AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partager | 
 

 I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Invité


Invité


MessageSujet: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Sam 9 Oct - 23:17

    Ça n'allait plus, plus du tout. Ça faisait maintenant deux semaines que j'étais célibataire. Célibataire. Sans Grégory. J'étais désespérément seule, et rien ne pouvait me sortir de cette solitude, si ce n'était Grégory. Mais merde, c'était lui-même qui m'avait plaqué ! Il n'avait pas supporté de me voir enceinte de trois enfants, d'un autre homme. Et sa réaction était compréhensible et logique. Plus que logique, même. Finalement, j'étais arrivée à ce que je ne voulais absolument pas. J'étais une traînée, comme ma mère biologique. Rien d'autre. J'avais honte, si honte... Et j'étais mortellement triste. J'étais rentrée dans une espèce de dépression, qui allait m'être fatale. Impossible de sortir de chez moi, je restais cloîtrée comme un rat mort dans l'obscurité. Je n'avais plus revu Matthew depuis le stade, et je ne comptais pas le revoir. C'était insupportable pour moi. Et puis... j'avais appris que Jenny était enceinte par l'intermédiaire d'une conversation de Layla avec une personne inconnue à mes yeux. Je savais ce que ça voulait dire, tout ça. Je devais être heureuse pour eux, c'était mon devoir. Mais ce que je pensais vraiment...

    J'étais dans mon studio, recroquevillai sur mon canapé, emplie de sueurs froides. J'avais peur. Les bébés se trouvant dans mon ventre m'en faisaient voir de toutes les couleurs. J'étais encore trop maigre, je n'arrivais pas à supporter leur croissance. J'enchaînais vomissements sur vomissements. J'étais aussi mal physiquement que mentalement, en fait. Je souffrais. Oui, je souffrais. Pour me calmer un petit peu, je décidai de me passer sous la douche. Je me mis nue, laissai mes affaires traîner sur le sol humide de ma salle de bain, et pénétrai dans la cabine. Une eau glacée se déferla sur mon pauvre petit corps, et je pus passer une main sur un petit ventre rebondie. Les larmes me montèrent aux yeux, et je quittai la douche, avant de traverser en courant le salon, toujours nue. J'éclaboussai chaque carreau à mon passage. J'arrivai dans la petite cuisine, et fouillai avec empressement les tiroirs. Au bout d'un moment, je trouvai un long couteau. Je le regardai, puis retournai lentement, très lentement dans la salle de bain. Je pénétrai à nouveau dans la cabine, le couteau dans la main. Je fis d'abord glisser la lame sur mon poignet gauche, et regardai les gouttes couler une à une. Sentant une sensation de délivrance, je fis de même avec mon second poignet. Prise dans le mouvement, je regardai mon petit ventre. D'un coup, j'entendis frapper à la porte. Prise de panique, je fis un long mouvement en bas de mon ventre, avant de voir flotter une mare de sang à mes pieds. Je l'avais fait. Je poussai un hurlement strident, résonnant dans tout le studio. J'entendis accourir, mais avant que je voie l'identité de la personne, je fermai les yeux et descendis, comme au ralenti, avant de perdre connaissance, emportée dans mon propre sang... Dans celui de mes enfants.
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Sam 9 Oct - 23:53

    Combien de temps déjà que je n'avais pas eu de nouvelles de Sunny ? Cela faisait au moins une bonne longue semaine. J'avais besoin d'avoir de ses nouvelles ! Je n'étais au courant de rien, et cela m'inquiétait. Et puis, j'avais des choses à lui dire également, de mon côté. Comme elle en aurait à me narrer. Son quotidien de jeune femme enceinte.

    C'est ainsi que je me retrouvai à rouler en direction de chez elle. J'avais prévenu Jenny que je me rendais chez Sunny, elle m'avait regardé d'un air "fais pas de connerie, où tu vas prendre cher" et je lui avais alors juré que je resterai une heure et que c'était simplement pour prendre de ses nouvelles ! Que c'était mon rôle et que je devais l'assumer ! Elle avait paru rassurée et j'étais alors parti en direction du studio de Sunny. Je me tenais donc à présent devant sa porte, prêt à frapper. J'avais un grand sourire aux lèvres, j'allais revoir une amie et en plus, j'allais revoir mes enfants. Du moins, l'ébauche de ce qu'ils allaient devenir.

    Je frappai. Pas de réponses. Puis, un hurlement strident, dans lequel je pus reconnaître la voix de Sunny retentit dans tout l'appartement. Sans réfléchir, j'ouvris la porte et me précipitai dans le studio. Je cherchai Sunny du regard. En ne la trouvant pas au premier coup d'oeil, je courrus jusque dans la salle de bains et la trouvai là, dans sa cabine de douche, complètement nue et baignant dans une mare de sang. Je détournai les yeux et respirai immédiatement par la bouche. Je ne me sentais déjà pas bien. Je ressortis de la salle de bains et appelai les urgences. Je m'en voulais de ne pas pouvoir m'approcher ou regarder où les coupures étaient faites, mais c'était cela ou alors elle mourrait alors que je m'évanouissais. Je pense qu'elle pouvait comprendre. D'ailleurs, elle n'était pas en état de me juger.

    Une fois que l'on m'eut indiqué qu'une ambulance arriverait dans une dizaine de minutes, la standardiste m'informa qu'il fallait que j'essaye de presser sur les plaies et coupures de Sunny. Je balbutiai quelques mots puis pris mon courage à deux mains et raccrochai sans même penser à la remercier. Je pris une grande inspiration et m'emparai de serviettes de bain. Je m'agenouillai devant la cabine de douche et redressai le corps meurtri de Sunny. En voyant le sang, je me mis à paniquer et je sentis que je devenais pâle. J'avais envie de m'évanouir, mais je devais rester. Allez Matthew... imagine que ce n'est pas du sang .. Dans les films d'horreurs, c'est du maquillage. Eh bien là, c'est pareil ! Sauf que ça ne marchait pas cette technique. Je savais parfaitement que c'était son sang. Le sang qui coulait dans ses veines et qui aidaient ses enfants à vivre. Ses enfants et mes enfants. Je serrai alors plus fort un des poignets de Sunny et son ventre. Cependant, je gardais une certaine retenue sur ce dernier. Je n'avais pas envie de faire des conneries. Je fus alors pris de sueurs froides. Et juste quand je sentis que je n'allais pas pouvoir tenir, j'entendis la porte s'ouvrir de nouveau et les ambulanciers arriver. Ils me poussèrent et s'occupèrent de Sunny. Je rampais jusque dans sa chambre et tentai de me calmer et de reprendre une respiration normale. Je n'osais pas regarder mes mains. Je gardais la tête tournée vers le plafond, écoutant les deux hommes parler entre eux, disant qu'il fallait l'emmener au plus vite à l'hôpital, qu'elle perdait beaucoup de sang...

