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 [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »

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Thomas Bennett


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CREDIT : vava : shiya
MessageSujet: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Mer 29 Jan - 18:48


Tout ce que j'avais, c'était un nom. Une identité. Rien d'autre. Des infos relatées, selon lesquelles elle serait à Toronto. Quelques photos volées. Rien de conséquent qui pourrait vraiment prouver quoi que ce soit.

C'était une belle enflure, Billy. Il savait que je détestais ce genre de dossiers, ce genre d'articles. Je n'avais pas fait 5 ans d'études pour devenir un paparazzo à l'écrit. Je n'étais pas un colporteur de ragots. Mais j'avais baissé ma garde, j'avais osé aller trop loin sur un article, dans un de mes mauvais jours et, évidemment, je m'étais retrouvé avec un grade en moins. A devenir colporteur de ragots. Et avec la promesse de retrouver mon poste si je faisais bien mon travail et si j'obéissais au doigt et à l'oeil.

Alors, Billy m'avait envoyé un mail, avec le sujet de mon article de la semaine suivante. "Abigail Polloni" c'était tout ce qui était écrit virtuellement sur le courriel. Et je devais me débrouiller avec ca. Je n'avais jamais entendu parler de cette femme. Et je m'en foutais. Billy m'aurait donné un article à faire sur les chats errants ou bien les rats des égouts de Toronto, ça m'aurait fait le même effet : aucun.

Connaissant bien la chronique que je devais faire, je sus très bien où chercher en premier pour avoir des informations. Internet. Abigail Polloni était une violoniste professionnelle. Elle avait tourné avec un groupe que je me souvenais avoir déjà entendu à la radio. Elle avait une renommée internationale et elle était mariée avec le chanteur du même groupe. Rien de particulier. Hormis le fait que le chanteur en question était mort, l'année précédente.

De fil en aiguille, je trouvai de plus en plus d'informations sur elle. Elle avait été vue très souvent près de l'université de Toronto par des étudiants. Malgré cela, ce n'était que des infos pêchées sur un forum, au hasard des pages internet que je croisais. Rien de sérieux. Auparavant, elle vivait à New-York, aux Etats-Unis, mais elle avait vraisemblablement déménagé après la mort de son mari. Pour venir à Toronto, selon les rumeurs. Mais les rumeurs, ce n'était pas des informations.

Cependant, il y avait eu cet accident, pas très loin du campus. Un homme s'était fait renverser par une voiture, s'en sortant mais finissant à l'hôpital pour quelques temps. Un de mes collègues avait alors relaté l'affaire dans notre journal. Je n'y avais pas prêté plus attention jusqu'au moment où, en cherchant encore une fois sur le net des informations sur la blondasse que je devais cerner, j'avais pu recouper sa présence et l'accident. Elle était présente sur les lieux, selon les fans, selon les témoins. Une femme blonde s'était occupé de l'accidenté avant l'arrivée de l'ambulance, puis était partie précipitamment avant que les secouristes ne débarquent. Avec un peu de chance, ça pourrait être elle. Et je n'aurais pas besoin de chercher plus longtemps pour avoir des informations supplémentaires. Je devais voir cet homme.

Evidemment, en tant que journaliste, je devais prendre mes précautions. Il ne fallait pas qu'on se fasse attaquer en justice plus que de raison, sinon j'étais sûr de perdre mon poste. Il ne fallait pas que je me fasse avoir, je devais être prudent. Je ne savais pas comment me présenter à cet homme qui ne me connaissait pas, qui ne m'avait certainement jamais vu. Je pouvais me faire passer pour un flic. Oui, c'était une bonne idée. Pas besoin de plaque, avec du culot et de la chance, il me croirait sur parole.

Je me mis alors en route vers le Toronto General Hospital, avec la ferme intention d'en finir avec cet article. J'allais avoir ce que je voulais et je pourrais le terminer. Je savais pourtant que ça n'allait pas se passer comme ça et qu'il faudrait que je creuse encore. Où qu'elle soit, cette femme ne voulait pas se faire remarquer. Et malheureusement pour elle, j'étais le pire des enfoirés. Et je la chercherai jusqu'à ce que je la trouve.

A l'accueil de l'hôpital, je demandai la chambre de l'homme qui avait été victime d'un accident de la route, en précisant que j'étais là pour lui poser quelques questions. La standardiste ne fit pas d'histoires et à peine dix secondes plus tard, j'étais dans l'ascenseur, prêt à rencontrer le dénommé David McCoy, nom que j'avais récupéré auprès de la jeune femme.
Encore une minute plus tard, j'étais devant sa porte, et je frappai trois coups avant d'entrer. Il était là, allongé dans son lit en train de regarder la télé. Il me regarda avec de grands yeux, en se demandant qui je pouvais être. Le jeu commençait. J'allais adorer ça, je le sentais...

- Bonjour monsieur McCoy, je m'appelle Thomas. Je suis venu vous poser quelques questions, en rapport à l'accident que vous avez eu ! J'imagine que je ne vous dérange pas ?

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Dernière édition par Thomas Bennett le Jeu 6 Mar - 15:05, édité 1 fois
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David McCoy


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Mer 29 Jan - 20:31

Une autre journée qui s’écoulait lentement. Une autre journée qui m’approchait de ma sortie. Je me rétablissais rapidement. C’était parfait. Même si maintenant, la présence constante d’Ella et la visite d’Abigail avait rendu mon séjour ici moins douloureux. Comme à mon habitude, je regardai la TV. J’étais convaincu que je finirai par m’en lasser, mais pour l’instant, je n’avais pas trop le choix. Ce n’était pas comme s’il y avait grand-chose d’autre à faire, et les balades avec Ella ne couvraient pas toute ma journée.

J’étais en train de regarder un programme lambda d’un œil distrait quand j’entendis frapper trois fois à la porte. Je m’attendais à voir apparaître une infirmière dans l’encadrement, voir même Ella. Mais quelle fut ma surprise quand je vis apparaître un homme plutôt grand que je ne connaissais pas, me lançant un sourire poli. J’écarquillai les yeux, me demandant définitivement qui cet homme pouvait être. Il avait les cheveux courts, brun et bien coiffés. Son regard, bien qu’amical, paraissait dur, malgré des yeux bleus pouvant adoucir le tout. Ses traits étaient prononcés. Il n’avait certainement pas l’air d’être là pour une visite de courtoisie. Il s’avança.

