride puisse me recevoir. C’était une habitude chez elle d’être en retard, et je sentais que cette matinée ne dérogerait pas à la règle. C’était peut-être pour ça que je l’aimais bien : je savais qu’elle était en retard parce qu’elle prenait du temps pour vraiment aider ses patients… c’était sûrement pour ça que David me l’avait conseillée aussi d’ailleurs ! De fait, j’avais apporté un livre, comme à mon habitude et je prévoyais d’en lire un ou deux chapitres en attendant. Je n’en avais lu qu’un demi lorsqu’Edwin Fischer entra à son tour dans la salle d’attente, en me saluant comme à son habitude.

Edwin, c’était le type qui passait juste après moi avec McBride. Un homme très gentil, très poli et toujours en avance. Très en avance, du coup, à cause du retard de notre psychologue. Il allait au moins attendre une heure et demie du coup… j’espérais qu’il avait pensé à prendre quelque chose pour s’occuper. Je ne savais rien de lui, je ne savais pas pourquoi il était là, et nous n’avions jamais réellement parlé, en réalité. Je connaissais juste son prénom et son nom, parce que la psy l’avait appelé ainsi. Je ne savais pas ce qu’il faisait dans la vie, je ne savais même pas son âge, et sans trop savoir quelle mouche me piquait, je décidai, ce mardi matin-là, que j’en saurais plus sur son compte ! Nous nous voyions souvent maintenant, et je ne connaissais toujours pas grand-monde ici… il était temps que ça change, n’est-ce pas ? En deux temps, trois mouvements, alors qu’il s’était installé à deux fauteuils de moi, je me tournai vers lui, un grand sourire aux lèvres et je pris la parole. Ma bonne humeur du jour semblait me faire pousser des ailes, moi qui n’aimais pas spécialement parler aux inconnus. Mais était-il réellement un inconnu ? Plus vraiment, en fait.

« Vous êtes là très tôt, aujourd’hui… ça fait combien de temps que vous êtes suivi par le docteur McBride ? »

J’avais certes commencé par des banalités, mais je sentais que ça ne mènerait nulle part, et je n’aimais pas avoir l’air d’une idiote. Son regard était brillant, intelligent, et il me trouverait ridicule. Au moins, j’aurais essayé, c’était ce que je me disais. Qui ne tente rien n’a rien. Mais c’était pour cette raison que j’avais embrayé sur nos rendez-vous. Parler de nos pathologies était peut-être une meilleure option pour briser la glace…
   
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Edwin Fischer


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MessageSujet: Re: When anything went wrong, they put it in a song. / Edwin & Mac   Dim 21 Sep - 0:29

when anything went wrong, they put it in a song.

J’ai un train de retard, j’ai constamment un train de retard et pourtant, je suis toujours ponctuel, prévoyant dans mes déplacements. Je suis un lève-tôt, un type presque ordinaire. Et pourtant, j’ai besoin d’un psy, d’un psy sans thérapie. Je ne vais pas guérir, c’est un fait. Je suis né comme ça, je suis un Fischer. Mes rendez-vous hebdomadaires avec le docteur McBride ne sont qu’illusions. J’ai besoin de ça, de ces séances, d’habitudes grotesques pour vivre. L’inconnu n’est pas suffisamment attrayant à mes yeux. L’inconnu fait peur et j’ai peur de souffrir encore. Je préfère encore vivre conditionné dans ma routine, seul. Et si la solitude est pesante, elle ne m’effraie plus. Le docteur McBride dit que je dois faire des efforts, apprendre à communiquer, à lire entre les lignes. Quelle lignes ? Où sont-elles ? J’ai beau chercher je ne vois rien, j’ai l’impression, à la rigueur, d’avancer les yeux bandés. Aucune importance. Je ne compte pas forcer le destin, je vais certainement m’écraser, encore, et sourire après avoir compté jusqu’à dix, encore. Il y a celles et ceux qui souffrent et il y a moi. Je ne suis pas fou, je ne suis pas non plus un dangereux psychopathe. J’aime la vie autant qu’elle m’aime, je crois. Je n’idéalise pas le monde, j’arrive à l'apprécier à sa juste valeur. Après tout, la vie est suffisamment courte non ?