    Difficilement, je me relevai et m'appuyai contre le mur du studio. J'attendis que les ambulanciers aient terminé avant de les suivre, en faisant de mon mieux pour ne pas tomber à la renverse. Ils me laissèrent monter dans l'ambulance et je sentais leurs regards peinés sur moi. Ils pensaient sûrement que Sunny était ma petite amie. S'ils savaient...

    Quand on arriva à l'hôpital, je me sentais déjà un peu mieux. Enfin, pas réellement, parce que j'avais toujours l'image de Sunny baignant dans la mare de son propre sang, mais au moins, je tenais mieux debout. Et quand je respirais, je n'avais pas envie de vomir. Les ambulanciers sortirent Sunny du véhicule et l'entraînèrent dans les couloirs de l'hôpital. Je restais donc comme un idiot à l'entrée, les mains pleines de sang séché. Soudain, une infirmière vint me chercher et m'emmena dans une salle où je pus me nettoyer les mains. Puis, elle me ramena à l'accueil ou je commençai à attendre pour avoir des nouvelles. Je ne pensais à rien, j'avais les yeux dans le vague et je ne sentais même pas le temps passer. Tout était trop long bien sûr, mais je ne sentais vraiment rien ...

    C'était clair, je voulais des réponses !


46 lignes... je te bats là, non ?
Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Dim 10 Oct - 12:02

    Je ne ressentais plus rien, plus rien du tout. Je ne savais pas qui était entré et m'avait vu dans ce piteux état, et je m'en moquais. Il fallait que je me rende compte de ce que je venais de faire. C'était totalement égoïste. Oui, j'avais voulu me tuer, mais j'avais aussi voulu tuer mes enfants. Mes enfants. Ce mot résonnait dans ma tête, sans pouvoir en sortir. Comment avais-je pu faire ça ? Je n'étais pas faite pour être mère. C'était sûr. Quelle mère pouvait penser à tuer ses enfants ? J'étais monstrueuse. Pire que ça, je n'étais pas humaine. Parce que même si je pensais parfois à stopper ma vie, ça ne me donnait pas le droit de faire de même avec celle de mes enfants. Pour la première fois de ma vie, je pouvais dire que j'avais peur.

    Je ne savais pas où je me trouvais. Et en fait... ça m'était complètement égal. J'étais peut-être morte, finalement. C'était une bonne chose. Morte dans sa douche, c'était tout ce que je me méritais. Sauf que ce n'était pas possible. Je sentais encore une toute petite part de moi vivante. Je devais me battre, ne serait-ce que pour l'infime chance que j'avais de tenir en vie les trois énergumènes.

    Peu à peu, je sentis mon âme reprendre possession de mon corps. Je n'étais plus chez moi, c'était sûr. J'étais bien trop à l'aise pour être chez moi. Je sentis un frisson dans ma main, qui me poussa à faire l'effort d'ouvrir mes yeux. Et je trouvai la force. J'essayai de m'habituer à la grande pièce blanche, avant de deviner que je me trouvais dans un hôpital. C'était logique, après tout. La personne qui m'avait trouvé avait donc eu un réflexe. Un bon, peut-être pas, mais un réflexe. Une femme s'approcha de moi, sûrement une infirmière. Elle avait l'air d'avoir pitié. Je ne supportais pas la pitié des gens. Si je l'avais fait, c'est que j'étais déséquilibrée, et rien d'autre ! Alors peut-être que je n'étais pas normale, mais j'avais mes raisons. Je devais avoir mes raisons pour faire une telle chose, de toute façon. Elle s'assit près du lit, sur un fauteuil. Elle voulait me parler, ou du moins m'expliquer ce qui se passait.

    << Vous m'entendez ? Le médecin va arriver, il va tout vous expliquer. En attendant, vous vous voulez peut-être voir votre ami ? >>


    Bon, alors ce n'était pas elle qui allait m'annoncer le verdict. Je pouvais deviner qu'il n'y avait pas que des bonnes nouvelles, vu son regard. Je commençai à avoir peur, une nouvelle fois. Pourtant, mon ventre était toujours rebondie. Je pouvais le distinguer, malgré l'épaisse couche de bandages qui se trouvait dessus. Par contre, je ne voyais pas ce qu'elle voulait dire par mon "ami". Qui était-ce ? Peut-être que Grégory l'avait appris, et était venu... Mais j'en doutais. Il m'en voulait encore, et il n'y avait pas de raisons pour qu'il soit venu chez moi. Mais alors, qui ?! Pour en être sûre, j'acquiesçai, faisant quitter l'infirmière de la pièce. Il me fallut un grand effort pour soulever ma main et la portai à mon ventre. Au niveau de mes deux poignets se tenaient des bandages, similaires à celui enroulé autour de mon ventre.

    Après quelques minutes à patienter, le médecin arriva, avant l'infirmière. Il me demanda si je voulais attendre l'autre personne, mais je voulais savoir. Il fallait que je sache. Le médecin s'approcha donc de moi, et commença son discours qui me provoqua un frisson dans le dos.

    << Vous allez bien. Vous avez perdu beaucoup de sang, mais nous avons réussi à stopper l'hémorragie à temps. Vous n'aurez pas beaucoup de séquelles. En ce qui concerne les enfants que vous portez... Vous êtes sûrs de ne pas vouloir attendre le père ? >>


    Le père. Matthew était là. C'était lui qui m'avait trouvé. Il avait vraiment dû être choqué, lui qui n'était pas à l'aise avec le sang. Je baissai la tête, et hochai la tête. Ce fut ce moment qu'il choisit pour rentrer, laissant l'infirmière sur le pas de la porte. Elle la referma, nous laissant tous les trois dans la pièce. Je le regardai. Il avait l'air décomposé, et fatigué. Très fatigué. Je n'avais apparemment pas choisi le bon moment pour faire des miennes. Mais j'étais tellement égoïste !

    << Bon, maintenant que vous êtes là tous les deux... Je suis désolé, mais nous n'avons pu sauver que deux d'entre eux. Le troisième est décédé, nous avons retiré le foetus sans vie afin qu'il n'empiète pas sur les autres. Sur les deux qu'il reste... Il est possible qu'un naisse sans l'usage de ses jambes. Ça ne reste pourtant pas définitif, il se peut qu'à la suite d'une opération, on puisse réparer ça. Nous sommes désolés. >>


    Je restai figée sur place, sans réponse à cette nouvelle. Je baissai la tête une nouvelle fois vers mon ventre, avant de le cramponner à l'aide de ma main droite. J'avais tué un enfant. J'avais retiré la vie que je lui avais donné. Je n'étais qu'un monstre. Une larme, puis deux, puis des dizaines d'autres vinrent couler le long de mes joues. La main toujours sur le ventre, je levai la tête et la tournai vers la fenêtre, sens inverse de Matthew. J'avais honte. J'avais tué non seulement un de mes enfants, mais aussi le sien. Et avec ça, j'entraînais l'handicap d'un autre. Le médecin finit par un avertissement à mon égard.