- Bonjour monsieur McCoy, je m'appelle Thomas. Je suis venu vous poser quelques questions, en rapport à l'accident que vous avez eu ! J'imagine que je ne vous dérange pas ?

Je le saluai et l’invitai à s’assoir sur la chaise qui se trouvait dans ma chambre. Je me demandai pourquoi il fallait encore parler de l’accident. Je pensais pourtant qu’il avait été clair que le conducteur n’était pas en faut et que j’avais été qu’une tête en l’air stupide… J’éteignis la TV, ne voulant pas être distrait.

Alors qu’il s’assit, je le vis avoir un petit sourire satisfait qui me mit mal à l’aise. Il était intimidant. Il transpirait la confiance en lui, et moi qui d’habitude était de nature sûr de moi, je me retrouvai là, avec un air gêné…

- Je ne crois pas avoir bien saisi pour qui vous travailliez pour avoir besoin de ses renseignements. Mais je vous en prie, posez-moi vos questions. J’espère que je vous serai utile.
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Thomas Bennett


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Mer 29 Jan - 21:04


Rapidement, très rapidement, je commençai à l'observer, discrètement. Ce type avait l'air d'aller très bien. Il aurait pu sortir de l'hôpital. Qu'est-ce qui le retenait ici ?
Alors qu'il m'indiqua que je pouvais prendre place, je laissai les yeux fureter très vite dans toute la chambre. Très peu d'objets personnels, une veste, pliée sur une chaise, dans un coin à côté de la fenêtre, un sac à dos, des chaussures de marche, au pied de la même chaise. Un marcheur, donc.
Je m'assis en face de lui, et ce fut cette fois son visage que je fixai, alors qu'il éteignait la télévision. Je souris en voyant d'un coup d'oeil que j'allais pouvoir le manipuler comme je le souhaitais. Il ne s'attendait pas à cette visite, il était intimidé, et en plus si j'étais bon comme à mon habitude, je pourrais jouer le jeu de l'enquêteur jusqu'au bout. Il le fallait de toutes façons, c'était mon emploi qui était en jeu.

- Je ne crois pas avoir bien saisi pour qui vous travailliez pour avoir besoin de ses renseignements. Mais je vous en prie, posez-moi vos questions. J’espère que je vous serai utile.

Il avait froncé le nez. C'était bon signe pour moi, en parallèle de tout ce qu'il me disait. Il ne me demandait même pas qui j'étais... il était vraiment naïf ce type. J'allais avoir tous mes renseignements en un quart d'heure à ce train-là. Et c'était bien évidemment ce que je souhaitais plus que tout. Je détestais les hôpitaux autant que je détestais les gens. Je repris la parole, en essayant de me contenir. Je ne devais pas paraître trop heureux.

- C'est juste la routine, rien de bien méchant, ne vous en faites pas.

Je sortis un calepin, ainsi qu'un crayon, de ma poche intérieure de veste. Prêt à prendre en note, je restai cependant quelques instants silencieux, le temps de bien lui faire comprendre, par ma stature et par mon regard, qu'il avait tout intérêt à tout me raconter. Je n'étais pas menaçant, mais je savais que j'allais obtenir tout ce que je voulais.

- Racontez-moi votre accident ... vous vous êtes fait renverser par un homme d'un quarantaine d'année c'est bien cela ? Il était perturbé par l'un de ses enfants à l'arrière je parie, ils sont tous comme ça. Racontez-moi plus précisément, avec tous les détails.

Sur mon calepin, je notai en majuscules « Affaire Polloni » en rajoutant à la suite un petit un, en écrivant le nom de l'homme face à moi. Que la chasse aux infos commence !

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David McCoy


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Ven 31 Jan - 0:08

J’attendis sa réponse patiemment. Mon ton et la tournure de ma phrase aurait normalement du le pousser à me renseigner comme je le voulais. Il aurait pu être un badaud en manque de compagnie que je ne le saurais. Il répondit d’une voix neutre.

- C'est juste la routine, rien de bien méchant, ne vous en faites pas.

Ma question resta en quelque sorte en suspens. Je ne savais toujours pas qui il était vraiment. Je me méfiais, et pourtant, en y réfléchissant, j’avais du mal à voir pourquoi quelqu’un qui ne s’occupait pas de l’accident comme la police, pourrait vouloir me demander les détails de l’histoire. C’était farfelu. Il sortit un calepin et un crayon pour prendre des notes. Je souris intérieurement, il n’en aurait pas beaucoup besoin.

Il s’arrêta, laissant s’installer un lourd silence. Il se mit à ses aises, pas le moins du monde dérangé par l’atmosphère de la pièce qui changeait. Je n’aimais pas ça.

- Racontez-moi votre accident ... vous vous êtes fait renverser par un homme d'une quarantaine d'année c'est bien cela ? Il était perturbé par l'un de ses enfants à l'arrière je parie, ils sont tous comme ça.


Il avait déballé sa phrase sans aucune émotion, d’un ton cynique. Son dédain était parfaitement palpable, et cette phrase à elle seule m’apprenait plus qu’aucune phrase ne l’aurait pu. Il avait vraiment l’air de considérer le comportement de cet homme avec dédain.

- Racontez-moi plus précisément, avec tous les détails.


Il se mit à écrire avant même que je commence à parler. Je devenais de plus en plus soupçonneux. Je pris la parole, même si c’était avec une once de réticence au final. Je n’avais pas réellement cerné quelle information il cherchait à obtenir.

- Je sortais d’un café, celui en face de mon hôtel. Je devais déballer mes affaires, ce que je n’avais pas encore fait alors que j’étais arrivé depuis 1 ou 2 heures déjà.