McBride m’aime, j’espère. J’apprécie nos séances, elle ne fait pas seulement semblant de m’écouter, la plupart des gens font ça, ils attendent patiemment de pouvoir reprendre la parole mais pas elle, non. Je peux avoir une vraie discussion, la seule de la semaine ou presque. Elle veille sur moi à sa façon, sans le savoir. Mes relations avec les autres sont compliquées, j’essaie et j’abandonne aussi vite, je ne suis pas facile à vivre comme ils disent tous. Le fait est que j’arrive constamment en avance lors de mes rendez-vous avec le docteur McBride, j’ai pris cette habitude depuis trop longtemps. Sept ans environs. Seulement, depuis quelques semaines, j’ai constaté un changement. Depuis quelques semaines, il y a cette femme qui attend, cette femme désirable, une nouvelle. Elle a visiblement pris le créneau horaire de ce sale toxicomane qu’était Mr. Holder et c’est tant mieux. Je ne supportais plus son odeur corporelle.

Cette femme, je ne la connais pas plus que ça, je connais son nom, son prénom et peut-être la marque de son parfum parce que j’ai un nez pour ces choses-là. Un nez totalement inutile je vous l’accorde puisque je vis seul depuis maintenant cinq ans, huit mois et deux semaines. Néanmoins, son parfum est léger, fruité même. En dehors de ça, je l’ignore, je ne peux pas entamer une conversation avec elle, je n’ose pas. J’ai déjà du mal à en entamer une avec mes collègues alors avec une patiente du cabinet ! Heureusement, c’était mal la connaître. Si elle n’était plus une inconnue, elle demeurait mystérieuse à mes yeux. J’avais envie de l’atteindre sans avoir à me brûler les ailes. Mission impossible pour moi donc. J’ai préféré faire profil bas, c’était la chose à faire, c’est même la chose à faire, je crois, en société. Aucune idée.

Bref, j’ai proposé un café à un fille.

Les mardis matins sont toujours les plus compliqués, j’ai un emploi du temps serré à respecter, des cours à donner, une génération à éclairer. Et pourtant, à côté de ça, je dois voir McBride, je dois m’éduquer, me laisser apprivoiser, par elle, et par tous les autres aussi. Et non, la réponse est non, je ne fantasme pas sur ma psy, au pire, je l’idéalise peut-être. C’est toujours comme ça avec les femmes, je fais une fixation débile. Autrement dit, je passe souvent pour un tordu. Je regarde ma montre, le taxi est rapide, le trafic inexistant. Je vais encore arriver en avance, je vais encore m’installer à deux sièges sur sa droite, c’est la distance sociale à respecter d’après internet. Sans ça, je deviens très vite nerveux. Ce jour-là ne dérogea pas à la règle, je suis arrivé en la saluant poliment, une heure trop tôt. Mackenzie semblait de bonne humeur, elle semblait aller de mieux en mieux, surtout. La thérapie d’Elizabeth McBride devait sans doute porter ses fruits.
« Vous êtes là très tôt, aujourd’hui… ça fait combien de temps que vous êtes suivi par le docteur McBride ? »

Je me suis tourné vers Mackenzie très rapidement, un peu surpris, un peu pris de court aussi et, évidemment, j’ai balbutié lamentablement.
« Je, oui, j’aime être ponctuel. » J’ai marqué une pause non sans gêne. « Un peu plus de sept ans il me semble. » Oui, c’est beaucoup. J’ai sorti un livre de ma mallette, Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais à y réfléchir, je devais peut-être faire la conversation. « Et vous ? Depuis quand et pourquoi ? » J’étais vraiment trop indiscret, elle allait probablement se braquer. Ma curiosité était maladive, comme le reste. Je vous laisse, d’ailleurs, admirer ma maladresse légendaire. « Je ne sais pas vraiment pourquoi je demande, vous êtes là depuis quelques semaines, vous n’étiez pas là avant. » Oui, j’étais perspicace. J’ai regardé mon livre deux secondes, la couverture devait représenter l’auteur, une femme d’un autre âge mais néanmoins élégante. La gravure était moderne, XIXème siècle. « J’ai apporté ça pour ne pas m’ennuyer mais on peut tout aussi bien parler. » Ou pas, je ne savais pas, j’ai toujours ce don pour mettre mal à l’aise les gens. J’ai regardé ma montre, j’avais du temps à tuer et puis, il était temps de mettre en pratique les bons conseils du docteur McBride après tout.
lumos maxima

