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 [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."

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Abigail L. Polloni


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MessageSujet: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Ven 10 Jan - 15:55


Sa petite taille, ses cheveux, tout me faisait penser à lui. Et là, tous mes sens étaient aux aguets. Je savais pourtant que ce n'était pas possible, qu'il était mort et qu'il n'allait pas revenir. Mais au fond de moi, tout au fond, je ne pouvais m'empêcher d'espérer, de prier même parfois, pour que tout ceci n'ait été qu'un rêve, une blague même, de très mauvais goût, certes, mais quelque chose de moins définitif que la mort.
Il m'arrivait souvent de voir quelqu'un qui lui ressemblait étrangement. Parfois, je me disais que c'était mes souvenirs et mon esprit qui me jouaient des tours, mais d'autres fois, j'étais obligée d'admettre qu'il y avait ressemblance, et que c'était troublant.

Mon nouvel emploi du temps, pour le second semestre était absolument minable, et alors que j'aurais pu rentrer chez moi et être avec mes enfants, j'étais obligée d'attendre trois heures sans rien faire, à me promener sur le campus ou bien à sortir en ville. Quel genre de prof faisait cela ? Je n'étais pas devenue prof pour continuer mes études, alors je n'apportais rien à la musique en ne faisant rien en dehors de mon temps de cours, et en plus tous mes collègues étaient complètement différents de moi. La plupart faisaient des travaux très intéressants sur la musique, et du coup, travaillaient d'arrache-pied chaque jour, pendant leur temps libre. Résultat, je me baladais pendant que les autres travaillaient.
Ce jour-là, j'avais été prise dans une averse plutôt glaciale, et au lieu de rentrer sur le campus, j'avais préféré me réfugier dans un café, qui avait l'air plutôt accueillant, et assez peu fréquenté pour me permettre de ne pas me faire remarquer. J'en avais plus qu'assez de me faire photographier à tous les coins de rue. Enfin là, j'étais sans mes enfants, alors ce n'était pas très grave. J'avais l'habitude de ne plus pouvoir rien faire.

J'avais commandé mon café, et j'attendais que celui-ci arrive. Tout en me frottant les mains pour les réchauffer, je regardais autour de moi, et observais à la dérobée les habitués ou les gens simplement de passage dans le café. Et encore une fois, je ne pus que soupirer en remarquant un homme qui avait une fois de plus la coiffure de mon Matthew, et la même carrure que lui. Ça m'arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps, comme si les hommes avaient tous décidés brusquement de ressembler au mien. Je ne le voyais que de profil, et si son visage n'était pas spécialement similaire à celui de mon mari, je pouvais attester de la coiffure, et même de la façon de s'habiller.
Au bout d'un moment, l'homme en question tourna la tête vers moi, me fixa quelques secondes en remarquant que je l'observais. Je me mis à rougir violemment ; je ne m'étais pas rendue compte que cela faisait déjà quelques minutes que je le regardais. Je détournai le regard, fautive et prise en flagrant délit. Moi qui ne voulais pas me faire remarquer, c'était fichu.

Finalement, le serveur apporta mon café, je le remerciai avec un tout petit sourire, et je posai de nouveau mes yeux sur l'homme, une demi-seconde, tout au plus. Il me regardait encore, et je commençais à me demander s'il m'avait reconnue ou bien s'il attendait de voir si j'allais encore le regarder.. c'était chose faite. Et quelque chose me disait qu'il n'allait pas s'arrêter là...

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Dernière édition par Abigail L. Polloni le Ven 7 Mar - 19:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Ven 10 Jan - 16:57

Je venais tout juste d’arriver à Toronto, une étape parmi tant d’autres dans mon voyage sans fin. Pourtant, chaque étape, chaque ville, chaque personnes que je croisais, tenaient une place spéciale dans mon cœur. Cette fois-ci, le vent m’emporta dans le grand nord américain, plus précisément du côté des Grands Lacs, ces étendues d’eau salées à perte de vue, un « must-see » comme on disait dans la région. C’était l’hiver et le temps était plutôt capricieux dans la région. Cela faisait plusieurs semaines que je faisais étapes entre les nombreuses villes bordant les Grands Lacs, et le temps n’étaient pas assez clément pour qu’il neige et que je puisse faire mes voyages en chiens de traineau comme je l’aurais souhaité. A la place, je fis de l’autostop. Peut-être qu’en continuant dans le nord, la chance me sourira et il neigera ?

J’avais trouvé un hôtel cosy, quelque part dans le centre –ville, ni trop cher, ni trop bon marché, ce n’était pas comme si je manquais d’argent, avec l’héritage plus que suffisant que m’avait laissé mes parents et grands-parents quand…  Je m’installais donc dans ma chambre. C’était la première grande ville où je faisais étape depuis Détroit il y avait de cela 3 semaines, j’avais donc l’intention de rester un peu plus longtemps pour profiter de la civilisation. Mes maigres affaires rangées, je me décidai donc de mettre à jour mon journal avant de sortir à la recherche d’un café. Dieu que j’avais besoin d’un café après cette dernière journée à marcher.

Après un dernier coup d’œil par la fenêtre, je décidai de prendre un k-way, la météo capricieuse refaisant des siennes, une averse ayant l’air plutôt rafraichissante si je puis dire avait débuté. Chouette, pile au moment où je comptais sortir. Je pris donc mon courage à demain et je m’engouffrai donc sous cette pluie torrentielle priant pour trouver un café bien chaud. Je n’eus pas à chercher bien longtemps car en tournant ma tête légèrement vers la droite, j’aperçus un café de l’autre côté de la route, presque en face. Je me hâtai donc, non par peur d’être trempé, mais pour vite retrouver la chaleur d’une pièce chauffée.

Je m’installai à une table quelconque et, alors que le café était clairement fréquenté à cette heure de la journée, une charmante serveuse vint directement prendre ma commande, adressant dans ma direction un sourire éclatant. Je lui annonçai donc mon souhait de prendre un cappuccino, non sans lui adresser un sourire poli en retour. J’avais l’habitude des étrangers, cela faisait 3 ans que je parcourais le globe, mon caractère avenant me permettant de faire connaissance ci et là, d’avoir mes moments de bonheur, mais sans jamais m’attacher, car au final, il fallait repartir, toujours. Il n’était pas rare qu’on veuille faire connaissance avec moi, surtout la gente féminine, même si malgré l’âge, l’expérience n’était pas là. Cependant, je ne pouvais pas clamer avoir des amis, des personnes d’attaches, je n’étais même sûr qu’on puisse me reconnaître quelque part, à part peut-être mes professeurs et camarades de promotion, restés en Ecosse.

Alors pourquoi, depuis 5 minutes, j’avais l’impression qu’on m’observait, comme si l’on me reconnaissait ? Je relevai la tête et la tournai afin de voir si une tête m’était familière. Je ne croisai que le regard d’une femme non loin de moi, qui détourna le regard en rougissant telle une enfant qu’on aurait surprise à voler un bonbon. Sa réaction me surprit car je ne la reconnu pas. Piqué dans ma curiosité, je continuai de la fixer afin de me rassurer, n’avais-je pas rêvé ? Quand elle relança un regard dans ma direction après avoir obtenu son café, je sus que ce n’était pas par hasard. Je décidai d’attendre mon cappuccino avant de me lever pour me diriger vers sa table. Après tout, pourquoi pas ? Un peu de discussion me fera du bien…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Ven 10 Jan - 17:21


J'étais sûre et certaine de m'être fait repérée. Quelle idiote ! Je devais être discrète, toujours, et que faisais-je ? Je me faisais avoir en deux secondes, simplement parce que je me perdais dans la contemplation de quelqu'un. Bon sang, mais en plus, il avait dû se méprendre. Il devait croire que je l'observais parce que je le trouvais mignon. Ce n'était pas du tout le cas, je le regardais parce qu'il me faisait penser à lui... c'était tout. Je n'aurais pas dû faire ça, mais ce n'était même pas de ma faute. Je ne faisais pas exprès, c'était simplement une manie chez moi, de m'attacher aux choses qui me manquaient.

Je bus une longue gorgée de mon café et faillis m'étouffer avec quand je vis du coin de l’œil l'homme en question se lever, sa tasse à la main. Cette fois, c'était sûr, c'était pour moi. Je n'avais pas du tout envie de devoir être sociable aujourd'hui. Déjà que je n'étais pas de bonne humeur en arrivant, alors là, c'était sûr que ça allait être pire. Génial...
Je le regardai s'approcher de moi d'une manière assez confiante. Il était sûr de lui, sûr de ce qu'il faisait et apparemment, il savait ce qu'il entreprenait. Moi, de mon côté, j'étais encore plus rouge qu'avant, et je ne savais pas ce que j'allais pouvoir inventer comme mensonge. Le coup du "Vous ressemblez à mon mari, il est mort l'année dernière" n'était pas une bonne idée du tout. Alors je devais trouver autre chose.
Je le laissai s'asseoir en face de moi, et alors qu'il me fit un sourire poli, et que ses grands yeux marrons me posèrent des milliers de questions à la fois, je baissai les miens pour ne pas me liquéfier de honte et glisser de ma chaise pour me répandre par terre.

Il attendit que je parle, et mon cerveau travaillait à toute vitesse pour essayer de trouver la bonne formule. Depuis combien de temps n'avais-je pas parlé à un étranger ? Un vrai étranger s'entendait par là. Pas un fan, pas un étudiant. Une vraie personne, que je ne connaissais pas, qui était mon égale ? Un certain bout de temps... combien ? Aucune idée. Plus d'un an ? Certainement !

- Bonjour... excusez moi, vous souhaitez quelque chose ?