Je le vis prendre des notes, en fronçant les sourcils. Je n’étais pas très fort pour décrypter les émotions passant sur un visage, mais là, l’irritation se peignait sur le sien. Je continuai, il voulait des détails d’un accident dont je ne me rappelais quasiment rien ? Il allait être ravi…

- J’ai dit adieu à la personne avec qui j’avais bu mon café puis j’ai traversé sans regarder, purement et simplement. J’ai été idiot. Je l’ai répété plusieurs fois. J’espère que ce pauvre homme n’aura pas de problème…

Il fronça les sourcils un peu plus si c’était possible, mais je remarquai un changement imperceptible cette fois-ci. J’avais piqué sa curiosité. Il ne leva cependant pas les yeux de son calepin.

- Le reste est flou, j’ai senti une grande douleur sur tout mon côté gauche, là où j’ai été percuté. Puis… Le noir complet.

Je me retins de parler de la voix que j’avais entendue, ou que j’avais cru entendre… ? Ça ne le regardait sûrement pas. J’attendis qu’il finisse d’écrire tout cela et qu’il me dise s’il avait besoin d’autre chose. C’était absurde. Vraiment, avant d’envoyer des personnes recueillir un témoignage, ils devraient vérifier que ça vaut le coup. Le pauvre homme s’était déplacé pour… Eh bien. Rien.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Ven 31 Jan - 14:32

Il fallait bien que je l'avoue, c'était à présent une obligation pour moi d'être prudent. Je savais bien que je ne devrais pas parler ainsi. Un honnête homme devait pâtir pour chacun, et non être cynique comme je l'étais. Malheureusement pour l'homme en face de moi, c'était ma façon d'être. Et je voyais bien que ça le dérangeait. Il se méfiait de moi. Et ce n'était pas bon. Enfin, je me fichais pas mal qu'il se méfie de moi. Dans une demi-heure, je serais reparti, j'aurais mes informations, d'une manière ou d'une autre, et je me ficherais pas mal de savoir s'il s'en voulait ou non d'avoir donné des informations à un parfait inconnu.
Au départ, je crus qu'il n'allait rien me dire. Et puis, finalement, je le vis prendre son inspiration, pour commencer à parler. Il était temps, je commençai à m'impatienter.

- Je sortais d’un café, celui en face de mon hôtel. Je devais déballer mes affaires, ce que je n’avais pas encore fait alors que j’étais arrivé depuis 1 ou 2 heures déjà.

Ce n'était pas du tout ce que je voulais, bon sang. Je m'en foutais complètement de son accident et de son emploi du temps. Quoiqu'il soulevait un point important. Il était arrivé depuis deux heures, et il rentrait seulement, après son café ? Qu'avait-il fait pendant deux heures ? Néanmoins, je continuai à prendre mes notes, sans rien dire, sans rien montrer. Je jetai de temps en temps de petits coups d'oeil à mon hôte du jour. Il me regardait, toujours méfiant. Mais s'il était tant méfiant, alors pourquoi me disait-il tout ? Il me prenait vraiment pour un flic, alors ? J'étais bon acteur !

- J’ai dit adieu à la personne avec qui j’avais bu mon café puis j’ai traversé sans regarder, purement et simplement. J’ai été idiot. Je l’ai répété plusieurs fois. J’espère que ce pauvre homme n’aura pas de problème…

Là, ce qu'il me racontait devenait intéressant. Il était avec quelqu'un. C'était pour cette raison qu'il avait pris autant de temps pour boire un pauvre petit café à trois dollars canadiens. Mais qui était cette personne ? Etait-ce ma cible ? Sûrement pas. Pourquoi une femme comme elle voudrait boire un café avec ce moins que rien ? Impossible.

- Le reste est flou, j’ai senti une grande douleur sur tout mon côté gauche, là où j’ai été percuté. Puis… Le noir complet.

Il termina son discours brusquement. Aussi brusquement que l'avait été son accident, très certainement. J'étais désappointé. J'aurais voulu plus de détails, quant à cette femme que les témoignages disaient avoir vu se pencher sur son corps inerte. Il devait déjà être inconscient et dans un semi-coma, alors il ne devait pas se souvenir de ça. Je faillis m'énerver en pensant qu'il ne me servait à rien. Je me retins au dernier moment, heureusement.

- Voilà quelque chose de nouveau. Je ne crois pas que vous ayez dit à mes collègues que vous étiez avec quelqu'un à ce moment-là.

Je bluffais totalement, mais je le regardais avec une telle intensité que même s'il avait raconté aux flics qu'il était avec quelqu'un, je savais comment lui faire croire qu'il avait omis ce détail. Il avait peur de moi, il allait me croire sur parole. Il allait croire qu'il avait oublié de le dire, à cause du choc, sûrement. J'étais manipulateur, j'adorais ça.

- Ce n'est pas grave, monsieur McCoy, vous étiez encore sous le choc quand vous avez raconté l'histoire la première fois. Qui était cette personne ?

Je relevai le nez de mon calepin et le fixai, d'un air impassible. J'observai l'homme, il avait un regard froid, mais pour autant je savais qu'il me dirait tout. Et surtout, il devait savoir que plus vite il me dirait, plus vite je le laisserais tranquille.

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David McCoy


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Ven 31 Jan - 17:02

Il réfléchit quelques instants puis reprit la parole, de cette même voix monocorde et neutre.

- Voilà quelque chose de nouveau. Je ne crois pas que vous ayez dit à mes collègues que vous étiez avec quelqu'un à ce moment-là.

Ah bon ? Je ne l’avais pas dit ? J’étais pourtant persuadé avoir tout raconté… Vu son ton ferme, c’est que c’était réellement le cas. Je me creusai les méninges, cherchant pourquoi il était important qu’ils sachent que j’étais accompagné, du moins avant. Et si ? Y avait-il une législation ici pour le non assistance à personne en danger ? S’ils ne savaient pas que j’étais accompagné, c’est qu’Abi était partie avant que les secours n’arrivent… Je ne voulais pas qu’elle ait de soucis. Et quand elle était venue me visiter, elle m’avait dit avoir été inquiète, elle avait vu mon état. Je ne lui avais pas demandé, mais j’étais sûr que c’était elle, qui avait été à mes côtés justes après la collision.