    << En ce qui vous concerne, Mademoiselle, votre état physique me fait bien peur. Il faut que vous grossissiez, si vous ne voulez pas aller tout droit vers le coma, voire pire. >>


    Mais je m'en foutais. Je me foutais de partir dans le coma. Je voulais retrouver mes enfants.

    Mes trois enfants.
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Dim 10 Oct - 13:14

    Je ne sais pas exactement combien de temps je restai là dans ce couloir, à attendre que quelqu'un daigne m'informer de l'état de santé de Sunny. J'avais envoyé un SMS à Jenny lui expliquant où j'étais et ce qu'il s'était passé. Je n'avais pas le courage ni la force de parler à quelqu'un. Je n'avais pas non plus envie de parler de cette histoire avec ma propre femme.

    Une infirmière passait de temps en temps, m'adressait deux trois mots auxquels je répondais par un hochement de tête ou un mouvement de la main. J'étais inquiet. Trop inquiet pour dire quoi que ce soit. Je dus attendre au moins une ou deux heures dans cette salle d'attente, surveillé par des infirmières qui m'avaient sûrement reconnu. Mais elles semblaient rester très professionnelles et je les en remerciais intérieurement.

    Je commençai à franchement avoir peur. Je n'avais aucune nouvelle, et cela m'inquiétait de plus en plus. C'est alors qu'une énième infirmière vint à mon encontre et m'informa alors que je pouvais la suivre pour voir Sunny et que j'aurais des informations là-bas, avec le médecin. Je hochai la tête et la suivis docilement. Elle me conduisit donc jusque dans la chambre et me fit entrer. Le médecin me regarda quelques instants et je détournai le regard vers Sunny, qui visiblement, était apeurée et tout aussi inquiète que moi. Je restai silencieux et attendis que le médecin nous parle de ce qui s'était passé.

      Bon, maintenant que vous êtes là tous les deux... Je suis désolé, mais nous n'avons pu sauver que deux d'entre eux. Le troisième est décédé, nous avons retiré le foetus sans vie afin qu'il n'empiète pas sur les autres. Sur les deux qu'il reste... Il est possible qu'un naisse sans l'usage de ses jambes. Ça ne reste pourtant pas définitif, il se peut qu'à la suite d'une opération, on puisse réparer ça. Nous sommes désolés.


    Je fus obligé de me tenir au lit pour ne pas tomber. Est-ce que j'avais vraiment bien entendu, ou alors, j'avais rêvé ? Oui, après tout, peut-être que tout cela n'était qu'un rêve. J'allais me réveiller à côté de Jenny qui me dirait que je n'avais fait qu'un cauchemar et que je devais me rendormir. C'était ça, j'en étais sûr. Je rêvais... je rêvais.. j'allais me réveiller ! Mais pourquoi alors j'avais l'impression d'avoir réellement mal au coeur ? Ce rêve était trop réaliste ! Mais enfin, quoi ! C'était impossible ! Je ne pouvais pas avoir perdu un enfant ! Pas de cette façon. Pas à cause de Sunny...

      En ce qui vous concerne, Mademoiselle, votre état physique me fait bien peur. Il faut que vous grossissiez, si vous ne voulez pas aller tout droit vers le coma, voire pire.


    Je relevai la tête et fixai Sunny. C'était de sa faute ! Pourquoi avait-elle fait ça ? Qu'est-ce qui l'avait poussé à le faire ? Elle n'avait pensé à personne d'autre qu'à elle... Elle avait tué un de nos enfants ! Je m'assis avec précaution sur une des chaises présentes dans la chambre et plaçai ma tête entre mes mains. Je n'écoutai plus le médecin parler à Sunny, je m'en fichais pas mal. Je me sentais mal, tout à coup. Comment tout cela allait-il pouvoir bien finir ? Avec ce que venait de nous annoncer le médecin, c'était presque impossible !

    Quelques instants plus tard, le médecin nous laissa seuls, tous les deux. Je gardais la même position, alors que j'entendais Sunny sangloter. Je comprenais qu'elle soit triste, mais c'était entièrement de sa faute. Au bout d'un petit moment, je relevai la tête et fixai Sunny qui avait le regard vers la fenêtre.

      - Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu nous infliges ça ? Pourquoi, hein ?


    Ma voix était rauque, au vu du temps que j'avais passé sans parler. Un record pour moi sûrement. Mais maintenant, je voulais des réponses de la part de Sunny, et j'allais les avoir, c'était clair !
Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Dim 10 Oct - 14:22

    Je me sentais mal, affreusement mal. J'avais réussi à tuer un de mes enfants. J'avais tué. Ce mot résonnait dans ma tête, inévitablement. Partout où je passais, je ne pouvais que faire du mal. A ce moment précis, j'avais besoin de Jared plus que tout. Mais il ne pouvait pas venir. Il était décédé. Autant que mon fils, ou ma fille. Je ne saurais jamais quel était son sexe. J'avais atrocement mal. Il était impossible de me rendre compte de ce que j'avais fait. J'aurais préféré crever et garder ces enfants en vie plutôt que d'en avoir tué un. Mon état mental était dangereux. Il fallait que je me fasse soigner. Comment pourrais-je vivre en paix, sinon ? J'avais déjà une mort sur la conscience, il fallait que je me trouve avec une seconde.

    << Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu nous infliges ça ? Pourquoi, hein ? >>


    En plus de me faire mal à moi, je lui faisais mal à lui. C'étaient aussi ses enfants. Même s'ils ne les portaient pas, il aurait dû être père de trois petits. Alors oui, je m'en voulais. Mais j'en voulais aussi à ceux qui n'avaient pas fait en sorte de m'épauler. La preuve, cela faisait deux semaines que j'étais seule, que je n'avais vu personne et qu'on n'avait pas pris de mes nouvelles ! J'aurais pu crever toute seule que personne ne s'en aurait rendu compte, pas même mon ex petit-ami. Alors même si mon acte était inexplicable, je pouvais avoir mes raisons. Et je devais en informer Matthew. J'essayai de surmonter la douleur dans ma poitrine, la tristesse et les larmes, et regardai Matthew dans les yeux afin de lui exposer ce que je pouvais appeler mes raisons.

    << Je pouvais pas supporter... Je suis pas assez forte. J'ai fait croire, j'ai voulu croire que je pouvais. Mais regarde-moi ! J'étais incapable d'héberger trois gosses là-dedans ! Et j'avais le soutien de personne. Grégory m'a largué. Ta femme est enceinte. Personne n'en avait rien à faire que je puisse être en difficulté. Alors c'est peut-être inadmissible, mais essaye de te mettre à ma place une seconde. >>


    J'avais réussi à garder ma voix à peu près intacte tout le long de mon discours. J'avais souffert, il était hors de question qu'il me remette toute la faute dessus. Oui, c'était moi qui l'avais fait, mais j'avais eu une grosse crise. C'était une forme d'appel à l'aide. "Regardez-moi, je ne vais pas bien !" Alors il pouvait me le reprocher, il en avait le droit. Mais j'étais au moins tout aussi triste que lui, si ce n'était plus. J'avais tué une partie de moi, tout de même. Qu'il ne croit pas que c'était une partie de plaisir ! De toute façon, je resterai à jamais incomprise.