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I will look him in the eye And I will let the devil know that I was brave enough to die. And there's no hell that he can show me That's deeper than my pride. @ ALASKA.
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Mackenzie E. Buidhe


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MessageSujet: Re: When anything went wrong, they put it in a song. / Edwin & Mac   Dim 21 Sep - 14:12


   
When anything went wrong, they put it in a song.


   

   

   
Ma bonne humeur se reflétant sur tout ce que je pouvais voir, j’eus l’impression que cet homme, que je connaissais si peu, mais que j’avais l’impression d’avoir vu ici, était agréablement surpris que je lui parle. Les cabinets de psychologue, ça avait tendance à rendre les gens méfiants entre eux. Qui aurait envie de se rendre encore plus malade en parlant avec les autres ? Une névrose n’était déjà pas facile à combattre, alors si en plus, on se mettait à déprimer encore plus à cause des discussions des autres, c’était pire. Mais aujourd’hui, c’était un bon jour, je le sentais. Et c’était pour cette raison que je m’étais décidée à lui parler. Cela faisait des semaines maintenant que nous nous voyions, et nos conversations n’allaient jamais au-delà des salutations. De quoi rendre fou plus d’une personne ? De plus, quitte à attendre, autant le faire en discutant, c’était plus sympathique.

Néanmoins, je savais que ce que je faisais n’était peut-être pas une bonne idée. Après tout, qui savait pour quoi il était suivi ici ? Peut-être qu’il avait une déviance, une maladie mentale trop avancée pour qu’un psychologue puisse le soigner et de fait, cela expliquerait pourquoi j’avais l’impression que cet homme faisait partie des murs… Mais j’aimais croire qu’il était aussi sain d’esprit que moi, ce qui n’était pas tout à fait un compliment, soit dit en passant. Je n’étais pas malade à proprement parler. J’étais un peu dépressive. Ce n’était pas si grave, n’est-ce pas ? J’allais m’en remettre ! J’avais David, j’avais mes parents, j’avais l’espoir d’un remède pour mon endomètre et dès que l’on en verrait le bout, de ce tunnel rempli d’obscurité, alors tout irait mieux. Je ne ferais plus de cauchemar, je ne serais plus névrosée, et ce serait bien. Comme avant. Sans problèmes. En attendant, je devais faire avec, et peut-être devais-je parler avec d’autres patients pour pouvoir discuter. Il était vrai que si j’avais David et la psy, je n’avais pas grand-monde à côté. Je n’avais pas l’intention de faire d’Edwin mon ami – après tout, on ne se connaissait pas – mais rien n’empêchait d’avoir une conversation quelconque !

Il me raconta qu’il aimait être ponctuel et je haussai un sourcil. Ponctuel ? Mais c’était plus que de la ponctualité là ! Il avait au moins une heure et demie d’avance ! Même quelqu’un de ponctuel n’était pas si en avance que cela. Alors il n’avait rien d’autre à faire ce matin-là ? C’était possible. Après tout, je ne savais même pas ce qu’il faisait dans la vie. Il devait bien avoir un métier, parce que les psychologues coûtent chers, surtout les bons psychologues. Personnellement, c’était mes économies qui y passaient, mais peu importait… Papa était encore riche et ce pour longtemps !

« Un peu plus de sept ans il me semble. »

Sept ans ? Là, c’était vraiment, vraiment impressionnant. Mais qu’est-ce qu’il s’était passé dans sa vie pour qu’il ait besoin d’une thérapie aussi longue ? Je savais que ça arrivait ; ça arrivait même très souvent, après un traumatisme, mais les gens se relevaient, se battaient et réussissaient à se sortir de là. Bien souvent, voir un psy n’était pas la chose la plus agréable au monde. Je n’avais pas la prétention de tout connaître, mais je savais une chose : je voulais me débarrasser au plus vite de cette sensation de mal-être que j’avais, et s’il fallait que je travaille là-dessus pendant des jours et des semaines, je le ferais ! J’avais du monde qui attendait que j’aille mieux, et je ne voulais pas m’embourber dans tout cela pendant trop longtemps.