- Ce n'est pas grave, monsieur McCoy, vous étiez encore sous le choc quand vous avez raconté l'histoire la première fois. Qui était cette personne ?


Peut-être. A vrai dire, ça avait été flou, je n’étais pas réveillé depuis longtemps lors de mon premier entretien. Il releva la tête vers moi, et me fixa de manière assez intensive, un frisson me parcourant. Comment pouvait-on être tant de marbre ? Au moins, il était parfait pour le poste…

Je réfléchis à quoi lui répondre. A ce stade, il serait malhabile de ne pas répondre à ses questions. J’allais lui donner ce qu’il voulait, tout en essayant de ne pas trop attirer d’ennuis à Abigail. J’étais sûre qu’elle n’avait pas besoin de ça.

- Une femme que j’ai rencontrée au café, vraiment. On a discuté, en grande partie de voyages. Puis nous nous sommes séparés, nous venions tout juste de nous dire adieu... Elle est venu me voir ici il y a quelques jours, elle a eu vent de l’accident, voir peut-être était-elle là en attendant les secours je ne sais pas.

Je m’empressai d’ajouter la dernière phrase. Je ne voulais vraiment pas qu’il lui reproche quelque chose suite à un malentendu.

- Pour la suite je ne peux pas être plus précis, je ne connais que son prénom.

Je fis une pause et je vis qu’il retenait son souffle, les lèvres  légèrement entrouvertes. Voilà, je n’allais que lui enseigner le prénom et j’omettrai le fait que j’avais désormais son numéro de téléphone noté sur un bout de papier dans mon manteau…

- Elle s’appelle Abigail. Je ne vois pas en quoi cela vous avancera à quelque chose. Un nom lambda pour une personne lambda que j’ai rencontré au hasard, voilà tout.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Ven 31 Jan - 19:32


Le regard de mon hôte changea. Victorieux, je lui fis un sourire que je voulais rassurant. En réalité, ce sourire était vicieux, pervers... bien à moi, évidemment. Je le faisais douter, c'était exactement ce que je voulais. Il allait vraiment croire qu'il avait oublié de parler de cette personne aux enquêteurs grâce à moi.
Alors qu'il me dévisageait, je le voyais réfléchir. Intérieurement, je jubilais. Il allait tout me raconter, j'étais prêt à faire la danse de la victoire tellement j'étais proche du but.

- Une femme que j’ai rencontrée au café, vraiment. On a discuté, en grande partie de voyages. Puis nous nous sommes séparés, nous venions tout juste de nous dire adieu... Elle est venu me voir ici il y a quelques jours, elle a eu vent de l’accident, voir peut-être était-elle là en attendant les secours je ne sais pas.

Ils avaient discuté à propos de voyages, tous les deux, et il s'agissait d'une femme. Combien de chances y avait-il pour que ce soit précisément celle que je cherchais ? Pas beaucoup, certainement, sur le nombre de ces choses à Toronto. Une femme, ce n'est pas compliqué à trouver.
Et en plus, elle était revenue le voir. Elle s'y était attachée alors ? Avait-elle déjà oublié son ex-mari ? Ça ne m'étonnerait même pas, les femmes sont toujours des vipères.

- Pour la suite je ne peux pas être plus précis, je ne connais que son prénom.

Je le regardai, assis sur le bord de ma chaise, prêt à tomber. J'allais savoir. Il allait me le dire. Son prénom, son nom, son identité, j'allais pouvoir être sûr de ce que j'avançais ou non. Si c'était elle, j'avais touché le gros lot. Parce qu'il aurait forcément plus d'informations sur elle, sur où elle habitait, sur ce qu'elle faisait ici à Toronto.

- Elle s’appelle Abigail. Je ne vois pas en quoi cela vous avancera à quelque chose. Un nom lambda pour une personne lambda que j’ai rencontré au hasard, voilà tout.

Je faillis sauter sur place. C'était bien elle. C'était elle !! Abigail Polloni ! Une personne lambda ?! Il était complètement fou ou quoi ? Il ne la connaissait donc pas. Il la considérait comme quelqu'un de normal. C'était adorable. Il était encore plus idiot que je ne le croyais. Super.

- Elle ne vous a pas aidé, quand vous vous êtes fait renverser ?

Je vis qu'il eut un air un peu perdu, comme s'il cherchait dans sa mémoire la réponse à ma question.

- Vous avez dit que vous veniez juste de la quitter, elle devait quand même être dans les parages à ce moment là, non ?

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David McCoy


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Lun 3 Fév - 0:08

Il fut très étonné quand je lui dis le nom de la personne avec moi, même si il le cachait derrière son masque d’impassibilité. Je n’étais pas complètement dupe. J’avais vu le coin de sa bouche s’étirer et ses yeux s’écarquiller légèrement.

- Elle ne vous a pas aidé, quand vous vous êtes fait renverser ?

Il avait posé cette question de façon nonchalante, comme si l’idée même que quelqu’un que je ne connaissais pas m’avait laissé là était absurde. Comment étais-je sensé le savoir au final ? La femme que j’ai entendue aurait pu être n’importe qui. Je fis semblant de réfléchir, un air trop sûr de moi me vendrait obligatoirement.

- Vous avez dit que vous veniez juste de la quitter, elle devait quand même être dans les parages à ce moment là, non ?

Certes. Le bougre n’était pas idiot. J’essayai de réfléchir à comment me sortir de cette impasse. J’étais fait comme un rat. Par ma faute, elle allait avoir des ennuis. Je me maudissais. Je n’étais vraiment bon qu’à attirer des ennuies aux gens avec qui je commençais à tisser des liens. J’étais toxique, personne ne devrait m’approcher. Je me pris le visage des deux mains, me massant les tempes. Elle était à quoi, cinq ? Dix ? Maximum quinze mètres de moi quand c’est arrivé ? Forcément qu’elle avait vu. Qui souhaitais-je tromper en disant qu’elle n’était sûrement pas venue voir si j’allais bien après que la voiture m’ait percuté ? Lui ? Ou moi ?