    Encore une fois, je ressentis le besoin d'avoir mon meilleur ami près de moi. Lui seul aurait su comment me réconforter. Il n'aurait pas porté de jugement. Mais je ne pouvais pas. Je ne l'aurais plus jamais près de moi. Je vivrais jusqu'à la fin de ma vie sans lui. A nouveau, je sentis les larmes me monter aux yeux. Peut-être que ces pensées n'étaient pas de circonstance, mais je savais que c'était une des causes. J'avais vécu un choc émotionnel trop fort pour m'en remettre un jour. Jamais personne ne serait à sa hauteur.

    Je regardai Matthew, qui avait une mine décomposée. Il me faisait de la peine. C'était à cause de moi qu'il était dans cet état. Mais il fallait qu'il me comprenne. Comment pouvait-il avoir assez d'amour pour ces enfants alors qu'il allait en avoir un avec la femme qu'il aimait, la sienne ? Je n'avais pas la force de les élever seuls. Alors même s'il n'en restait plus que deux, je ne savais pas si je serais capable de les élever eux aussi. J'en doutais.
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Dim 10 Oct - 19:47

    J'avais vraiment du mal à y croire. Comment avait-elle osé faire ça ? Pourquoi ?Je regardai mes mains. Elles tremblaient. Comme tout mon corps depuis quelques heures. Je n'avais cessé de trembler de toutes façons. Comme un drogué qui n'a pas eu sa dose. Sauf que là, c'était à cause de l'inquiétude et du fait que j'avais sauvé Sunny d'une mort certaine.

      Je pouvais pas supporter... Je suis pas assez forte. J'ai fait croire, j'ai voulu croire que je pouvais. Mais regarde-moi ! J'étais incapable d'héberger trois gosses là-dedans ! Et j'avais le soutien de personne. Grégory m'a largué. Ta femme est enceinte. Personne n'en avait rien à faire que je puisse être en difficulté. Alors c'est peut-être inadmissible, mais essaye de te mettre à ma place une seconde.


    Non... je pouvais pas me mettre à sa place. D'accord, Jenny était enceinte, mais je l'avais bien dit, je prendrais autant soin des enfants de Sunny que ceux que j'aurais avec Jenny. Et... le fait que Grégory l'ait larguée, d'accord... c'est vrai qu'elle m'avait dit que si Grégory partait, elle ne pourrait pas supporter. Mais qu'il était con lui aussi ! Pourquoi avait-il fait ça ? Il savait que Sunny n'irait pas bien sans lui, et que je ne pourrais pas être toujours là pour elle !

    Sur le fait que personne n'en ait rien à faire d'elle, Sunny avait totalement tort. Pendant tout le temps depuis notre rencontre au stade et où elle m'annoncer qu'elle était enceinte de moi, j'avais pensé à elle et à nos enfants. Mais pendant tout ce temps, je n'avais pas arrêté de bouger. Je pensais qu'elle m'appellerait. Et je pensais que si je n'avais pas de nouvelles, c'était que tout allait bien. Je n'avais pas réfléchis, et donc, je ne l'avais pas appelée. J'aurais dû.

      - Pourquoi tu ne m'as pas appelé pour me le dire ? Ce n'est pas parce que Jenny est enceinte que je ne serai pas venu. La preuve !


    Oui.. si je n'étais pas venu, ce matin, ce n'était pas un seul enfant que j'aurais perdu. C'aurait été les trois ...


Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Mar 12 Oct - 19:03

    << Pourquoi tu ne m'as pas appelé pour me le dire ? Ce n'est pas parce que Jenny est enceinte que je ne serai pas venu. La preuve ! >>


    C'est vrai qu'il était venu me voir, ce matin. Mais je ne savais pas réellement pourquoi. Il ne comprenait pas ce que je ressentais face à cette situation délicate. Je n'étais vraiment pas en bonne position. Plus les jours passaient, moins je me sentais bien avec ce nouveau corps changeant. Mes enfants se développaient, mais je ne grossissais pas. Il était impossible pour moi de prendre du poids. Pourtant, je savais très bien que si je ne me résignais pas à manger, j'allais mettre en danger cette grossesse, puis moi, par la même occasion. Ce problème n'était pas récent, de toute façon. Depuis mon enfance, j'ai des troubles alimentaires. Je sais que ça peut devenir très grave si je ne les soigne pas, mais je n'y arrive pas. J'ai un problème avec la nourriture, et alors ? Est-ce que j'embête les autres avec ?

    << Mais Matthew, tu t'imagines même pas ce que je peux ressentir ! Jenny est ta femme, il est normal qu'elle attente un enfant de toi. Mais moi, tu crois que c'était normal que j'en attende trois de toi ? Il est normal que tu attendes un peu plus celui de ta femme. Mais... je peux pas. Je peux gérer tout ça toute seule. J'ai l'impression de mourir un peu plus chaque jour. Ils vont me tuer ces bébés, ils vont me tuer... >>


    Avec ces paroles, j'essayais de lui faire ressentir un petit peu ce que moi je ressentais. Je doutais qu'il arrive à comprendre. C'était plutôt complexe, il fallait avoir un cerveau anormal comme le mien pour le comprendre. Je perdais ce que j'avais de plus cher. Pour la première fois où j'arrivais à me reconstruire à peu près, il fallait qu'une putain de grossesse vienne tout gâcher ! Je n'étais pas faite pour réussir. Il venait de même question professionnel. Avec ces bébés aussi, je n'arrivais plus à faire grand chose. Je souffrais beaucoup physiquement aussi, m'empêchant de me concentrer sur ma musique.

    Je ne savais pas si je devais parler de mes problèmes alimentaires à Matthew. Il était concerné, maintenant, puisque si je n'allais pas bien, ses futurs-enfants non plus. Mais avec ce que je venais de faire, il s'en foutait sûrement pas mal de mes problèmes de santé. J'hésitai donc, ne voulant pas m'imposer. Il venait de voir quelque chose de pas facile, il ne fallait pas que je le brusque. Pourtant, j'avais vraiment besoin de parler à quelqu'un. Mais je n'avais plus personne. Grégory m'avait laissé, je ne voyais plus beaucoup Pearl, je n'avais pas de nouvelles de Layla depuis l'incident avec Grégory...