Peu après, avant que j’aie le temps de faire la moindre réflexion ou de poser la moindre question, il me retourna mon interrogation, et de fait, avec un regard inquisiteur, me demanda de lui dire depuis quand et pourquoi je venais ici. Son ton quelque peu impératif ne me dérangea pas des masses même s’il me surprit légèrement, mais il se reprit bien vite, en ajoutant qu’il ne savait pas pourquoi il demandait, que j’étais là seulement depuis trois semaines. Il avait le sens de l’observation au moins, parce qu’il savait que ça ne faisait pas longtemps que j’étais là. Déjà, ça ne faisait pas longtemps que j’étais à Toronto. Mais tout s’était accéléré trop vite et mon cerveau n’avait pas tenu le choc, visiblement. Mes pensées trop cyniques me firent presque peur et je secouai brièvement la tête pour ne pas dire tout haut des choses que je pensais sur moi tout bas. Alors qu’il me désignait son livre en me disant qu’il avait pris cela pour s’occuper mais que l’on pouvait discuter, je faillis l’interrompre pour répondre à sa question.

« Je suis infertile. Alors que je rêve d’avoir des enfants depuis que je suis une gamine ! »

J’ouvris de grands yeux en remarquant que, si je n’avais pas été spécialement cynique, j’avais parlé un peu trop sèchement, tout ce que je ne voulais pas. Finalement, peut-être que c’était une mauvaise idée de vouloir parler avec lui, même s’il me semblait être quelqu’un de très intelligent. Je me repris rapidement, et ajoutai :

« Désolée, c’est juste que ça me rend dingue… »

Le silence reprit ses droits quelques instants, alors que je ne savais pas comment embrayer sur autre chose. En replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille, je vis et sentis ma main commencer à trembler alors que toutes mes pensées se dirigeaient, comme d’habitude, mais la prise d’otages. Sur toutes les personnes qui peuplaient le monde, qui peuplaient le Canada, qui peuplaient Toronto, il fallait que David soit l’une de celles qui étaient coincées là-dedans, à ce moment précis. Quelle coïncidence !

« Je crois que je deviens un peu paranoïaque, en plus d’être dépressive. J’ai déjà fait une dépression vous savez ? Et là, ça recommence ! Les terroristes à l’Eaton Centre, il y a trois semaines ? Mon fiancé était avec eux. En tant qu’otage, bien entendu… »

Pourquoi je lui racontais tout ça ? Ce n’était pas à lui d’entendre ça, bon sang, c’était à la psychologue. C’était à McBride d’entendre des horreurs et de calmer le jeu. Tout ce que je pensais, avant qu’il ne commence à parler, avant même que je ne commence à parler, je ne le respectais pas. Pourtant, je m’étais bien dit que raconter ses problèmes à d’autres patients n’était pas une bonne chose. Personne ne voulait entendre les malheurs des autres, c’était un fait. Et que faisais-je ? Je tombais dans le panneau ! Qu’est-ce qu’il en avait à faire de toutes façons, que j’aie pu faire une dépression ? Que ce soit en Ecosse ou ici même ? Je voulais juste discuter, mais il avait fallu que l’on ramène la conversation sur moi, comme d’habitude. Et ce n’était pas de sa faute, puisque c’était moi qui avais commencé tout cela…

« Et vous ? »

Dans ma détresse et mon sens du partage, je n’avais pu que lui demander ce qu’il se passait dans sa tête. C’était un juste retour du bâton pour moi, d’entendre ses problèmes. Et surtout, sûrement que les siens étaient plus forts, plus durs que les miens, et que je passais pour la petite fille pourrie gâtée qui faisaient des caprices à tout bout de champ. C’était comme ça que je me voyais en tout cas, et je ne savais même pas comment David pouvait me supporter. Lui, pour être resté sept ans avec cette psy, il devait en avoir, des choses à dire, et des problèmes. Ça devait être autre chose que moi !
   
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