- Je ne sais pas, je ne sais plus. J’ai perdu connaissance à ce moment-là. J’étais dans un état de pré-coma, je délirais. Elle était là, c’est sûr.


Je fis une pause. Cette histoire me stressait. Je voulais savoir ce qu’il lui voulait.

- Pourquoi vouloir savoir tout ça ? Je ne comprends pas. Ça ne vous avancera à rien. Elle est revenue, elle a pris de mes nouvelles, elle est ressortie de ma vie. Qu’elle m’ait réconfortée en attendant l’ambulance ne changera pas votre vie.

Ma dernière phrase m’avait échappé. J’étais sur les nerfs, ça se sentait. Je roulais mes « r ». Un des nombreux signes quand je m’énervais. Fort heureusement, je n'avais toujours pas dit que j'avais son numéro, et que je comptais fermement la revoir. Mais un pressentiment m'indiqua qu'il devait se douter que je lui cachai ce détail, et comme il était parti, il voudrait absolument tout savoir. Je le fixai droit dans les yeux. Il aimait ça, ça se voyait, il aimait me voir perdre le contrôle pour quelque chose d’aussi futile.

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Allons-y !

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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Lun 3 Fév - 17:53


Peut-être que McCoy voulait me rouler dans la farine. Mais honnêtement, j'étais en position de force. Il avait une jambe dans le plâtre et, peut-être me trompais-je, mais j'avais l'impression qu'il était plus petit que moi, et surtout un peu plus maigrichon. Il voulait protéger cette dénommée Abigail, celle que je cherchais. Mais moi je me fichais pas mal du fait qu'elle soit restée ou pas sur les lieux lors de l'accident. C'était le boulot des enquêteurs de trouver ça. Cependant, je devais tout de même farfouiller dans cette direction-là. Surtout qu'il commençait à paniquer, à s'énerver, et je voyais même ses oreilles rougir sous la pression. Je dus réprimer un sourire satisfait, mais je trouvais toute cette situation très amusante, même si je risquais très gros. Il suffisait qu'il me demande ma plaque, ou qu'une infirmière passe par là pour que je me fasse avoir. C'est pourquoi je devais me dépêcher...

- Je ne sais pas, je ne sais plus. J’ai perdu connaissance à ce moment-là. J’étais dans un état de pré-coma, je délirais. Elle était là, c’est sûr.

Il s'était un peu redressé dans son lit, en se concentrant. Il fallait qu'il me dise tout. Mais il la protégeait bon sang, de quoi la protégeait-il ? Elle n'avait rien fait de mal en plus de ça. Elle était juste présente sur les lieux. Ça en faisait un témoin, rien de plus. Il n'était pas mort ! Il m'observait comme si j'étais le diable. Eh ! Je voulais juste des informations sur elle, ce n'était pas si bizarre, quand même. Un flic l'aurait fait. Un bon flic, s'entend.

- Pourquoi vouloir savoir tout ça ? Je ne comprends pas. Ça ne vous avancera à rien. Elle est revenue, elle a pris de mes nouvelles, elle est ressortie de ma vie. Qu’elle m’ait réconfortée en attendant l’ambulance ne changera pas votre vie.

Cette fois, je souris franchement. Je fis passer cela pour du réconfort, ou quelque chose du même genre. Je voulais paraître bienveillant. Et très honnêtement, j'avais l'impression que ça fonctionnait bien, puisque ses traits se radoucirent un peu. Je baissai de nouveau les yeux vers mon calepin, en remarquant que je n'avais rien noté depuis quelques instants. Ce n'était pas bon, je devrais toujours être en train d'écrire s'il me disait tout ce que je voulais. Il en savait plus, c'était évident. Il n'avait pas tapé la discussion avec une inconnue pendant une heure. Il avait forcément appris des choses sur elle, autre chose que son seul prénom. Elle avait dû lui parler d'elle.

- Ecoutez monsieur McCoy, je ne veux en aucun cas l'inculper, au contraire. Seulement en savoir plus sur cette histoire. C'est une témoin de l'accident et elle pourrait m'apprendre de nouvelles choses. Je ne vous pose pas ces questions pour vous inquiéter, ni pour lui faire courir des ennuis.

J'étais fier de moi sur ce coup-là. Avec cette réplique digne des plus grands auteurs, il ne pourrait plus s'inquiéter quant à mes intentions. Je faisais le flic professionnel, c'était très drôle de m'amuser avec lui. Il était crédule, trop crédule, et c'était dommage pour lui mais parfait pour moi !

- Maintenant, je suis sûr que cette charmante personne a un nom de famille et un numéro de téléphone, ou même une adresse. Vous avez fait connaissance, n'est-ce pas ?

Comme il ne répondait pas de façon immédiate, me fixant une nouvelle fois dans les yeux, d'un air de défi, comme s'il allait pouvoir me faire partir avec ses seuls yeux, j'inspirai profondément, discrètement, avant de rajouter une nouvelle fois pour le rassurer :

- Je vous jure, monsieur McCoy, qu'elle n'aura aucun ennuis. Je veux simplement lui poser des questions ! Vous pouvez me faire confiance. Je ne sais pas pourquoi vous ne me dites rien... qui est-elle pour vous, pour que vous la protégiez à ce point ?

Je lui souris une nouvelle fois de façon bienveillante. Il allait me croire. Et même s'il ne me croyait pas, il me donnerait des informations. Parce qu'il n'aurait pas le choix. Et il saurait très bien qu'il n'avait pas le choix !

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David McCoy


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Lun 3 Fév - 23:28

Après avoir déballé ma dernière phrase sans réfléchir, je commençai à me calmer. Il m’offrit un sourire franc cette fois. Il devait me prendre pour un dingue, à réagir ainsi. Je m’en voulais au final. Il ne devait faire que son travail rien de plus. Je me détendis. Même avec mes sorties fréquentes en la compagnie d’Ella et ma sortie qui approchait, j’étais toujours un peu sur les nerfs. J’avais en conséquence des réactions disproportionnées.

- Ecoutez monsieur McCoy, je ne veux en aucun cas l'inculper, au contraire. Seulement en savoir plus sur cette histoire. C'est un témoin de l'accident et elle pourrait m'apprendre de nouvelles choses. Je ne vous pose pas ces questions pour vous inquiéter, ni pour lui faire courir des ennuis.

Évidemment. La routine, la paperasse en quelque sorte…

- Maintenant, je suis sûr que cette charmante personne a un nom de famille et un numéro de téléphone, ou même une adresse. Vous avez fait connaissance, n'est-ce pas ?

Je ne voulais toujours pas lui donner ce qu’il voulait. Je ne voulais pas la déranger, c’était aussi simple que ça. Je ne voulais pas m’imposer dans sa vie plus que je ne le faisais. Je comptais la rappeler bien sûr, mais certainement pas pour l’embêter encore avec cette histoire d’accident.

- Je vous jure, monsieur McCoy, qu'elle n'aura aucun ennuis. Je veux simplement lui poser des questions ! Vous pouvez me faire confiance. Je ne sais pas pourquoi vous ne me dites rien... qui est-elle pour vous, pour que vous la protégiez à ce point ?

Qui était-elle ? Au final, personne. Mais peut importe les personnes que je rencontrais, je les respectais assez. De plus, ça se sentait, tout chez elle aux premiers abords appelle à ne pas l’approcher. Ca se sentait qu’elle cherchait la paix.
Avec un soupir, je me résignai. Apparemment, l’administratif, on y échappait pas. Je me tournai pour fouiller dans ma table de nuit, où je savais que je retrouverais le bout de papier avec ses coordonnées dessus. Il suivit avec étonnement et intérêt ce que je faisais. Je gardai quelques secondes la note, avant de la tendre à l’homme en face de moi. Il prendrait les informations dont il aurait besoin.

- Voici ce dont vous aurez besoin. Je ne demande qu’une chose en retour. Ne la dérangez pas trop. Si elle est partie avant que les secours n’arrivent, c’est qu’elle devait vouloir éviter ce genre de choses…


Je le vis recopier frénétiquement avant qu’il ne me rende le papier, me souriant. Je n’avais envie que d’une chose. Que tout ceci soit fini, l’hôpital, rester ici, la recherche d’un endroit où vivre. La paperasse m’épuisait.

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Thomas Bennett


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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Mer 5 Fév - 18:53


Progressivement, McCoy se calma, et je sentis qu'il avait compris qu'il n'y avait rien de mal dans ce que je demandais. Enfin, il devenait coopératif. Il était temps ! Je vis son regard changer une fois de plus, et cette fois, je sentais que c'était la bonne. Il allait tout me dire, et j'aurais toutes les informations qu'il serait en mesure de m'apporter. Il ne devait pas en avoir plus que ça, mais c'était déjà un bon début.
Très rapidement, il abdiqua. Je le vis alors se pencher vers sa table de chevet, pour en sortir un bout de papier, arraché d'un agenda ou d'un petit carnet. Je le regardai faire sans comprendre, puis, quand il me tendit le papier en question, je compris. Il avait bel et bien le numéro de Polloni. Parfait ! Je le regardai avec un grand sourire, trop content que ma ruse ait fonctionné, et je fis rapidement passer cela pour de la compassion et de la gratitude. Je devais rester dans mon rôle et ne pas l'oublier.

- Voici ce dont vous aurez besoin. Je ne demande qu’une chose en retour. Ne la dérangez pas trop. Si elle est partie avant que les secours n’arrivent, c’est qu’elle devait vouloir éviter ce genre de choses…

Alors que je vérifiai trois fois pour être sûr d'avoir bien écrit le numéro sur mon calepin, je l'entendis me mettre en garde. Je n'en avais que faire, à vrai dire. Et un vrai flic s'en ficherait pas mal aussi. Néanmoins, j'avais compris qu'il tenait un peu à elle, et qu'il ne voulait absolument pas qu'elle ait d'ennuis. Elle n'en aurait pas. Elle se retrouverait seulement dans le journal et sur internet... ce n'était pas des ennuis !

- Ne vous en faites pas, monsieur McCoy. Elle ne sera pas du tout dérangée, j'y prendrais soin...

Je dus parler d'un ton trop détaché et trop joyeux pour lui, parce qu'il me regarda d'un air bizarre, sans pour autant faire de remarques. Je lui rendis le bout de papier, je n'avais que faire de le garder puisque j'avais tout ce que je voulais. Je n'allais pas tarder à pouvoir partir, mais il fallait peut-être avant tout que je vérifie qu'il ne sache rien d'autre. Alors je tentai une dernière aproche :

- Vous a-t-elle parlé d'elle ? Cette femme, Abigail ?

Je le regardai droit dans les yeux en reprenant un air très sérieux. Si je pouvais encore l'intimider un peu pour qu'il me réponde et qu'il puisse me donner d'autres infos que je n'aurais pas, c'était le moment !

- Vous a-t-elle dit des choses étranges ? Des sortes d'énigmes ? Vous a-t-elle parlé de sa vie personnelle ? Ou même de sa vie professionnelle ?

Evidemment, je sentais qu'en face de moi, l'homme était surpris. Il ne devait pas s'attendre à ce que je pose ce genre de questions. Il pouvait être vrai qu'on dirait que je connaissais déjà la personne. Ce que je pourrais répondre, s'il me le demandait, c'était que je déduisais rapidement des choses, et que c'était mon métier... si je n'avais pas besoin de me justifier, ce serait encore mieux !

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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Lun 3 Mar - 0:01

Je sentais la fin de l’entretien proche. Enfin. La lassitude se faisait de plus en plus présente. Je n’attendais pas vraiment de réponse à ma dernière déclaration, elle était sûrement tombée dans l’oreille d’un sourd. C’était souvent le cas quand on travaillait, son job avant tout. Je voulais juste, quoi ? me déculpabiliser peut-être ? en sortant ceci. Ça devait être ça, sûrement. Je sentais pourtant que quelque chose n’était pas totalement normal dans cette situation. J’avais cette sorte de sensation, venant des tripes, m’annonçant que quelque chose ne tournait pas totalement rond. Je décidai d’ignorer mon instinct pour le moment.