    << Je suis désolée. >>


    Et voilà. Peut-être que j'étais plus déprimée que jamais, mais j'étais désolée. Désolée de lui faire subir ça, désolée d'avoir tué son enfant, désolée d'être là. Parce que ce n'était pas que moi qui souffrais dans cette histoire. Et ma souffrance... il commençait suffisamment à me connaître pour savoir qu'elle passait en dernier.
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Mer 13 Oct - 21:32

    Je passais sans arrêt ma main droite dans mes cheveux, j'étais inquiet. Inquiet pour tout. Pour Sunny, pour sa santé, pour mes enfants. Mes enfants... Mes deux enfants. J'avais du mal à assimiler la nouvelle. Je venais de perdre un enfant. Et j'aurais pu perdre les trois, plus une amie, la mère de mes enfants. Je savais qu'il fallait que je relativise, mais tout de même, j'avais beaucoup de mal à rester calme. Je ne comprenais pas comment toute cette histoire avait pu en arriver là. Vraiment !

      Mais Matthew, tu t'imagines même pas ce que je peux ressentir ! Jenny est ta femme, il est normal qu'elle attente un enfant de toi. Mais moi, tu crois que c'était normal que j'en attende trois de toi ? Il est normal que tu attendes un peu plus celui de ta femme. Mais... je peux pas. Je peux gérer tout ça toute seule. J'ai l'impression de mourir un peu plus chaque jour. Ils vont me tuer ces bébés, ils vont me tuer...


    Je la regardai avec appréhension. J'avais peur de ce qu'elle pensait. Je savais pertinemment qu'au départ, elle voulait avorter. J'aurais dû la laisser faire. Mais c'était plus fort que moi, encore, j'avais voulu régir une vie de plus. C'était tout simplement plus fort que moi. Néanmoins le fait de tuer un être vivant en avortant, c'était la pire chose qu'elle puisse faire. Et comme c'était mes enfants également, j'avais cru bon de lui dire de ne pas faire cela. Et puis, Sunny avait l'air heureuse quand elle était repartie pour voir Grégory.

      Je suis désolée.


    Sans m'en rendre compte, j'avais baissé la tête, après ses paroles. Alors quand elle m'eut dit qu'elle était désolée, je relevai le visage vers elle et la regardai silencieusement et longuement. Je réfléchissais. Je me demandai comment nous allions faire. Il fallait que je l'aide. C'était la clé. Mais il faudrait que je sois présent pour Sunny ainsi que pour Jenny. Bon ... moi qui m'ennuyait il n'y avait pas deux semaines, pour le coup, j'allais avoir du boulot !

      - Ecoute Sunny, on peut s'arranger. Je ne fais rien en ce moment. Et je pense que ça va durer. J'ai quelques chansons en attente, mais pour le moment, c'est vacances ! Alors, je peux venir t'aider et te soutenir. Je me dois d'être présent. C'est de ma faute si on en est là aujourd'hui. Tout ce qui t'arrive est de ma faute !


    J'étais sincère. Réellement sincère. Je ne voulais pas perdre les deux autres enfants qu'il me restait.


[Vraiment minable ce que j'ai fait. Mais au moins, la réponse est là !]

Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Jeu 14 Oct - 21:01

      << Ecoute Sunny, on peut s'arranger. Je ne fais rien en ce moment. Et je pense que ça va durer. J'ai quelques chansons en attente, mais pour le moment, c'est vacances ! Alors, je peux venir t'aider et te soutenir. Je me dois d'être présent. C'est de ma faute si on en est là aujourd'hui. Tout ce qui t'arrive est de ma faute ! >>


    Bon, si on commençait à se demander pardon l'un à l'autre, ça n'allait pas aller ! Pourtant, ses paroles me rassuraient. Il ne m'en voulait peut-être pas autant que ça, finalement. Mes explications étaient justes, après tout. Je savais pertinemment que ça serait plus dur, avec Jenny enceinte, pour moi. Cette perspective m'effrayait, je devais l'avouer. Mais je ne pouvais pas accepter, malgré tout, qu'il soit plus présent à mes côtés. Il ne devait pas laisser Jenny une seule seconde, elle était sa femme, il devait la protéger et protéger son bébé. Son bébé légitime.

      << Tu sais très bien que ça sera pas possible... Jenny n'aura nullement envie de savoir que tu te trouves avec moi. On a fait une connerie Matthew. Je dois en assumer les conséquences. J'ai pas le choix. >>


    Je savais que j'étais autant coupable que lui dans cette histoire, voire plus. C'était moi qui avais cherché à me rapprocher de lui, moi qui m'étais comportée comme une salope de première. Ce n'était pas l'image que j'aimais donné de moi. Et pourtant... C'était ce que j'avais fait. Alors bébés ou non, je l'assumerai.

      << J'ai plus le choix. >>
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Sam 16 Oct - 23:58

      Tu sais très bien que ça sera pas possible... Jenny n'aura nullement envie de savoir que tu te trouves avec moi. On a fait une connerie Matthew. Je dois en assumer les conséquences. J'ai pas le choix.


    Oh la la... Si seulement elle savait. J'aurais aimé sourire, mais je n'y arrivais pas. J'étais déçu, dégoûté, triste. Mais certainement pas heureux d'être ici en sachant ce que je savais. Je soupirai cependant de soulagement. Si Sunny pensait que c'était un problème pour Jenny, elle se trompait grandement. Je la regardai d'un oeil vitreux. J'étais crevé et en plus, je venais de perdre un enfant. Quoi d'autre ? C'était la journée des mauvaises nouvelles, alors il fallait bien que tout continue, n'est-ce pas ? Je fermai les yeux quelques secondes, mais les rouvris bien rapidement. Quand j'abaissais les paupières, je revoyais tout le sang dans la cabine de douche et sur le corps de Sunny. Et sur mes mains. Je gardais alors mes yeux ouverts, ne souhaitant pas faire un malaise.

      J'ai plus le choix.


    Je fronçais les sourcils. C'était sûr. Elle n'avait plus beaucoup de choix, maintenant. De toutes façons, je n'allais sûrement pas la laisser perdre les deux autres enfants. Elle allait les garder et j'allais faire tout ce qui était en mon possible pour que tout se passe bien. Jenny pouvait comprendre. Elle comprenait déjà.

      - Tu sais Sunny... on ne le dirait pas comme ça... mais je suis content. Un minimum content. Parce que je viens de comprendre que ce dont tu as peur, c'est de Jenny et de ce qu'elle veut ou ne veut pas.


    Sunny me regarda avec des yeux ronds. Elle ne devait pas vraiment comprendre où je voulais en venir, et pourquoi je commençai à parler comme ça. Et surtout, elle devait rester surprise sur le fait que je puisse être "content". A une petite dose, pourtant, la joie ! Ce n'était pas vraiment la fête !

      - Jenny m'a dit que je pouvais faire ce que je voulais. Qu'il fallait que je t'aide. Elle m'a dit que je devais assumer mes responsabilités. Elle n'a rien contre toi. Ni contre ces enfants ! Alors, je vais t'aider. Tu vois, on va y arriver ! Et ces enfants vont grandir en connaissant leur père. Je te le jure !


    Trop de promesses. C'était souvent ce que l'on me reprochait. Mais cette fois, cette promesse je la tiendrai jusqu'au bout. Sans faille !


Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Mar 19 Oct - 19:10

    << Tu sais Sunny... on ne le dirait pas comme ça... mais je suis content. Un minimum content. Parce que je viens de comprendre que ce dont tu as peur, c'est de Jenny et de ce qu'elle veut ou ne veut pas. >>


    Il était content ? J'en doutais fortement. Il avait plutôt l'air d'avoir envie de commettre un meurtre... ou de s'endormir. Mais heureux, je ne voyais pas, vraiment pas. Pour ma part, je n'arrivais pas à être contente. Je n'étais pas bien. Pour avoir fait ça, de toute façon, il ne fallait pas être bien. Mais je me sentais mal, mal dans ce que j'étais. Je n'étais pas à ma place. Quelque chose n'allait pas. En fait, je ne me sentais pas moi... Mon corps devenait différent. Je prenais des kilos. Je prenais des seins, des fesses, des hanches. Mais est-ce que j'étais habituée à ça ? Loin de là... Il avait fallu que je change mes habitudes du jour au lendemain, et j'en souffrais. Et pourtant... je n'avais pas le choix.

    << Jenny m'a dit que je pouvais faire ce que je voulais. Qu'il fallait que je t'aide. Elle m'a dit que je devais assumer mes responsabilités. Elle n'a rien contre toi. Ni contre ces enfants ! Alors, je vais t'aider. Tu vois, on va y arriver ! Et ces enfants vont grandir en connaissant leur père. Je te le jure ! >>


    Il se plantait sur toute la ligne... Pour le dire franchement, je m'en foutais pas mal, de Jenny. Je savais que le problème n'était pas là. Elle savait très bien que mes bébés me concernaient, et son bébé la concernait. Il n'y avait, je pense, pas de malentendus. Mais... je ressentais un mal être. Je n'avais pas de mots à mettre sur ce que je pouvais sentir, tellement ce sentiment pouvait être fort. Est-ce possible de ne pas se reconnaître dans un miroir ? Passer ma main sur mon ventre rebondie, attraper mes kilos en trop sur mes hanches... Je me trouvais grosse. J'avais honte. Je n'étais pas bien du tout.

    Sentant une bouffée d'angoisse monter, je baissai la tête et regardai mon ventre. Pourtant, cette vue ne fit qu'aggraver mon cas, et je me levai précipitamment, le souffle coupé. J'entraînai une perfusion avec moi, et l'arrachai brutalement. En voulant quitter la pièce, je fus retenue par un Matthew plutôt vif, qui s'était levé plus par instinct qu'autre chose. Je le poussai, et décidai quand même de me justifier avant de partir.

    << J'en veux pas de ces bébés Matthew, j'en veux pas ! >>


    Je terminai ma phrase en pleurant, et en me laissant glisser le long de la porte, vidée de toute énergie, devant un Matthew choqué. J'en devenais complètement dingue. J'entendis des médecins arriver, essayer de me maîtriser, mais voyant que je n'avais aucune réaction agressive, ils me soulevèrent afin de m'emmener dans une autre pièce. Je les suivis, entourée de deux d'entre eux, qui me tenaient par les bras. Je tournai ma tête vers Matthew, continuant à avancer, les yeux gonflés et la voix tremblante.

    << Excuse-moi. >>


    J'avais honte. Honte de devenir si folle. Mais je ne me reconnaissais plus... Je n'étais plus moi.
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Mer 20 Oct - 16:34

    Je voyais bien que Sunny ne croyait pas en ce que je disais. Et qu'elle allait me renvoyer une réplique. Mais je ferai avec. Je savais comment elle se comportait et comment elle me parlait. C'était toujours la même chose. J'en prenais plein la gueule, mais c'était mon châtiment. Je devais expier mes péchés. J'avais eu le malheur de lui faire du mal et maintenant, je devais en pâtir et subir un mal à mon tour. Mais, moi, heureusement, j'avais Jenny pour m'aider et pour me faire oublier tout cela. Sans elle, je ne savais vraiment pas ce que j'aurais pu faire. D'ailleurs, quand je rentrerai aujourd'hui, j'espérais qu'elle soit déjà là, pour que je ne me retrouve pas seul à me morfondre pour cette histoire. Et la journée n'était pas encore terminée. Je n'en avais pas fini avec Sunny, je le savais.

    Soudain, Sunny se releva. Je ne vis qu'une petite masse blanche essayer de s'échapper, mais ce fut déjà un signal d'alarme. Je me relevai à mon tour et, alors qu'elle débranchait sa perfusion et qu'elle s'avançait vers la porte de sa chambre, je la retins par le bras, n'hésitant pas à la serrer plus fort en sentant qu'elle opposait une résistance. Elle me poussa violemment, mais je tentai cependant de rester dans la partie, pour qu'elle ne fasse pas de nouvelle bêtise. Elle relevai alors la tête vers moi et me cracha alors quelques mots au visage.

      J'en veux pas de ces bébés Matthew, j'en veux pas !


    A la fin de sa phrase, un sanglot la secoua et ce fut comme si Sunny n'avait soudainement plus aucune force en elle. Elle se laissa glisser le long de la porte et je ne sus que faire, premièrement. Je me décidai pour aller à côté d'elle et tenter de la raisonner et de la faire rejoindre son lit. Je commençai alors à m'approcher quand deux médecins et une infirmière - la même que celle qui m'avait amené jusqu'à la chambre - entrèrent en trombe dans la chambre. Je les regardai faire sans tenter de dire quelque chose, choqué par ce que venait de me dire Sunny. Les deux hommes soulevèrent Sunny du sol et la maintinrent debout. Elle se laissait faire, ce qui était étrange. Ils commencèrent alors à l'emmener, doucement, pour la conduire dans une autre pièce. Je ne savais pas ce qu'ils voulaient faire, ce qu'ils comptaient faire d'elle. J'avais peur et je m'inquiétais. Beaucoup. Beaucoup trop. Sans m'en rendre compte, je me rongeais les ongles. Ce n'est que lorsque je me fis mal pour la première fois que je remarquais que mes doigts étaient rouges et je commençai à ressentir de petites douleurs lancinantes provenant de mes ongles et du bout de mes doigts. Je regardai Sunny et elle me lança d'une voix chevrotante et presque inaudible à nouveau :

      Excuse-moi.