Je sentis le peu de rouge qui était parti de mes rouges revenir à la charge. J'avais joué la carte de la fille qui n'a rien fait de mal, qui n'a pas du tout regardé le type en question. J'étais stupide de croire que ça pourrait marcher. Il n'était certainement pas idiot et surtout pas dupe. Mais tant pis, c'était une approche comme une autre, et puis, c'était quand même lui qui s'incrustait à ma table...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Ven 10 Jan - 20:23

Ma tasse en main, je me levai donc, me dirigeant vers la table qui m’intéressait, celle où était assise cette femme qui m’intriguait. Plus j’approchais la table, plus je remarquais ce petit froncement de sourcil, imperceptible en tant normal, mais caractéristique, indiquant que quelque chose la perturbait. Est-ce que je me méprenais ? Je n’arrivais pas vraiment à la cerner, et le court voyage entre ma table et la sienne ne m’avait pas permis de l’observer à souhait. Il était trop tard de toute manière, alors je continuai mon avancée d’un pas assuré, lui offrant mon éternel sourire poli. Arrivé à table je m’assis et la fixai droit dans les yeux, la pressant d’engager la conversation dans l’espoir qu’elle me donne un indice sur qui elle était et pourquoi elle me regardait comme si elle me connaissait. Après réflexion, elle m’adressa enfin les quelques mots tant attendus.

- Bonjour... excusez-moi, vous souhaitez quelque chose ?

Ah. Ce n’était certainement pas une réponse à laquelle je m’attendais. Enfin, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en fait. Elle aurait très bien pu me congédier sèchement, moi qui osais m’inviter sans demander mon reste, ou bien elle aurait pu m’ignorer. Seulement, elle était là, en face de moi, rougissant à nouveau, me demandant poliment ce que je souhaitais. Il fallait que je sache. 3 ans de voyage et je n’avais jamais ressenti cette impression à partir d’un regard. Et si tout simplement je ne la reconnaissais pas ? Je pris une profonde inspiration et répondit, avant qu’elle ne me prenne pour un psychopathe.

- Bonjour. Pardonnez-moi si cela vous paraît farfelu mais… Est-ce que l’on se connait ?

Je fis clairement comprendre que je n’en dirai pas plus en portant ma tasse à mes lèvres, un petit sourire confus sur celles-ci. Dans quelques secondes je serai fixé…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 12:33

L'inconnu sembla hésiter quelques instants, mais je savais qu'il allait finir par me répondre. J'avais l'impression de l'avoir un peu surpris, avec ce que je lui avais demandé. En même temps, ce n'était certainement pas ce qu'il croyait qu'il allait entendre. Moi même, je trouvais ça ridicule de lui avoir demandé ça, alors que c'était moi qui avais été indiscrète. J'aurais peut-être dû lui parler autrement, le faire partir, de toutes façons, cette conversation que j'avais entamée, elle n'allait mener nulle part, et puis dans une dizaine de minutes, nous partirions chacun de notre côté pour ne plus jamais nous revoir. Je n'aurais jamais dû sortir du campus, ce jour-là, je le savais bien.

- Bonjour. Pardonnez-moi si cela vous paraît farfelu mais… Est-ce que l’on se connait ?

Là, il me sidérait. Je devais bien l'avouer, c'était incroyable. Moi qui pensais que je m'étais faite avoir comme une bleue, qu'il allait me poser des questions auxquelles je ne pourrais pas donner de réponses... je m'étais totalement trompée. Mais tant mieux, je préférais cela.
Quant à sa question, j'étais partagée entre l'amusement et le désarroi. Ce type m'amusait, c'était un fait, parce qu'il me regardait avec ses grands yeux, en cherchant où il avait bien pu me voir - ce qui, une fois de plus, me rappelait Matthew, ou bien plus rapidement, mes enfants ! - et il m'exaspérait aussi, parce que malheureusement, encore une fois, j'allais devoir décliner mon identité - je n'aimais pas mentir - et encore une fois, j'allais entendre quelqu'un se répandre en excuses... Il m'avait déjà vue, d'après sa question, alors il connaissait forcément l'histoire...

- Vous me connaissez sûrement, mais je ne vous connais pas...

Bien consciente que ma réponse soit très vaste, je soupirai intérieurement et bus à mon tour une gorgée de café, pour tenter de trouver les mots, les choses à dire dans ces cas là. Depuis un an, je n'étais plus très douée pour les relations humaines. Quand j'étais devant mes élèves, tout allait bien parce que c'était un rôle, parce que je ne parlais pas de moi, je parlais de la musique en général, et c'était un bonheur incommensurable de pouvoir m'échapper de ma vie privée, le temps d'un cours.

- Excusez-moi, je ne suis pas très claire... Je m'appelle Abigail Polloni...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 15:46

J’attendis patiemment sa réponse. Elle parut hésiter un instant, clairement désarçonnée par ma question. J’allais droit au but, mon côté franc revenait au galop. Peut-être allais-je regretter ? Je ne voulais pas lancer un quiproquo. Et si elle me prenait seulement pour le gars lourd qui drague de façon pas très subtile ? Je ne voulais pas passer pour le gros lourd devant une si jolie femme. Sa voix me tira de mes pensées.

- Vous me connaissez sûrement, mais je ne vous connais pas...

Elle laissa sa phrase en suspens, me laissant le temps d’enregistrer ses mots. Sûrement ? Qu’entendait-elle par là ? Je veux dire, soit on se connait, soit on ne se connait pas. Mais sous-entendre que je la connaissais sans qu’elle ne me connaisse. Je ne comprenais plus rien. N’était-ce pas elle qui me regardait comme si elle me connaissait ? Je sentais une migraine pointer son nez tellement mes méninges tournaient vite quand je remarquai qu’elle reposait sa tasse après en avoir prise une gorgée. Décidément, je n’étais pas le seul à avoir cette manie. J’allais exprimer ma confusion quand elle parla avant que je ne puisse ouvrir la bouche.

- Excusez-moi, je ne suis pas très claire... Je m'appelle Abigail Polloni...

Elle m’avait renseigné de son nom complet de manière assez étrange, comme si la seule mention de son identité allait répondre à mes multitudes de questions. Je fouillai au plus profond de ma mémoire, avais-je déjà entendu ce nom avant ? Je continuai à fixer le vide entre nous, ne répondant rien, le temps de passer en accéléré les dernières années de ma vie, dans l’espoir de trouver quelque chose. Mais rien. Ce nom ne me disait absolument rien, et pourtant j’avais excellente mémoire. Mais après tout… 3 ans de voyage, peut-être que ce nom, évoqué dans un bar, une soirée, quelque part certainement, avait pu m’échapper ? Je n’étais pas infaillible. Je lui jetai un coup d’œil, histoire de m’assurer que je ne l’effrayais pas. Je ne lui avais toujours pas répondu, et même si elle ne laissait rien paraître, j’avais peur qu’elle panique devant mon comportement étrange. Sa déclaration ne m’avait pas aidé et j’étais toujours aussi confus. Autant briser la glace.

- Ah. Je crains que ce nom ne me dise rien...

Puis un détail me revint. « Mais je ne vous connais pas ».

- Vous ne me connaissez pas mais je vous connais, la seule situation qui pourrait justifier cette situation est que j’étais présent à votre mariage mais qu’il y avait trop d’invités pour que vous les connaissiez tous, pas que j’ai fait beaucoup de mariages dans ma vie.

Je lâchai un petit rire nerveux en détournant le regard. J’espérais faire un peu d’humour pour détendre l’atmosphère qui se faisait lourd au fur et à mesure que les blancs dans la conversation se faisaient longs. Pourtant en reconnectant mon regard avec le sien, je vis que j’avais mentionné quelque chose, quelque chose qui faisait qu’elle se décomposait à vu d’œil…
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Abigail L. Polloni


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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 16:58


Malgré le fait que j'eus décliné mon identité, je vis dans le regard de l'inconnu qu'il ne me reconnaissait pas. Je m'étais donc plantée sur toute la ligne. Il se tut pendant un long moment, comme s'il cherchait dans les méandres de sa mémoire ce qui lui manquait, la pièce de puzzle restante. En l'occurrence, il s'agissait du groupe, mais je n'allais certainement pas lui dire. Au final, il semblait être sur une autre planète pendant tout le temps où il resta silencieux. Au bout d'un moment que je jugeais trop long, pourtant, il me regarda de nouveau, détourna rapidement les yeux et reprit la parole :

- Ah. Je crains que ce nom ne me dise rien...

Oh. Alors là, j'étais sur les fesses, vraiment. Donc, il avait cherché pendant tout ce temps... pour rien ?! Génial. J'avais commencé à imaginer toutes sortes de scénarios fous, bizarres... et là, j'étais toute déçue. Je pensais vraiment qu'il allait se souvenir de moi... oh et puis tant mieux ! Au moins, j'étais tranquille !

- Vous ne me connaissez pas mais je vous connais, la seule situation qui pourrait justifier cette situation est que j’étais présent à votre mariage mais qu’il y avait trop d’invités pour que vous les connaissiez tous, pas que j’ai fait beaucoup de mariages dans ma vie.

Heureusement que je n'avais pas bu de café pendant qu'il parlait, sinon je lui aurais sûrement tout recraché à la figure. Pendant qu'il riait nerveusement, je rougis de plus belle en sentant que j'allais soit fondre en larmes, soit bégayer en essayant de me sortir de ce pétrin. Il me faisait une blague, ce n'était pas possible autrement ! Parler de mon mariage, c'était trop gros pour être une coïncidence. Il me connaissait et faisait semblant de rien ! Pourtant, son rire nerveux, son regard, tout ça me paraissait étrangement sincère. Donc c'était juste... une coïncidence ?

Soudain, son regard croisa le mien, et il dut remarquer mon malaise. Je sentais que je devenais toute blanche, déjà, après le rouge. Il fallait que je me calme. Il allait inévitablement me poser des questions dans le cas contraire. En fait, il allait forcément me poser des questions.

- Vous n'étiez pas là à mon mariage, je me souviendrais de vous si tel était le cas.

J'avais réussi à articuler ces quelques mots d'une voix blanche, en essayant de garder une contenance. C'était un sujet trop sensible, le mariage... Surtout que nous étions en janvier, et que cela faisait un an.. un an que je portais son nom et cette alliance.

Je vis dans le regard du jeune homme que, d'une part, il ne savait plus où se mettre, de l'autre, il ne comprenait pas plus qu'avant. Je décidai donc de passer à autre chose.

- Excusez-moi, vous ne m'avez pas dit votre nom...