- Ne vous en faites pas, monsieur McCoy. Elle ne sera pas du tout dérangée, j'y prendrais soin...

La phrase formelle par excellence… Pourtant il l’avait annoncé d’un ton bizarrement détaché. Je lui lançai un regard confus. Il avait presque dit cela d’un ton... joyeux ? Comme si il avait fait une blague que seul lui pouvait comprendre. Il me tendit le bout de papier, que je m’empressai de ranger avant que je n’oublie. Il fit un geste presque imperceptible montrant qu’il allait partir avant de se raviser à la dernière minute. Je le regardai avec intérêt.

- Vous a-t-elle parlé d'elle ? Cette femme, Abigail ?

La phrase ne pouvait être moins professionnelle que celle-là. Il empiétait sur la vie privé de la personne qu’il interrogeait en demandant cela. MA vie privée. De quoi il se mêlait ? Ça n’avait pas de rapport avec l’accident. Il ne me laissa pas le temps de réagir qu’il enchaina, cet éternel regard neutre me fixant.

- Vous a-t-elle dit des choses étranges ? Des sortes d'énigmes ? Vous a-t-elle parlé de sa vie personnelle ? Ou même de sa vie professionnelle ?


Ma surprise fut telle que ça en devenait risible. J’aurais pu rire. Mais ce n’était pas le moment de rire au nez de quelqu’un. Je me passais une main sur le visage, m’arrêtant devant ma bouche, pour cacher le rictus qui, tout doucement, se formait. Je sentais que je le prenais au dépourvu. Cet homme avait utilisé sa position, d’officier, pour dépasser les limites. Il ne devait même pas s’en rendre compte, satané complexe de supériorité et curiosité mal placée !

- Vous ne pensiez tout de même pas que je vais répondre à ces questions, n’est-ce-pas ?

J’avais dit cela d’un ton très sec, presque claquant. Ma patience s’était envolée, je ne répondais plus de rien. Je le voyais déstabilisé, pris au dépourvu. Je serais et desserrais mon poing. Habituellement je n’étais pas ainsi. Mais quelque chose clochait. J’en étais sûr maintenant. La connaissait-il ? Même mes doutes étaient au final balayé de mes pensées tellement une colère noire était apparue d’un coup, une tempête approchait…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Lun 3 Mar - 23:24


En réalité, je pensais que j'allais réussir à l'intimider jusqu'au bout, jusqu'à ce que je puisse sortir de cette fichue chambre d'hôpital. Je pensais que je n'allais pas tout bousiller d'un coup. Mais évidemment, il avait fallu que je fasse mon curieux, mon obstiné. Oh, ce n'était pas grave. J'avais mes informations, le reste était du bonus. Sérieusement, de quoi pouvais-je rêver de mieux ? Il m'avait donné son numéro. Du premier coup. Mon article était presque fini, déjà. Je ne pouvais que remercier cet homme. Ce n'était pas grave qu'il ne me dise rien d'autre et ne me donne pas d'autre scoop. Je n'en avais absolument rien à faire. J'avais déjà tout ce que je voulais.

Alors que je sentais que ce petit con commençait à se moquer de moi, je sus que j'étais peut-être allé trop loin. Du moment que je restais dans mon rôle et qu'il n'appelait pas la police pour porter plainte contre moi, tout irait bien. Il fallait que tout aille bien. Je ne craindrais rien des flics, au contraire, mais plutôt de mon patron. Si jamais il se prenait une amende et un procès, ça ne présagerait rien de bon pour moi. Alors au lieu de continuer, je devrais me retirer, et partir de cet hôpital. J'avais ce que je voulais, je ne devais pas en chercher plus. Mais je me connaissais, et je savais que je cherchais toujours la petite bête. Qu'est-ce que j'étais lourd quand je faisais ça.. mais le professionnalisme ne se contrôle pas...

- Vous ne pensiez tout de même pas que je vais répondre à ces questions, n’est-ce-pas ?

Il avait l'air amusé, à son ton ou à son visage, mais je vis du coin de l'oeil, en regardant mon calepin l'espace d'un instant, que ses nerfs étaient à vif. Il tendait et détendait les muscles de sa main, de son poing plutôt, et je sentais que ce n'était pas pour rien. Je gardais un air impassible. Que pourrait donc me faire ce type ? Il n'allait pas m'en mettre une avec une jambe dans le plâtre. Je ne craignais rien. Et surtout, je n'avais pas l'impression que même en temps normal, il pourrait me faire quelque mal que ce soit. Néanmoins, je compris rapidement qu'il avait un autre moyen de m'emmerder : appeler les infirmières. S'il faisait ça, j'étais cuit. Je devais déguerpir, et vite !

-Monsieur McCoy...

J'insistais bien sur son nom, en lui lançant un regard perçant et glacial. J'attendis quelques secondes, en faisant durer le moment. Ma voix était devenue dure, froide, grave. Je n'avais plus rien d'amical. C'était quitte ou double.

-Si vous aviez péri dans cet accident de voiture... croyez bien que vous auriez apprécié que quelqu'un réponde à ces questions avec le plus sincèrement possible. Je ne fais que mon travail...

Je jubilais à le faire passer pour un égoïste. Ce type n'était qu'un moins que rien. Non, même pire que ça. Néanmoins, je ne perdis pas de temps. Je me levai de ma chaise, en la remettant où elle se trouvait auparavant. Il ne sembla pas se détendre pour autant, et je ne lui présentais pas ma main pour le saluer. Pas envie qu'il me la broie.

-Toutefois, je vous remercie pour votre patience et vos réponses. Je vous le redis, la témoin ne sera qu'une histoire d'administration de plus, rien de bien méchant. Je peux vous l'assurer.

Je mentais, bien sûr. Mais on s'en fichait pas mal. J'attendis quelques instants, dans l'espoir de le voir me dire de nouvelles choses. C'était beau d'espérer, non ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Jeu 6 Mar - 0:56

J’attendais, les nerfs à vifs, qu’il me réponde. C’était la seconde fois que je perdais mon self control avec lui, et ça m’agaçait. Au plus haut point. Et ça faisait quoi ? même pas 10 minutes qu’il était là ? J’hésitais à le virer, histoire qu’il me lâche, il avait tout ce dont il avait besoin pour le boulot, mais ce n’était pas parce qu’il était dans l’exercice de ses fonctions que je ne pouvais pas voir sa tête de loutre en peinture. Je continuai à le fixer, histoire qu’il comprenne bien qu’il n’était plus le bienvenu. Je voulais juste qu’il parte. Je ne voulais même pas savoir pourquoi au fond de moi-même, j’avais cette petite alarme qui s’était déclenchée. Je le voulais juste parti, simplement.

-Monsieur McCoy...

Le ton avait été glacial, miroitant le ton que j’avais employé juste précédemment. Son masque d’impassibilité était tombé. Il reprit quelques secondes plus tard.

-Si vous aviez péri dans cet accident de voiture... croyez bien que vous auriez apprécié que quelqu'un réponde à ces questions avec le plus sincèrement possible. Je ne fais que mon travail...

Si j’avais péri… Mais j’étais là, et en attendant, il me les brisait menu. Il cherchait quoi en se justifiant ? Il se leva brusquement de sa chaise, la replaçant où elle était quand il est arrivé. Je le regardai toujours en chien de faïence. Je ne me détendrai pas tant qu’il n’aurait pas dépassé le pas de la porte.

-Toutefois, je vous remercie pour votre patience et vos réponses. Je vous le redis, la témoin ne sera qu'une histoire d'administration de plus, rien de bien méchant. Je peux vous l'assurer.


Administration, bien sûr, je n’étais vraiment plus convaincu. Je pris une profonde inspiration. Peut-être qu’il travaillait sur l’accident, peut-être qu’il avait besoin de ce témoignage, oui. Mais j’ai comme l’impression que ma première version des faits aurait suffit, qu’il travaillait là-dessus, et que la mention d’Abigail avec moi l’avait intéressé. C’était bien plus personnel comme but. Il s’était vendu en voulant le beurre, l’argent du beurre, et surtout, la crémière.

-Très bien. Je vous dis adieu alors, nous n’avons plus rien à nous dire. J’adorerais discuter de ma vie privée avec vous, mais je ne pense pas que vous soyez libre pour un café en tête à tête.


Je hochai la tête fermement, pour signifier la fin de notre dialogue. Enfin, de son interrogatoire. Je n’avais pas tout à fait terminé avec lui.

- Je ne crois pas que vous ayez été tout à fait honnête avec moi cependant…


Je laissai ma phrase en suspens, avant de me tourner brusquement pour presser le bouton d’appel des infirmiers, histoire d’être sûr qu’il décampe.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] « But the spies hide out in every corner, but you can't touch them no, 'coz they're all spies... »   Jeu 6 Mar - 15:05


J'avais caché mes mains dans mes proches, mais je pouvais sentir mon énervement rien qu'à la façon dont je serrai le fond de celles-ci en serrant les poings. Ce type m'énervait, et j'avais comme l'impression qu'il m'avait percé à jour. Finalement, il n'était peut-être pas aussi con qu'il le paraissait. Il valait sûrement mieux que je déguerpisse dans la seconde. Enfin, il n'avait pas mon nom, il n'avait que mon prénom, et ce n'était pas lui qui m'arrêterait. Le temps qu'il se lève déjà, et je serais loin. Non, je ne craignais rien.

-Très bien. Je vous dis adieu alors, nous n’avons plus rien à nous dire. J’adorerais discuter de ma vie privée avec vous, mais je ne pense pas que vous soyez libre pour un café en tête à tête.

Et en plus, il jouait la carte de l'ironie avec moi ? Il ne savait réellement pas à qui il parlait. Et je n'allais pas lui dire, non plus, même si l'envie ne me manquait pas de lui faire comprendre qu'il n'avait pas intérêt à continuer dans cette voie-ci. Je n'étais pas de bonne humeur, et j'aurais tôt fait de lui faire comprendre qu'on ne me parle pas de cette façon, même en temps normal. Surtout, j'étais à la limite de lui dire que nous pourrions nous revoir pour un café sans problème. De toutes façons, une fois que l'article aurait été publié dans le journal, il saurait qui j'étais. Il voudrait peut-être des explications. A moins qu'il se fasse trucider par cette chère Abigail.

- Je ne crois pas que vous ayez été tout à fait honnête avec moi cependant…

Je souris, mais je n'eus pas le temps de répliquer quoi que ce soit, puisqu'il martela le bouton d'appel des infirmières. A partir de là, je n'avais plus que quelques secondes et je devais faire vite. Je hochai la tête. Ainsi soit-il. Il avait mis fin à notre entretien, et ça ne me déplaisait pas plus que cela. Je n'avais plus envie de voir sa tête. Je me rapprochai de la porte, et en l'entrouvrant, je finis par lui adresser mes derniers mots.

-Ce fut un plaisir, McCoy, un réel plaisir. Merci de m'avoir répondu, ça fera avancer l'enquête et ça remplira la paperasse. Bon rétablissement !

Mon ton était plus ironique que le sien. Je n'avais même pas envie de le revoir sur pied, ce type. S'il pouvait mourir à l'hôpital, ça m'arrangerait bien. Mais dans un sens, le revoir plus tard, dans un café, et le voir désespéré parce qu'il m'avait vendu sans le vouloir des choses plus précieuses qu'un diamant, ça me plaisait également.

Après un dernier regard assassin, cependant, je dus sortir rapidement. Aucune infirmière pour me prendre sur le fait, elles devaient toutes être en pause café, comme d'habitude. Je partis alors tranquillement vers la sortie, sans même me faire repérer par qui que ce soit. Qui a dit que c'était difficile d'être journaliste ?

Il me manquait cependant d'autres infos, et même en ayant le numéro d'Abigail – que j'allais conserver précieusement – je ne pouvais pas simplement l'appeler et lui poser des questions. Elle ne se laisserait jamais faire. Donc je devais trouver un autre moyen... et trouver peut-être un autre pigeon proche de ma cible...

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