    Je ne savais que dire, que répondre. Que devais-je faire ? La rassurer, ne rien dire. Suivre les médecins ? Attendre de recevoir des informations ? L'infirmière ne semblait pas apte à m'en donner. Elle regardait les médecins faire et je ne pus que faire de même. Je tentai de dire quelque chose à l'intention de Sunny, mais je ne pus pas. J'en fus incapable. Elle venait tout de même de me dire qu'elle n'avait pas envie de donner naissance à ces enfants. A mes enfants et les siens, par la même occasion. Je baissai la tête et passai délicatement mon index et mon majeur sur mes paupières fermées. J'étais crevé, je ne savais pas quoi faire et je n'arrivais pas à lui répondre. Tout allait bien trop vite en ce moment. Je ne voyais pas ma vie passer. Et ce serait encore pire dans quelques mois. Quand les enfants de Sunny seraient nés... S'ils naissaient un jour. Puisque je connaissais Sunny, quand elle était déterminée à faire ou avoir quelque chose elle ne lâchait rien. Si je ne faisais pas en sorte qu'elle aime les bébés qu'elle portait, elle serait capable de recommencer et de les tuer tous. Je devais lui redonner confiance en elle. Il fallait également que je prenne contact avec Grégory pour l'incendier et lui déclarer qu'être un homme courageux, c'est assumer les responsabilités que l'on prend lorsqu'on accepte d'aimer quelqu'un. Quelque soit la faute. Je suivis donc les médecins à mon tour, derrière l'infirmière et lorsque je sentis que j'allais réussir à lui dire quelque chose de plutôt bien, je m'approchai rapidement d'elle et lui murmurai à l'oreille, pour qu'elle soit la seule à l'entendre - puisqu'après tout, cette conversation était jusque là, privée !

      - Si tu veux, pour être sûre de toujours être avec quelqu'un et ne pas avoir de problèmes... tu pourras venir à la maison. On a assez de place pour t'accueillir.


    Je la vis me regarder avec de grands yeux. Quand elle ouvrit la bouche, je sus qu'elle allait me contre-dire et me sortir l'excuse suivante : Jenny ne sera pas d'accord et va te faire la gueule ! C'était ma responsabilité, et Jenny le savait. Elle n'aurait pas son mot à dire. Et puis, Sunny et elle s'entendaient non pas bien, mais elles n'avaient pas de mal à communiquer, toutes les deux. Du moins, la dernière fois qu'elles s'étaient vues, ça avait été. Je n'aurais qu'à briefer Jenny. J'espérais simplement que mon plan fonctionne. Je coupais donc Sunny avant qu'elle ne refuse.

      - Et ne me sors pas le fait que Jenny ne voudra pas de toi, elle n'aura pas le choix ! Tu viendras à la maison. C'est de ma faute si tu es enceinte. Je te dois bien ça, non. Tu te sentiras déjà mieux chez moi que dans ton petit studio. Et tu pourras faire de la musique sans être dérangée, autant que tu voudras. Je serai toujours là. Tu sais bien qu'en ce moment... je ne fais rien !


    Je la regardai avec de petits yeux. Il fallait qu'elle accepte. Il le fallait.





57 lignes... ça aide Coldplay, parfois Wink Bats-moi ... si tu le peux Razz Yeah
Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Mer 20 Oct - 17:39

    Je me laissais traîner par ces médecins, n'opposant même plus de résistance. Il fallait que je me fasse soigner. J'étais malade. Et comme tout malade, je devais me faire soigner. J'avais peur de ce qui allait m'arriver. On allait m'enfermer, si je continuais comme ça... Ces bébés me rendaient complètement folle. Je savais que je pourrais devenir dangereuse. Mais j'étais fatiguée. Je ne pouvais pas tout porter sur mes petites épaules. C'était trop lourd. Grégory m'avait laissé tombé, Matthew allait être père de l'enfant que sa femme porte... Et je devais me démerder avec les deux gosses que je portais. Si mon corps ne suivait pas, ma raison non plus. Matthew suivit les médecins, ce qui me surprit. Je croyais l'avoir assez effrayé comme ça. En fait... j'espérais. Je n'avais pas envie qu'on me voit dans cet état. J'avais déjà été à la pointe de la folie, quand j'avais appris le décès de Jared, et j'avais l'impression que ça recommençait. Mais cette fois-ci, plus de parents pour me soutenir. Toute seule, j'allais sombrer, et dans tous les sens du terme. Il s'approcha de moi, prêt à me chuchoter quelque chose à l'oreille. J'étais prête à tout entendre, vraiment tout... sauf ça.

      << Si tu veux, pour être sûre de toujours être avec quelqu'un et ne pas avoir de problèmes... tu pourras venir à la maison. On a assez de place pour t'accueillir. >>


    Je venais de lui démontrer à quel point j'étais déséquilibrée, et il me proposait de me ramener chez lui. Avec sa femme. Avec son futur enfant. Mais il voulait ma mort ?! Sa proposition était ridicule. Il savait ce que j'allais dire. Mais je n'eus pas le temps de lui annoncer tout le mal que je pensais de cette idée qu'il me coupait déjà la parole.

      << Et ne me sors pas le fait que Jenny ne voudra pas de toi, elle n'aura pas le choix ! Tu viendras à la maison. C'est de ma faute si tu es enceinte. Je te dois bien ça, non. Tu te sentiras déjà mieux chez moi que dans ton petit studio. Et tu pourras faire de la musique sans être dérangée, autant que tu voudras. Je serai toujours là. Tu sais bien qu'en ce moment... je ne fais rien ! >>


    Alors il pensait vraiment que j'allais accepter. Mais quelle blague ! Je préférais rester à croupir dans un hôpital psychiatrique que d'habiter chez lui, à croiser son bonheur toutes les minutes. Non, hors de question. C'était du suicide ! Il me surveillerait sans cesse, contrôlerait ce que je mange... Non. Je ne discuterai même pas. Je resterai chez moi. Peu importe ce qu'il me dirait, je ne voulais même pas l'entendre. Je continuai à avancer, fermant les yeux et l'ignorant. Je serrai le bras du médecin à ma droite, sellant mes paupières à jamais. Je ne voulais plus les ouvrir. Je n'étais pas tombée dans le bon monde. Je le savais depuis toujours. J'étais différente. Je me demandai alors en murmurant à l'oreille du médecin de me laisser parler avec Matthew. J'en avais besoin, avant de partir. Il fallait qu'on s'explique. Que je lui donne des raisons. C'était aussi lui que je faisais souffrir, par l'intermédiaire de ces enfants. Du moins... D'après ce que j'avais compris. Le médecin accepta, en me donnant une limite de deux minutes. Deux minutes pour exprimer tout ce que je pouvais ressentir... Je le remerciai, et passai à côté en me rapprochant de Matthew.

      << Je vais pas y arriver. Je peux pas avoir d'enfants. Je suis malade Matthew. Je ne mange pas. Je suis malade. >>


    J'arrivai à garder ma voix nette. Il fallait qu'il sache. Je ne pouvais pas garder ses enfants parce que j'avais un problème avec la nourriture. Il devait le savoir. Et personne ne pourrait rien y faire.
Revenir en haut Aller en bas

Cydonian Knight



Matthew D. Polloni


Messages: 6674
Where are you now ? : Home Sweet Home
MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Jeu 21 Oct - 16:50

    Sunny cessa de me regarder, ce qui m'effraya soudainement. Je me demandais pourquoi elle ne me répondait pas. Même si je ne lui laisserai pas le choix, je voulais connaître sa réponse. Je n'aurais peut-être pas forcément besoin de batailler, même si je ne me faisais pas trop d'illusions à ce sujet. Après tout, Sunny restait Sunny, même enceinte ! Soudain, je la vis se rapprocher doucement du médecin, en s'appuyant sur son bras et lui murmurer quelque chose à l'oreille. Il acquiesça d'un signe de tête et la lâcha. Le second médecin fit pareil et l'infirmière les rejoignit. Sunny le regarda et le remercia avant de venir près de moi. Je la regardai avec appréhension. Elle allait me répondre et j'attendais cela avec une certaine impatience, il fallait l'avouer. Sunny s'approcha en me regardant droit dans les yeux. Une fois qu'elle fut devant moi, je la tins par le bras au cas où elle tomberait. On ne sait jamais après tout !