J'entendis ma voix dérailler à la fin de ma phrase. Il fallait vraiment que je me calme. Il allait me prendre pour une folle. Déjà que c'était mal parti pour qu'il pense que j'étais saine d'esprit alors si en plus, je commençais à pleurer, on ne s'en sortirait pas...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 17:37

Je n’eus pas le temps de me demander ce que j’avais pu dire de mal qu’elle se reprit soudainement, se rendant sûrement compte que j’avais remarqué que quelque chose clochait. Je n’étais qu’un inconnu après tout, d’après elle, elle ne me dirait pas à moi, ce qui n’allait pas. Je n’étais qu’une personne lambda venu l’aborder alors que, si ça trouve, elle n’avait rien demandé et que je me faisais des films. Elle reprit, pour quelqu’un qui aurait pu s’étouffer dans son café si elle le buvait seulement dix secondes auparavant, d’une voix étonnamment neutre.

- Vous n'étiez pas là à mon mariage, je me souviendrais de vous si tel était le cas.

Bon. Mon humour n’avait pas l’air d’avoir bon public pour le moment. Je décidai de ne plus la regarder dans les yeux, ce sentiment gênant continuant à s’immiscer dans tout mon être. Je ne savais tout simplement plus où me mettre. Notre conversation ne tenait qu’en quelques phrases courtes pour le moment et je sentais déjà que j’avais franchi une ligne invisible, chose que je n’aurais jamais du faire. Génial. Des années à discuter tous les jours avec des étrangers et je n’étais toujours pas fichu de lire les signes. Parfois je me demandais si je n’étais tout simplement un cas désespéré en matière de communication. Elle continua sur sa lancée.

- Excusez-moi, vous ne m'avez pas dit votre nom...

Sa voix dérailla clairement sur la fin de sa phrase. Ce n’était donc pas qu’un sentiment, je l’avais bel et bien bouleversée, pour je ne sais quelle raison… Je préférai donc encourager ce changement de direction dans la conversation qui était, je devais le dire, le bienvenue. Je me présentai donc.

- Quel malpoli je fais, je m’appelle David, David McCoy. Je suis de passage à Toronto dans le cadre de mon voyage autour du monde.

Elle me regarda avec intérêt, s’attendant à ce que je continue. Que devais-je lui dire ? Je n’avais pas envie de l’assommer avec mes histoires alors qu’elle ne m’avait rien demandé. Mais au regard de ces précédentes minutes, je décidai donc d’alléger la conversation en continuant.

- Je bouge beaucoup vous voyez, c’est pour cela que ça m’a surpris quand j’ai cru que vous m’aviez reconnu. Mais ce n’est qu’un gros quiproquo, veuillez m’en excuser, j’espère ne pas vous déranger, si vous voulez, je peux m’en aller…

Je fis alors le geste de partir en me levant, espérant secrètement qu’elle me retienne, je n’avais pas eu de conversation depuis un moment maintenant, et cela me faisait du bien…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 17:54


Je baissai les yeux en finissant de fournir l'énorme effort que j'avais fait pour parler. Je détestais être ainsi, et heureusement, ça arrivait de moins en moins souvent, quand même. Toronto avait eu un effet apaisant sur moi et surtout, je pouvais penser à autre chose. Il le fallait, sinon j'aurais tôt fait de me morfondre dans mes souvenirs.
Quoi qu'il en soit, je devais cesser d'y penser pour le moment. J'avais cours dans une heure et demie et j'étais devant un inconnu qui ne comprenait rien. J'attendrais le soir même, que Jonathan soit parti, que les enfants soient couchés pour pouvoir craquer.

- Quel malpoli je fais, je m’appelle David, David McCoy. Je suis de passage à Toronto dans le cadre de mon voyage autour du monde.

David. Ok, compris. Ca n'allait pas être trop difficile à retenir. La partie « voyage autour du monde » me plaisait plus et m'intéressait grandement, cependant. Il semblait pourtant être un citoyen du monde lambda, et il pouvait se permettre de voyager ? C'était génial. Ayant moi-même beaucoup voyagé ces dernières années, je ne pouvais m'empêcher de me demander s'il avait visité plus de pays que moi. Surtout, je me demandais ce qu'il y faisait ? Du tourisme, de l'anthropologie peut-être, ou bien était-il seulement curieux... ?

- Je bouge beaucoup vous voyez, c’est pour cela que ça m’a surpris quand j’ai cru que vous m’aviez reconnu. Mais ce n’est qu’un gros quiproquo, veuillez m’en excuser, j’espère ne pas vous déranger, si vous voulez, je peux m’en aller…

Je comprenais mieux son regard et son temps de recherche silencieuse. C'était évident. S'il avait l'habitude de rencontrer du monde, il aurait en effet pu me voir n'importe où. Je me rendais compte que j'avais été ridicule, quelques minutes plus tôt. Mais visiblement, c'était oublié, de son côté, puisqu'il me parlait comme si rien ne s'était passé. J'appréciais beaucoup son geste. Au moins, j'étais sûre qu'il serait discret par la suite.
Néanmoins, j'aurais voulu qu'il me dise plus sur ces voyages, sur ce tour du monde. J'étais intéressée, brusquement, et il allait couper court à la conversation, parti comme il était. Il se leva, et j'attrapai de justesse son bras, en espérant ne pas paraître trop bizarre. Maintenant qu'il me parlait de lui, j'étais rassurée, je savais que ce n'était plus moi pour l'instant et tout allait bien.

- Restez, si vous le souhaitez ! Vous ne me dérangez pas, au contraire, j'ai du temps à tuer. Une heure pour être précise...

Avec un nouvel effort, je lui fis un petit sourire, en priant pour qu'il ne sonne pas faux. J'étais sincère, même si d'habitude j'évitais la compagnie. Mais nous étions mal partis tous les deux, et je voulais, non pas me faire pardonner parce que je n'étais pas spécialement fautive de quoi que ce soit, mais simplement tenter de nouer un dialogue, pour voir si j'étais encore capable de le faire, comme avant...

- Parlez moi de votre tour du monde. J'ai moi-même beaucoup voyagé... d'où venez-vous ?

D'un regard, il me fit comprendre qu'il allait obtempérer, et je le vis se rasseoir, non sans une pointe de soulagement. Je gardais mon sourire fixé sur mes lèvres, et terminai mon café, prête à l'écouter.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 21:05

J’allais me détourner quand je sentis que l’on m’empoignait par le bras, ce qui coupa court à mon départ. Je tournai la tête pour la regarder. J’étais surpris, soulagé aussi, mais surtout surpris. Elle avait l’air soulagée également, comme si par mes derniers mots, un poids lui avait été enlevé. Je souris malgré moi en pensant que j’avais vu juste en allant dans son sens.

- Restez, si vous le souhaitez ! Vous ne me dérangez pas, au contraire, j'ai du temps à tuer. Une heure pour être précise...

En m’informant qu’elle était libre pour l’heure à venir, je ne pu m’empêcher de remarquer que, même inconsciemment, elle s’était ouvert à moi, chose que j’avais cru mal barré dès le départ. Elle me souri, geste chaleureux qui me fit encore plus sourire à mon tour, je savais maintenant que ce départ gênant entre nous deux était oublié.

- Parlez-moi de votre tour du monde. J'ai moi-même beaucoup voyagé... d'où venez-vous ?

Je continuai à la fixer, puis me rendant compte que je n’avais toujours pas bougé, je me rassis, ne la lâchant pas du regard, de peur qu’elle ne croie que j’hésitais. J’étais plus que ravi qu’elle ait accepté ma compagnie. La région, et surtout la campagne entre les grandes villes des alentours, n’était pas très peuplé, et ces dernières semaines, je m’étais retrouvé à voyager seul, au milieu de ces immenses étendues vides typiques du nord de l’Amérique. Ma dernière escale avait été London, ville au sud de Toronto.  Elle n’a de la ville originale que le nom,  je m’y étais plu, sans m’y attarder pour autant. Dans tous les cas, je n’arrivais pas à me rappeler la dernière fois que j’avais adressé la parole à quelqu’un, vraiment parlé à quelqu’un, pas demandé un café ou demandé le numéro de ma chambre.

- Je viens d’Ecosse, généralement mon accent me vend. J’y ai passé toute mon enfance, près d’Edinburgh.

Je fis une pause alors qu’elle continuait à boire son café en souriant. Le cœur léger, sachant que le courant passait enfin, je continuai mon histoire.

- Je suis médecin, enfin, je n’ai jamais vraiment exercé, je suis parti directement après avoir reçu mon diplôme, j’avais envie de voir le monde dans toute sa splendeur…

Je ne disais pas tout bien sûr. Je détournai les yeux, les souvenirs douloureux me revenant en mémoire,  je décidai de vite enterrer mes pensées. Les vraies raisons de mon départ ne regardaient que moi bien sûr et personne d’autre. Je me devais d’être fort, je me l’étais promis.

- Cela fait 3 ans que je fais le tour du monde. J’ai foulé tous les continents plus d’une fois. J’en ai eu assez de ne faire que des escales, passer ma vie dans les aéroports et les gares, cela fait donc un peu plus d’un an que je prends surtout la voiture, le bus, ou bien mes jambes…


Je vis dans son regard qu’elle était impressionnée. Quand elle m’a dit avoir beaucoup voyagé, elle s’attendait peut-être à ce que mes voyages soient comme les siens, des allers-retours entre grandes villes pour affaires. Une femme qui paraissait dans la trentaine, j’en avais déduis qu’elle devait être femme d’affaire. Après, je n’étais pas à l’abri qu’elle soit pleine de surprises…

- Et vous ? Pourquoi avez-vous voyagé, si ce n’est pas indiscret ?
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 21:27


David avait l'air encore surpris que je décide de le faire rester. Moi au contraire, je trouvais presque ça normal. Nous avions fait connaissance d'une façon ou d'une autre, et maintenant qu'il n'y a plus - ou moins - de malaise, nous pouvions bien discuter. Et comme je l'avais dit, j'étais vraiment intéressée. Il m'avait captivée avec son début d'histoire et j'avais hâte de voir les étoiles dans ses yeux quand il parlerait de tout cela.

- Je viens d’Ecosse, généralement mon accent me vend. J’y ai passé toute mon enfance, près d’Edinburgh.

Je hochai la tête, même si je n'avais rien remarqué quand il avait parlé. Je n'étais pas très douée en accents. Etant Allemande d'origine, je n'avais aucune oreille pour ça. Je parlais anglais parfaitement, mais un mélange entre l'anglais et l'américain. L'anglais de Matthew et l'américain que j'entendais tous les jours depuis que j'étais arrivée ici. D'autant que l'accent canadien était encore différent de celui de New-York. Parfois, j'avais quelques doutes avec ce que mes élèves me disaient, et c'était problématique. Mais je m'y faisais doucement, ce n'était pas intense non plus.

- Je suis médecin, enfin, je n’ai jamais vraiment exercé, je suis parti directement après avoir reçu mon diplôme, j’avais envie de voir le monde dans toute sa splendeur…

Médecin... c'était bon à savoir, si jamais il repassait dans le coin, après son périple. Ce qui me choquait un peu plus dans un sens, c'était qu'il ait décidé de voyager juste après son diplôme. Il aurait pu faire quelques économies en travaillant, puisqu'il était médecin, et il aurait pu voyager encore plus facilement. C'était bizarre, mais je pouvais comprendre qu'il n'avait pas voulu attendre. Et puis, il avait ses raisons, il faisait bien ce qu'il voulait.

- Cela fait 3 ans que je fais le tour du monde. J’ai foulé tous les continents plus d’une fois. J’en ai eu assez de ne faire que des escales, passer ma vie dans les aéroports et les gares, cela fait donc un peu plus d’un an que je prends surtout la voiture, le bus, ou bien mes jambes…


Là, il m'épatait vraiment. C'était un globe-trotteur, dans le sens le plus concret du terme. Il ne prenait pas l'avion pour voyager entre toutes les villes, il le faisait par des moyens plus lents... pour voir le paysage, ce qui n'était pas idiot, sûrement. Mais à pied ?! J'avais l'image de l'homme barbu, son sac à dos énorme sur le dos, sa tente roulée en boule, des chaussures de marche... un peu à la Bear Grylls.

- Et vous ? Pourquoi avez-vous voyagé, si ce n’est pas indiscret ?


Je souris de nouveau, un peu gênée de devoir repasser à ma propre histoire. Mais disons que je n'étais pas obligée de parler de tout, je pouvais omettre quelques détails. Après tout, lui aussi avait dû faire exprès d'oublier des choses, et c'était normal. Nous étions de parfaits inconnus l'un pour l'autre.

- Je viens d'Allemagne, et j'ai intégré le conservatoire de New-York avant de venir ici, à Toronto. Ça fait pas mal de chemin. Et j'ai été un peu partout sur la planète, en Europe, en Amérique du Sud, en Australie, au Japon... un petit tour du monde. Il me reste encore beaucoup de choses à voir !

Je sentais qu'il attendait des détails. Je le voyais dans ses yeux, il était étonné. Il avait été surpris dès le moment où je lui avais dit que j'avais été prise dans un conservatoire. Il ne devait pas m'imaginer musicienne. Et moi, j'avais oublié qu'il ne me connaissait pas. Et grâce à un rapide calcul, je me rendis compte que ça pouvait être tout à fait normal. Si cela faisait trois ans qu'il faisait le tour de la Terre, alors il ne m'avait peut-être jamais entendu jouer du violon, que ce soit à la télé, ou bien à la radio. Et puis je faisais partie du groupe, mais les gens ne connaissaient pas toujours mon nom...

- Vous devez avoir des jambes en béton, à marcher tout le temps comme ça ! Quand allez-vous arrêter et vous poser ? Après tout, vous êtes médecin, il y a bien un moment où vous allez exercer, non ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 23:03

Abigail me sourit, me faisant comprendre que je n’étais nullement indiscret, que ma question était même la bienvenue. Je continuais à sourire, celui-ci se transformant de plus en plus à une imitation de chat d’Alice au Pays des Merveilles.

- Je viens d'Allemagne, et j'ai intégré le conservatoire de New-York avant de venir ici, à Toronto. Ça fait pas mal de chemin.

Rien que ses origines criaient « voyage », en une phrase elle m’avait fait comprendre qu’elle avait du voir du pays.  Mais pas seulement, j’étais très étonné d’apprendre qu’elle était en fait musicienne. J’étais tellement persuadé qu’elle était femme d’affaires que ça ne m’aurait jamais traversé l’esprit. Elle enchaina.

- Et j'ai été un peu partout sur la planète, en Europe, en Amérique du Sud, en Australie, au Japon... un petit tour du monde. Il me reste encore beaucoup de choses à voir !

En effet, elle-même s’il lui restait des choses à voir, elle en avait déjà vu pas mal. Mes plus beaux souvenirs de voyage se trouvaient dans la plupart des endroits qu’elle avait mentionnés. Le Japon, pays magique, j’y avais passé 3 mois rien qu’à lui tout seul. La beauté du lieu, les temples, la culture m’avaient fasciné. L’Australie l’hiver dernier m’avait aussi laissé un souvenir impérissable. Les gens y étaient autant chaleureux que le temps ! Les grands plateaux en Amérique du Sud étaient également quelque chose à voir… Ce genre d’aventures se partageant, j’aimerais qu’elle m’en dise plus, que l’on puisse partager nos anecdotes !

- Vous devez avoir des jambes en béton, à marcher tout le temps comme ça !

Je ris de bon cœur en l’entendant continuer, sa remarque sur mes jambes me prenant de court et me désarçonnant. Je me repris cependant rapidement, ne voulant pas manquer le reste de sa tirade.

- Quand allez-vous arrêter et vous poser ? Après tout, vous êtes médecin, il y a bien un moment où vous allez exercer, non ?

Je me posais souvent la question à vrai dire. 3 ans et j’avais encore tant à voir, tant à découvrir, tant à vivre. Je n’avais pas vraiment trouvé l’endroit où m’ancrer non plus. Et surtout, je fuyais depuis toutes ces années. Je fuyais car j’avais peur de me retrouver quelque part, sans attaches. Il était plus facile de courir partout, en prétendant que l’on ne s’intéressait pas plus que ça aux autres. Plus facile d’oublier que quelque part, toute ma famille reposait au même endroit, par ma faute… Je n’arrivais tout simplement pas à me pardonner. C’était de ma faute, et je courrais partout pour oublier, mais je n’y arrivais pas. Même la perspective d’exercer mon métier, le métier de mes rêves, ne me ferait pas me poser pour le moment… Je répondis sincèrement.

- Je n’en sais rien, ce n’est pas vraiment dans mes plans pour le moment, même si j’aime mon métier. Peut-être que des circonstances que je n’avais pas prévues m’y pousserait, mais pour l’instant, ce n’est pas dans mes plans.

Je m’arrêtai un instant, pour boire une gorgée, avant que mon cappuccino ne refroidisse, avant de continuer.

- Je reste ici 2/3 semaines cependant, j’ai besoin de civilisation. Ça me manque…

Je me remis confortablement assis dans ma chaise, le bois me blessant après ma dernière longue marche. Je n’avais toujours pas dormi et un lit confortable m’attendait. Sans m’en rendre compte, je me perdis dans mes pensées, me repassant ces derniers jours dans le froid, à marcher entre London et Toronto.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 23:18


Ma question le fit réfléchir. Je l'avais vu passer par toutes les émotions pendant que je parlais. Et je devais dire que là, j'en voyais une toute nouvelle passer sur son visage. De la tristesse. Et j'étais la mieux placée pour la reconnaître cette tristesse. Cependant, je n'allais pas lui poser de questions. Il ne m'avait rien demandé, alors je ne lui demanderais rien. C'était ainsi et c'était parfait.

Je le vis réfléchir pendant quelques minutes. Sûrement repensait-il à tout ce qu'il avait pu voir en trois ans dans tous les endroits différents qu'il avait pu voir... il m'arrivait souvent la même chose. Mais pour lui dire, c'était bien plus intense, et beaucoup plus long à intégrer. Il devait avoir des souvenirs de fou furieux, et je l'enviais un peu, sur ce coup-là.

- Je n’en sais rien, ce n’est pas vraiment dans mes plans pour le moment, même si j’aime mon métier. Peut-être que des circonstances que je n’avais pas prévues m’y pousserait, mais pour l’instant, ce n’est pas dans mes plans.

Il but une longue gorgée de café, et je regrettai de ne plus en avoir dans ma tasse. Je n'allais pas en commander un autre, sinon nous n'étions pas sortis. Et le temps filait, et je devrais bientôt aller en cours et retrouver mes élèves. D'ailleurs, si je me souvenais bien, à l'heure suivante, je devais me taper des élèves vraiment lourds... ce qui me donnait encore moins envie d'y aller.

- Je reste ici 2/3 semaines cependant, j’ai besoin de civilisation. Ça me manque…

Il s'enfonça jusqu'au dossier de sa chaise en terminant sa phrase. Deux à trois semaines... ce n'était pas beaucoup, mais s'il restait plus longtemps à chaque fois, ce n'était pas trois ans que ça lui aurait pris, mais trente. Et puis, c'était la bonne durée, trois semaines maximum. Néanmoins, je trouvais ça difficile. S'il faisait connaissance avec des gens comme il le faisait maintenant avec moi, est-ce qu'il ne souffrait pas un peu en quittant la ville à chaque fois ? Je ne parlais pas de moi, mais j'étais persuadé qu'il avait fait des rencontres et que certaines personnes avaient eu le coeur brisé en le voyant partir. Il avait l'air tellement atypique...

- Pourquoi ne pas rester plus longtemps pour une fois, si la civilisation vous manque ? Ou bien simplement prendre un avion pour aller directement dans une autre ville ? Une exception de temps en temps, ça doit faire du bien non ?

Je le regardai avec un petit sourire, j'étais sûrement très mal placée pour le conseiller, c'était lui le professionnel sur ce coup-là.

- Je n'ai jamais marché pour voyager... ça doit être tellement différent, ce mode de vie. Entre deux concerts, je n'avais pas le temps de visiter, je devais prendre l'avion, c'était un rythme vraiment dense, vraiment dur ...

Et voilà que je me remettais à parler de moi... mais je me sentais presque obligée de le faire, parce qu'il me parlait de lui également...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Sam 11 Jan - 23:56

Je fus tiré de ma rêverie par la voix d’Abigail. Je ne savais pas combien de temps j’avais divagué. J’espérais que ce n’était pas depuis trop longtemps, ça serait embarrassant.

- Pourquoi ne pas rester plus longtemps pour une fois, si la civilisation vous manque ? Ou bien simplement prendre un avion pour aller directement dans une autre ville ? Une exception de temps en temps, ça doit faire du bien non ?

Je considérai ses mots longuement. Le manque ne se faisait ressentir que dans les dites civilisations. Autrement, l’adrénaline d’être sur les routes ne me faisait jamais me questionner de la sorte.

- Je n'ai jamais marché pour voyager... ça doit être tellement différent, ce mode de vie. Entre deux concerts, je n'avais pas le temps de visiter, je devais prendre l'avion, c'était un rythme vraiment dense, vraiment dur ...

Des concerts… Elle vivait donc grâce à son instrument, ou du moins, son art lui avait permis de voyager. C’est à ce moment là que les pièces s’assemblèrent dans mon cerveau. Une carrière dans la musique lui permettait non seulement de voyager, mais aussi d’être connu, n’est-ce pas ? Cela devait expliquer pourquoi elle pensait que je la connaissais sans qu’elle ne me connaisse… Je préférais pourtant ne pas relever. L’embarrasser ne ferait que nous ramener un arrière et la conversation allait si bien…

- Tout le contraire de moi alors, je suis plutôt du genre à prendre mon temps, visiter chaque coin à fond, ce genre de chose.

Si j’étais honnête avec moi-même, je ne savais pas pourquoi cela me gênait de ne pas tout simplement lui dire à quel point il était dur de me poser. C’était une manière comme une autre de se protéger. Elle serait capable de comprendre, j’en étais sûr. Et pourtant une boule dans la gorge m’empêchait de sortir les mots. Je pris une profonde inspiration, je devais me ressaisir, je m’endurcissais suite à ma solitude, et ce n’était pas forcément bon. Ce n’était qu’une phrase banale, elle ne remarquerait même pas si ça se trouvait…

- Et puis… Même si la civilisation me manque… Je trouve difficile de rester quelque part.

Devant son air étonné, je repris une seconde grand inspiration, avant de lui dire la triste et si difficile vérité.

- J’ai peur de m’attacher, alors je pars avant que ça ne soit trop dur.

Je n'attendis pas, ni ne vis sa réaction, car je détournai le regard vers l'extérieur, observant à travers la grand vitre les voitures qui passaient...
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 0:12


Il me regarda avec intérêt, avec étonnement aussi, quand je parlai des concerts. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que je sois une musicienne professionnelle. Et pourtant, les violonistes, ça existait encore. Enfin, il ne savait pas de quoi je jouais. Sûrement imaginait-il que j'étais pianiste ou quelque chose du genre, comme la plupart des gens.

- Tout le contraire de moi alors, je suis plutôt du genre à prendre mon temps, visiter chaque coin à fond, ce genre de chose.

Et pourtant, j'étais plutôt de ce genre là, moi aussi. J'aurais voulu prendre mon temps, visiter les pays, les villes, les régions et me perdre dans les beautés de ce monde. Seulement, je n'avais pas eu le temps. Il n'y a que lorsque nous avions voyagé, l'an dernier, avec Matthew, que nous avions pu nous attarder dans différents pays du monde pour les visiter de fond en comble...

- Et puis… Même si la civilisation me manque… Je trouve difficile de rester quelque part.

Je relevai les yeux vers lui, sans comprendre. Je n'avais pas vu qu'il avait une expression si triste depuis quelques instants. J'avais l'impression de me regarder dans un miroir, et si ça n'avait pas été aussi horrible, ça aurait pu être très drôle...

- J’ai peur de m’attacher, alors je pars avant que ça ne soit trop dur.

Il détourna le regard vers la fenêtre et moi, je baissai les yeux vers mes mains, jointes sur la table. Je comprenais tellement son point de vue. Quand on s'attache aux gens d'une façon maladive, le moment de les quitter devient un calvaire. Je voyais mieux pourquoi il ne restait jamais trop longtemps, et il avait raison. C'était une façon de se protéger... et c'était exactement ce que j'avais fait également.
J'hésitai longuement avant de reprendre la parole, mais au final, je réussis à articuler quelques mots, qui pourraient le rassurer, ou du moins, lui montrer qu'il n'était pas le seul à avoir un problème d'attache.

- Vous savez... j'ai quitté New-York où ceux que j'aimais et que je considérais comme ma famille étaient. Je l'ai fait pour ne plus être attaché à qui que ce soit. J'ai pris mes deux enfants et je suis partie, un jour comme ça, sans rien dire à personne...

Je m'arrêtai quelques secondes en repensant à ce jour si terrible, mais que j'avais voulu pourtant. J'avais pleuré pendant tout le trajet jusqu'ici, à Toronto, mais au final, je savais que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.

- Je ne sais pas ce qui vous a poussé à voyager, David, mais je le comprends mieux que personne. Je ne veux plus avoir de réelle attache.

Je lui fis un tout petit sourire, le mieux dont j'étais capable pour le moment. Je venais d'en dire beaucoup d'un coup sur moi, et ça me faisait mal de repenser à cette période qui n'était pas toute rose.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 0:45

Ma contemplation fut de courte durée. Elle ne me laissa pas me morfondre plus qu’il ne le fallait, et elle me répondit d’un ton qui se voulait doux et réconfortant. Je ne détournai pas les yeux, mais j’étais tout ouïe.

- Vous savez... j'ai quitté New-York où ceux que j'aimais et que je considérais comme ma famille étaient. Je l'ai fait pour ne plus être attaché à qui que ce soit. J'ai pris mes deux enfants et je suis partie, un jour comme ça, sans rien dire à personne...

Sa déclaration était émouvante. Je ne savais pas par quoi cette femme était passée, mais quelque chose me disait qu’elle et moi, nous n’étions pas si différents, à peu de chose près qu’elle avait ses enfants, qui devaient lui rappeler qu’elle se devait d’avoir les pieds sur Terre. Rien ne m’attachait, et si je le pouvais, je voyagerais déjà par delà cette planète, au milieu des étoiles, sans jamais m’arrêter. Ce n’était pas la plus joyeuse des conversations que j’avais engagé avec une personne inconnu, mais j’étais sûr, au fond de moi, que cela nous faisait du bien, à nous deux.

- Je ne sais pas ce qui vous a poussé à voyager, David, mais je le comprends mieux que personne. Je ne veux plus avoir de réelle attache.

Elle aussi pensait à la même chose que moi et ce qu’elle me dit le confirma. Nous nous étions bien trouvés, nous deux, deux âmes en peine, se cachant derrière un masque, ne cherchant qu’une échappatoire, l’espace d’un instant, ou d’une éternité. Je la vis sourire en reposant mon regard sur elle, sincèrement. Elle le pensait. Et ça me suffisait à lui rendre son petit sourire, pour lui signifier que je l’avais entendu, et que je la comprenais. Aucuns mots ne faisaient passer des émotions plus puissantes que celles qui passaient par un sourire. Je repris une gorgée de cappuccino et finit ma tasse, remarquant pas la même occasion que la sienne était fini depuis un moment. Je devais lui prendre son temps, elle avait une vie ici, peut-être la mettais-je même en retard ? Mes craintes furent confirmées quand elle regarda l’heure d’un coup d’œil rapide. Elle s’excusa et je lui proposai de l’accompagner jusque devant le café, c’était la moindre des choses. Arrivés sur le trottoir, je lui fis mes adieux, le cœur plus léger que jamais, et je me hâtai de traverser la route pour retrouver mon hôtel et mon lit, ne la quittant pas du regard alors qu’elle s’éloignait quelques mètres plus loin.

Ce fut ma plus grosse erreur. Des crissements de pneu, des cris, une douleur aigue le long de mon côté gauche et le macadam bien trop prêt de mes yeux à mon gout furent les dernières choses que je remarquai avant de sombrer…
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Abigail L. Polloni


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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 1:13


Nous nous comprenions, et cela faisait bien longtemps que personne ne m'avait comprise aussi bien qu'il ne devait le faire. C'était incroyable, quand je pense que même pas une heure auparavant, je le regardais et le comparais à Matthew... comment en étions-nous arrivés à tout ça ? A parler de nous, comme si nous en étions en face de notre psy ? Ça m'avait fait du bien de poser des mots sur ce que je pensais, sur ce que je voulais, et j'avais l'impression que c'était bien pareil du côté de David.

Cependant, le temps filait à une allure incroyable et bientôt, il fut temps pour moi de prendre congé, puisque je devais donner mon cours de technique musicale à mes élèves de deuxième année. Il dut comprendre que je devais me presser lorsqu'il me vit regarder ma montre. Je n'avais pas spécialement envie de paraître malpolie, mais il fallait bien le dire, je devais bouger dès maintenant, si je voulais pouvoir prendre mes cours et un dernier café.
Gentleman, il m'accompagna jusqu'à la devanture du café, et je le remerciai pour sa compagnie et cette discussion. Il semblait heureux de m'avoir rencontré, et il m'adressait un « au revoir » qui me fit presque mal au coeur, parce que je savais qu'il résonnait plus comme un adieu. Mais, eh, ne venais-je pas de lui dire que je ne voulais plus d'attaches nulle part, tout comme lui ? Il fallait que je reste logique. Mais je savais aussi que la solitude pesait sur mon moral, aussi.

Alors que je commençais à m'éloigner à grands pas pour rejoindre le campus, à peine à quelques rues d'ici, j'entendis un crissement de pneus et un choc violent contre un pare-brise. Avant même de me retourner, je sus que c'était lui. Bon sang, que s'était-il passé ? Je n'avais rien vu, je m'étais retournée depuis quelques secondes seulement. Quand mes yeux se posèrent sur lui, je devins blanche d'effroi. Son corps inerte sur le goudron me rappelait Matthew, inerte sur scène, et je ne pus éviter les quelques larmes qui m'inondèrent les yeux, sans raison. Le souvenir était encore trop présent.
Néanmoins, je ne perdis pas tous mes moyens. Je courus jusqu'à lui et m'agenouillai rapidement pour essayer de faire quelque chose pour lui. Le conducteur de la voiture qui l'avait fauché était sorti, paniquait et ne savait pas quoi faire. Il répétait des « oh mon Dieu » très agaçants et je lui hurlai pratiquement dessus pour qu'il appelle une ambulance. Ce type était complètement con.

Je reposai finalement les yeux sur David, qui n'avait toujours bougé. Je luttais contre la panique, contre l'émotion. Mes mains, fébriles, cherchèrent rapidement un pouls. Tout à coup, je me fichais complètement de mes étudiants, de mes cours, de la fac. Il n'y avait plus que cet homme qui comptait, parce que si je pouvais le sauver, alors je serais certainement la femme la plus heureuse du monde. Nous étions pareils lui et moi, et je ne pouvais pas le laisser ici.
Il respirait encore, son coeur battait toujours, et je savais qu'il serait hors de danger dès lors que les sirènes de l'ambulance retentirent dans la rue. Il irait bien. D'expérience, je savais qu'une personne inconsciente ou dans le coma pouvait tout entendre autour d'elle, je me décidai alors à murmurer quelques mots à son intention :

- Battez-vous David, vous allez vous en sortir !

Je caressai doucement sa joue pour lui donner du courage... ou pour m'en donner à moi, je ne le savais pas exactement. Puis, je laissai la place aux secours, en déguerpissant le plus vite possible. Je n'avais pas envie d'être mêlée à toute cette histoire, ma notoriété ne me le permettait pas. Comme une voleuse, je m'enfuis vers l'université et donnai mon cours, comme si de rien n'était. Cependant, je savais bien que je n'étais pas à fond dedans, que je ne le serais pas tant que je n'aurais pas de nouvelles de cet homme.

Pendant trois jours, je tentai de vivre normalement, sans penser à ce qu'il s'était passé. Mais la nuit, dans mes cauchemars, je faisais des comparaisons entre la façon dont il était tombé, et la façon dont Matthew était tombé. Ils avaient eu tous les deux la même position, une fois inconscients. Et si jamais David se retrouvait avec une tumeur au cerveau inopérable à cause de ça, ... je crierai au plagiat. Pendant trois nuits, je ne réussis pas à trouver l'apaisement. Alors, lors d'un après-midi où je n'avais pas cours, je laissai les enfants à Jonathan et décidai de lui rendre visite à l'hôpital, en espérant qu'ils aient plus d'informations. Peut-être était-il déjà sorti, et ce serait la meilleure des choses possibles. Mais il avait l'air vraiment amoché quand je l'avais regardé, par terre sur le bitume. Il y avait peu de chances qu'il soit déjà reparti en vadrouille.

A l'accueil de la clinique, je demandai la chambre de monsieur McCoy, à quoi on me répondit qu'il était au quatrième étage, en soins de longue durée. Il était vivant, c'était une bonne chose. En soins de longue durée... cela signifiait qu'il était dans un sale état, sûrement. La voiture ne l'avait pas loupé.
Une fois à l'étage indiqué, les infirmières m'apprirent qu'il avait été inconscient un jour entier, mais qu'il était réveillé, et que tout allait bien. Il avait une jambe cassée, quelques côtes fêlées et il avait perdu une dent. Hormis cela, il allait bien. Aucune séquelle cérébrale, aucun traumatisme. Il avait eu de la chance.
Je frappai doucement à la porte de sa chambre et j'entrai, en souriant doucement. Il eut l'air surpris de me voir. Le pauvre, il devait se sentir tellement seul ici. Je me demandais si sa famille était au courant de son accident, mais je sentais que non. Si j'avais un accident, est-ce que ma mère le saurait ? Et puis d'abord, est-ce qu'elle y accorderait de l'importance ? Certainement pas... Quant à mes amis, à ma vraie famille... je les avais sûrement déçus, ils devaient sûrement me détester. Donc j'étais bien comme lui, comme David. Personne ne ferait des centaines de kilomètres pour venir me voir après un accident.

Je restai debout, maladroite, à côté de lui. Je ne savais pas comment me comporter. D'habitude, ce n'était pas une presque inconnue qui rendait visite à un patient, c'était une amie, une petite amie, une femme, une soeur, une mère, une fille.. Je ne savais pas quoi lui dire, et je voyais que lui non plus, même si son regard brûlait de questions. Au final, je décidai de me lancer tout de même.

- Bonjour David.. comment allez-vous ? La voiture ne vous a pas loupé...

Je n'attendis pas sa réponse et me détournai un peu de lui, pour aller prendre une chaise. J'étais ridicule à rester debout. Je comptais passer un peu de temps avec lui, prendre des nouvelles et essayer de lui remonter le moral, alors autant s'asseoir. Mine de rien, quand j'avais entendu ce grand vacarme, j'avais eu peur pour lui. Un instant, j'ai supplié pour qu'il ne lui arrive rien. Au final, il n'avait rien eu de vraiment grave, à part sa jambe cassée...

- Je suis désolée de ne pas avoir été là à votre réveil. En réalité, au début, je ne voulais pas venir... et je me suis rappelée pourquoi vous voyagiez. Non, pour être sincère, je n'ai pas pu dormir depuis. Je m'inquiétais.

Je souris devant ma propre maladresse. Je n'étais plus gênée devant lui parce que je savais qu'il comprenait parfaitement ce que je voulais dire. Maintenant, ce que je désirais le plus, c'était d'être sûre qu'il aille bien.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 15:25

Je n’attendais personne aujourd’hui, pas plus que ces 3 derniers jours… Le principal problème dans ces situations, quand on n’avait pas d’attaches. Il n’y avait personne à prévenir. Je prenais donc mon mal en patience, je regardais la télévision, la redécouvrant. Je n’avais pas fait cela depuis, quoi, des mois et des mois ? Je me tenais informé des dernières informations dans les journaux principalement, histoire de ne pas arriver quelque part où il y avait une guerre civile ou un ouragan, des choses qui pourraient me mettre en danger. J’étais toujours prudent, extrêmement prudent. Et pourtant, me voilà, dans un lit d’hôpital pour je ne savais combien de temps, dans les soins de longues durées. Certes, avec une jambe cassée, je n’aurais pas pu reprendre la route de toute manière. Et les côtes fêlées étaient très douloureuses. La dent n’était qu’une broutille, les dentistes m’en remettront une comme neuve, ça ne se verrait même pas… Cela faisait deux bonnes heures que je zappais entre les programmes du câble, mon ennui grandissant de plus en plus. Il me fallait quelque chose pour me distraire, et vite ! Quelque chose, n’importe quoi ! J’étais un homme d’aventure, être bloqué à un endroit me rendait fou au bout d’un moment.

Mon appel à l’aide fut en quelque sorte entendu, quand j’entendis la porte de ma chambre s’ouvrir. Il n’était pas l’heure de changer mes pansements, et on m’avait redonné de la morphine peu de temps auparavant, alors la visite d’un médecin ou d’une infirmière n’était pas possible. J’éteins la télévision et posai la télécommande sur ma table de nuit avant de tourner la tête vers la porte, la confusion se peignant sur mon visage. Se tenait en face de moi Abigail, une visite à laquelle je ne m’attendais pas. Elle avait l’air épuisée, mais surtout gênée. Elle resta un instant à rien dire, droite comme un I, ne sachant pas quoi dire. Je sentais qu’elle ne savait tout simplement pas comment justifier sa présence. Nous n’étions que des étrangers après tout. Peut-être avait-elle assisté à mon accident, je n’en savais rien. Mais même si elle y avait assisté, rien ne l’avait obligé à venir au chevet d’un inconnu avec lequel elle n’a discuté qu’une petite heure. Mais. Après tout. La seule chose que je savais pour l’instant était que sa visite était la bienvenue.

- Bonjour David... Comment allez-vous ? La voiture ne vous a pas loupé...

En effet… Mais j’avais évité le pire, fort heureusement. Dans quelques mois tout ça ne serait qu’un mauvais souvenir, le temps que me os ne se réparent. Elle ne resta pas plus longtemps debout et décida de prendre la chaise qui se trouvait dans ma chambre afin de l’installer prêt de moi, pour s’y assoir. Inconsciemment, en s’asseyant, elle avait décidé que ce ne ce serait pas une visite éclair, et qu’elle resterait. Et ça, ça me mettait du baume au cœur.

- Je suis désolée de ne pas avoir été là à votre réveil. En réalité, au début, je ne voulais pas venir... et je me suis rappelée pourquoi vous voyagiez. Non, pour être sincère, je n'ai pas pu dormir depuis. Je m'inquiétais.

Sa maladresse faisait sourire. Et même si elle voulait me rassurer en quelque sorte, elle m’avait renseigné qu’elle n’avait pas dormi depuis trois jours par ma faute, et qu’elle s’était inquiétée. J’étais la cause de son exténuation. Je m’en voulais grandement. Je lui offris un sourire timide pour lui dire que je ne lui en voulais pas de ne pas être passé plus tôt et me raclai la gorge. Ne pas parler durant de longues périodes rendait la prise de parole  difficile et j’espérais ne pas avoir la gorge trop rauque.

- Ne vous excusez-pas, c’est très attentionné d’être venue, je ne m’attendais pas à avoir de la visite. Sincèrement.

Ma voix rauque se mélangeant à mon accent, je priais pour qu’elle m’ait comprise. Elle me rendit mon sourire, me rassurant. Je ne savais trop quoi lui dire, elle devait sûrement déjà savoir ce que j’avais. Je décidai de me laisser porter et de ne pas trop réfléchir.

- Et puis, ce serait plutôt à moi de m’excuser. Au moins j’espère que ce soir vous retrouverez le sommeil… Comment allez-vous ?

Je me tournai un peu plus vers elle en attendant sa réponse, une grimace déformant mon visage du à la douleur qui m’élança sur tout mon côté gauche. Ce n’est pas aujourd’hui que j’irais faire une balade dans les couloirs de l’hôpital…


Dernière édition par David McCoy le Dim 12 Jan - 19:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 17:55


Je voyais le regard de David et je sentais qu'il était surpris que je sois venue le voir alors qu'il était à l'hôpital. Mais j'avais réfléchi et je m'étais dit que ça lui ferait plaisir de voir quelqu'un. Lui qui était tout seul... ça lui ferait forcément du bien.
Il se racla la gorge avant de parler, le pauvre il n'avait pas dû parler souvent depuis qu'il était réveillé. Avec les infirmières, sûrement et aussi avec les médecins. Heureusement que j'etais venue finalement.

- Ne vous excusez-pas, c’est très attentionné d’être venue, je ne m’attendais pas à avoir de la visite. Sincèrement.

Je lui fis un sourire rassurant. J'étais tellement soulagée de voir qu'il était en vie. J'avais eu la peur de ma vie en le voyant si vulnérable, sur le goudron. De nombreux souvenirs avaient afflués, et tous aussi mauvais.

- Et puis, ce serait plutôt à moi de m’excuser. Au moins j’espère que ce soir vous retrouverez le sommeil… Comment allez-vous ?

Je hochai la tête en riant nerveusement. J'allais pouvoir dormir, enfin. Maintenant que j'étais sûre et certaine qu'il allait bien. Je lui pris la main doucement, je me demandais s'il se souvenait de l'accident. Il avait eu un choc, tout de même. J'avais épié les réseaux sociaux, les journaux du coin. Personne ne m'avait reconnue quand je m'étais approché de lui. C'etait une bonne chose. Je n'aurais pas besoin d'être emmerdes par les questions des flics et des journalistes. D'ailleurs, je ne savais même pas ce qu'il s'etait passé pour l'homme qui l'avait renversé.

- Je vais bien, hormis le manque de sommeil. Mes élèves n'ont rien remarqué alors tout va bien pour l'instant.

Je souris une nouvelle fois. Je parlais trop, pour une fille qui ne voulait absolument pas avoir de nouvelle attache. Mais je compatissais, en le voyant dans son lit d'hôpital. Le pauvre, lui qui était un si grand voyageur. Il allait souffrir. Il devait déjà souffrir.

- J'ai appris pour votre jambe... Combien de temps devez-vous garder le plâtre ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 20:16

Elle ria après que j’eus fini de parler, balayant d’un sourire mes excuses. Elle ne m’en voulait apparemment pas. Elle se rapprocha et me prit la main, naturellement. J’écarquillai les yeux mais elle ne parut pas le remarquer. Un tel geste m’était étranger, si peu familier. Une douce chaleur partit de ma main pour remonter le long de mon bras. Si son but était de me faire me sentir bien, alors elle pouvait se féliciter d’avoir réussi. Je la couvai du regard avant de me rappeler qu’elle n’était rien pour moi, même si son comportement et le mien aurait pu dire le contraire. Quelqu’un entrant dans la chambre à ce moment aurait pu croire qu’elle était de la famille proche venue me visiter. Ce qui n’était pas le cas, me rappelai-je amèrement.

- Je vais bien, hormis le manque de sommeil. Mes élèves n'ont rien remarqué alors tout va bien pour l'instant.

Elle sourit à nouveau. Tant mieux si ses élèves n’avaient rien remarqué, je n’avais pas envie non plus que cette histoire ait des répercussions sur son travail, elle n’en avait pas besoin. De mémoire, je ne croyais pas qu’elle ait mentionné son métier actuel, j’en avais seulement déduit qu’elle devait être musicienne professionnelle. Cela me faisait plaisir, elle devait avoir beaucoup vécu, et elle m’avait avoué de pas vouloir s’attacher non plus. Inconsciemment, elle s’ouvrait à moi, et au fond de moi, j’appréciais plus que je ne le devrais.

- J'ai appris pour votre jambe... Combien de temps devez-vous garder le plâtre ?

Je fis une grimace qui l’a fit rire. Cela se voyait tant que ça que ça ne me faisait pas plaisir ? Étant médecin moi-même, je savais que le temps de guérison pouvait varier d’une personne à une autre, et vu ma corpulence, j’en avais pour minimum 4 semaines…

- 6 semaines d’après mon médecin, 4/5 semaines seulement d’après, et bien, moi.

Elle n’avait pas retiré sa main de tout ce temps et se mis à frotter le dos de la mienne de son pouce en signe de réconfort. Elle savait ce que cela signifiait, je devrais rester à Toronto le temps de ma convalescence et elle avait compris mieux que personne à quel point cela ne m’enchantais pas. Quelle ironie ! Il y avait de cela quatre jours je m’ouvrais à elle, avouant pour la première fois à quelqu’un d’égal que je ne pouvais  rester au même endroit trop longtemps, et me voilà, bloqué car je ne pouvais pas me déplacer facilement. J’allais devoir trouver un endroit où habiter, peut-être un appartement au rez-de-chaussée pour ne pas avoir à monter des escaliers…

- Je ne sais pas encore quand je pourrais sortir d’ici, mais une fois que je pourrai, je vais devoir trouver un endroit où habiter durant ma convalescence… Vous vous rendez compte ? Un chez moi, avec 4 murs, et des meubles ! La vie domestique, ma toute prochaine aventure…

Je me mis à rire. Je devais renvoyer une image peu commune. C’est le rêve de la plupart des hommes de mon âge, de pouvoir avoir son nid douillet, peut-être même le partager. Mais j’étais tout le contraire des hommes de mon âge. Pas d’endroit à moi, et je me considérais trop brisé pour partager ma vie avec quelqu’un, pour lui imposer ma présence, du moins, à l’heure actuelle…

- Mais ce n’est que provisoire, j’ai eu beaucoup de chance ! Je ne me fais pas de soucis.

Je serrai sa main à mon tour, affichant un sourire timide.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Dim 12 Jan - 21:14


Sa grimaça me fit doucement rire. Je ne voulais pas me moquer de lui, mais il devait bien comprendre que je le taquinais. Connaissant son histoire, sa volonté de bouger tout le temps, c'était évident qu'il aurait quelques soucis pour ça. Enfin, il avait aussi une volonté de fer, alors il allait forcément faire des tas d'efforts pour aller mieux rapidement. Et encore une fois, il me rappelait mon Matthew...

-  6 semaines d’après mon médecin, 4/5 semaines seulement d’après, et bien, moi.

J'étais surprise, je pensais qu'il mettrait plus de temps que ça. Un mois et demi, ce n'était pas tant que ça pour une jambe ! Mais c'était seulement le temps de la pose du plâtre, il y avait sûrement de la rééducation par la suite. Je n'avais pas grande conscience des blessures et des os cassés, mais j'avais toujours compris que c'était très long. Et j'avais eu de la chance, en tant que violoniste, de ne jamais avoir le poignet cassé.
Sans m'en rendre compte, je vis que j'étais en train de caresser le dos de sa main, et si cela me gênait de le remarquer, je ne m'arrêtais pas pour autant, parce que ça semblait lui faire du bien, et ça aurait cassé l'ambiance. Or, ce n'était pas spécialement ce que je voulais.

- Je ne sais pas encore quand je pourrais sortir d’ici, mais une fois que je pourrai, je vais devoir trouver un endroit où habiter durant ma convalescence… Vous vous rendez compte ? Un chez moi, avec 4 murs, et des meubles ! La vie domestique, ma toute prochaine aventure…

Je l'entendis rire de nouveau, ce qui me rassura pour son moral. C'était agréable d'entendre son rire. Il avait un très joli rire, harmonieux. Je l'aimais beaucoup. Très communicatif, très beau. Quant à ce qu'il disait, à propos de trouver un toit.. ce ne serait pas compliqué, il ne chercherait pas longtemps, il y avait beaucoup d'appartements à louer dans le coin, et certains étaient sûrement très agréables. Si je l'avais connu un peu mieux, je l'aurais hébergé, mais avec les enfants, ce n'était pas une bonne idée. Et puis... je ne le connaissais pas. Et il n'accepterait certainement pas de toutes façons. Il fallait de plus que je le laisse se débrouiller tout seul. Il apprendrait la vie domestique, comme il l'appelait. Et qui sait ? Peut-être qu'il aimerait ça, au final !

- Mais ce n’est que provisoire, j’ai eu beaucoup de chance ! Je ne me fais pas de soucis.

Je sentis une pression sur ma main. Il répondit à mes gestes, en y ajoutant un léger sourire. Il avait raison : il avait eu énormément de chance de s'en sortir sans blessure trop grave. J'avais eu peur, vraiment peur en le voyant par terre, et je me souvenais avoir ressenti du soulagement en sentant qu'il était encore vivant, qu'il respirait.

- Je suis certaine que vous allez vous habituer à la vie à Toronto. Et dès que vous serez sur pied, vous pourrez repartir. Peut-être même que vous rencontrerez quelqu'un, qui sait ? Et que vous ne repartirez pas tout seul pour voyager !

Je finis par lâcher sa main, presque à contrecoeur. Je ne savais pas si, avant de partir d'Ecosse, il avait une copine ou non, j'imaginais que oui, quand même, il était plutôt beau gosse et il avait le sens du contact. Un médecin parfait, en somme. Je me demandais vraiment ce qui avait pu le pousser, au fond, à partir. On part tous pour une raison, sinon chaque homme reste attaché à ses racines. Je n'allais pas lui poser la question, parce que ce n'était pas mes affaires, mais ça me torturait presque. J'avais envie de comparer avec ma propre histoire, mais j'étais trop poli et discrète pour ça.

- Vous devez rester combien de temps à l'hôpital ? Quand vont-ils vous relâcher de cette prison ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Lun 13 Jan - 12:20

Mon esprit commença à divaguer, les multiples possibilités pour les prochaines semaines me venant. J’avais énormément de chance de pouvoir choisir ce que je désirais. On pouvait dire ce que l’on voulait, mais n’importe où, pas d’argent rimait avec pas de liberté. Si je le voulais, je pouvais même m’acheter un magnifique appartement. Si je le voulais… J’avais encore du mal à me faire à l’idée de ne pas repartir de suite. Mais ça viendrait.

- Je suis certaine que vous allez vous habituer à la vie à Toronto. Et dès que vous serez sur pied, vous pourrez repartir. Peut-être même que vous rencontrerez quelqu'un, qui sait ? Et que vous ne repartirez pas tout seul pour voyager !

Rencontrer quelqu’un… J’étais malchanceux en amour, du moins, je faisais en sorte d’être malchanceux. Car c’est ce qu’il faudrait pour que l’on me suive autour du monde, de la folie, mais aussi de l’amour… Quand on promettait les merveilles de l’univers à quelqu’un, dans la vraie vie, ce n’était jamais anodin.

Ma dernière, et seule, histoire c’était mal terminé et avait laissé une blessure profonde et ouverte dans mon cœur. Y repenser me faisait mal, alors j’évitais d’y repenser. Elle était avec eux, ce jour-là… Ce jour maudit… Abigail lâcha ma main et je sentis le vide qui m’assaillit à nouveau, le réconfort me quittant. Je tournai la tête pour boire un peu, afin qu’elle ne remarque pas ma peine. En retournant mon visage vers elle, j’avais repris mon masque habituel, celui d’un homme heureux qui aimait la vie. L’on pourrait penser qu’il m’était compliqué de sourire, mais cela se faisait naturellement chez moi. J’avais juste mes moments, comme il y avait quelques secondes où il fallait que je me reprenne, mais sinon ça allait…

- Vous devez rester combien de temps à l'hôpital ? Quand vont-ils vous relâcher de cette prison ?

C’était une excellente question. On ne m’avait rien indiqué pour l’instant… Je ne savais pas exactement comment les hôpitaux canadiens géraient les différents cas.

- Je ne sais pas, j’aimerais bien savoir. En attendant je passe mes journées à regarder la TV. De temps à autres j’ai la possibilité de discuter avec le personnel, mais ça ne couvre pas tout mon temps libre. En tout cas merci d’être là.

J’hésitai un instant avant de continuer. Elle n’avait pas arrêté de sourire depuis que j’avais mentionné le personnel. Le type de sourire qu’on a quand on ne peut s’en empêcher. Je l’observai avec curiosité alors qu’elle sortit son téléphone portable. Peut-être connaissait-elle quelqu’un ici ? J’attendis qu’elle finisse de taper sur son clavier pour enchaîner.

- Je sais que la première visite n’est même pas encore terminée mais… Est-ce que vous reviendrez ?
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Lun 13 Jan - 17:39


Dans le regard de David, je vis de l'interrogation. Il ne savait pas plus que moi quand il devait sortir d'ici. J'imaginais bien qu'il devait encore passer quelques examens avant d'être relâché dans la nature. Et puis il aurait un suivi pour sa jambe ici même, donc il avait ordre de ne pas quitter la ville, très certainement.

- Je ne sais pas, j’aimerais bien savoir. En attendant je passe mes journées à regarder la TV. De temps à autres j’ai la possibilité de discuter avec le personnel, mais ça ne couvre pas tout mon temps libre. En tout cas merci d’être là.

Je ne pus que sourire. Le personnel de l'hôpital était plutôt sympathique pour ce que j'avais pu en voir. Et puis... c'était dans celui-ci qu'Ella travaillait aussi. D'ailleurs, en pensant à elle, je voulais lui envoyer un message pour savoir si elle travaillait en ce moment. Quitte à être à l'hôpital, autant la voir au passage. Je lui demandai également si elle avait entendu parler de David McCoy.

- Je sais que la première visite n’est même pas encore terminée mais… Est-ce que vous reviendrez ?

Je reposai les yeux sur lui, en esquissant un nouveau sourire. Je comprenais bien ce qu'il ressentait. Maintenant qu'il n'était plus livré à lui-même mais bel et bien pris au piège dans un hôpital, il ressentait enfin la solitude que je ressentais depuis des mois, bien qu'entourée de mes enfants. Je ne pouvais que le comprendre. Mais je ne pourrais pas revenir tous les jours, malheureusement. La plupart du temps, j'avais des cours pendant les heures de visite, et quand je sortais de la fac, je devais rentrer à la maison pour m'occuper des enfants. Et puis... peut-être qu'il ne resterait pas longtemps à l'hôpital.

- D'habitude, je n'ai pas le temps l'après-midi, à cause de mes cours... vous serez sorti avant la semaine prochaine, je l'espère. Mais si vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, n'hésitez pas.

Je fouillai dans mon sac et sortis un bloc notes et un stylo, afin d'écrire dessus mon numéro de téléphone portable, accolé à mon nom, pour qu'il puisse m'appeler au moindre souci. Je lui fis tendre la main et la pressai doucement contre la mienne en lui remettant le papier.

- N'hésitez pas à m'appeler. Vraiment. Pour tout et n'importe quoi. Considérez ça comme l'aide d'une amie.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Lun 13 Jan - 22:54

Elle parut réfléchir. Quel idiot je faisais, bien sûr qu’elle devait être occupée, entre ses cours et surement sa famille… Son sourire ne s’était pas effacé cependant.

- D'habitude, je n'ai pas le temps l'après-midi, à cause de mes cours... vous serez sorti avant la semaine prochaine, je l'espère. Mais si vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, n'hésitez pas.

Elle avait raison. D’ici qu’elle puisse se libérer à nouveau, je serai sûrement sorti, enfin on l’espérait. Cependant je me surpris à être heureux qu’elle ait été la première à me proposer son aide en cas de besoin. La perspective que je puisse contacter quelqu’un en cas de problème était rassurante. Planifier un séjour de 2/3 semaines maximum, ça je pouvais le gérer, un séjour de longue durée, j’en étais moins sûr. Elle se mit à fouiller dans son sac et en sorti un bloc note et un crayon. Elle écrivit quelque chose avant de me faire signe de tendre ma main. Elle pressa avec douceur ma main tout en laissant tomber le bout de papier au creux de la mienne.

- N'hésitez pas à m'appeler. Vraiment. Pour tout et n'importe quoi. Considérez ça comme l'aide d'une amie.

D’une amie. Ces deux mots me firent chaud au cœur. Très chaud au cœur. Plus que je n’aurais voulu me l’avouer. Ce bout de femme s’était ouverte à moi tout autant que je m’étais ouvert à elle. En seulement quelques heures nous avions partagés plus que je ne l’avais fait depuis des années. Je mis le petit bout de papier bien en évidence sur ma table de nuit afin de ne pas le perdre pour me retourner vers Abigail. Elle avait encore ce sourire bienveillant et me couvait du regard. C’était une belle femme, et son sourire ferait chavirer n’importe quel cœur, et à ce rythme, je ne ferais pas exception. A cet instant, ces yeux verts pétillaient, tout le contraire de la première fois que j’avais croisé ce regard, dans le café… Elle avait les yeux éteints à ce moment, sûrement à cause du train-train quotidien.

- Merci… Je n’y manquerai pas… Vous faites énormément pour moi, j’aimerais vous rendre l’appareil…

Je le voulais. Vraiment. Elle devait vouloir donner sans rien demander en retour. Et j’étais pareil, c’est pour cela que je voulais aussi lui donner quelque chose en retour. A cet instant même, elle aurait pu me demander de décrocher la lune, je l’aurais fait, tellement j’étais reconnaissant…
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MessageSujet: Re: [TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."   Lun 13 Jan - 23:12


David était surpris, je le voyais. Agréablement surpris, toutefois. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui propose de l'aide. Et moi, je n'avais pas l'habitude d'en proposer à qui que ce soit. Par habitude, j'évitais les gens, j'essayais de ne pas nouer de lien avec eux. Mais lui, c'était différent et je le savais. Il était comme moi, et une fois qu'il aurait repris son périple, nous nous quitterions en souriant, j'en étais sûre et certaine. Il ferait ce qu'il adorait et moi, je retrouverais le calme de ma vie torontoise. Et nous garderions tous les deux nos secrets. Et c'était mieux comme ça. Alors je ne voyais pas ce qu'il y avait de mal à ça : lui donner mon numéro et lui proposer de l'aide.

- Merci… Je n’y manquerai pas… Vous faites énormément pour moi, j’aimerais vous rendre l’appareil…

Il avait déposé le bout de papier sur sa table de chevet, près du verre d'eau, et semblait au paradis, grâce à cela. Ce n'était qu'un numéro, et je n'étais qu'une femme comme une autre. Ça aurait pu être n'importe qui d'autre que moi. Et pourtant, j'avais l'impression qu'il m'était pour toujours redevable. Ce que je ne désirais absolument pas, au contraire. Ça ne me coûtait rien de l'aider, et ça me faisait penser à autre chose. C'était précisément ce que j'avais promis à Ella et aussi à Jonathan. Ce que je m'étais promis à moi-même : penser à autre chose. Essayer d'avancer. Revivre. Je ne disais pas que j'étais prête à avoir le même style de vie qu'avant, mais j'aurais une vie normale. Peut-être même que j'aurais moins honte qu'avant d'appeler mon fils à New-York, et mes amis là-bas également. En attendant... David était un essai, je devais bien le dire, mais j'étais plutôt satisfaite de la façon dont tournaient les choses. Je l'aidais et apparemment, il était content que je le fasse.

- Ce n'est rien, vraiment rien. J'ai l'impression que nous sommes pareils, vous et moi, et je sais qu'à ma place, vous auriez fait la même chose, n'est-ce pas ?

Je lui fis un énième sourire et regardai autour de moi, pour finalement observer la petite chambre d'hôpital. Je ne l'avais même pas regardée en arrivant, trop préoccupée que j'étais par David. Elle était minuscule, lui qui adorait les grands espaces visiblement, il devait vraiment se sentir à l'étroit... Je repris.

- Je n'ai besoin de rien, j'ai beaucoup d'argent, mes deux enfants, une grande maison, j'ai même un nouveau travail, pas si nul que ça. Vous ne me devez rien, je fais ça de bon coeur. Considérez que c'est une consoeur voyageuse qui vous offre son aide.

Je perçus de l'amusement dans ma voix. Depuis combien de temps n'avais-je parlé de cette façon spontanément ? David me stimulait. Il me fallait d'autres personnes comme lui pour aller mieux. Déjà, j'avais perçu une très nette amélioration dès que Jonathan était venu travailler à la maison. Il m'aidait beaucoup, et je me confiais de plus en plus à lui. Il y avait ensuite eu Ella, qui, en plus d'être de ma famille, était une véritable amie pour moi. Et David, ce parfait inconnu... il m'aidait à sa manière, et je redevenais de plus en plus moi-même. Moins morose et plus joyeuse, plus humaine, plus... moi !

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[TERMINE] "On voudrait savoir éviter la pluie, entre les gouttes se glisser...."

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