      Je vais pas y arriver. Je peux pas avoir d'enfants. Je suis malade Matthew. Je ne mange pas. Je suis malade.


    Je la regardai sans comprendre. Pourquoi elle me disait cela ? Ça n'avait aucun rapport. Cependant, je me tus. D'une, parce que je ne savais pas quoi lui répondre. De deux, parce que je ne voulais pas lui répondre trop durement alors qu'elle n'allait pas bien. Pourtant, si c'était le problème de la nourriture qui la tracassait, je lui ferai à manger, je savais cuisiner, et Jenny ne s'était jamais plainte de ma bouffe quand c'était moi qui faisait le dîner. Elle trouvait cela bon, alors Sunny penserait sûrement la même chose. Sauf si effectivement, la nourriture ne passait pas et qu'elle régurgitait tout par la suite. Mais ce serait aussi mon travail. L'aider à surmonter cela. J'avais envie de le faire. Il fallait que je le fasse, en plus ! C'était la santé de Sunny et de mes enfants qui importait. Surtout celle de Sunny. C'était mon amie, après tout ! Il était normal que je m'inquiète pour elle et que je souhaite l'aider. Je fis glisser ma main sur son bras avant de rencontrer la sienne. Je la serrai doucement et lui chuchotai :

      - C'est l'occasion rêvée pour que tout soit normal pour toi, Sunny. Réfléchis un peu ! Grâce à ces enfants, tu vas prendre un rythme alimentaire normal et sain. Je t'en prie, viens !


    Je la suppliai, en fin de comptes. Mais je voulais qu'elle mange. Mieux, je voulais qu'elle survive. Je n'avais pas envie de perdre une amie, et deux enfants. Je venais d'en perdre un, n'était-ce pas suffisant ? Si Sunny n'était pas capable de comprendre que j'avais besoin qu'elle soit vivante, elle n'avait vraiment pas de coeur. Elle portait mes enfants, et moi tout ce que je voulais, c'était qu'ils aillent tous bien. Y compris Sunny ! Alors pourquoi ne répondait-elle pas concrètement à ma proposition. Oui ou Non ! Ce n'était pas bien compliqué !

      - S'il te plait. Dis-moi oui !





C'est nettement plus court. Mais on ne peut pas faire 57 lignes à chaque fois Razz
Revenir en haut Aller en bas
http://musical-love-harmony.forumactif.com/

Invité


Invité


MessageSujet: Re: I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew    Jeu 21 Oct - 21:22

    Je n'étais pas sûre que Matthew comprenne ce que je disais. Je n'avais pas le choix. Il aurait vite marre de faire mon gardien, et quand il me laisserait tomber, je me retrouverais encore plus dans la merde. Je n'avais plus envie de prendre des risques et de jouer avec le feu. Je devais avoir des piliers sûrs.

      << C'est l'occasion rêvée pour que tout soit normal pour toi, Sunny. Réfléchis un peu ! Grâce à ces enfants, tu vas prendre un rythme alimentaire normal et sain. Je t'en prie, viens ! >>


    Je n'avais même pas la force de me battre. De le contredire. Je ne pouvais qu'aller dans son sens. Et après tout... Il avait sûrement raison. Je serais mieux chez lui que chez moi, toute seule. Mais je ne pouvais pas imaginer le fait de le croiser tout le temps avec sa femme rayonnante de bonheur pour sa grossesse, alors que je serais avec mes deux pauvres bébés. Ça n'avait pas que des bons côtés. Mais avais-je vraiment le choix ?

      << S'il te plait. Dis-moi oui ! >>


    Sa main avait glissé jusqu'à la mienne, jusqu'à ce qu'il me la serre. Je ne saurais pas dire non. Et puis... Pourquoi n'essayerais-je pas de lui faire confiance ? S'il me disait qu'il veillerait sur moi, je devais le croire. J'étais peut-être très naïve, mais je le croyais ! Il n'avait pas de raisons de se foutre de moi, à ce que je savais. Je relevai donc la tête vers lui, le fixant dans les yeux quelques secondes.

      << D'accord. >>


    J'avais honte d'être aussi vulnérable. Je pourrais être plus battante ! J'avais été plus battante. Mais j'étais fatiguée, aujourd'hui. J'avais perdu un enfant il n'y avait même pas deux heures. J'avais envie de m'allonger sur un lit, fermer les yeux et m'endormir pendant très, très longtemps. J'avais envie de rentrer chez moi... Mais je ne pouvais plus. Je venais d'accepter la proposition de Matthew ! Mais qu'est-ce qu'il m'était passé par la tête ?! Je devais reculer... Mais c'était impossible. J'avais accepté. J'avais déjà accepté. Je devais assumer !

      << Tu me promets de ne pas me laisser tomber ? >>


    Je lui demandais juste une chose. Promettre qu'il ne se foutait pas de moi. Que je serais vraiment suivie. Je m'étais la vie des bébés en danger, ajoutées à la mienne. S'il faisait une seule connerie... Il devait être conscient de ce dans quoi il s'embarquait. Je n'étais pas facile à vivre, et mes sautes d'humeurs dues à ma grossesse ne facilitaient pas les choses. Il déchanterait vite, très vite ! Deux femmes enceintes, en plus... Je souris. Le pauvre ! Je savais, de toute façon, que je resterai une ou deux semaines tout au plus. Hors de question que je reste plus longtemps ! Je me sentirai suffisamment de trop les quelques jours passés avec eux.

      << C'est délicat, Matthew... Je veux pas croiser ta femme toutes les heures. Si je suis enceinte, c'est parce qu'on a fait une erreur, tous les deux. Je pourrais pas la regarder dans les yeux sachant ce que nous avons fait. Même si elle est au courant... Je pense que tu peux comprendre. >>


    J'essayai de lui faire réaliser. Je serais dans une position extrêmement délicate. Même pour lui, ça devrait le gêner ! Mais il n'avait pas l'air de s'en inquiéter. C'était moi ou quelque chose ne tournait pas rond ?
Revenir en haut Aller en bas
 

I need the darkness, the sweetness, the sadness, the weakness... ▣ Matthew

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

+
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
♫ « Musical Love Harmony » ♫ :: « VOS PREMIERS PAS » :: Archives-
Sauter vers: